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ISBN : 2246861799
Éditeur : Grasset (03/10/2016)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Je n'ai jamais ressenti aucun sentiment de nation. Aucun sentiment de territoire. Seules les langues m'émerveillent.
Rare l'instant où on voit sur les lèvres d'un enfant l'instant où le son devient un mot.
Très rares les humains qui ont pu voir filmée, ou dessinée, ou enregistrée, ou narrée la scène exacte où ils ont pris origine juste avant l'instant x où ils sont conçus.
Mais plus encore l'instant de bascule d'un système symbolique dans un aut... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
AudreyT
27 novembre 2016
★★★★★
★★★★★
C'est au temps de Charlemagne que nous suivons Hartnid et Nithard dans leur périple. C'est à Nithard, premier né des jumeaux, que revient le rôle de raconter par écrit le voyage de son frère Hartnid parti a la recherche d'un visage dont il rêve sans cesse...
Je suis embêtée d'écrire quelque chose sur ce roman car je n'ai pas saisi où l'auteur voulait en venir. Il y a une multitude de personnages, sans lien apparent, et une écriture parfois difficile à saisir. Ce livre n'était pas fait pour moi...
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Zakuro
28 janvier 2017
Au temps de Charles le Magne, des guerres et des conquêtes, posons-nous un instant près de l'eau, aux bords de la Somme, des rives de la Mer du Nord.
Prêtons l'oreille à la légende de Sar, la Chamane.
Suspendons le temps pour remonter jusqu'au coeur de la forêt sombre des Ardennes, vivre les dernières heures du Royaume des Francs.
Nithard et Hartnid sont les témoins de cette époque, deux frères jumeaux, petits-fils de l'empereur Charles le Magne.
Nithard, l'écrivain qui à la plume blanche de l'oie écrit l'histoire de son temps ; Hartnid au coeur incrustable parcourt à cheval un territoire immense pour chercher le visage d'une femme.
J'ai voyagé, j'ai traversé des paysages, parcouru le temps, accompagnée de l'ombre errante à travers les siècles du Frère Lucius et de son chat.
J'ai découvert l'histoire du Cantilène d'Eulalie conservé à la Bibliothèque de Valenciennes, premier poème de vingt-neuf vers traduit en français et écrit en lettres carolines avec sa mélodie, à la fin d'un manuscrit relié en peau de cerf :
" Si l'on approche ses lunettes, son nez, son regard de la peau non épilée, ce vieux livre barbu du IXeme siècle sent encore très fort la forêt d'Ardennes et le sang noir de la chasse d'hiver".
Je sors émerveillée de la lecture du livre de Pascal Guignard.
"Les larmes " est un texte dédié aux origines de la langue et de la littérature française.
Il est aussi un hommage profond à la nature, à l'eau sous toutes ses formes, aux animaux et au monde des oiseaux qui unit son chant à la parole humaine, à la terre du Nord de l'Europe, aux liens étroits qui unissent l'homme et son environnement naturel, d'où il tire son origine et sa fin.
L' écriture est poétique et symbolique. Elle est pour moi tout simplement magnifique.
"Il suffit des larmes de l'enfance.
Lacrimae rerum.
Les atomes qui tombent du ciel sont les larmes des choses.
C'est ainsi que Virgile a écrit que les figures et les sites incomparables qui se trouvent sur la terre finissent par être des larmes de douleur tant elles touchent l'esprit comme des doigts alors qu'on sait qu'on ne les reverra jamais".


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Pachy
24 novembre 2016
★★★★★
★★★★★
Peut-être n'aurais-je pas lu ce récit historique qui, en fait est un roman (et c'eut été dommage) sans l'appui de François Busnel aux commandes de sa Grande librairie et, ce soir, sur le plateau il faisait face à Mme Badinter. C'est vous dire le moment de plaisir que nous avons eu en cadeau. L'un, Pascal Quignard est optimiste sur le retour en grâce du latin tandis que Mme Badinter est plus pessimiste. Rappelons que c'est grâce à Pascal Quignard que les Français ont découvert la viole de Gambe. Parce oui, dans ces pages on y parle latin. Que ce ne soit pas un barrage pour le lecteur.
François Busnel présente « Les larmes » en quelques phrases clés – ‘les mille et une nuits de la langue française' – ‘récit merveilleux - étranges légendes », ce récit parsemés de faits historiques et légendaires.
Moyen âge jusqu'à la mort de Charles Magne (Charlemagne) en 814. On fait la connaissance de deux petits enfants du grand empereur : Nithard et Hartmid. Les deux prénoms étant l'anagramme de l'autre car, à cette époque, les jumeaux devaient avoir des prénoms qui s'évoquaient l'un l'autre. Hartmid est en quelque sorte ce que n'est pas Nithard. Hartmid parcourt le monde, emportant une part de Nithard qui, lui, reste à écrire son histoire et celle dans laquelle il est baigné.
Pascal Quignard le dit avec justesse et l'idée poétique est très belle : ‘Hartmid ira jusqu'à Bagdad, le pays des mille et une nuits' L'occasion est trop belle de faire un parallèle entre les mille et une nuits occidentales de Charlemagne et celles d'Harum Bagdadi à l'opposé.
Et on trouve l'invention de la langue française, racontée d'une façon très étonnante « C'était un vendredi 14 février 842 ; il neigeait ». Comme s'en étonne François Busnuel marquant qu'il est plus qu'étonnant pour un pays de pouvoir dater aussi précisémment la naissance de sa langue.
Alors, oui, c'est exact, je fais partie des personnes plutôt nulles en histoire de France et j'ai donc eu du mal avec le côté historique de ce roman. Mais, car il y a toujours un mais, c'est tellement bien écrit que l'on s'attache aux aspects légendaires et j'irai même jusqu'à dire que certains épisodes historiques, donc authentiques, sonnent comme de belles légendes. Et voilà comment je suis entré avec un plaisir immense et sorti avec d'immenses regrets.
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blandine5674
25 décembre 2016
★★★★★
★★★★★
Arrêt à la page 60. Impossible d'accrocher : histoire des chevaux, naissance de jumeaux, l'an 813, le roi des Francs, le jour de l'Ours, l'origine de la Somme, Sainte Véronique, la route de Louviers, Saint Augustin. Je n'y comprends rien.
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Heleniah
17 novembre 2016
★★★★★
★★★★★
Un auteur dont j'ai souvent entendu parlé, un peu de temps et voilà ce roman lu !
Roman, livre, assez surprenant d'ailleurs. Il faut quelques chapitres avant de comprendre le cheminement de pensée et découvrir l'histoire. Au temps de Charlemagne on suit des jumeaux, Hartnid et Nithard, dans un monde en plein changement. Entre la culture encore assez païenne, la venue et l'instauration du christianisme, les langues qui se mélangent et la naissance de la langue française, l'auteur propose une chanson de geste moderne, savante et attachante.
Il y a de nombreuses références tout au long du livre, pas forcément toujours explicitées, il est donc préférable d'avoir déjà une base en histoire et culture du haut Moyen-âge (sinon, revoyez un peu l'époque de Charlemagne, la chanson et Roland, etc!). Je pense avoir raté quelques unes de ces références; elles sont sûrement bien plus nombreuses que ce que j'ai remarqué !
Bon, hormis le massacre d'un chaton (c'est interdit ça, les livres me vexent vite si on tue des chatons !), le livre est agréable à lire. L'écriture est fluide et poétique, on apprend des choses et le côté romancé ajoute une autre dimension à cette époque souvent considérée comme sombre et inintéressante. le jeu entre les miracles chrétiens et les traditions celtes (la présence et l'importance des cours d'eau, les références à la mythologie grecque, etc) donne également une bonne impression de cette période. La naissance de la langue française et du premier texte en français sont bien expliquées et sont comparées plusieurs fois au naissance et à l'apprentissage des enfants.
Pour conclure, il faut s'accrocher dans les 1ers chapitres histoire de se laisser porter par l'auteur et plonger en toute confiance dans ce moyen-âge qui devient histoire de France.
Lien : https://girlkissedbyfire.wor..
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Les critiques presse (4)
Bibliobs16 décembre 2016
Voici, racontée à la manière d'une chanson de geste, dessinée comme une tapisserie féodale, la naissance du premier royaume, celui de la langue française.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Telerama02 novembre 2016
Dans cet envoûtant roman-poème serti de légendes, l'auteur conte les destins contraires de Nithard et Hartnid, frères jumeaux au temps des Carolingiens.
Lire la critique sur le site : Telerama
LePoint25 octobre 2016
Dans une chanson de geste contemporaine, Pascal Quignard plonge aux origines de notre langue. Livre après livre, une histoire d'amour avec le français.
Lire la critique sur le site : LePoint
LeFigaro21 octobre 2016
L'auteur des Ombres errantes poursuit son oeuvre érudite et poétique, nous plongeant aux temps carolingiens, aux origines de la langue française.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations & extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
PhilochardPhilochard28 novembre 2016
- Nous autres, femmes, notre vie n'est pas heureuse. Le temps où nous sommes des femmes est trop bref. Nous sommes beaucoup trop longtemps des petites filles, nous restons si peu de saisons des femmes, nous sommes trop vite des mères, nous perdons une durée interminable à faire les vieillardes et à rester, un pied en l'air, toutes poudrées, à hésiter à naufrager dans l'océan de la mort. De plus, le cycle de notre fécondité est désagréablement mesuré si nous le comparons à l'étendue de notre existence. Les soins que requièrent les petits qui sortent de notre sexe sont répétitifs et grossiers. Voilà pourquoi je pense : Le temps des mères et des aïeules est beaucoup trop étiré au point qu'il en devient fastidieux et presque dégoûtant.
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GeraldineBGeraldineB14 octobre 2016
Ce qu'il y a de plus affreux, dans l'existence que mènent les femmes, c'est que nous aimons les hommes alors qu'ils nous désirent.
Commenter  J’apprécie          210
PhilochardPhilochard28 novembre 2016
Les anciens habitants de Rome préféraient dire qu'Europe était une princesse de Phénicie qui avait été enlevée en Crête.
Mais jamais Europe n'a poussé ses sabots jusqu'entre Meuse et Rhin.
Jamais elle n'a foulé les forêts des Ardennes.
Il faut dire la vérité :
Dans le cours de sa vie
Europe n'a jamais connu qu'Istanbul et Ephèse.
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Erik35Erik3501 décembre 2016
Tous les oiseaux répondent - et même leur surprenant silence répond quand ils en viennent à se taire.
Tous les oiseaux modulent selon l'accompagnement que le lieu offre aux mouvements et à la résonnance particulière qu'organisent leurs étranges mandements.
Presque pas d'arpège ne tintinnabule quand le site est dans la brume.
Aucun égrènement d'appels ne se relance deux fois sous le couvert.
Les graves se diffusent plus loin dans le monde des oiseaux - comme la douleur dans le nôtre.
Les lents se distinguent plus aisément que les rapides.
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ZakuroZakuro07 janvier 2017
La vie donne à chacun le rôle qui le dépasse, dans lequel on n'arrive même pas à mourir.
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