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ISBN : 2070313492
Éditeur : Gallimard (2004)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.83/5 (sur 571 notes)
Résumé :
Le jeune garçon aimerait bien pouvoir se cacher, disparaître, lorsque son père, instituteur respecté, se déguise en clown amateur. Entre honte et mépris, il assiste à ses numéros. Jusqu'au jour où son oncle Gaston lui révèle le sens de cette étrange vocation en lui dévoilant un épisode tragi-comique de la Seconde Guerre mondiale ...
Pudeur, humour et tendresse caractérisent ce récit simple et bouleversant que Michel Quint a dédié à son grand-père, ancien comb... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (96) Voir plus Ajouter une critique
jeranjou
jeranjou07 mars 2013
  • Livres 4.00/5
"L'habit ne fait pas le moine"
Professeur de lettres classiques, Michel Quint est connu pour ce très court roman "Effroyables Jardins", sorti en 2000 et adapté au cinéma par Jean Becker en 2003. D'après la préface du livre, le titre est inspiré de Calligrammes, «Et que la grenade est touchante, Dans nos effroyables jardins», de Guillaume Apollinaire. Ayant lu récemment la magnifique nouvelle «Inconnu à cette adresse» de Kathrine Kressman Taylor, je souhaitais poursuivre avec «Effroyables jardins» ces moments de lecture brefs mais o combien forts sur la seconde guerre mondiale.
Michel Quint a écrit cet ouvrage en réaction à l'irruption d'un clown au Palais de justice de Bordeaux lors du fameux procès de Maurice Papon. Secrétaire général de la préfecture de Gironde entre 1942 et 1944, Papon a été condamné en 1998 pour complicité de crimes contre l'humanité pour des actes commis sous l'occupation allemande. Soit 44 ans plus tard !
L'histoire présente ainsi un jeune garçon qui maudit son père, pourtant très respecté dans son village. Son père, instituteur la journée, se produit régulièrement en public déguisé en clown. le jeune garçon, méprisant ses numéros de clown, sa voiture ringarde et toutes sortes d'habitudes de son père, va complètement changer d'opinion à l'égard de celui-ci. En effet, son oncle Gaston va lui raconter cet incroyable récit de sur leur arrestation commune par les allemands après un acte de résistance consistant à faire exploser un transformateur électrique durant la guerre. Je vous laisse découvrir ce texte très court mais lumineux.
Pour les plus sceptiques, j'avoue que Michel Quint rédige la première partie de son roman avec une syntaxe et un vocabulaire très soutenus. J''ai dû relire les premiers passages plusieurs fois afin de pouvoir les assimiler complètement. Ensuite, l'auteur se met dans la peau de Gaston et change de style du tout au tout. Certaines fautes de grammaire, avec des « qui » en-veux-tu-en-voilà, sont mêmes volontairement choquantes pour le lecteur (je suppose ou je l'espère !) pour accentuer le coté rustre de Gaston.
Si l'on s'en tient au récit, j'ai évidemment beaucoup aimé l'épisode raconté par Gaston sur leur arrestation durant la Seconde Guerre mondiale. Une histoire pleine d'émotions, parfois drôle et particulièrement touchante, surtout lorsque l'on sait que l'auteur souhaite rendre hommage à son grand-père, à son père et au fameux soldat allemand Bernhard Wiki. A découvrir absolument comme "La liste de Schindler", démontrant ainsi que certains allemands ont bravé avec courage le fanatisme de l'époque.

PS : le deuxième volet qui fait suite à « Effroyables Jardins » est sorti sous le titre "Aimer à peine".
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gouelan
gouelan11 août 2015
  • Livres 5.00/5
Les jardins sont effroyables, les grenades sont touchantes, comme le dit Guillaume Apollinaire dans « Les grenadines repentantes ». La grenade « fruit » et la grenade « arme », les jardins douceurs devenus effroyables jardins, quand ils se transforment en fosses et en tranchées. Douceur et douleur cohabitent car « La vie est une grenade ».
Le récit de l’enfance du narrateur, qui ressemble à une fable, est inséré dans une histoire plus grande ; l’évocation du procès de M. Papon. La petite histoire s’insère dans la grande. Une histoire de héros ordinaires et modestes qui ont lutté contre la barbarie.
Une fable avec ce soldat allemand ; Wicki, n’ayant trouvé comme arme, contre la haine et la violence de ses supérieurs, que la dérision. Avec son personnage de clown il proteste et clame sa différence. Il se déclare homme car il fait rire, et le rire est le propre de l’homme. De merveilleuses grimaces plutôt que des grenades.
« Qui fait le clown fait l’homme», rester humain face aux bêtes sauvages, aux barbares, les déstabiliser, les humilier, les singer.
Une fable, car la délivrance des otages est miraculeuse. Elle ajoute deux héros ordinaires à l’histoire ; Nicole et l’électricien de la gare de Douai.
André, Gaston, Emile et Henri, dans la fosse, en-dessous de ce soldat clown, sont d’abord révoltés par son comportement moqueur et déplacé. Puis ils comprennent. Ils comprennent qu’eux aussi sont des hommes, qu’ils ne sont pas des bêtes en train de croupir au fond d’un trou, à la merci des exterminateurs.

La morale de cette fable est qu’il ne faut pas oublier et refuser le manichéisme.
Le narrateur a bien compris cette leçon d’humanité et ce devoir de mémoire. Il a évolué au fil du récit. Le long discours de Gaston le transforme. Il comprend que derrière le personnage de clown de son père, se cache un héros. Un héros qui rend hommage au soldat allemand Wicki. Il reconnait la grandeur des personnages de sa famille. Ce sont des héros, dont la petite histoire s’inclut dans la grande Histoire.
À son tour il fera le clown, pour témoigner en leur nom, pour leur rendre hommage.
« De mon mieux. Je ferai le clown de mon mieux. Et peut-être ainsi je parviendrai à faire l’homme, au nom de tous. Sans blâââgue ! »
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Ellane92
Ellane9218 juin 2015
  • Livres 4.00/5
Notre narrateur en a par-dessus la casquette : son père, l'instituteur, passe son temps à parcourir les rues et les manifestations déguisé en clown ; il n'est même pas drôle, ne semble même pas y prendre plaisir, et pourtant, toujours ce nez rouge et ses chaussures trop grandes. Et puis, les repas habituels avec le copain Gaston et sa femme Nicole, qui tirent le diable par la queue et s'embrassent comme s'ils venaient de se rencontrer... Non, ce n'est juste plus possible !
Sauf que les apparences sont parfois trompeuses. C'est le fameux Gaston qui va nous raconter l'histoire qu'il leur est arrivé ! En ce temps-là, c'était la guerre, sous le gouvernement de Vichy. Pour se faire mousser un peu devant les filles, Gaston et le père du narrateur rejoignent la résistance et font sauter un bâtiment. Ni une, ni deux, les voilà au fond d'un trou humide avec d'autres occupants. Les militaires allemands sont clairs : le coupable se dénonce, ou les têtes tomberont !
"Effroyables jardins" c'est une toute petite histoire de la grande histoire (enfin, celle avec un grand H) qu'on lit d'une traite. En quelques pages, Michel Quint nous dresse les portraits très réussis de deux gars gentils mais un peu couillons qui vont se retrouver "sans l'avoir cherché", ou du moins anticipé, à une situation dramatique. Comme un monologue "à la Pennac", avec des belles envolées gouailleuses, ce livre est une très jolie leçon d'humanité, et je ne doute pas que notre narrateur sortira de cette aventure comme nous : un peu moins arrogant, un peu moins méprisant. "Effroyables jardins", c'est un hommage à la vie et aux hommes, un court ouvrage intelligent dont il serait dommage de se passer !
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Yassleo
Yassleo18 janvier 2016
  • Livres 4.00/5
Parfois cruel le regard d'un gamin sur ses parents. Tellement rapide et simple de les juger quand on ignore tout de leur passé.
Notre narrateur lui a un père instit. Bon jusque là pas de problème, pas de quoi fouetter un chat ni fesser une vache. 
Oui mais à ses heures perdues, notre instit aime bien se grimer en clown. Et là, moins drôle pour le fiston. Autant ça amuse les petits comme les grands du village, autant lui se carapaterait bien à l'autre bout du monde pour échapper à cette mascarade et cette honte familiale. Un marginal guignolesque dans la famille ça fait désordre, et faut que ça lui tombe dessus.
Jusqu'au jour où le tonton Gaston révèle l'origine des clowneries paternelles.
De ce père-clown à l'image pathétique et pitoyable, dès lors plus question. Fierté et humilité s'imposent devant mon père ce héros.
Roman court à lire d'une traite. Pas de fioritures à l'horizon : comme toujours on va à l'essentiel avec Michel Quint.
Et en si peu de pages, l'auteur réussit un tour de force en parvenant à dépeindre ses quelques personnages en profondeur. Il retrace toute la douceur d'âme dont l'homme est capable, mème dans les périodes les plus sombres de son histoire. Chacun à sa manière est ici un modèle de bravoure, de courage et de grande humanité.
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bilodoh
bilodoh26 mai 2016
  • Livres 4.00/5
Un tour au rayon jeunesse, petit fascicule, mais je ne m'attendais pas à un texte aussi court, moins de 60 pages, le reste du livre étant un dossier pédagogique pour expliquer l'Histoire.

C'est un récit émouvant, celui d'un garçon qui avait honte de son père qui endossait un habit de clown pour animer les fêtes de campagne. Ce mépris pour le déguisement se changera en respect lorsqu'un oncle lui racontera ce qui s'est passé pour eux durant la guerre.

Une fable qui parle du regard cruel que portent souvent les enfants sur leurs parents et des vérités de la mémoire qui peuvent parfois transformer complètement ces jugements péremptoires.
C'est aussi une fable sur le devoir de mémoire de la société, des héros de guerre dont on doit se souvenir, mais aussi de toutes les mesquineries et des odieux compromis qu'il ne faut pas oublier non plus.
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Citations & extraits (65) Voir plus Ajouter une citation
bilodohbilodoh26 mai 2016
C’est seulement après la guerre qu’on a su le fin mot : les gendarmes, ils étaient pour l’équipe de foot de Henin-Liétard, et nous, les footeux d’Hénin, on les avait battus trois-zéro au premier tour de coupe de France en 39! Alors, ils ont vengé leur honneur comme ils ont pu… En nous désignant comme otages…

(p. 32)
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rabannerabanne17 mai 2016
Le nom de l'accusé ? Je me souviens à peine, d'un écho brutal, comme d'une gifle méprisante, et, et même cela je veux l'avoir oublié demain, pour ne garder en mémoire, que ceux des êtres qu'il déporta de la vie.
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araucariaaraucaria09 juillet 2015
Au matin, on a vu ses yeux. Le soleil s'est levé en plein dedans. Il n'avait pas bougé de la nuit. Et c'était pas le regard d'un idiot ni celui d'un bourreau. Nous on claquait des dents, d'avoir dormi tout recroqués l'un sur l'autre, d'un seul oeil, moitié debout moitié accroupis contre les parois du trou. On en avait des cataplasmes bouseux plein le paletot et le froc. Emile pleurait tout bas et Henri, le regard perdu, se parlait en polonais. Ton père était gaillard pourtant. Il a levé la tête, et je me souviendrai toujours de sa voix, comme à un premier matin de vacances à la mer :
- Serait-il possible qu'on nous serve le petit déjeuner? qu'il a dit au feldgardien.
Et l'autre, aussi sec, qui répond :
- Tu sais, vieux, à l'hôtel des courants d'air, le déjeuner c'est du vent!
Aucun accent. Rien. T'aurais juré un français. Et appeler ton père "vieux", comme un copain de toujours... On n'a pas trouvé catholique! Au point qu'on a cligné des yeux : des fois que les frisés nous auraient fait surveiller par un milicien... Mais non, l'uniforme était vert-de-gris, Wehrmarcht.
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jeranjoujeranjou10 mars 2013
En fait, on était quatre, à piétiner trente mètres carrés en gros. Ton père avait arpenté le diamètre, grosso-modo, et calculé l'aire, avec pi 3,14 et tout le tremblement. Résultat : trente mètres carrés.
Ça nous faisait une belle jambe. Même qu'on aurait eu un empire à se partager, du moment que c'était pour y mourir et y être enterrés tout cru, la superficie exacte on s'en tapait. Parce qu'on se disait : crénom de cadeau, on a le plaisir et le privilège de visiter notre propre tombeau !
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bohemesvidabohemesvida29 août 2015
Parce qu'il faiait encore jour quand de la terre a boulé le long de la paro, à l'ouest. On a levé l nez et il était là. Dos au crachi, jambes pendantes dans ses bonnes bottes, fusil en bandoulière, la capote bien bouonnée assis sur des sacs, au bord de notre trou. Casque à ras le sourcil et un sourire large et benêt tu peux pas savoir comment. Notre gardien. Finalement, ils nous en avaient envoyé un. Un demeuré de tourbières, un simplet! Sûrement parce qu'il était infoutu de fire autre chose! En tout cas, même gardés par un niais, pour l'évasion on était refaits!
Il nous regardait croupir, comme ça, d'en haut, les mains aux genoux. Et tout d'un coup, tu sais pas, il nous a fait une grimace! Une grosse, une de gosse, les yeux tout riboulés, et la bouhe bouffée en cul de dindon! On est restés comme deux ronds! Il nous aurait insultés, bombardés de cailloux, pissé dessus, c'était dans l'ordre, rien à redire. Mais là, e payer la figure d'otages, faire le môme pour des hommes qui vont mourir, c'était indigne, insupportable! On a commencé à essayer de lui jeter des mottes de glaisemais ça ne servait à rien: elles nous retombaient en pleine poire! Et, par-dessus le marché, l'ostrogoth sort son briquet, son casse-croûte! Juste un quignon...Mais tu parles qu'on salivait devant! Et toujours d'une façon à pas croire, avec des efforts énormes, comme si sa poche elle avait trois kilomètres de profond, qu'il y avait des bêtes dedans qui lui mordaient les doigts! Il poussait des kaïk kaïk, des petits cis de frayeur! Alors là c'était vraiment trop! Jouer comme ça avec la nourriture devant des affamés, nous narguer: on l'aurait tué! On pouvait pas s'empêcher, on étit là, à baver devant le manger, à se dire que ce salaud se payait notre fiole et qu'on allait y passer... Mais en même temps, tu penses à ce que tu veux, qu'on était des inconscients, des moins que rien ou quoi, mais en même temps on n'a pas pu tenir, ni les autres, ni moi. Je crois que ton père a rigolé le premier de la dégaine de notre gardien et on n'a plus résisté. On a tous pété de rigolade. Ah, ah ah!
Plus on se bidonnait, là au fond, plus lui, il avait du mal à tirer son pain de sa poche. A peine sorti, à peine il avançait les dents pour surprendre la trtine qui pointqit, sa capote l lui réavalait et il en gémissait, se mordait les doigts, faisait semblant de prendre son parti, de plus penser à manger, rêvassait trois secondes, et puiss hop, tout d'un cooup, par surprise, il remontait à l'assaut de sa poche! Jamais j'ai tant ri, ton père non plus, je le sais. La chasse à la tartine! On en avait les larmes aux yeux. Et jamais on n'a pleuré avec autant de plaisir.
Qu'on allait crever, on n'y pensait plus. Nous, on n'y pensait plus, on était encore des gamins à ce point et, lui, il était rigolo à ce point... (pp.47-50)
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