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ISBN : 2070370003
Éditeur : Gallimard (1978)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 413 notes)
Résumé :
On connaît le célèbre apologue chinois : Tchouang-tseu rêve qu'il est un papillon, mais n'est-ce point le papillon qui rêve qu'il est Tchouang-tseu ? De même dans ce roman, est-ce le duc d'Auge qui rêve qu'il est Cidrolin ou Cidrolin qui rêve qu'il est le duc d'Auge ?
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Critiques, Analyses & Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
kaerlyon
kaerlyon02 juillet 2015
  • Livres 4.00/5
Loufoque, entrainant, rafraichissant, humoristique, curieux, irréaliste, aérien, décalé…. Que de qualificatifs pour définir ce roman !

Cidrolin vit sur une péniche. Ses passions sont simples. Il aime faire un tour au "campigne" pour observer, tel un zoo, ses habitants. Il admire l'évolution constructive du "hachélème" de l'autre côté de la route. Il repeint sa cloture après le passage d'un inconnu qui y tague des insultes. Mais surtout la passion de Cidrolin est de dormir. Parce que lorsqu'il dort, Cidrolin rêve. Mais ce ne sont pas de simples rêves. Non, Cidrolin rêve du duc d'Auge, un personnage haut en couleurs qui vit sous le règne de Saint Louis. le duc d'Auge a une très longue vie rempli d'aventures qui lui font traverser les siècles. Mais sa principale occupation est de dormir. Parce que lorsqu'il dort, il rêve. Il rêve d'un drôle de monde. Un monde rempli de "houatures", de "tévé". Mais le duc d'Auge rêve surtout de Cidrolin, un veuf qui vit avec sa dernière fille sur une péniche, dans un temps lointain et à qui il arrive pleins d'aventures…

Toujours dans le cadre du "challenge ABC", je cherchais un "Q". J'ai hésité à choisir Queneau en raison de quelques souvenirs scolaires où le côté surréaliste de l'écrivain m'avait dérouté. Ai-je acquis de l'expérience ? Est-ce l'enseignement qui n'a pas su rendre l'auteur intéressant ? Quoiqu'il en soit, je ne regrette pas mon choix. Et pourtant, si j'essaie d'analyser ce que j'ai apprécié, je suis bien en peine ! Pas d'histoire, au sens romanesque du terme. Les personnages sont décrits sous un aspect négatif. L'orthographe est volontairement faussée. Même le titre n'a aucun rapport. Toutefois, il est impossible de quitter ce roman une fois commencé. Bizarrement, j'ai adoré le passage d'un personnage à un autre, sans aucune transition. C'est tellement naturel ! C'est difficile à expliquer mais ce livre m'a donné un sentiment de légèreté, de liberté. C'est justement le privilège d'un grand auteur d'avoir la capacité de faire rêver son lectorat juste avec des mots. Et puis ce n'est pas tous les jours que mon héros romanesque préféré est un cheval s'appelant Démosthène….
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LunaZione
LunaZione02 janvier 2014
  • Livres 3.00/5
Visiblement, Raymond Queneau et moi, nous ne sommes vraiment pas fait pour nous entendre ! J'avais mis exprès ce livre dans ma liste du challenge ABC 2013 de Nanet histoire d'être certaine de le sortir un jour de ma PAL. Bon, bah, c'est chose faite, mais je n'ai vraiment pas apprécié cette lecture.
En fait, le truc qui me dérange chez Raymond Queneau - et particulièrement dans ce titre - c'est qu'il est trop prise de tête. J'apprécie la lecture pour la détente et le plaisir qu'elle me procure et avec lui c'est tout le contraire : il me fait me triturer l'esprit au moment où j'apprécierais justement de ne pas le faire ! D'autant plus que, du coup, je ne perçois plus son humour ou ne l'apprécie plus ce qui rend cette lecture plutôt ennuyeuse.
L'autre point qui m'a chagrinée, c'est qu'il n'y a pas vraiment d'histoire à ce roman. Tout est prétexte pour un exercice de style et du coup : la forme est là, mais pas le fond, ce que je trouve assez dommage.
Pourtant, Raymond Queneau à une écriture assez agréable et fluide : étonnamment son texte est aussi simple que compliqué. Il me semble qu'il a fait attention à faire des phrases simples quand il s'amusait avec les mots et à utiliser des mots simples quand il s'amusait avec les tournures de phrases...
J'imagine que ce texte doit être très intéressant à approfondir et à relire, mais personnellement, je n'y tiens pas vraiment pour le moment. Mais bon, ce serait visiblement un mal nécessaire : la petite soeur qui l'a étudié en français pour le bac, l'a beaucoup apprécié !
Un texte intéressant mais à découvrir à tête reposée ;)
Lien : http://lunazione.over-blog.c..
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kineyume
kineyume13 septembre 2014
  • Livres 3.00/5
Second roman que je lis de Raymond Queneau après l'excellent Zazie dans le métro que j'ai dû lire pour ma terminale littéraire mais qui était très plaisant de même que le superbe film de Louis Malle qui a malheureusement été décrié par la critique, c'est clair qu'il faut s'accrocher avec son rythme effréné mais bon. Arrêtons de parler de Zazie car ce n'est pas le sujet, ici il me faut vous éclairer sur les fleurs bleues, alors on retrouve clairement le même style que dans Zazie, mais en moins accentué, et c'est tant mieux (pour moi en tout cas, car j'ai dû mal à prendre du plaisir en lisant des fautes d'orthographe même si tout ceci est volontaire). On retrouve donc une multitude de néologismes propres à Queneau, et en plus ici on est souvent dans le langage cru. Bon pour l'histoire on suit deux personnages principalement, Cidrolin et le duc d'Auge, c'est très difficile d'en parler car il n'y a pas vraiment de fil conducteur, on suit leurs vies et puis voilà. Il y a une intrigue avec Cidrolin qui sera résolue à la fin mais bon. C'est sympa mais sans plus, pas le meilleur Queneau pour moi.
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cicou45
cicou4524 juillet 2011
  • Livres 4.00/5
Un méli-mélo complètement insolite qui mêle à le fois l'histoire de Cidrolin, un homme qui a élu sa résidence sur une péniche et vit dans les années '60 et celle du duc d'Auge, un personnage qui vivant à l'époque médiévale. Cependant, ce dernier semble posséder un étrange don de pouvoir rêver de Cidrolin et vice-versa. le lecteur a intérêt à être bien attentif pour ne pas se perdre dans cet extraordinaire labyrinthe, brillamment conçu par Raymond Queneau et dont le but est d'égarer le lecteur dans les rêveries de l'un ou l'autre des personnages. Une merveille à l'écriture prodigieuse !
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GuillaumeTM
GuillaumeTM29 avril 2013
  • Livres 4.00/5
Les fleurs bleues est l'un des derniers romans de Raymond Queneau, publié en 1964.
Il y traite avant tout du rêve en s'inspirant de l'apologue chinois Tchouang-Tseu.
On a donc droit à une histoire très farfelue, mêlant étrangeté et humour désopilant, usant de tous les registres de langues, d'anachronismes et de fautes d'orthographe volontairement, l'esprit de sérieux n'étant pas de mise ici.
Cidrolin, un type de la décennie du Flower Power, vivant sur une péniche, grand amateur d'essence de fenouil et adepte des siestes improvisées rêve du duc d'Auge, qui lui, vit au Moyen Age, ou peut-être est-ce l'inverse, on ne sait plus trop.
Finalement, les écrivains ayant sut tirer profit du surréalisme, n'en déplaise à son fondateur tyrannique et dogmatique André Breton, sont des gens comme Raymond Queneau et Boris Vian, car ils ont su en faire quelque chose à la fois de novateur, d'iconoclaste et de rafraîchissant. Ce sont les dignes successeurs d'Alfred Jarry.
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Citations & extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
MariaJoaoCMariaJoaoC13 juillet 2016
Non, répondit Lalix. Tout ce que vous avez raconté prouve par a plus b que c’est vous le justicier à la con, le judex à la manque, le montecristo de papa, le zorro de grand-mère, le robin des bois pourris, le rancunier gribouilleur, l’insulteur des murailles, le maniaque du barbouillage, enfin quoi l’emmerdeur patenté anticidrolinique.
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GuillaumeTMGuillaumeTM23 avril 2013
A la terrase du café, des couples pratiquaient le bouche à bouche, et la salive dégoulinait le long de leurs mentons amoureux; parmi les plus acharnés à faire la ventouse se trouvaient Lamélie et un ératépiste, Lamélie surtout, car l'ératépiste n'oubliait pas de regarder sa montre de temps à autre vu ses occupation professionnelles. Lamélie fermait les yeux et se consacrait religieusement à la languistique.
Vint la minute de séparation; l'ératépiste commença lentement les travaux de décollement et, lorsqu'il fut parvenu à ses fins, cela fit flop. Il s'essuya du revers de la main et dit :
-- Faut que je me tire.
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vincentfvincentf28 octobre 2010
Le vingt-cinq septembre douze cent soixante-quatre, au petit jour, le duc d'Auge se pointa sur le sommet de son château pour y considérer, un tantinet soit peu, la situation historique. Elle était plutôt floue. Des restes du passé traînaient encore çà et là, en vrac. Sur les bords du ru voisin, campaient deux Huns; non loin d'eux un Gaulois, Eduen peut-être, trempait audacieusement ses pieds dans l'eau courante et fraîche. Sur l'horizon se dessinaient les silhouettes molles de Romains fatigués, de Sarrasins de Corinthe, de Francs anciens, d'Alains seuls. Quelques Normands buvaient du calva.
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VALENTYNEVALENTYNE10 janvier 2015
- Encore un petit coup d'essence de fenouil et nous y courons, dit le duc conciliant.
- Et le restaurant ? Demanda Cidrolin.
- Comme ci comme ça, répondit le duc. Ils vous servent tout juste de quoi nourrir un oiseau souffrant et leur carte ne liste aucun des plats que j'aimais tant jadis et naguère, le pâté de rossignol au safran, la tarte de châtaignes à la graisse de campagnol, le chaud-froid d'ours à la graine de tournesol, tout cela arrosé d'alcool au bol. (P246)
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DonaSwannDonaSwann06 juillet 2016
- (...) Au fait, pourquoi ne pas raconter ses rêves ?
- C'est mal élevé, dit Lalix.
- La première fois que j'entends ça, dit Cidrolin.
- Les gens, continue Lalix, ils se croient des petites merveilles, tout ce qu'ils font, tout ce qu'ils sont. Ils s'attribuent une importance... Alors s'il fallait, par dessus, encaisser le récit de leurs rêves, on n'en finirait plus.
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Vidéo de Raymond Queneau
Cours de cinéma du Forum des Images : "Le chant du Styrène", film de Alain Resnais, texte de Raymond Queneau (dans le recueil " Chêne et Chien "), analysé par Gwenanële Rot.
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