ISBN : 2742788492
Éditeur : Actes Sud (2010)


Note moyenne : 3.96/5 (sur 45 notes) Ajouter à mes livres
C'est en 1956, à Cambridge, que Sylvia Plath fait la connaissance du jeune Ted Hughes, poète prometteur, homme d'une force et d'une séduction puissantes. Très vite, les deux écrivains entament une vie conjugale où vont se mêler création, passion, voyages, enfantements. ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Chouchane, le 18 mars 2012

    Chouchane
    Un écheveau de vies humaines traversées par les passions, les suicides, la poésie. Des destins fascinants qui portent en eux simultanément la vie intense et la mort. Avec une écriture chargée, pour l'occasion sans doute, de poésie, d'une forte évocation de la nature sauvage et indomptable, Claude Pujade-Renaud revient sur les femmes de Ted Hugues célèbre poète anglais. Faut dire que le nombre de suicides autour de cet homme provoque un trouble profond. D'abord il y aura la non moins célèbre poétesse Sylvia Plath, première femme de Ted Hugues, ils partagent l'un pour l'autre un amour dévorant, une passion commune pour la poésie et deux enfants. Mais cet homme magnétique et sensuel ne saura pas vivre avec une seule femme et succombe (entre autre) aux charmes de la brune Assia Gutman journaliste, juive, hantée par les camps de concentration dans lesquels une partie de sa famille a péri. Sylvia se suicidera au gaz le 11 février 1963, après leur séparation, en prenant soin d'isoler les portes pour protéger ses enfants, quelques années après Assia se suicidera au gaz avec l'unique fille qu'elle aura eu avec Ted Hugues. En 2007, c'est le fils de Sylvia et de Ted, Nicholas qui se suicidera. La contamination de la mort semble hanter cette famille un peu comme chez les Hemingway. Il est difficile de ne pas s'abandonner à l'attraction de ce mélange de talents et de mort. L'écriture poétique et métaphorique du roman donne la parole aux amis, à la famille, aux infirmières et autres voisins des protagonistes. Chacun raconte sa vision de la vie de ces trois personnages et progressivement se construit le puzzle sans pathos, ni interprétations douteuses, de l'existence du braconnier - Ted Hugues chasseur adorait être dans la nature, ses poèmes reflètent son bestiaire personnel – et de ses femmes. le récit donne la part belle à la poésie de Sylvia Plath et aux mots qui allègent le poids des tragédies. Malgré ces vies fracassées et parce que les suicides ne sont jamais commentés , il émane de ce livre une force de vie qui s'enracine peut-être dans la poésie.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par ivredelivres, le 06 août 2010

    ivredelivres
    Les hasards de l'édition font qu'en peu de temps deux livres d'un même auteur m'ont comblés.
    Deux poètes majeurs du siècle, un couple, deux créateurs exaltés et avides de vivre : Sylvia Plath et Ted Hughes liés par leur amour commun de la poésie "Nous étions en écriture comme on est en prière " *, par un amour charnel puissant " fils de fer tirés entre nous " vont s'affronter, se détruire l'un l'autre mais c'est elle qui en paiera le prix. Car comment avoir tout ? comment conjuguer une vie de poète et la vie tout court, comment assumer grossesses, naissances, comment supporter d'être une femme trompée ? La violence, la colère permettent un temps béni de création poétique mais ne suffisent pas pour résister au désespoir et la folie guette.
    Ted Hugues est avide des mots, avide de poésie, avide de femmes. Amoureux de la nature, des animaux qui tiennent la première place dans sa poésie, il est le " braconnier ", le prédateur qui aime la chasse et en jouit.
    Assia Wevill, la deuxième femme du braconnier, poète elle aussi, deuxième proie consentante, le suicide de Sylvia Plath et les déchirements du couple l'entraîneront elle aussi vers la mort.
    L'auteure a fait le choix d'un roman polyphonique pour tracer le portraits de deux femmes, les deux épouses de Ted Hughes et son portrait à lui en filigrane, lui le braconnier. Claude Pujade-Renaud n'accable pas, ne cherche pas de coupable. A travers des chapitres courts et très rythmés elle fait entendre les voix des poètes mais aussi des amis, frère, soeur, mère. Par les voix alternées des acteurs et des témoins elle multiplies les points de vue sur les trois personnages, elle les enrichit, les comprends. Elle étudie d'une plume élégante les passions sauvages, les interprète, et fait naître un récit d'une grande intensité.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par estrella_oscura, le 24 avril 2012

    estrella_oscura
    Cet obscur braconnier, ce charmeur de bêtes magnétique et puissant, c'est le poète anglais Ted Hughes. Lors d'une lecture sur le campus de Cambridge en 1956, il rencontre Sylvia Plath, alors jeune étudiante américaine en Littérature et appelée à devenir une des plus grandes poétesses de son temps. Entre eux, c'est la passion immédiate, le mariage quelques mois plus tard, puis la création, la vie conjugale, deux enfants et des échanges fascinants, intenses, sur le fil. Après une lourde dépression en 1953, Sylvia Plath restera toujours habitée par une profonde déchirure malgré ses apparents débordements d'énergie ; Ted Hughes, quant à lui, ne saura jamais vraiment se résoudre à la monogamie. Au bout de six ans, c'est la sensuelle Assia qui sera à l'origine de leur rupture, premier maillon d'une longue série d'évènements tragiques.
    Il faut dire que quand j'aime tout particulièrement un artiste, en l'occurrence ici Sylvia Plath, et qu'en plus j'ai eu l'occasion de l'étudier pour les besoins de l'Université, il m'est toujours très délicat d'attaquer un ouvrage le concernant, surtout si ce dernier se présente comme une fiction. Je suis immédiatement à l'affût de quelques inexactitudes ou de clichés trop flagrants et surtout de l'essence même de l'artiste esquissé. En gros, je pars avec un a priori suspicieux et c'est à l'auteur de faire ses preuves, de me convaincre. Et Dieu sait qu'il m'ait arrivé d'avoir des déconvenues assez magistrales.
    Je me suis donc lancée dans Les Femmes du braconnier avec le sourcil froncé et une petite moue interrogative.
    Mais très rapidement, ma moue s'est transformée en sourire de plaisir : Claude Pujade-Renaud m'a littéralement emmenée dans l'univers captivant de son roman polyphonique ! Elle y mêle avec brio la voix des poètes et celles des personnes alentours ; un style précieux, délicat et la rudesse d'une intimité exaltée.
    Les mauvaises langues pourraient dire que le procédé est un peu éculé, un peu artificiel. Il est vieux comme le monde pour brosser le portrait de personnalités à multiples facettes, à la complexité notoire. Qu'à cela ne tienne, l'auteure n'en maitrise pas moins les codes pour offrir un croquis parfaitement exact (à mon humble avis) de Ted Hughes et Sylvia Plath et de leur relation tumultueuse. J'y ai retrouvé la poétesse telle que je la voyais moi-même en lisant ses oeuvres grandement autobiographiques : à la fois fragile, obsédée par le fardeau du père disparu, parfaitement maniaque, acharnée au travail, dévoreuse d'amour et perfectionniste au possible. J'y ai également retrouvé la lourde emprunte de la psychanalyse qui n'a cessé de jalonner sa vie, pour le pire plus que pour le meilleur. Et puis cette vision de Ted, grand, charismatique, bestial, prédateur, et paternel. Honnêtement, plus je lisais, je me disais que Claude Pujade-Renaud avait tout compris !
    A noter, en outre, que l'ouvrage fait de Ted Hughes le personnage principal, ce qui explique la poursuite du roman sur plus d'une centaine de pages après le décès de Sylvia Plath. Et finalement, le destin d'Assia ne diffèrera pas tant de celui de Sylvia, la reconnaissance littéraire en moins. Toutes deux subjuguées, âppées puis écrasées par la présence de celui qui donne tout à la poésie.
    Un jeu de passion et de mort, tout en retenu et en délicatesse chez une auteure dont je poursuivrai la découverte après un coup de coeur si délicieux!

    Lien : http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/archive/2012/04/19/le..
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    • Livres 5.00/5
    Par Laurane_C, le 14 juin 2010

    Laurane_C
    C'est l'histoire d'amour de Sylvia Plath, poète américaine, et de Ted Hughes, poète anglais. Tous deux se rencontrent à Cambridge et très vite se marient. Alors que leur vie semble être au comble de la perfection, le couple éclate. En effet, ils viennent d'acheter une maison à la campagne, Court Green, dans le Devon, sont parents d'une petite Frieda et un garçon est à naître. le couple est menacé d'une part par les antécédents psychologiques de Sylvia, qui a subi un traitement aux électrochocs à la suite d'une tentative de suicide (à l'âge de vingt ans) et d'autre p art par la rencontre d'un couple. Ce couple -les Wewill - ont acheté leur ancien appartement et sont invités à visiter la maison de campagne. Ted se disait insensible au charme de la belle Assia et pourtant c'est leur liaison qui fait exploser le couple Hughes, moins d'un an après l'achat de Court Green et juste après la naissance de Nicholas. Assia de son côté reste avec son mari qui fut auparavant son amant. Il pense donc pouvoir supporter cette relation. Par contre, Sylvia, elle, ne peut pas et met fin à ses jours le 11 février 1963. Elle met la tête dans le four après avoir précautionneusement scotché la porte de la cuisine, afin que ses enfants se sentent pas le gaz. La vie de Ted et Assia bascule car ils seront désormais hantés par la mort de cette femme vive, éclatante et pourtant si fragile.
    J'ai été vraiment frappée par ce livre qui permet d'entrer au coeur de la vie de ces poètes. Au début, c'est gai, c'est l'amour, le succès. On voit bien que Sylvia est tourmentée, mais on l'oublie presque. Dès lors qu'elle se suicide, le livre bascule dans une autre ambiance: grave. Ce livre est tellement dense, il y aurait tant à dire ! Car Claude Pujade-Renaud parle aussi du conflit intérieur de ces deux femmes hantées par l'Holocauste: Assia mi-juive, mi-allemande (à l'époque, difficile d'être les deux), Sylvia, bouleversée par la mort précoce de son père, cet Allemand, celui qu'elle traite de nazi (il ne l'était pas néanmoins !).
    Un livre très poignant, très marquant, très fort.

    Lien : http://leslivresdelaurane.blogspot.com/2010/06/les-femmes-du-braconn..
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    • Livres 2.00/5
    Par maevedefrance, le 08 septembre 2010

    maevedefrance
    Avec ce roman polyphonique, Claude Pujade-Renaud invite le lecteur à (re)découvrir la vie du trio amoureux et artistique anglo-américain Ted Hughes/ Sylvia Plath/ Assia Wevill.
    Dès le début, leur vie est placée sous le signe de la tragédie, que Sylvia est venue étudier à Cambridge grâce à une bourse d'études . Celle-ci est passionnée par Racine et par le rouge. En effet c'est sous le signe du sang, de l'amour, de la mort et de la passion que s'ancre le roman.
    Julia est maniaco-dépressive, a fait un "grave épisode psychiatrique" et a déjà tenté de mettre fin à ses jours trois années auparavant. Elle traîne derrière elle un héritage familial lourd à porter, celui de l'Holocauste et de la mort du père. C'est une femme mordue et qui mord au propre comme au figuré : Elle est écorchée vive et elle aime passionnément son "mordu" qui se trouve être le poète "braconnier" Ted Hughes rencontré lors d'une soirée. De plus, l'ombre de Phèdre planant sur ce début de roman, avec comme écho La Tempête de Shakespare et comme toile de fond La mort de Procris, le lecteur se dit d'emblée qu'il ne va pas vraiment rire et se demande s'il va assister à un remake de racinien, puis un peu plus tard au "désastre vaudevillesque tragi-comique d'un couple usé" puisque Ted et Julia se marie le jour du Bloomsday un 15 juin 1956, en référence à l'Ulysse de James Joyce. D'autant que Ted se révèle rapidement être un chasseur de femmes. C'est le braconnier qui croise un jour la belle Assia, sa panthère.
    Chaque personnage du roman (parents, amis, amants, frère ou soeur) intervient à plusieurs reprises pour évoquer le trio d'artistes. Une naration distancée très souvent. Chaque personnage s'exprime de la même manière en dévoilant au fur et à mesure les facettes de la personnalité de Julia, Hugues et Assia.
    Ce roman est très touffu, bourré de références littéraires et psychanalytiques. Trop. Cela en devient lassant et brouille la lecture. C'est ce qui m'a gênée pour apprécier pleinement cette oeuvre et aboutir à une conclusion claire et simple sur ce qui m'était donné à voir. Si ce n'est que ces artistes ont dûrement payé le prix de leur folie passionnelle, dépressive et de leur héritage familial (suicide au monoxyde de carbone pour Julia et Assia, meurtre de la fille par la mère, suicide par pendaison pour Ted). Autrement dit, impossible d'échapper à son destin. Et je ne suis pas d'accord avec l'idée d'une destinée toute tracée dont l'issue serait incontournable.
    Je n'ai jamais lu les oeuvres de Ted Hugues et de Julia Plath et je me suis demandée si ce livre me donnait envie de les découvrir. La réponse est non, pas vraiment.


    Lien : http://millelectures.canalblog.com
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Citations et extraits

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  • Par lilyetseslivres, le 15 avril 2010

    Un braconnier ? Dans mon poème, encore pataud et mal léché (il me fallait le travailler, aiguiser ses griffes), je désignais ce fauve qui me traquait par les termes de noir maraudeur. Chasseur animal ? Chasseur humain ? Je les mettais dans le même sac, ils m’angoissaient et m’attiraient. Mais je ne voulais pas être un trophée supplémentaire dans le tableau de chasse de ce Ted Hughes. Si nous devions nous rejoindre, je souhaitais que ce fût par la poésie.
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  • Par sentinelle, le 03 mai 2010

    Vous savez, je l’ai compris depuis peu : écrire ne sert à rien. Je veux dire, ne protège pas contre le désespoir ou la dépression. Je l’ai cru, lorsque j’avais dix-huit ou vingt ans. Plus maintenant. Non, écrire ne guérit de rien… On recoud la plaie au fil des mots. On enfouit le mal sous l’écorce du langage. La plaie se referme, ligneuse. En dessous, ça s’enkyste. Ou ça suppure.
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  • Par Laurane_C, le 14 juin 2010

    ... avec son accent bostonien, me lit " Dame Lazare":

    Mourir
    Est un art, comme tout le reste.
    Je m'y révèle exceptionnellement douée.

    Tous les dix ans, précise le texte, si bien que, très sereinement, je plaisante: Août 1963, juillet 1962, pour cette dernière tentative vous étiez légèrement en avance, peu importe, c'est accompli, eh bien rendez-vous dans dix ans !
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  • Par sentinelle, le 03 mai 2010

    Une fois de plus, je constate combien l'écrit ravage les proches. Tente de les détruire, faute de n'avoir pu l'accomplir "pour de vrai" ? Déjà, avec "La Cloche de détresse", je l'avais si violemment éprouvé. J'admire les textes de ma fille, et ils m'insupportent, me déchirent.
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  • Par Aifelle, le 25 septembre 2011

    "Le cauchemar de ne pas écrire ! Naïve, j'avais cru que, une fois débarrassée des cours à préparer et des copies à corriger, poèmes et nouvelles, refoulés depuis des mois, jailliraient. Plus ce roman dans lequel je voulais mettre en scène ma rencontre et mon existence avec Ted. Etait-ce folie de prétendre vivre et raconter en même temps notre histoire commune ? S'ajoutait le cauchemar de ne pas dormir. Ou si peu : je me réveillais malaxée, concassée par les rêves".

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Clip de présentation de l'adaptation du texte Celles Qui Savaient, de Claude Pujade-Renaud, par la Compagnie Motus








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