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ISBN : 2038701385
Éditeur : Larousse (2003)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 684 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Oreste aime Hermione, qui aime Pyrrhus, qui aime Andromaque, qui aime Hector, qui est mort... Pris dans une chaîne amoureuse sans issue, comment pourraient-ils s'en sortir? De fait, quand le rideau s'ouvre, tous les éléments de l'étau tragique sont déjà prêts à se refer... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 22 juillet 2013

    Nastasia-B
    (CETTE CRITIQUE CONCERNE RACINE, merci de ne pas la fusionner avec celle d'Euripide comme cela s'est déjà produit deux fois !)
    Ô magie du verbe et de la belle langue,
    Qu'il est bon, qu'il est suave par moments de
    S'adonner à ton jus, doux comme la mangue,
    Et un tel délice qu'on en redemande.
    Contre les maux, il n'est point de médecine
    Meilleure, et donc, merci Monsieur Racine.
    L'Andromaque de Jean Racine est bien différente de celle d'Euripide. En effet, il battit une composition parfaitement symétrique : quatre personnages, quatre conseillers ; quatre hommes, quatre femmes ; deux amants refoulés, deux femmes qui brûlent d'amour.
    Ah ! c'est là que la symétrie se rompt, car l'une de ces amantes, Hermione, est la légitime, elle est amoureuse de celui qui devrait être son époux et qui, sous ses yeux la place en position d'amante refoulée, elle aussi, ce qu'Andromaque n'est pas, puisque son amour à elle, a connu le trépas sous l'épée d'Achille, le père de Pyrrhus (il est aussi appelé Néoptolème, notamment chez Euripide).
    Évidemment, une fois encore, c'est un peu mieux si l'on connaît au préalable un peu L'Iliade d'Homère ou du moins les principaux traits de la Guerre de Troie et de ses suites, dont Andromaque est un « butin » de vainqueur pour Pyrrhus, lui qui a mis à mort le vieux roi de Troie Priam, père d'Hector, le premier mari d'Andromaque.
    L'angle d'attaque que choisit Racine, je le rappelle : Oreste aime Hermione qui ne l'aime pas, Hermione aime Pyrrhus qui ne l'aime pas et Pyrrhus aime Andromaque qui ne l'aime pas, place le couple Hermione-Pyrrhus au centre d'un balancement digne d'une grande marée d'équinoxe entre deux points qui eux ne varient guère, Oreste d'une part et Andromaque de l'autre. Ici, c'est donc l'amour et la fulgurance des sentiments qui constituent le fer de lance du drame tandis qu'Euripide mettait le doigt sur le risque de conflit entre les nations que cette histoire d'amour mésamour entraînait.
    Andromaque joue un petit rôle, quantitativement, et ce n'est pas sur elle que l'objectif, que l'analyseur de sentiments est braqué.
    Pourquoi la pièce s'appelle-t-elle Andromaque, alors ? Parce que c'est elle qui tient tout le jeu dans sa main. de son acceptation ou de son refus de l'amour de Pyrrhus découlera une cascade de conséquences, entraînant le mouvement de va-et-vient de Pyrrhus et d'Hermione, scellant ainsi le destin d'Oreste.
    Ce faisant, l'élément de construction de la tragédie qui touche au génie est bien évidemment l'entremise du fils d'Andromaque. C'est sur ce maillon que vont s'exercer toutes les pressions. Tout d'abord c'est lui qui relie Oreste et Andromaque puisqu'au début du drame, Oreste vient réclamer, au nom des tous les Grecs, la vie du fils d'Hector, dernier rameau de la terrible Troie.
    Ainsi, ce fils se transforme en moyen de pression fabuleux pour Pyrrhus dans son difficile travail de persuasion d'Andromaque. Faudra-t-il pour elle sauver son fils en aimant Pyrrhus et ainsi trahir son époux défunt Hector ou au contraire rester fidèle à ce héros, quitte à sacrifier son fils ?
    Je vous avouerais que ces questions ne sont pas de celles qui me passionnent le plus. Pour moi, l'intérêt d'Andromaque ou de n'importe quelle autre pièce de Racine, l'immencissime intérêt, dis-je, c'est la langue, LA langue, le maniement du français comme on le rêve et qui sonne à merveille et qui touche à la magie. Mais, une fois encore, tout ceci n'est que mon avis, c'est à dire, pas grand-chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par Lorraine47, le 22 juillet 2014

    Lorraine47
    Autant Andromaque est droite dans ses bottes, autant les autres protagonistes de ce drame racinien pourraient mentionner:"C'est compliqué"sur leur statut FB!
    Qu'il est doux de lire des vers quand tout s'agite autour de vous...
    Andromaque veuve inconsolable d'Hector est aimée de son geôlier Pyrrhus, roi d'Epire. Pyrrhus se damnerait pour obtenir le cœur d' Andromaque alors que sa promise, Hermione lui est tout acquise. Oreste, dépêché en Epire par l'armée grecque arrive comme un chien dans un jeu de quille, amoureux éperdu d'Hermione, il espère ramener sa belle et ne verrait pas d'un mauvais œil un rapprochement entre Andromaque et Pyrrhus.
    Mais bien entendu tout cela va tourner vinaigre, foin de tragédie.
    La seule à manifester avec constance son amour pour son défunt époux Hector est Andromaque. Pyrrhus, pris entre son devoir de prince et ses élans amoureux tergiverse en permanence.
    Les vers de Racine sont un pur régal, je crois encore entendre la voix de mon professeur de français, Mme Meunier nous faisant la lecture, comme à de jeunes enfants, bonheur à l'état pur...
    L'opuscule s'accompagne de précisions fort intéressante sur la genèse de l'oeuvre. Petite anecdote, le dernier acte a été modifié, Racine ayant supprimé l'intervention d'Andromaque qui ne rajoutait aucun effet dramatique.
    Une héroïne très discrète puisqu'elle dit fort peu de vers, au service d'une œuvre intemporelle sur le tourbillon des sentiments!
    Chacun pour soi est reparti dans le tourbillon de la vie.... Enfin presque...
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    • Livres 4.00/5
    Par gill, le 16 novembre 2012

    gill
    Cette troisième pièce de Racine est le véritable point de départ de sa carrière.
    Cette tragédie en vers de cinq actes crée au Théâtre de Bourgogne en 1667 introduit dans le drame une violence alors inconnue dans un Théâtre mené auparavant surtout par Corneille.
    Oreste, envoyé des grecs à Buthrote, réclame à Pyrrhus, roi d' Épire, que lui soit livré Astyanax, le fils de la troyenne Andromaque.
    Pyrrhus, délaissant Hermione sa fiancée, aime passionnément Andromaque.
    Il impose à celle-ci le mariage comme prix de sa liberté.
    Oreste déclare alors sa flamme à Hermione qui le repousse, avant de se raviser car Pyrrhus vient, une nouvelle fois, de l'humilier.
    Oreste pense à enlever Hermione, avec la complicité de son ami Pylade.
    Andromaque, pour sauver son fils, accepte d'épouser Pyrrhus mais se suicide après la cérémonie. Hermione demande à Oreste comme preuve de son amour qu'il tue Pyrrhus et se donne la mort.
    Oreste, perdant la raison laisse la conduite du royaume à Andromaque, sa nouvelle reine.
    C'est un drame violent et sombre de la passion et de la folie qui se joue sur le tombeau d'Hector. le style de Jean Racine, toujours flamboyant et élégant, fait de cette pièce un morceau classique éternel.
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    • Livres 5.00/5
    Par boudicca, le 16 juillet 2012

    boudicca
    Voilà un classique du genre théâtral que beaucoup considère comme la meilleure œuvre du célèbre Racine. le dramaturge du XVIIe siècle n'a pas son pareil pour mettre en scène les plus grandes figures féminines de l'histoire, de Bérénice à Iphigénie en passant par Athalie et bien sûr Andromaque, et comme souvent c'est dans l'Antiquité qu'il va chercher l'inspiration. Quatre protagonistes pour cette pièce : Oreste, fils d'Agamemnon et Clytemnestre, fou amoureux de sa cousine Hermione ; cette dernière, fille de Ménélas et de la belle Hélène, aime pour sa part Pyrrhus, fils d'Achille, qui se consume pour Andromaque, femme du défunt héros troyen Hector et désormais uniquement concernée par la sécurité de son fils, Astyanax (ça va vous suivez?).
    L'auteur manie les mots comme personne et nous offre une œuvre bouleversante dans laquelle l'intensité dramatique ne cesse de croitre au fil des pages jusqu'à son paroxysme. Les héroïnes de Racine sont magnifiques dans leur douleur, qu'il s'agisse d'Andromaque se refusant à faire le deuil de son époux, ou d'Hermione, rongée par la jalousie et son désir de vengeance et que même l'amour d'Oreste ne pourra sauver. Moi qui ne suis pas spécialement amatrice de ceux que l'on considèrent aujourd'hui comme des « auteurs classiques », c'est toujours avec bonheur que je me plonge dans les œuvres de Racine dont Andromaque est à mon sens la plus aboutie.
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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 13 janvier 2014

    Woland
    ISBN : 9782035868091
    A Louis XIV, qui lui demandait quel était le plus grand auteur de son règne, Boileau répondit sans hésiter : "Molière, Sire." le Roi-Soleil, dit-on, parut surpris mais n'insista pas, estimant sans doute qu'à chacun sa partie et que Boileau s'y connaissait mieux que lui en cette matière. Mais si le monarque, lisant dans l'avenir le surnom qui resterait au siècle qu'il avait marqué de son éclat, lui avait demandé qui en était l'auteur "le plus Grand Siècle", nul doute que le célèbre critique et théoricien de la littérature ne lui eût répliqué : "Racine, Sire."
    Car autant le génie de Molière demeure aisément accessible et naturel - même dans ses pièces les plus complexes, celles qui, finalement, sont plus des tragédies que des comédies, comme "L'Avare" pour ne citer que lui - s'il se révèle aussi efficace en prose qu'en vers et surtout s'il ne dédaigne ni l'ironie, ni le comique, celui de Racine s'avance sur scène avec toute la dignité, toute la majesté, toute la grandeur terrible de la Tragédie - et de la Tragédie seule car l'unique pièce comique de l'auteur, "Les plaideurs", fut un véritable "four." Avec sa rectitude, son assurance tranquille et, on peut l'écrire, sa perfection achevée, l'univers racinien reprend avec panache le flambeau des meilleures tragédies antiques. Certains lui reprocheront un sérieux que ne trouble jamais l'ombre d'un sourire, une soumission systématique de la Passion aux lois si peu excitantes de la Raison et même une certaine rigidité des personnages, tant dans leurs vertus que dans leurs vices. Mais qu'importe : on lit deux vers de Racine et c'en est fini des a priori : l'enchantement se fait.
    Représenté pour la première fois en 1667, "Andromaque" fut un véritable triomphe. Pourtant - et cela lui fut reproché - Racine y prend des libertés avec le mythe. "Andromaque", nul ne l'ignore, célèbre le rôle-titre comme le modèle des veuves et des mères héroïques. La veuve d'Hector, le chef troyen qui, ayant tué Patrocle en combat singulier, déchaîna contre lui l'ire du grand Achille, y est présentée acceptant d'épouser le vainqueur qui la retient captive - Pyrrhus-Neoptolème, fils justement d'Achille - afin de préserver la vie du seul enfant qu'elle a eu d'Hector : Astyanax. de son côté, en préférant Andromaque à Hermione, fille de Ménélas et de son épouse volage, Hélène, Pyrrhus inflige aux Grecs un affront tel que leur ambassadeur, Oreste - fils d'Agamemnon et de Clytemnestre, qui vient d'ailleurs, en accord avec sa soeur Electre, d'assassiner leur mère parce que celle-ci avait mis à profit une Guerre de Troie qui n'en finissait plus pour batifoler avec son beau-frère Egisthe - se voit contraint d'abattre le roi d'Epire. Si l'on ajoute à cela qu'Oreste est amoureux depuis toujours de sa cousine Hermione - leurs mères étaient demi-soeurs - on comprendra que cette exécution ne lui coûte guère. le piège racinien est en place car, comme de juste, à peine Oreste a-t-il tué Pyrrhus que Hermione se retourne contre lui et lui crache au visage qu'elle ne l'aime pas et qu'elle n'a jamais aimé que Pyrrhus. le malheureux Oreste sombre alors dans une crise de démence et son ami Pylade est obligé de l'emmener au plus vite afin d'éviter la vengeance du peuple d'Epire.
    Mais à la vérité, Pyrrus avait jeté Astyanax du haut des remparts de Troie et c'est veuve, certes, mais sans enfant, qu'Andromaque était devenue sa captive, puis sa concubine. Elle lui donna d'ailleurs trois enfants dont l'un mourut très jeune, victime de la malédiction d'Apollon. On suppose donc que ce fut pour défendre les fils qu'elle avait eus de Pyrrhus qu'Andromaque se dressa contre Hermione. Astyanax, comme on le voit, n'a rien à voir en l'affaire. Andromaque devait même se marier une troisième fois avec Helenos, un jeune frère de son premier mari qui, comme elle, avait été emmené en captivité en Epire. Quant à la mort de Pyrrhus, si Racine choisit l'assassinat par Oreste, une deuxième version veut que Néoptolème ait été tué par les habitants de Delphes, après qu'il eût cherché à piller le temple de l'Oracle.
    Evidemment, on comprend que la pensée racinienne ait à tous prix exigé la survie d'Astyanax : cela simplifiait pas mal l'intrigue et unifiait le thème, l'exemplarité d'une mère qui sacrifie la douleur d'avoir perdu un époux bien-aimé pour préserver la vie de l'enfant qu'il lui a laissé. Voilà qui, sans conteste, est racinien. Alors qu'une Andromaque entrant en conflit avec Hermione pour défendre les trois enfants qu'elle a eus de son remariage avec le meurtrier de son premier époux et de son fils, est nettement moins glorieux.
    Or, qu'ils soient bons ou mauvais, les personnages de Racine, à l'image du Roi-Soleil, se doivent de sacrifier à la gloire plus qu'à n'importe quelle autre vertu.
    Ces détails exposés, il faut admettre qu'"Andromaque" est une pièce somptueuse, à l'intrigue solide et somme toute très freudienne (surtout du côté d'Oreste le Matricide et de sa relation avec Hermione), avec des personnages forts et qui ne lésinent pas sur la puissance des coups portés. La fureur, les flammes et les innombrables frustrations dues à la Guerre de Troie sont encore bien présentes et le spectateur, pourvu qu'il ait un minimum de culture antique et qu'il ait lu Homère, ne peut manquer de percevoir leurs spectres. La tension atteint à son sommet - en tous cas à notre avis - dans la scène qui voit Oreste, rejeté par Hermione, sombrer dans la folie et halluciner sur les Erinyes (les Furies). Ici encore, Racine arrange les faits car, en bonne logique, les Furies poursuivent Oreste depuis qu'il a tué sa mère et il faudra que le Conseil d'Athènes l'absolve de ce crime pour qu'il soit enfin délivré. Ce n'est qu'après cette délivrance que, selon certaines versions grecques, il s'en serait pris à Néoptolème. Mais dans la pièce de Racine, c'est bien le meurtre de Pyrrhus qui déclenche les horribles visions d'Oreste.
    Que dire d'autre ? Sinon : lisez "Andromaque" et même, faites-vous plaisir et lisez-le à haute voix. Rien que pour la beauté des vers : il est rare d'atteindre à une telle perfection. ;o)
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Citations et extraits

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  • Par Lefso, le 24 janvier 2011

    Hermione.
    Où suis-je ? Qu'ai-je fait ? Que dois-je faire encore ?
    Quel transport me saisit ? Quel chagrin me dévore ?
    Errante, et sans dessein, je cours dans ce palais.
    Ah ! ne puis-je savoir si j'aime ou si je hais ?
    Le cruel ! de quel oeil il m'a congédiée :
    Sans pitié, sans douleur au moins étudiée !
    L'ai-je vu s'attendrir, se troubler un moment ?
    En ai-je pu tirer un seul gémissement ?
    Muet à mes soupirs, tranquille à mes alarmes,
    Semblait-il seulement qu'il eût part à mes larmes ?
    Et je le plains encore ! Et, pour comble d'ennui,
    Mon coeur, mon lâche coeur s'intéresse pour lui !
    Je tremble au seul penser du coup qui le menace !
    Et, prête à me venger, je lui fais déjà grâce !
    Non, ne révoquons point l'arrêt de mon courroux :
    Qu'il périsse ! aussi bien il ne vit plus pour nous.
    Le perfide triomphe et se rit de ma rage :
    Il pense voir en pleurs dissiper cet orage :
    Il croit que, toujours faible, et d'un coeur incertain,
    Je parerai d'un bras les coups de l'autre main.
    Il juge encor de moi par mes bontés passées.
    Triomphant dans le temple, il ne s'informe pas
    Si l'on souhaite ailleurs sa vie ou son trépas.
    Il me laisse, l'ingrat, cet embarras funeste.
    Non, non, encore un coup, laissons agir Oreste.
    Qu'il meure, puisque enfin il a dû le prévoir,
    Et puisqu'il m'a forcée enfin à le vouloir...
    À le vouloir ? Eh quoi ! c'est donc moi qui l'ordonne ?
    Sa mort sera l'effet de l'amour d'Hermione ?
    Ce prince, dont mon coeur se faisait autrefois
    Avec tant de plaisir redire les exploits,
    À qui même en secret je m'étais destinée
    Avant qu'on eût conclu ce fatal hyménée ;
    Je n'ai donc traversé tant de mers, tant d'États,
    Que pour venir si loin préparer son trépas,
    L'assassiner, le perdre ? Ah ! devant qu'il expire...
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  • Par KahlanAmnell, le 12 mai 2013

    Je ne t'ai point aimé, cruel? Qu'ai-je donc fait?
    J'ai dédaigné pour toi les voeux de tous nos princes ;
    Je t'ai cherché moi-même au fond de tes provinces ;
    J'y suis encor, malgré tes infidélités,
    Et malgré tous mes Grecs honteux de mes bontés.
    Je leur ai commandé de cacher mon injure ;
    J'attendais en secret le retour d'un parjure ;
    J'ai cru que tôt ou tard, à ton dévoir rendu,
    Tu me rapporterais un coeur qui m'étais dû.
    Je t'aimais inconstant, qu'aurais-je fait fidèle?
    Et même en ce moment où ta bouche cruelle
    Vient si tranquillement m'annoncer le trépas,
    Ingrat, je doute encor si je ne t'aime pas.
    Mais, Seigneur, s'il le faut, si le ciel en colère,
    Réserve à d'autres yeux la gloire de vous plaire,
    Achevez votre hymen, j'y consens. Mais du moins
    Ne forcez pas mes yeux d'en être les témoins.
    Pour la dernière fois je vous parle peut-être :
    Différez-le d'un jour ; demain vous serez maître.
    Vous ne répondez point? Perfide, je le voi,
    Tu comptes les moments que tu perds avec moi!
    Ton coeur, impatient de revoir ta Troyenne,
    Ne souffre qu'à regret qu'un autre t'entretienne.
    Tu lui parles du coeur, tu la cherches des yeux.
    Je ne te retiens plus, sauve-toi de ces lieux :
    Va lui jurer la foi que tu m'avais jurée,
    Va profaner des Dieux la majesté sacrée.
    Ces Dieux, ces justes Dieux n'auront pas oublié
    Que les mêmes serments avec moi t'ont lié.
    Porte au pied des autels ce coeur qui m'abandonne ;
    Va, cours. Mais crains encor d'y trouver Hermione.
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  • Par Nastasia-B, le 11 août 2012

    Pour la dernière fois, sauvez-le, sauvez-vous.
    Je sais de quels serments je romps pour vous les chaînes,
    Combien je vais sur moi faire éclater de haines.
    Je renvoie Hermione, et je mets sur son front,
    Au lieu de ma couronne, un éternel affront.
    Je vous conduis au temple où son hymen s’apprête ;
    Je vous ceins du bandeau préparé pour sa tête.
    Mais ce n’est plus, Madame, une offre à dédaigner :
    Je vous le dis, il faut ou périr ou régner.
    Mon cœur, désespéré d’un an d’ingratitude,
    Ne peut plus de son sort souffrir l’incertitude.
    C’est craindre, menacer et gémir trop longtemps.
    Je meurs si je vous perds, mais je meurs si j’attends.

    Acte III, Scène VII (v. 960-972)
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  • Par KahlanAmnell, le 12 mai 2013

    ORESTE
    Grâce aux Dieux! Mon malheur passe mon espérance.
    Oui, je te loue, ô ciel, de ta persévérance.
    Appliqué sans relâche au soin de me punir,
    Au comble des douleurs tu m'as fait parvenir.
    Ta haine a pris plaisir à former ma misère ;
    J'étais né pour servir d'exemple à ta colère,
    Pour être du malheur un modèle accompli.
    Hé bien! je meurs content, et mon sort est rempli.
    Où sont ces deux amants? Pour courronner ma joie,
    Dans leur sang, dans le mien il faut que je me noie ;
    L'un et l'autre en mourant je les veux regarder.
    Réunissons trois coeurs qui n'ont su s'accorder.
    Mais quelle épaisse nuit tout à coup m'environne?
    De quel côté sortir? D'où vient que je frissonne?
    Quelle horreur me saisit? Grâce au ciel, j'entrevoi...
    Dieux! Quels ruisseaux de sang coulent autour de moi!

    PYLADE
    Ah! Seigneur!

    ORESTE
    Quoi? Pyrrhus, je te rencontre encore?
    Trouverai-je partout un rival que j'abhorre?
    Percé de tant de coups, comment t'es-tu sauvé?
    Tiens, tiens, voilà le coup que je t'ai réservé.
    Mais que vois-je? A mes yeux Hermione l'embrasse?
    Elle vient l'arracher au coup qui le menace?
    Dieux! quels affreux regards elle jette sur moi!
    Quels démons, quels serpents traîne-t-elle après soi?
    Hé bien! filles d'enfer, vos mains sont-elles prêtes?
    Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes?
    A qui destinez-vous l'appareil qui vous suit?
    Venez-vous m'enlever dans l'éternelle nuit?
    Venez, à vos fureurs Oreste s'abandonne.
    Mais non, retirez-vous, laissez faire Hermione :
    L'ingrate mieux que vous saura me déchirer ;
    Et je lui porte enfin mon coeur à dévorer.
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  • Par raynald66, le 27 décembre 2013

    Andromaque
    Dois−je les oublier, s'il ne s'en souvient plus ?
    Dois−je oublier Hector privé de funérailles,
    Et traîné sans honneur autour de nos murailles ?
    Dois−je oublier son père à mes pieds renversé,
    Ensanglantant l'autel qu'il tenait embrassé ?
    Songe, songe, Céphise, à cette nuit cruelle
    Qui fut pour tout un peuple une nuit éternelle ;
    Figure−toi Pyrrhus, les yeux étincelants,
    Entrant à la lueur de nos palais brûlants,
    Sur tous mes frères morts se faisant un passage,
    Et de sang tout couvert échauffant le carnage ;
    Songe aux cris des vainqueurs, songe aux cris des mourants,
    Dans la flamme étouffés, sous le fer expirants ;
    Peins−toi dans ces horreurs Andromaque éperdue :
    Voilà comme Pyrrhus vint s'offrir à ma vue ;
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"Phèdre"
A la Comédie Française "Phèdre" de Jean Racine est interprétée dans une mise en scène de Anne DELBEE avec des costumes du couturier Christian LACROIX. - Interview de Christian LACROIX donnant ses impressions sur le spectacle "J'ai entendu une Phèdre du XVIIème". - Les costumes des comédiens dans l'atelier des costumes. - Martine CHEVALLIER interprète de Phèdre -...











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