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ISBN : 2038701385
Éditeur : Larousse (2003)


Note moyenne : 3.7/5 (sur 354 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Oreste aime Hermione, qui aime Pyrrhus, qui aime Andromaque, qui aime Hector, qui est mort... Pris dans une chaîne amoureuse sans issue, comment pourraient-ils s'en sortir ? De fait, quand le rideau s'ouvre, tous les éléments de l'étau tragique ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par NastasiaBuergo, le 10 novembre 2012

    NastasiaBuergo
    Il est toujours assez difficile de lire de la tragédie grecque sans une connaissance préalable des récits fondateurs de cette culture qui déjà, en elle même est assez complexe. Les dieux y ont une part importante, les liens du sang également, le sens de l'honneur et le patriarcat y sont légion comme dans tout le bassin méditerranéen. Dans le cas d'Andromaque, c'est bien évidemment de la Guerre de Troie qu'il faut avoir quelques notions. Savoir qu'Achille, le Grec, a tué Hector, le Troyen, époux d'Andromaque. Lequel Achille s'est fait dégommer le talon par Pâris, le frangin d'Hector, celui-là même qui a dérobé (sans trop de résistance) Hélène, engendrant la fameuse riposte guerrière.
    En fin de compte, après dix ans de guerre et Troie dévastée, Andromaque est enlevée, en qualité tant de butin que d'esclave, et se trouve attribuée au fils d'Achille, Néoptolème. Contrainte et forcée au lit du fils du meurtrier de son mari (oui, je sais, cela devient un peu alambiqué, mais j'ai pourtant fait au plus simple), elle lui donne un fils.
    Nonobstant, Néoptolème, non content de cette seule épouse-esclave, se marie en noces légitimes avec Hermione, c'est-à-dire la fille de la fautive Hélène. le problème, ce coup-ci, c'est qu'Hermione n'arrive pas à avoir d'enfant de son légitime époux et commence à nourrir une rancœur à l'endroit de sa rivale troyenne, Andromaque. Et donc, ni une ni deux, la solution pour elle, c'est de trucider la concurrente et le petiot, histoire de faire place nette. Je vous passe quelques péripéties, entre autre que Néoptolème est parti en voyage, qu'Oreste, au reste, traîne dans les parages, que Pélée, le vieux grand-père, père d'Achille, ne s'en laissera pas compter, qu'Hermione peut momentanément s'appuyer sur son père, le roi Ménélas, le vainqueur de la guerre de Troie.
    Bon, c'est vrai, c'est assez intriqué et même, on se demande si Andromaque est véritablement l'héroïne de cette tragédie. Quel est le thème de cette pièce ? C'est toujours délicat à dire si l'on n'est pas expert du monde hellénistique, ce qui est mon cas. Pour ma part, je resitue cette œuvre dans le contexte de la guerre naissante du Péloponnèse que nous a si bien raconté Thucydide, à savoir qu'ici, un conflit est en train de naître de rien entre la Phtie de Pélée et la Laconie de Ménélas pour une simple histoire de jalousie entre deux femmes, risquant de susciter une guerre et le cortège de morts qui s'ensuivra, un peu à la façon de la guerre légendaire de Troie. Voilà pour le premier axe.
    Le second axe me semble être l'injustice avec laquelle les dieux nous traitent et nous infligent des souffrances imméritées. La seule consolation que nous propose Euripide est que, même s'il sont vaches, les dieux ont cette forme d'impartialité qui consiste à être durs avec tout le monde. En somme, que quelle que soit notre condition, notre destin n'est jamais vraiment tendre.
    Cependant, tout ceci n'est qu'un recueil d'interprétations qui me sont miennes, donc bien loin d'être une vérité avérée, autant dire, pas grand-chose.
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    • Livres 4.00/5
    Par NastasiaBuergo, le 04 août 2012

    NastasiaBuergo
    Ô magie du verbe et de la belle langue,
    Qu'il est bon, qu'il est suave par moments de
    S'adonner à ton jus, doux comme la mangue,
    Et un tel délice qu'on en redemande.
    Contre les maux, il n'est point de médecine
    Meilleure, et donc, merci Monsieur Racine.
    L'Andromaque de Jean Racine est bien différente de celle d'Euripide. En effet, il battit une composition parfaitement symétrique : quatre personnages, quatre conseillers ; quatre hommes, quatre femmes ; deux amants refoulés, deux femmes qui brûlent d'amour. Ah ! c'est là que la symétrie se rompt, car l'une de ces amantes, Hermione, est la légitime, elle est amoureuse de celui qui devrait être son époux et qui, sous ses yeux la place en position d'amante refoulée, elle aussi, ce qu'Andromaque n'est pas, puisque son amour à elle, a connu le trépas sous l'épée d'Achille, le père de Pyrrhus (il est aussi appelé Néoptolème, notamment chez Euripide).
    Évidemment, une fois encore, c'est un peu mieux si l'on connaît au préalable un peu L'Iliade d'Homère ou du moins les principaux traits de la Guerre de Troie et de ses suites, dont Andromaque est un « butin » de vainqueur pour Pyrrhus, lui qui a mis à mort le vieux roi de Troie Priam, père d'Hector, le premier mari d'Andromaque.
    L'angle d'attaque que choisit Racine, je le rappelle : Oreste aime Hermione qui ne l'aime pas, Hermione aime Pyrrhus qui ne l'aime pas et Pyrrhus aime Andromaque qui ne l'aime pas, place le couple Hermione-Pyrrhus au centre d'un balancement digne d'une grande marée d'équinoxe entre deux points qui eux ne varient guère, Oreste d'une part et Andromaque de l'autre. Ici, c'est donc l'amour et la fulgurance des sentiments qui constituent le fer de lance du drame tandis qu'Euripide mettait le doigt sur le risque de conflit entre les nations que cette histoire d'amour mésamour entraînait.
    Andromaque joue un petit rôle, quantitativement, et ce n'est pas sur elle que l'objectif, que l'analyseur de sentiments est braqué. Pourquoi la pièce s'appelle-t-elle Andromaque, alors ? Parce que c'est elle qui tient tout le jeu dans sa main. de son acceptation ou de son refus de l'amour de Pyrrhus découlera une cascade de conséquences, entraînant le mouvement de va-et-vient de Pyrrhus et d'Hermione, scellant ainsi le destin d'Oreste.
    Ce faisant, l'élément de construction de la tragédie qui touche au génie est bien évidemment l'entremise du fils d'Andromaque. C'est sur ce maillon que vont s'exercer toutes les pressions. Tout d'abord c'est lui qui relie Oreste et Andromaque puisqu'au début du drame, Oreste vient réclamer, au nom des tous les Grecs, la vie du fils d'Hector, dernier rameau de la terrible Troie. Ainsi, ce fils se transforme en moyen de pression fabuleux pour Pyrrhus dans son difficile travail de persuasion d'Andromaque. Faudra-t-il pour elle sauver son fils en aimant Pyrrhus et ainsi trahir son époux défunt Hector ou au contraire rester fidèle à ce héros, quitte à sacrifier son fils ?
    Je vous avouerais que ces questions ne sont pas de celles qui me passionnent le plus. Pour moi, l'intérêt d'Andromaque ou de n'importe quelle autre pièce de Racine, l'immencissime intérêt, dis-je, c'est la langue, le maniement du français comme on le rêve et qui sonne à merveille et qui touche à la magie. Mais, une fois encore, tout ceci n'est que mon avis, c'est à dire, pas grand-chose.
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    • Livres 4.00/5
    Par gill, le 16 novembre 2012

    gill
    Cette troisième pièce de Racine est le véritable point de départ de sa carrière.
    Cette tragédie en vers de cinq actes crée au Théâtre de Bourgogne en 1667 introduit dans le drame une violence alors inconnue dans un Théâtre mené auparavant surtout par Corneille.
    Oreste, envoyé des grecs à Buthrote, réclame à Pyrrhus, roi d' Épire, que lui soit livré Astyanax, le fils de la troyenne Andromaque.
    Pyrrhus, délaissant Hermione sa fiancée, aime passionnément Andromaque.
    Il impose à celle-ci le mariage comme prix de sa liberté.
    Oreste déclare alors sa flamme à Hermione qui le repousse, avant de se raviser car Pyrrhus vient, une nouvelle fois, de l'humilier.
    Oreste pense à enlever Hermione, avec la complicité de son ami Pylade.
    Andromaque, pour sauver son fils, accepte d'épouser Pyrrhus mais se suicide après la cérémonie. Hermione demande à Oreste comme preuve de son amour qu'il tue Pyrrhus et se donne la mort.
    Oreste, perdant la raison laisse la conduite du royaume à Andromaque, sa nouvelle reine.
    C'est un drame violent et sombre de la passion et de la folie qui se joue sur le tombeau d'Hector. le style de Jean Racine, toujours flamboyant et élégant, fait de cette pièce un morceau classique éternel.
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    • Livres 5.00/5
    Par boudicca, le 16 juillet 2012

    boudicca
    Voilà un classique du genre théâtral que beaucoup considère comme la meilleure œuvre du célèbre Racine. le dramaturge du XVIIe siècle n'a pas son pareil pour mettre en scène les plus grandes figures féminines de l'histoire, de Bérénice à Iphigénie en passant par Athalie et bien sûr Andromaque, et comme souvent c'est dans l'Antiquité qu'il va chercher l'inspiration. Quatre protagonistes pour cette pièce : Oreste, fils d'Agamemnon et Clytemnestre, fou amoureux de sa cousine Hermione ; cette dernière, fille de Ménélas et de la belle Hélène, aime pour sa part Pyrrhus, fils d'Achille, qui se consume pour Andromaque, femme du défunt héros troyen Hector et désormais uniquement concernée par la sécurité de son fils, Astyanax (ça va vous suivez?).
    L'auteur manie les mots comme personne et nous offre une œuvre bouleversante dans laquelle l'intensité dramatique ne cesse de croitre au fil des pages jusqu'à son paroxysme. Les héroïnes de Racine sont magnifiques dans leur douleur, qu'il s'agisse d'Andromaque se refusant à faire le deuil de son époux, ou d'Hermione, rongée par la jalousie et son désir de vengeance et que même l'amour d'Oreste ne pourra sauver. Moi qui ne suis pas spécialement amatrice de ceux que l'on considèrent aujourd'hui comme des « auteurs classiques », c'est toujours avec bonheur que je me plonge dans les œuvres de Racine dont Andromaque est à mon sens la plus aboutie.
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    • Livres 5.00/5
    Par Olivia-A, le 19 mai 2013

    Olivia-A
    La plus belle tragédie classique écrite par Racine à mes yeux. Il a su sublimer la mythologie grecque par des vers chargés de sens, époustouflants de justesse.
    Pour moi, c'est tout simplement un monument du théâtre français, que je ne cesse de lire et de relire dès que l'occasion se présente, à tel point que je connais la pièce presque sur le bout des doigts.
    Pourtant, je lis peu de théâtre en général. C'est la curiosité qui m'a poussé vers Andromaque. Et ce fut l'une des plus belles découvertes de ma vie. J'avais 15 ans, et je découvrais la violence des sentiments, l'importance de l'honneur, la force de l'orgueil, à travers les mots d'un auteur mort depuis des centaines d'années. Cette pièce n'a pas perdu de son sens encore aujourd'hui, et constitue toujours une référence littéraire de premier ordre.
    Évidemment, si on essaye de l'analyser, de la décortiquer, et qu'on en arrive à prouver que Racine a utilisé pour l'écrire les mêmes subterfuges qu'il utilisait pour toutes ses tragédies, écrites à la chaine pour le bon plaisir du roi, cette pièce perd largement de sa magie.
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Citations et extraits

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  • Par Ellalu, le 21 mai 2013

    Je t'aimais inconstant, qu'aurais-je fait fidèle ?

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  • Par Kahlan03, le 12 mai 2013

    Je ne t'ai point aimé, cruel? Qu'ai-je donc fait?
    J'ai dédaigné pour toi les voeux de tous nos princes ;
    Je t'ai cherché moi-même au fond de tes provinces ;
    J'y suis encor, malgré tes infidélités,
    Et malgré tous mes Grecs honteux de mes bontés.
    Je leur ai commandé de cacher mon injure ;
    J'attendais en secret le retour d'un parjure ;
    J'ai cru que tôt ou tard, à ton dévoir rendu,
    Tu me rapporterais un coeur qui m'étais dû.
    Je t'aimais inconstant, qu'aurais-je fait fidèle?
    Et même en ce moment où ta bouche cruelle
    Vient si tranquillement m'annoncer le trépas,
    Ingrat, je doute encor si je ne t'aime pas.
    Mais, Seigneur, s'il le faut, si le ciel en colère,
    Réserve à d'autres yeux la gloire de vous plaire,
    Achevez votre hymen, j'y consens. Mais du moins
    Ne forcez pas mes yeux d'en être les témoins.
    Pour la dernière fois je vous parle peut-être :
    Différez-le d'un jour ; demain vous serez maître.
    Vous ne répondez point? Perfide, je le voi,
    Tu comptes les moments que tu perds avec moi!
    Ton coeur, impatient de revoir ta Troyenne,
    Ne souffre qu'à regret qu'un autre t'entretienne.
    Tu lui parles du coeur, tu la cherches des yeux.
    Je ne te retiens plus, sauve-toi de ces lieux :
    Va lui jurer la foi que tu m'avais jurée,
    Va profaner des Dieux la majesté sacrée.
    Ces Dieux, ces justes Dieux n'auront pas oublié
    Que les mêmes serments avec moi t'ont lié.
    Porte au pied des autels ce coeur qui m'abandonne ;
    Va, cours. Mais crains encor d'y trouver Hermione.
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  • Par Kahlan03, le 12 mai 2013

    ORESTE
    Grâce aux Dieux! Mon malheur passe mon espérance.
    Oui, je te loue, ô ciel, de ta persévérance.
    Appliqué sans relâche au soin de me punir,
    Au comble des douleurs tu m'as fait parvenir.
    Ta haine a pris plaisir à former ma misère ;
    J'étais né pour servir d'exemple à ta colère,
    Pour être du malheur un modèle accompli.
    Hé bien! je meurs content, et mon sort est rempli.
    Où sont ces deux amants? Pour courronner ma joie,
    Dans leur sang, dans le mien il faut que je me noie ;
    L'un et l'autre en mourant je les veux regarder.
    Réunissons trois coeurs qui n'ont su s'accorder.
    Mais quelle épaisse nuit tout à coup m'environne?
    De quel côté sortir? D'où vient que je frissonne?
    Quelle horreur me saisit? Grâce au ciel, j'entrevoi...
    Dieux! Quels ruisseaux de sang coulent autour de moi!

    PYLADE
    Ah! Seigneur!

    ORESTE
    Quoi? Pyrrhus, je te rencontre encore?
    Trouverai-je partout un rival que j'abhorre?
    Percé de tant de coups, comment t'es-tu sauvé?
    Tiens, tiens, voilà le coup que je t'ai réservé.
    Mais que vois-je? A mes yeux Hermione l'embrasse?
    Elle vient l'arracher au coup qui le menace?
    Dieux! quels affreux regards elle jette sur moi!
    Quels démons, quels serpents traîne-t-elle après soi?
    Hé bien! filles d'enfer, vos mains sont-elles prêtes?
    Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes?
    A qui destinez-vous l'appareil qui vous suit?
    Venez-vous m'enlever dans l'éternelle nuit?
    Venez, à vos fureurs Oreste s'abandonne.
    Mais non, retirez-vous, laissez faire Hermione :
    L'ingrate mieux que vous saura me déchirer ;
    Et je lui porte enfin mon coeur à dévorer.
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  • Par Kahlan03, le 12 mai 2013

    Madame, demeurez.
    On peut vous rendre encor ce fils que vous pleurez .
    Oui, je sens à regret qu'en excitant vos larmes
    Je ne fais contre moi que vous donner des armes.
    Je croyais apporter plus de haine en ces lieux.
    Mais, Madame, du moins tournez vers moi les yeux :
    Voyez si mes regards sont d'un juge sévère,
    S'ils sont d'un ennemi qui cherche à vous déplaire.
    Pourquoi me forcez-vous vous-même à vous trahir?
    Au nom de votre fils, cessons de nous haïr.
    A le sauver enfin c'est moi qui vous convie.
    Faut-il que mes soupirs vous demandent sa vie?
    Faut-il qu'en sa faveur j'embrasse vos genoux?
    Pour la dernière fois, sauvez-le, sauvez-vous.
    Je sais de quels serments je romps pour vous les chaînes,
    Combien je vais sur moi faire éclater de haines.
    Je renvoie Hermione, et je mets sur son front,
    Au lieu de ma couronne, un éternel affront.
    Je vous conduis au temple où son hymen s'apprête ;
    Je vous ceins du bandeau préparé pour sa tête.
    Mais ce n'est plus, Madame, une offre à dédaigner :
    Je vous le dis, il faut ou périr ou régner.
    Mon coeur, désespéré d'un an d'ingratitude,
    Ne peut plus de son sort souffrir l'incertitude.
    C'est craindre, menacer et gémir trop longtemps.
    Je meurs si je vous perds, mais je meurs si j'attends.
    Songez-y : je vous laisse ; et je viendrai vous prendre
    Pour vous mener au temple, où ce fils doit m'attendre ;
    Et là vous me verrez, soumis ou furieux,
    Vous courronner, Madame, ou le perdre à vous yeux.
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  • Par Lefso, le 24 janvier 2011

    Hermione.
    Où suis-je ? Qu'ai-je fait ? Que dois-je faire encore ?
    Quel transport me saisit ? Quel chagrin me dévore ?
    Errante, et sans dessein, je cours dans ce palais.
    Ah ! ne puis-je savoir si j'aime ou si je hais ?
    Le cruel ! de quel oeil il m'a congédiée :
    Sans pitié, sans douleur au moins étudiée !
    L'ai-je vu s'attendrir, se troubler un moment ?
    En ai-je pu tirer un seul gémissement ?
    Muet à mes soupirs, tranquille à mes alarmes,
    Semblait-il seulement qu'il eût part à mes larmes ?
    Et je le plains encore ! Et, pour comble d'ennui,
    Mon coeur, mon lâche coeur s'intéresse pour lui !
    Je tremble au seul penser du coup qui le menace !
    Et, prête à me venger, je lui fais déjà grâce !
    Non, ne révoquons point l'arrêt de mon courroux :
    Qu'il périsse ! aussi bien il ne vit plus pour nous.
    Le perfide triomphe et se rit de ma rage :
    Il pense voir en pleurs dissiper cet orage :
    Il croit que, toujours faible, et d'un coeur incertain,
    Je parerai d'un bras les coups de l'autre main.
    Il juge encor de moi par mes bontés passées.
    Triomphant dans le temple, il ne s'informe pas
    Si l'on souhaite ailleurs sa vie ou son trépas.
    Il me laisse, l'ingrat, cet embarras funeste.
    Non, non, encore un coup, laissons agir Oreste.
    Qu'il meure, puisque enfin il a dû le prévoir,
    Et puisqu'il m'a forcée enfin à le vouloir...
    À le vouloir ? Eh quoi ! c'est donc moi qui l'ordonne ?
    Sa mort sera l'effet de l'amour d'Hermione ?
    Ce prince, dont mon coeur se faisait autrefois
    Avec tant de plaisir redire les exploits,
    À qui même en secret je m'étais destinée
    Avant qu'on eût conclu ce fatal hyménée ;
    Je n'ai donc traversé tant de mers, tant d'États,
    Que pour venir si loin préparer son trépas,
    L'assassiner, le perdre ? Ah ! devant qu'il expire...
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"Phèdre"
A la Comédie Française "Phèdre" de Jean Racine est interprétée dans une mise en scène de Anne DELBEE avec des costumes du couturier Christian LACROIX. - Interview de Christian LACROIX donnant ses impressions sur le spectacle "J'ai entendu une Phèdre du XVIIème". - Les costumes des comédiens dans l'atelier des costumes. - Martine CHEVALLIER interprète de Phèdre -...











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