ISBN : 2020406489
Éditeur : Seuil (2000)


Note moyenne : 3.68/5 (sur 31 notes) Ajouter à mes livres
OEdipa Maas, pur symbole de la femme californienne des années 60, est nommée exécutrice testamentaire d'un de ses anciens amants. Au gré de l'exécution dudit testament, une foule de personnages hauts en couleur vont surgir sur le chemin d'OEdipa. Elle va découvrir un ré... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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  • Par keisha, le 17 octobre 2010

    keisha
    "Un après-midi d'été, Mrs Oedipa Maas rentra d'une réunion Tupperware où l'hôtesse avait peut-être mis trop de kirsch dans sa fondue pour découvrir qu'elle, Oedipa, venait d'être nommée exécuteur testamentaire, ou plutôt exécutrice, se dit-elle, d'un certain Pierce Inverarity, magnat californien de l'immobilier " et accessoirement un de ses anciens amants connu avant son mariage avec Wendell "Mucho" Maas.
    Prévenue par une lettre d'un certain Metzger, elle file à San Narciso, voit arriver Metzger dans sa chambre d'hôtel, alors que la télévision diffuse un vieux film où jouait Metzger qand il était gamin. Une histoire avec le gamin, donc, son père et un chien. Dans un sous-marin. S'ensuit une partie de strip-tease Botticelli (ne me demandez pas ce que c'est).
    A ce moment là, c'est déjà bien secoué-givré comme histoire...

    Plus tard Oedipa assiste à une pièce élisabéthaine intitulée The courier's Tragedy (la description détaillée des actes de la pièce est un sommet de dinguerie), elle découvre qu'il existe plusieurs versions, dont une qui évoque Trystero.
    "Trystero s'était opposé en Europe au système postal de Thurn and Taxis; son symbole était un cor de poste avec une sourdine; à une certaine date avant 1853, il apparaît en Amérique et lutte contre le Pony Express et la Wells Fargo, soit sous l'aspect d'outlaws en noir, ou bien déguisés en indiens; il survit en Californie, comme un moyen de communication avec les minorités sexuelles, les inventeurs qui (...), et peut être bien son mari..."
    Oedipa poursuit l'enquête, trouve que tout est lié, trop peut être même... "Ou bien Trystero existait concrètement, ou bien c'était un fantasme d'Oedipa." Est-ce une machination de Pierce? De son mari? Elle qui devient parano? La réalité?
    Elle espère en savoir plus lors de la mise aux enchères du fameux lot 49, lot de faux timbres avec en particulier le cor de chasse à sourdine.


    Je me devais de découvrir Pynchon, mystérieux auteur qui refuse d'être connu (il existe une vieille photo floue) et a écrit peu de romans, et particulièrement ce titre dont s'est inspiré l'éditeur le cherche midi pour nommer sa collection où paraissent des auteurs parfois bien denses, c'est le moins que l'on puisse dire.


    J'ignore si j'ai choisi le plus facile, en tout cas c'est le plus court, 200 pages de tourbillon burlesque et désorientant, où l'on suit sans difficulté insurmontable Oedipa dans ses pérégrinations et ses découvertes bourrées de coïncidences, ses rencontres déconcertantes. Ça part dans tous les sens, on croit tenir un bout logique, il s'évanouit, mais malgré tout on s'accroche. Comme en plus c'est souvent drôle, pourquoi pas? Tout est lié, on veut comprendre, quelle est cette mystérieuse organisation WASTE (We Await Silent tristero's Empire) ?

    Ce qui est sûr, c'est que je vais me lancer dans un autre roman de l'auteur, au moins avec lui on n'est pas dans des sentiers battus bien pépères...

    Un passage, pour une idée du style...

    "Que restait-il à hériter? Cette Amérique qui se trouvait codée dans le testament d'Inverarity, à qui appartenait-elle? Elle pensa à des wagons de marchandises immobilisés, où les gosses assis par terre, heureux comme Baptiste, chantaient en coeur le refrain des chansons que leur mère écoutait sur son transistor; à d'autres squatters, dressant des tentes derrière les vastes réclames le long des autoroutes, ou bien endormis dans les cimetières de voitures, à l'abri dans des carcasses de vieilles Plymouth, ou même qui n'hésitaient pas à passer la nuit en haut d'un poteau télégraphique dans les tentes qu'y installent les poseurs de ligne, comme des chenilles dans leurs cocons, à se balancer dans une toile d'araignée de fils téléphoniques, au sein d'un écheveau de fils de cuivre, celui du miracle séculaire des communications, sans se soucier du voltage qui filait tout au long de ces kilomètres de métal, transportant des milliers de messages à travers la nuit. Elle se souvint de ces errants qu'elle avait écoutés, des Américains qui parlaient la langue avec beaucoup de soin, en érudits, comme des exilés venus d'un autre monde invisible mais qui aurait été le double fantomatique du pays béni où elle vivait. Et ces ombres qui sillonnent les routes, la nuit, et qui surgissent tout à coup dans la lumière des phares, mais ils ne lèvent pas les yeux, et ils sont trop loin d'une ville quelconque pour aller vraiment quelque part."


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    • Livres 4.00/5
    Par darkon31, le 06 février 2011

    darkon31
    Thomas Pynchon met le texte en abîme, parle des mots, de la métaphore de la réalité qui est peut être la seule vraie réalité. Avec le délire aussi qui guette tous ses personnages. Même (surtout) les psychiatres. Il faut accepter de décoller dans une autre dimension, s'arracher du plancher des vaches pour voler dans le nuage éthéré de la sur-réalité. C'est parfois poétique, parfois drôle. Mais il y a d'abord cette étrange soif de vie et d'amour qui nous relie tous, par-delà le néant. Un livre très positif et qui donne la pêche !
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  • Par systool, le 27 août 2010

    systool
    Si on souhaitait forcer quelque peu le trait, on pourrait dire que le titre Vente à la criée du lot 49 est l'élément le moins bizarre du deuxième roman de Thomas Pynchon, auteur américain dont le talent est inversement proportionnel à la prolixité (à peine 6 romans en 40 ans, dont le dernier, Against the Day, paraît en 2006). On suit Oedipa Maas, une jeune californienne devenue l'exécutrice testamentaire d'un certain Pierce Inverarity, riche agent immobilier fraichement disparu et dont elle fut l'amante durant une brève période. Accompagnée par le co-exécuteur du testament, Metzger, Oedipa va rencontrer une kyrielle de personnages abracadabrant(esque)s et découvrir un réseau postal occulte, W.A.S.T.E., censé concurrencer le service officiel des postes, Thurn and Taxis. Reconnaissable par son blason représentant un cor avec une sourdine...
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    Lien : http://www.gueusif.com/article-15047945.html
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  • Par desertisland, le 29 octobre 2007

    desertisland
    C'est le plus court Pynchon, le plus drôle et le plus prenant. L'histoire c'est une femme qui hérite d'une collection de timbres qui révèle l'existence d'un réseau postal parallèle depuis la nuit des temps, c'est un livre paranoïaque et assez halluciné.
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  • Par Henriette, le 06 août 2011

    Henriette
    Probablement plein de qualités littéraires, mais le style sur-alambiqué m'a trop agacée pour que je poursuive au delà des cent premières pages. C'est dommage, l'histoire en elle même était intéressante et originale...
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Citations et extraits

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  • Par keisha, le 17 octobre 2010

    Que restait-il à hériter? Cette Amérique qui se trouvait codée dans le testament d'Inverarity, à qui appartenait-elle? Elle pensa à des wagons de marchandises immobilisés, où les gosses assis par terre, heureux comme Baptiste, chantaient en coeur le refrain des chansons que leur mère écoutait sur son transistor; à d'autres squatters, dressant des tentes derrière les vastes réclames le long des autoroutes, ou bien endormis dans les cimetières de voitures, à l'abri dans des carcasses de vieilles Plymouth, ou même qui n'hésitaient pas à passer la nuit en haut d'un poteau télégraphique dans les tentes qu'y installent les poseurs de ligne, comme des chenilles dans leurs cocons, à se balancer dans une toile d'araignée de fils téléphoniques, au sein d'un écheveau de fils de cuivre, celui du miracle séculaire des communications, sans se soucier du voltage qui filait tout au long de ces kilomètres de métal, transportant des milliers de messages à travers la nuit. Elle se souvint de ces errants qu'elle avait écoutés, des Américains qui parlaient la langue avec beaucoup de soin, en érudits, comme des exilés venus d'un autre monde invisible mais qui aurait été le double fantomatique du pays béni où elle vivait. Et ces ombres qui sillonnent les routes, la nuit, et qui surgissent tout à coup dans la lumière des phares, mais ils ne lèvent pas les yeux, et ils sont trop loin d'une ville quelconque pour aller vraiment quelque part.

    Un après-midi d'été, Mrs Oedipa Maas rentra d'une réunion Tupperware où l'hôtesse avait peut-être mis trop de kirsch dans sa fondue pour découvrir qu'elle, Oedipa, venait d'être nommée exécuteur testamentaire, ou plutôt exécutrice, se dit-elle, d'un certain Pierce Inverarity, magnat californien de l'immobilier.
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  • Par SPQR, le 10 décembre 2007

    "Elle ne pouvait détacher son regard du sien. Il avait des yeux noirs, entourés de rides incroyablement serrées. On aurait dit un labyrinthe de laboratoire destiné à l'étude des larmes. Ces yeux semblaient savoir ce qu'elle voulait, alors qu'elle l'ignorait elle-même."



    "Les mots, qui s'en soucie ? Ce ne sont que des bruits appris par cœur, pour franchir la barrière des os dans la mémoire des acteurs. C'est dans cette tête qu'est la réalité. Dans ma tête. Je suis le projecteur dans le planétarium, avec tout ce petit univers fermé visible dans le cercle de cette scène qui jaillit de ma bouche, de mes yeux et, parfois, d'autres orifices également."
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  • Par darkon31, le 06 février 2011

    - Maintenant, quand je mets le casque, ajouta Mucho, je comprends tout, et quand ces gosses chantent She loves you, eh bien, tu sais, c'est pour de bon, elle l'aime, et elle, c'est autant de gens qu'on veut, dans le monde entier, à travers les âges, de formes loin de la mort ou tout près : elle aime. Et you, c'est tout le monde aussi, et elle-même, Œdipa, la voix humaine, si tu savais quel miracle c'est.
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Thomas Pynchon, Vice caché, par Nicolas Richard (traducteur) .
Thomas Pynchon, né en 1937 dans l?État de New York, est l?un des hommes les plus secrets de la littérature américaine. Originaire de Long Island, il commença des études d'ingénieur à l'université Cornell mais arrêta à la fin de sa deuxième année pour rejoindre l'US Navy. Il retourna à Cornell en 1957 pour suivre des études de lettres et commença à publier au début des années 60.Il est l?auteur de sept livres, tous traduits en français et publiés dans la collection « Fiction & Cie », au Seuil : V et L?Homme qui apprenait lentement ( 1985); Vente à la criée du lot 49 (1986); L?Arc-en-ciel de la gravité (1988), Vineland (1991), Mason & Dixon (2001) et Contre-jour en 2008.Un entretien avec Nicolas Richard, traducteur de Vice cachéEn librairie le 2 septembre








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