ISBN : 2226238409
Éditeur : Albin Michel (2012)


Note moyenne : 3.56/5 (sur 39 notes) Ajouter à mes livres
Alors que sa grand-mère Elsa se meurt d'un cancer foudroyant et que tous ses proches se rassemblent pour adoucir ses derniers jours, Anna découvre que, derrière le mariage apparemment heureux de ses grands-parents, se cache un drame qui a marqué à jamais tous les membre... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par yv1, le 04 janvier 2012

    yv1
    Roman à plusieurs narrateurs qui parle un peu de la vie en Finlande de nos jours et dans les années 60, qui parle un peu des événements de mai 68 en France, mais qui surtout détaille les personnages qu'il contient sans pour autant dresser de portraits psychologiques. On est dans des histoires d'amour et de famille et ce qui est raconté c'est d'abord les liens entre tous. Martti et Elsa font figure de grands-parents pas très proches de leur fille ni de leurs petites filles : ils ont cultivé l'indépendance jusqu'aux relations aux leurs. Malgré tout leur relation semble forte ou du moins semble se renforcer sur la fin d'Elsa. Martti a aussi une relation particulière avec Anna : ils se voient régulièrement, prennent le tramway ensemble, s'arrêtent aux terrasses des cafés et imaginent la vie des gens qu'ils croisent. Eleonoora est sans doute la plus difficile à cerner qui veut faire preuve d'autorité envers sa mère comme si elle avait des comptes à régler.
    En parallèle, on peut lire aussi la vie de Eeva avant qu'elle n'entre au service de Elsa et Martti et puis ses années de travail chez eux.
    C'est un roman par endroits classiques dans sa description des lieux, personnages et situations et d'autres fois plus particulier qui lance des pistes de réflexion, des sortes d'aphorismes
    Riika Pulkkinen a une trentaine d'années et fait preuve d'une sorte de sagesse, au moins d'une grande observation des siens ou d'une étonnante maturité pour résumer ainsi en quelques phrases bien senties ce qui peut faire l'objet de discussions interminables. Étudiante en littérature et philosophie, son cursus l'a sûrement aidée à construire et écrire sa réflexion pour le plus grand plaisir du lecteur. Mais elle sait aussi se laisser aller et son livre est empli d'expressions, de paragraphes étonnants, quasi surréalistes, très poétiques à propos des animaux, des hommes, de l'amour, des fleurs, de la nature Tout cela pour dire que lorsque vous aurez entamé la lecture de ce roman (car je ne doute point que vous le ferez), vous risquez bien de ne pouvoir vous arrêter, charmé(e)s que vous serez par le mélange de Riika (maintenant qu'on a parlé de la communiante, je me permets de l'appeler par son prénom) : entre observation des liens amoureux et familiaux très réalistes, digressions oniriques et réflexions justes et clairvoyantes. Bonne lecture de ce très bon roman nordique et qui en plus réussit l'exploit de n'être pas un polar !
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    Critique de qualité ? (21 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par mariech, le 29 avril 2012

    mariech
    Riikka Pulkkinen est une jeune auteur de 30 ans qui écrit une magnifique histoire d'amour intemporelle et universelle .
    Nous sommes en Finlande en alternance dans les années 60 puis 2010 , au pays des saunas et des tartes aux myrtilles mais l'histoire pourrait se passer aussi bien chez nous .
    L'auteur décrit le commencement d'une histoire d'amour , au moment où la personne aimée prend une place de plus en plus importante jusqu'au moment où sa présence devient indispensable comme une drogue dont on ne sait plus se passer .
    L'auteur fait un portrait de famille très sensible et nuancé , la fille est médecin , pour elle c'est plus facile de jouer son rôle de médecin que celui de la fille dont la mère va mourir , c'est sa façon à elle de se protéger de la douleur même si aux yeux des autres , elle paraît froide ' Il lui était plus facile de palper un ventre que de supporter la douleur d'une inquiétude sourde ' .
    Les relations filles - mères sont nuancées , j'ai épinglé l'histoire des biscuits dans le four où la petite fille se brûle et où la mère se sent coupable de ne pas avoir su protéger sa fille , c'est la première fois qu'elle se rend compte qu'on ne peut pas protéger ses enfants de tout ;.
    On se place du côté ' des coupables ' ceux qui trahissent l'autre mais qui ressentent de la culpabilité .
    L'auteur évoque le chagrin d ' Eeva qui ne verra plus la petite fille dont elle s'est occupée pendant quelques années et à laquelle elle s'est attachée , elle met en parallèle l'histoire d' Anna qui a souffert de ne plus voir la petite fille de son ex - compagnon , c'est un sujet qui est rarement évoqué dans un roman .
    Les relations pleines de tendresse entre le grand père et sa petite fille sont bien décrites , on envie les moments de complicité qu'ils passent à essayer d'inventer la vie des personne's qu'ils croisent .
    Un beau roman dont je ne vais pas trop dévoiler l'intrigue car ceci fait partie du plaisir de la lecture , ce n'est pas un livre inoubliable mais il sort du lot par sa sensibilité .
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    Critique de qualité ? (21 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 09 avril 2012

    caro64
    Alors que sa grand-mère est au soir de sa vie, Anna découvre une vieille robe dans un placard qui n'appartient à aucune des femmes de la famille. Pour Elsa, sa grand-mère, c'est un lourd secret enfoui depuis plus de trente ans qui remonte à la surface.

    En 1964, Elsa est une femme très occupée, qui voyage beaucoup. Martii, son époux, est peintre et n'a pas le temps de prendre soin d'Ella, leur fille. C'est ainsi qu'Eeva, jeune étudiante, entre à leur service et dans leur vie. Au fil des semaines, Eeva et Martii se rapprochent et n'entament pas seulement une relation clandestine, mais tombent véritablement amoureux l'un de l'autre. Cette relation tour à tour passionnée puis tourmentée, cet amour impossible et déchirant, est relaté par la voix d'Eeva dans ce qu'on imagine être son journal de l'époque ou le récit qu'elle en aurait fait à une amie. Ce témoignage se superpose aux scènes familiales d'aujourd'hui et éclaire d'un jour nouveau les questionnements des uns et des autres.
    Tous les rapports familiaux sont passés en revue au fil du roman. Les membres de la famille sont réunis auprès d'Elsa qui se meurt doucement. Les doutes l'assaillent. Comment a-t-elle mené sa vie, élevé sa fille, ses priorités ont-elles toujours été les bonnes ? Qu'est-ce qu'on laisse derrière soi ? Que fait-on de ses regrets, de ses remords ? Ces questions fondamentales que chacun aura un jour à se poser s'immiscent dans le roman pour venir toucher le lecteur au plus profond de ses propres doutes.
    Les liens d'Elsa avec sa fille Eleoonora sont douloureux, violents, à l'image de leur prochaine séparation. Elles n'ont de cesse de se disputer. Mais comment faire sans elle, se demande Eleoonora ? La douleur de perdre un proche est longuement évoquée, de façon belle et poignante. La douleur de l'autre aussi, sa souffrance, plus dure à supporter que la sienne propre, parce qu'on n'y peut rien. On ne peut que regarder et compatir. Les liens entre Martii et Anna sont également touchants. La complicité qui lie le grand-père à sa petite-fille, cet amour inconditionnel, le monde teinté d'originalité qu'ils ont créé et qui n'appartient qu'à eux, apportent la fantaisie nécessaire au texte afin de ne pas tomber dans un pathos, habilement évité.
    La famille et ses tourments, voilà un sujet qui ne cessera jamais d'inspirer les écrivains. Pourtant, l'auteur finlandaise Riikka Pulkkinen, dont c'est le second roman et le premier publié en France, apporte encore quelque chose de nouveau. Un style aux accents de poésie, des dialogues touchants, une histoire romantique qui, à aucun moment, ne tombera dans le mélodrame ou le ridicule. Les liens entre chaque membre de la cellule familiale sont analysés avec précision, empathie. le cadre du Grand Nord finlandais apporte le dépaysement suffisant à cette histoire où l'on s'aime pour de bon.
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    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Cath36, le 26 mars 2012

    Cath36
    A partir d'une histoire assez basique, où la maladie incurable d'un proche va jouer le rôle de révélateur pour les différents personnages qui gravitent autour de lui, Riikka Pulkkinen construit un très beau texte, qui se lit facilement et avec plaisir (les trois ensemble, c'est souvent rare.) Son écriture est sobre, tranquille, parsemant ici et là l'histoire de précieuses pépites comme un petit Poucet, donnant son récit une extrême pureté et à son regard beaucoup de générosité et de chaleur humaine.Elle écrit avec pudeur et sensibilité, l'émotion y est toujours à fleur de mots sans jamais de mièvrerie, les secrets sont évoqués par petites touches, et c'est la lumière de l'ensemble qui éclaire ce qui est dit, un peu comme pour la peinture impressionniste. La douleur n'est jamais évacuée mais confrontée, avec justesse et profondeur. le quotidien reste ouvert sur un futur plein de promesses, chaque instant est vécu dans la possibilité d'un bonheur éventuel -aussi bref dût-il être- et dans le consentement à ce qui arrive. A la fois réaliste et infiniment poétique ce texte qui relie les souvenirs au présent met les coeurs à nu, leur donnant la possibilité d'enfin se comprendre, par-delà ce qu'ils ont cru percevoir mais dont ils ne saisissaient pas toute la portée. N'est-ce-pas d'ailleurs le rôle de la mémoire que de nous ouvrir à ce qui nous a échappé au moment où nous le vivions ?
    Désireuse de sortir des sentiers battus j'avais emprunté ce livre un peu par hasard parmi les nouveautés de la Bibliothèque. Ce fut un bon moment de lecture, de ceux qui vous aident à poser un autre regard sur la vie, et sur l'importance du moment présent.
    En lisant Pulkkinen, je repensai du reste à Béatrice Wilmos qui fut pour moi une découverte un peu de ce genre. Auteur à suivre, donc !
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    Critique de qualité ? (19 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 11 mars 2012

    brigittelascombe
    "Sélectionné par le Finlandia Prize", L'armoire des robes oubliées est un superbe et émouvant roman d'amour écrit tout en finesse par une jeune romancière finlandaise Riikka Pulkkinen.
    Plongée en eau froide finlandaise de l'évitement puis dans le bain bouillonnant d'une passion destructrice. Cruauté glaciale et sex-addict torride.Vie et mort. Chapitres alternant le présent colmaté et le passé fissuré d'une famille finlandaise: là réside le talent de Riikka Pulkkinen.
    C'est lors d'une séance de déguisement pour retrouver la connivence d'autrefois, qu'une grand-mère en fin de vie Elsa Ahlquist(psychologue et chercheuse réputée) va révéler à sa petite fille de vingt ans Anna un secret de famille bien gardé: "la robe claire, légèrement évasée" choisie appartenait à Eeva baby-sitter de sa fille Ella et ex-maîtresse de son mari Martti.
    L'histoire d'amour pour un homme marié père d'une fillette (qui a récemment déprimée Anna étudiante en littérature et imaginative) ressemble étrangement à celle d'Eeva "d'une intransigeance absolue" qui se sent vue par le regard d'artiste de Martti "le cruel et le sans scrupules" peintre connu.
    L'armoire des robes oubliées parle d'amour, de rêve,de carrière professionnelle,de bonheur,de jalousie,de fusion pour se fondre dans l'autre,de double vie,du côté destructeur de l'artiste qui cherche son inspiration dans le jeu trouble de soumission et domination, aborde les traumatismes de l'enfance souvent inducteurs de comportements à l'âge adulte et.... de possibles projections de sa propre histoire sur la trame d'une robe accompagnée de quelques confidences.
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Citations et extraits

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  • Par yv1, le 04 janvier 2012

    A chaque époque il y a des gens, jeunes, qui se convainquent que ce qu'ils vivent n'est jamais arrivé à personne d'autres avant eux. Ils croient que leur vie, leurs joies et leurs chagrins mêmes sont exceptionnels. Que leurs amours à eux sont plus fortes que celles des autres. Ils croient que jamais ne leur échoira de sentir le poids des jours. Et peut-être est-ce le cas. Les jeunes possèdent le monde entier et le dilapident sans tristesse, parce qu'ils sont impatients de gagner d'autres mondes, toujours nouveaux. (p.46)
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  • Par Cath36, le 26 mars 2012

    Presque tous les romans comportent une histoire d'amour, la description de ses commencements. Et ces récits ont tous quelque chose d'identique, une ressemblance si grande qu'une description précise est une entreprise superflue. Pourtant, chacun d'eux contient son propre mystère.
    Moment où vous vous déprenez de vous-mêmes et êtes tout à la fois effrayé et ravi. Vous comprenez qu'il n'y aura pas de retour, que tout a déjà fondamentalement changé. Vous comprenez que vous ne vous trouvez plus à l'endroit où vous croyez être, mais déjà en route vers l'ailleurs.
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  • Par yv1, le 04 janvier 2012

    J'avais déjà oublié que les enfants ont en partage parce qu'ils ne connaissent rien d'autre : la foi, reçue en naissant que tout ira bien. A une période de sa vie, on la perd un instant, inévitablement. Si on a de la chance, elle revient. Viennent des gens pour vous prendre dans leurs bras sous la couverture, dans des chambres à coucher, pour vous tendre la main par-dessus des tables, et avec eux vous réapprenez ce qu'il vous avait fallu perdre en même temps que l'enfance. (p.103)
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  • Par Palmyre, le 13 avril 2012

    Les mères deviennent des enfants pour leurs filles, et les filles, les tutrices de leurs mères. Quand on est suffisamment vieux, on fait certaines choses en cachette de sa progéniture. Mais devine quoi? J'ai l'intention de boire quelques verres sans se soucier de ta mère.
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  • Par Cath36, le 26 mars 2012

    Maria demanda quelque chose au milieu du vacarme, et c'est à ce moment-là qu'elle fondit en larmes. La jeune fille fit le tour de la voiture, s'approcha d'elle et la prit dans ses bras. C'était une fille comme ça qu'elle avait élevée. Qui vient sans poser de questions, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde que les mamans s'effondrent parfois, des mamans chargées de veiller aux courses, à la vaisselle, au ménage, aux médicaments, à l'alarme de leur voiture, et qui doivent en outre supporter l'irascibilité de leur propre mère et leur autoritarisme masquant bien difficilement les faits-un voyage lent, mais inéluctable, vers le néant.
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