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> Fanchita Gonzalez-Batlle (Traducteur)

ISBN : 2020488876
Éditeur : Editions du Seuil (2003)


Note moyenne : 3.66/5 (sur 154 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Mai 1990, au bord des eaux boueuses du canal Baili, à moins de trente kilomètres à l'ouest de Shangai. Pour deux vieux copains de lycée, la partie de pêche va donner lieu à une découverte morbide, celle du cadavre d'une très belle jeune femme. La petite fête que donne c... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Marple, le 15 juin 2013

    Marple
    Désolée pour l'héroïne rouge, mais sa mort m'a fait passer un excellent moment de lecture... Je vous recommande donc cette enquête politico-policière très pittoresque, notamment si vous cherchez un polar original ou êtes curieux de découvrir la Chine moderne.
    Le héros, l'inspecteur principal Chen, ne ressemble pas du tout à l'archétype du policier tel qu'on le retrouve dans les polars américains ou scandinaves d'aujourd'hui : il n'est pas alcoolique, ni divorcé, ni dépressif, ni violent, ni solitaire... C'est un érudit un peu mélancolique, poète à ses heures perdues et grand amateur de citations, qui a réussi à tracer son chemin dans les méandres de la police de Shangai (et du Parti Communiste) jusqu'au grade envié d'inspecteur principal. Toujours célibataire malgré ses 35 ans, décalé et attachant, il mène l'enquête avec sérieux, diplomatie et intuition, un peu comme pouvaient le faire les héros d'Agatha Christie et autres Conan Doyle...
    ... mais dans un univers complètement différent et extrêmement bien rendu, à savoir la Chine des Années 1990, tiraillée entre l'ouverture économique au capitalisme et le conservatisme politique, avec un Parti communiste omniprésent et omnipotent. Plus précisément Shangai. L'auteur évoque pas mal de sujets, graves ou légers, au travers des collègues et amis de Chen, plus loufoques et attachants les uns que les autres : la gastronomie souvent, le népotisme, les problèmes de logement et autres difficultés économiques, la répression et les dénonciations, les relations avec les étrangers, l'hypocrisie et la manipulation des médias, la vie quotidienne, la Révolution Culturelle et ses suites... C'est instructif et intéressant.
    Aucun bémol pour moi donc, pas même le rythme, beaucoup moins languide et lent à mes yeux que dans 'Les courants fourbes du lac Taï' du même auteur. Je termine donc en disant : à bientôt, inspecteur principal Chen, je vous retrouverai avec plaisir !
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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 24 mai 2012

    lehane-fan
    Nom d'un petit canard laqué ! Cela se peut-il que ce  corps retrouvé sans vie soit celui de la camarade Hongying , Travailleuse Modele de la Nation ? Quel immonde porc au caramel a-t-il bien pu s'en prendre à ce modele de vertu , à cette icône féminine pronant haut et fort un productivisme épanouissant et libérateur ? L'inspecteur Gadget étant retenu au contrôle technique , l'inspecteur Harry en RTT , le choix se porta tout naturellement sur les deux éminents poulets au curry que sont l'inspecteur Chen – eu égard à sa cadence de travail – et son adjoint Yu .
    Bienvenue au pays de la pensée unique...
    Qiu Xiaolong , grand amateur de T.S. Eliot devant l'éternel , fait dans le polar gastronomique , poétique et sociétal ! Rien que ça ! A mille lieues des codes Américains , l'auteur instaure , au travers d'une enquete somme toute classique , un rythme tranquille - sorte de petite musique paisible que rien ne vient jamais troubler – et pourtant parfaitement légitime malgré le genre ! Et si Xiaolong venait d'inventer le polar zen ?
    L'histoire déboule à la vitesse d'un pousse-pousse en pause déj' ce qui ne nous empeche pas d'adherer totalement aux sereines investigations de notre inspecteur poete et de son acolyte ! L'auteur a pris le parti - et il a plutot interet vu le modele ambiant - de se baser sur un triste fait divers afin d'éduquer le lecteur - dans une moindre mesure que des millions de Chinois le furent dans les laogai , période Mao - , lui décrivant ainsi une Chine post révolution culturelle , mélange délicat d'ultra libéralisme assumé et de modele soviétique toujours fortement ancré dans les mentalités ! Nous sommes à Shangai , en 1990 , sous l'ere Deng Xiaoping . le comité central , véritable pieuvre tentaculaire , contrôle actes et pensées de ce bon peuple chinois nouvellement émancipé ! Difficile , dans ces conditions , de vouloir faire éclater la vérité , surtout lorsque celle-ci semble pouvoir éclabousser un membre éminent du parti !
    Un premier roman érudit qui fait la part belle à l'ambiance . Xiolong immerge le lecteur en un monde apre ou l'oligocratie , voire l'autocratie semblent avoir encore de beaux jours...
    Chen a la justice chevillée au corps mais aura-t-il le courage d'aller à l'encontre du parti au risque de tout perdre ? Tantot poetique , tantot tristement réaliste , Xiaolong assoit un récit savant en décortiquant magistralement les rouages politiques et sociaux d'une Chine à deux vitesse ! Confucius a dit : il vaut mieux etre un gros panda bien portant qu'un petit scarabée anémique ! Preuve qu'il ne disait pas que des conneries l'Raymond !
    Reprise du challenge ABCTJD 2011 /2012 , yes i can – 5 !
    On the road again !
    Saperlipopette , je viens de me faire griller par Hahasiah , galanterie oblige;)
    Mort d'une héroine rouge , naissance d'un écrivain en devenir !
    Te voilà prévenu camarade lecteur..
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    • Livres 4.00/5
    Par Ellane92, le 03 juin 2015

    Ellane92
    L'inspecteur principal Chen, qui est aussi poète, est à la tête de la brigade spéciale de Shanghai. Une jeune femme inconnue a été retrouvée morte, dans un sac en plastique, dans un endroit égaré. L'autopsie montre qu'elle a eu un rapport sexuel pas forcément non consenti avant sa mort, et qu'elle a été étranglée. L'identification de la victime indique que la morte est une certaine Giang Lu, travailleuse modèle nationale. Les débuts de l'enquête montrent qu'elle fréquentait un homme marié, un "ECS" (un enfant de cadre supérieur), une sorte de caste d'intouchables, dont les moeurs n'ont rien d'irréprochables.
    Dans la Chine de l'après Tian'anmen, l'inspecteur Chen va très vite se rendre compte qu'il n'est pas toujours bon de rechercher la vérité quand la cause politique, et la stabilité du Parti, sont en jeu !

    Qu'il est sympathique, cet inspecteur principal Chen, dont l'ascension professionnelle, marquée par son inscription au Parti, n'a pas fait que des amis. Poète et policier, après des débuts pas faciles, il finit par bien s'entendre avec son adjoint Yu, plus âgé et expérimenté que lui.
    Mort d'une héroïne rouge est un roman policier qui prend son temps. le rythme n'est pas trépidant, ni le suspense haletant, puisque l'on sait relativement rapidement qui est le coupable. Ce qui interroge le plus le lecteur, au final, au-delà des découvertes qui ponctuent l'enquête, sans horreur ni hémoglobine superflues, c'est bien de savoir si Chen et son adjoint pourront mener l'enquête à son terme et arrêter le coupable de façon à ce qu'il soit puni !
    J'ai trouvé ce roman particulièrement réaliste, aussi bien dans l'avancée de l'histoire que dans l'omniprésence du Parti dans la société chinoise. Les personnages principaux aussi bien que secondaires sont bien fouillés, et les dialogues bien ciselés, exprimant comme tant d'autres choses l'importance et l'impact du Parti dans la "nouvelle" Chine.
    Au-delà donc de cette enquête sympathique servie par une jolie écriture parfois parsemée de poèmes chinois, Mort d'une héroïne rouge vaut par l'excellence de son évocation de la Chine socialiste actuelle : la vie dans la rue, la gastronomie (qui ne donne pas très envie !), la pollution, les maisons dont les familles se partagent les pièces, Canton et son néo-capitalisme, la "rééducation" des intellectuels, la pauvreté des retraités, l'intouchabilité des "ECS"...
    Cette première enquête de l'inspecteur Chen est une réussite (même si je mettrais un bémol lié au deus ex-machina de la fin), et j'en lirais surement d'autres !
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    • Livres 4.00/5
    Par Coriolis, le 03 avril 2015

    Coriolis
    Nuits de Chine, 
    Nuits câlines, 
    Nuits d'amour 
    Nuits d'ivresse, 
    De tendresse....
    Sur la rivière entendez-vous ces chants 
    Doux et charmants? 
    Bateaux de fleurs, où les couples en dansant 
    Font des serments! 
    Faites gaffe ! le premier qui dit que je chante mal... Et ben, il aura raison ! (ça c'est dit!)
    Bon, alors on oublie tout de suite les chansons aussi indigestes qu'un hakao trop cuit... La Chine dans laquelle je vous conduis est loin d'être aussi idyllique et attrayante. Pas de fleufleurs, des couples heureux et mieux : pas de chanson  sirupeuse!
    Car la rivière ne charrie pas que des « zamoureux » transis...Hélas ! La preuve, le cadavre d'une jeune femme emballé dans un sac et jeté dans le canal vient d'être retrouvé. L'Inspecteur Chen Cao, gourmand invétéré, et son adjoint Yu vont devoir enquêter sur ce meurtre sordide. Nul ne sait qui a été assez cruel pour s'attaquer à cette femme, travailleuse modèle et membre éminent du Parti. Si le personnage principal, l'inspecteur Chen Cao, permet au lecteur de découvrir une Chine pétrie de traditions ancestrales et d'une culture très présente, ce livre est avant tout une peinture très réaliste du Shanghaï des années 90. Un premier roman qui en dit long sur les qualités d'écriture de l'auteur. Un suspense qui tient le lecteur en haleine jusqu'à la dernière page doublé d'une réflexion profonde sur la terre qui a vu naître Qiu Xialong.
    Nuits de Chine, 
    Nuits câlines, 
    Nuits d'amour 
    Nuits d'ivresse, 
    De tendresse....
    Nuits de Chine,
    Nuits sordides,
    Nuits de mort,
    Nuit de peur,
    où l'on meurt...
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    • Livres 4.00/5
    Par bilodoh, le 01 octobre 2014

    bilodoh
    On trouve de tout dans ces mets chinois : une pincée d'humour, des petits morceaux de poésie, des grosses légumes, une brebis sacrifiée, le tout mijoté dans un bouillon de politique, bien assaisonné d'histoires d'amour et enveloppé de publicité sur papier glacé !

    À table, un inspecteur principal poète et fin gourmet, un homme honnête, toujours en danger d'être persécuté par les « ECS », les « Enfants de Cadres Supérieurs », pour qui tout est permis. Avec son équipe, il enquête sur un meurtre sordide dont on ne fait que lui rappeler le sens politique. Son travail risque toutefois d'empiéter sur sa vie personnelle faite de quête de l'amour, de l'inspiration poétique et du sens de la vie.

    Il ne s'agit pas de grande gastronomie littéraire, juste un bon polar à la sauce chinoise moderne. À dévorer à belles dents.
    ______
    * Coïncidence de lecture, l'injecteur Chen mentionne le poète irlandais Yeats (p, 365), rencontré juste avant, dans la Danse noire de Nancy Huston!
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Citations et extraits

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  • Par bilodoh, le 01 octobre 2014

    Le succès politique n’aidait guère dans la vie personnelle. Il pouvait au contraire la gâcher. Particulièrement dans la Chine moderne, Être membre du Parti signifiait être loyal en premier lieu au Parti selon la règle du Parti, ce qui n’attirait pas nécessairement un conjoint éventuel. Un mari potentiel préfèrerait vraisemblablement une épouse qui s’engage à être loyale tout d’abord envers lui, qui mette tout son coeur et toute son âme dans sa famille. (Points, p. 371-372)
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  • Par Ellane92, le 03 juin 2015

    Lu avait reçu son surnom de "Chinois d'outre-mer" au lycée. Pas seulement parce qu'il portait une veste à l'occidentale pendant la Révolution culturelle. Son père avait possédé un magasin de fourrures avant 1949, ce qui en faisait un capitaliste. Lu était donc un "enfant de traitre". Et il s'entêtait à cultiver son image "décadente" avec panache : il faisait du café, des tartes aux pommes, des salades de fruits et, bien entendu, portait un costume occidental pour diner.
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  • Par bilodoh, le 01 octobre 2014

    Une année après l’autre, je serai loin,
    
très loin de toi.

    Les beaux paysages se déploient,

    Mais en vain : 

    Oh, à qui puis-je parler

    De ce spectacle enchanteur?

    

…des vers de Liu Yong, écrits pendant la dynastie des Song (Points, p.379)
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  • Par bilodoh, le 28 septembre 2014

    Le ciel et l’enfer sont dans ta tête, pas dans les choses qu’on possède dans le monde.
    (Points, p.243)

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  • Par jadzia, le 30 mai 2013

    Si tu travailles assez dur sur une chose, elle devient une partie de toi, même si tu ne l'aimes pas vraiment et si tu sais que cette partie n'est pas réelle.

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