Cet auteur est considéré comme un des plus grands romanciers américains de son temps, rien de moins. Réputé pour son érudition et sa complexité narrative, encensé par les critiques, je ne pouvais qu'être tentée d'y voir d'un peu plus près, d'autant plus que son dernier roman vient de paraître dans la foulée de la rentrée littéraire : «
Contre-jour », un pavé de 1200 pages. Décidément, la démesure semble être une marque de fabrique chez
Pynchon.
Et bien mon incursion dans son grand œuvre n'aurait été que de courte durée : j'abandonne après 150 pages à peine. Trop c'est trop ! Trop de personnages, trop de sujets engagés, trop de contrées survolées, ce n'est plus foisonnant, c'est tout simplement brouillon et inutilement bavard. le magazine littéraire « Lire » dit de lui qu'il a inventé un nouveau genre : la littérature de l'épuisement. Je cite « un pot-pourri d'espionnage et de polar, de roman historique et de road movie, de pastiches et de satires, de folklore populaire, de sociologie, d'embardée érudites, de gaudrioles, d'hommages au rock et à la contre-culture californienne, le tout arrosé par un incontrôlable déluge de références scientifiques très pointues – astronomie, maths, cybernétique, physique. » Quant à moi, pour faire court, je dirai simplement un récit parfois aussi illisible que difficilement digeste. Je ne doute pas que ce roman cache quelques merveilleuses pépites dans tout ce foisonnement littéraire, mais le prix à payer pour les débusquer me semble trop cher payé.
Il m'est également arrivé de lire des passages absolument incompréhensibles. Pas que cela m'irrite outre mesure de reconnaître mes limites à ce niveau – je ne suis ni astronome, ni ingénieur, ni physicien, ni… enfin bref, rien de tout cela (la liste à énumérer serait vraiment trop longue), mais j'avais comme l'impression que l'auteur obscurcissait volontairement certains passages pour démontrer je ne sais quelle érudition. le pire est que le recours d'un dictionnaire ne m'aurait été d'aucune utilité, car outre l'emploi de notions incompréhensibles, les tournures de phrases alambiquées l'étaient tout autant.
J'ai donc pris la décision d'abandonner ce roman, ne voyant pas trop l'intérêt de poursuivre ce genre de lecture sur 1200 pages. Une question demeure toutefois : où se situe la littérature - telle que je la conçois - dans ce grand joyeux foutoir ?
Alors
Pynchon, tout simplement génial ou un imposteur de haut vol ?
Que ceux qui auront la pugnacité d'aller jusqu'au bout de «
Contre-jour » n'hésitent pas à se prononcer, je les attends avec impatience, histoire de savoir si cela aurait valu la peine de poursuivre malgré tout ma lecture.