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ISBN : 2070313492
Éditeur : Gallimard (2004)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.84/5 (sur 382 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Quelle est la différence entre un clown et un assassin? Tous deux sont des personnages-clés des romans de Michel Quint. Mais, alors que le dernier traverse tous les romans policiers de l'écrivain, le premier n'apparaît que dans le petit phénomène qui lui sert de dernier... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par jeranjou, le 07 mars 2013

    jeranjou
    "L'habit ne fait pas le moine"
    Professeur de lettres classiques, Michel Quint est connu pour ce très court roman "Effroyables jardins", sorti en 2000 et adapté au cinéma par Jean Becker en 2003. D'après la préface du livre, le titre est inspiré de Calligrammes, «Et que la grenade est touchante, Dans nos Effroyables jardins», de Guillaume Apollinaire. Ayant lu récemment la magnifique nouvelle «Inconnu à cette adresse» de Kathrine Kressman Taylor, je souhaitais poursuivre avec «Effroyables jardins» ces moments de lecture brefs mais o combien forts sur la seconde guerre mondiale.
    Michel Quint a écrit cet ouvrage en réaction à l'irruption d'un clown au Palais de justice de Bordeaux lors du fameux procès de Maurice Papon. Secrétaire général de la préfecture de Gironde entre 1942 et 1944, Papon a été condamné en 1998 pour complicité de crimes contre l'humanité pour des actes commis sous l'occupation allemande. Soit 44 ans plus tard !
    L'histoire présente ainsi un jeune garçon qui maudit son père, pourtant très respecté dans son village. Son père, instituteur la journée, se produit régulièrement en public déguisé en clown. le jeune garçon, méprisant ses numéros de clown, sa voiture ringarde et toutes sortes d'habitudes de son père, va complètement changer d'opinion à l'égard de celui-ci. En effet, son oncle Gaston va lui raconter cet incroyable récit de sur leur arrestation commune par les allemands après un acte de résistance consistant à faire exploser un transformateur électrique durant la guerre. Je vous laisse découvrir ce texte très court mais lumineux.
    Pour les plus sceptiques, j'avoue que Michel Quint rédige la première partie de son roman avec une syntaxe et un vocabulaire très soutenus. J''ai dû relire les premiers passages plusieurs fois afin de pouvoir les assimiler complètement. Ensuite, l'auteur se met dans la peau de Gaston et change de style du tout au tout. Certaines fautes de grammaire, avec des « qui » en-veux-tu-en-voilà, sont mêmes volontairement choquantes pour le lecteur (je suppose ou je l'espère !) pour accentuer le coté rustre de Gaston.
    Si l'on s'en tient au récit, j'ai évidemment beaucoup aimé l'épisode raconté par Gaston sur leur arrestation durant la Seconde Guerre mondiale. Une histoire pleine d'émotions, parfois drôle et particulièrement touchante, surtout lorsque l'on sait que l'auteur souhaite rendre hommage à son grand-père, à son père et au fameux soldat allemand Bernhard Wiki. A découvrir absolument comme "La liste de Schindler", démontrant ainsi que certains allemands ont bravé avec courage le fanatisme de l'époque.

    PS : le deuxième volet qui fait suite à « Effroyables jardins » est sorti sous le titre "Aimer à peine".
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    • Livres 4.00/5
    Par ballad, le 21 novembre 2014

    ballad
    J’ai fondu pour le début de ce texte. Vous dire pourquoi, j’en suis incapable,ou oui peut-être bien que c’est la poésie des personnages et le fait qu'ils ne sont pas des eaux calmes. Ils ont des blessures et ils les cachent sous des comportements, des modes de vie, des langages, des souvenirs qu’ils évoquent. Lorsque le récit change pour laisser place à un ton différent, j’ai pris un peu plus de distance car le langage était moins poétique, mais mon intérêt était toujours présent. Le texte est un hommage de l’auteur à son père et à son grand-père ayant participé à des actes de résistance durant la guerre.
    C’est souvent que l’on a dans notre entourage un messager chargé (ou pas) de nous ouvrir une porte sur des régions du passé de nos parents, inconnues de nous. Que ce soit fantômes dans le placard ou petits secrets qu’on nous révèle comme ça dans des situations inopinées. Dans ce livre, c’est un peu ça, un enfant découvre d’où vient l’Auguste que son père, instituteur, ressent le besoin d’exprimer souvent le samedi dans les bals, délaissant femme et enfant. C’est Gaston, le cousin de la famille, qui raconte à l’enfant les raisons du comportement de son père, et on remonte à des faits datant de la guerre.
    « Et, sauf des expressions, des passages que j’ai encore dans l’oreille, j’ai fini par oublier la chair de cette langue, que Gaston faisait pas semblant, que ses mots étaient pas l’ombre des choses et des moments inhumains, mais qu’il m’ouvrait sa vie et m’offrait humblement tout ce qu’il avait, d’effroyables jardins, dévastés, sanglants, cruels. »
    C’est un beau morceau d’histoire de la résistance. Ce texte nous dit aussi qu’être clown cela peut constituer une forme d’acte de résistance à la guerre et à tout. Au travers du récit d’une époque de guerre, j’ai senti avant tout des histoires d’hommes tout simplement, et c’est également ça qui m’a plu dans ce livre, le fait de voir les choses simplement.
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    • Livres 5.00/5
    Par sandrine57, le 03 septembre 2012

    sandrine57
    Lucien est somme toute un adolescent comme les autres. du haut de ses certitudes, il méprise sa famille et surtout son père qui lui fait honte. Au lieu de se contenter d'être un instituteur respecté et aimé de ses élèves, ce père aime à se déguiser en clown et à se produire dans les petites fêtes de quartier ou les anniversaires. Il pousse même le vice jusqu'à embarquer sa petite famille dans ses virées et Lucien assiste, honteux et déconfit, à ses numéros d'artiste de cirque pas très doué. Mais un jour sa vision des choses va changer, le jour où son oncle Gaston lui confie un souvenir de guerre....

    Non, la résistance, ce n'était pas que De Gaulle et Jean Moulin. Non, la résistance, c'était aussi monsieur et madame tout le monde, refusant l'occupation allemande et se découvrant de la fougue et de la bravoure au moment de passer à l'acte.
    Mais ça à la limite, on le savait déjà....
    Alors ce qui bouleverse dans ce court roman ( cette nouvelle ? ) de Michel QUINT, c'est de nous faire découvrir que sous l'uniforme allemand, il y avait aussi des hommes avec un coeur, des convictions, le sens de la justice.
    Ode à l'amitié, au courage, au sacrifice, à la famille, Effroyables jardins est surtout un hymne à l'Humanité avec un grand H.
    Tout en pudeur et en retenue, plein de tendresse, concis mais profond, ce livre est à mettre entre toutes les mains.
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    • Livres 5.00/5
    Par paroles, le 13 décembre 2013

    paroles
    Honte à moi, j'avais oublié d'inscrire ce livre majuscule, malgré son format minuscule dans ma bibliothèque ! Michel Quint, veuillez me pardonner cet oubli...
    Ce livre, je l'ai lu dix foiś vingt fois, peut-être plus, je ne sais plus. Ce livre m'a accompagnée presque une année entière, lors d'une période difficile à traverser, et il m'a aidée car je me disais "relativise et regarde ce qui se passe autour de toi".
    Il y a des livres compagnons qui sont autant d'étais.
    L'histoire, bien sûr, vous la connaissez. C'est l'histoire de Lucien qui trouve ridicule la passion de son père de se déguiser en clown pour le plaisir des enfants. Ce père, il le méprise à ces moments là. Son oncle, Gaston, qui l'observe, va alors lui confier le secret du rôle endossé par son père...
    C'est un petit livre mais un vibrant hommage aux résistants de tous côtés, lors de la Seconde Guerre mondiale. C'est une belle leçon d'humanité dans laquelle les salauds ne sont pas toujours ceux auxquels on pense. C'est aussi une belle histoire dans laquelle un père, petit clown triste, se révèle être un grand héros et aux yeux d'un fils cela n'a pas de prix.
    Enfin de ce livre, si je devais ne retenir qu'une phrase, ce serait celle-ci : "Consentir à autrui le pouvoir de vie et de mort sur soi, ou se croire si au-dessus de tout qu'on puisse décider du prix de telle ou telle vie, c'est quitter toute dignité et laisser le mal devenir une valeur".
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    • Livres 4.00/5
    Par missmolko1, le 12 octobre 2013

    missmolko1
    Un roman très court (presque une nouvelle) mais tellement intense. Tout commence avec le procès de Maurice Papon pour crime contre l'humanité. le narrateur revient sur son enfance et nous confie avoir eu honte de son père, clown triste. Jusqu'au jour ou son oncle lui raconte leur histoire et qu'il comprennent que son père est en fait un héros.
    C'est un témoignage bouleversant, quelle est la part biographique, quelle est la part de fiction ça on n'en sait rien.... Mais ce récit aborde des thèmes forts comme les horreurs de la guerre ou encore l'amitié.
    Je sais que ce roman a été adapté au cinéma, il me tarde maintenant de voir ce que ça donne a l'écran.
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Citations et extraits

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  • Par ballad, le 21 novembre 2014

    « Et, sauf des expressions, des passages que j’ai encore dans l’oreille, j’ai fini par oublier la chair de cette langue, que Gaston faisait pas semblant, que ses mots étaient pas l’ombre des choses et des moments inhumains, mais qu’il m’ouvrait sa vie et m’offrait humblement tout ce qu’il avait, d’effroyables jardins, dévastés, sanglants, cruels. »

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  • Par jeranjou, le 10 mars 2013

    En fait, on était quatre, à piétiner trente mètres carrés en gros. Ton père avait arpenté le diamètre, grosso-modo, et calculé l'aire, avec pi 3,14 et tout le tremblement. Résultat : trente mètres carrés.
    Ça nous faisait une belle jambe. Même qu'on aurait eu un empire à se partager, du moment que c'était pour y mourir et y être enterrés tout cru, la superficie exacte on s'en tapait. Parce qu'on se disait : crénom de cadeau, on a le plaisir et le privilège de visiter notre propre tombeau !
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  • Par mandarine43, le 08 août 2011

    [ Incipit ]

    Certains témoins mentionnent qu'aux derniers jours du procès de Maurice Papon, la police a empêché un clown, un auguste, au demeurant fort mal maquillé et au costume de scène bien dépenaillé, de s'introduire dans la salle d'audience du palais de justice de Bordeaux. Il semble que, ce même jour, il ait attendu la sortie de l'accusé et l'ait simplement considéré, à distance, sans chercher à lui adresser la parole. L’ancien secrétaire général de la préfecture de Gironde a peut-être remarqué ce clown mais rien n'est moins sûr. Plus tard, l'homme est revenu régulièrement, sans son déguisement, assister à la fin des audiences et aux plaidoiries. À chaque fois il posait sur ses genoux une mallette dont il caressait le cuir tout éraflé. Un huissier se souvient de l'avoir entendu dire, après que fut tombé le verdict :
    - Sans vérité, comment peut-il y avoir de l'espoir ?
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  • Par jeranjou, le 07 mars 2013

    ... Les arrières goût d'hiver. [...] La guerre par-dessus, les deuils, les restrictions et le sentiment que l'humiliation cesserait pas demain.
    Mais attention : les gens avaient beau avoir des gris à l'âme, ils tâchaient tout de même de ne pas trop courber l'échine.

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  • Par lanard, le 03 septembre 2010

    « Consentir à autrui le pouvoir de vie et de mort sur soi, ou se croire si au dessus de tout qu’on puisse décider du prix de telle ou telle vie, c’est quitter toute dignité et laisser le mal devenir une valeur. Pardon d’être avec cet uniforme d’être du côté du mal ».

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Dans les allées de la grande librairie de la Porte de Versailles, "Le Nouvel Observateur" est allé interrogé 6 auteurs, Dany Laferrière, Michel Quint, Bernard Chambaz, Hélène Gaudy, Aurel et Titiou Lecoq, sur leur pire souvenir du Salon du Livre. (Le Nouvel Observateur)








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