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Critiques sur Bérénice (25)


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    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B le 25/08/2015


    Cette pièce a une petite histoire et cette petite histoire me semble intéressante à retracer rapidement avant que de parler plus spécifiquement de la pièce en elle-même. Projetons-nous au mois de novembre 1670 au moment de la création de Bérénice : Racine est alors un fringant jeune homme de trente ans, très à la mode et qui vole de succès en succès.

    Pierre Corneille, soixante-quatre ans (c'est très vieux pour l'époque), est au pinacle des auteurs tragiques mais c'est une gloire du passé, ses grands succès, Le Cid, Horace, etc. datent de trente ans auparavant (Le Cid fut créé presque trois ans avant la naissance de Racine). Il a certes du prestige mais il est passé de mode.

    Ajoutons à cela que l'Hôtel de Bourgogne et le Théâtre du Palais-Royal, les deux principales scènes parisiennes d'alors, se tirent une bourre pas possible pour essayer d'écraser son concurrent. Le hasard faisant que des gens de l'Hôtel de Bourgogne furent au courant que le grand Corneille, sous contrat avec le Palais-Royal, préparait une pièce sur les amours de l'empereur romain Titus et de la reine de Palestine Bérénice, ceux-ci s'empressèrent de commander à Racine une tragédie sur ce même thème.

    Sachant que papy Corneille n'avait plus besoin de travailler rapidement et que l'autre s'est fait un devoir de le coiffer sur le poteau, c'est donc Racine qui présente sa pièce en premier, l'intitulant Bérénice — titre que Corneille avait pressenti pour sa pièce — obligeant ce dernier à changer son titre en Tite et Bérénice pour sa propre pièce qui sort tout juste une semaine plus tard dans le théâtre concurrent.

    L'histoire retient donc une victoire totale de Racine, pigeonnant son aîné, et remportant plus de succès que celui-ci. Cet état de fait poussent beaucoup à considérer l'œuvre de Jean Racine comme très supérieure à celle de Pierre Corneille. Mais, m'étant aventurée à comparer ces deux pièces, je ne partage pas du tout cet enthousiasme unilatéral.

    Certes je ne suis pas là pour comparer les deux œuvres qui d'ailleurs se répondent et se complètent bien plus qu'elles ne se marchent sur les pieds. Mais je ne vois nulle part où la versification racinienne serait tant supérieure à celle de Corneille ni en quoi sa gestion de l'intrigue surclasserait celle de son aîné. Je crois plutôt à un effet de mode qui fait long feu, sachant que les effets de mode de 1670, vus de notre fenêtre de l'an 2015, ont un petit quelque chose de risible.

    Bérénice est donc, selon moi une très bonne tragédie, pas la meilleure de son auteur, pas la moins bonne non plus, un bon cru mais pas davantage. L'écriture de Racine reste un vrai bonheur et j'encourage vivement ceux qui n'ont jamais goûté cette écriture à, ne serait-ce qu'une fois, venir y poser leurs lèvres afin d'en mesurer l'arôme.

    Titus est un empereur romain du Ier siècle de notre ère et Bérénice, la petite fille du roi Hérode de Judée. Si la presse people avait existé à l'époque, nul doute que Titus aurait éclipsé même jusqu'à la famille princière de Monaco tant les lumières de son règne, tant les légendes qui l'accompagnent sont nombreuses et romantiques.

    Voilà un débauché qui devint vertueux à la mort de son père Vespasien et qui, subitement investit d'une moralité nouvelle liée à sa prise de pouvoir dans l'Empire se transforme en homme vertueux. Lui qui aimait une Juive et qui ne s'en cachait pas, lui qui l'adorait, pour l'amour de Rome, préfère sacrifier son amour que de déplaire à son peuple, etc., etc., je vous laisse consulter si le cœur vous en dit une biographie du Titus en question.

    Voici cependant, un remarquable sujet de tragédie : un amour véritable et réciproque, devenu impossible sans l'entremise de personne autre que Rome elle-même et la charge d'empereur. Un empereur aux abois, une reine étrangère chargée de fantasmes exotiques bafouée pour raison d'état. Le menu est prometteur…

    Ajoutons à cela le rôle — loin d'être mineur — d'Antiochus. Celui-ci est également roi, dans un petit royaume contigu de celui de Bérénice ; il brûle d'amour pour elle depuis belle lurette. Il est le fidèle serviteur de Titus, il aime Bérénice dans l'ombre sans jamais lui en faire, mais il commence à en avoir assez de tenir la chandelle alors il vient faire ses adieux à Bérénice en lui confiant une dernière fois qu'il l'aime, qu'il l'adore et que bien plus encore…

    Mais Bérénice est ailleurs, vous pensez bien : un empereur qui l'aime et qu'elle aime doit lui faire sous peu une demande en justes noces, alors, vous imaginez ce qu'elle s'en tamponne des états d'âme d'Antiochus, même si c'est un bon ami : au revoir, portez-vous bien et à un de ces jours.

    Antiochus en a le cœur dévasté mais Titus, en confident, lui avoue qu'il ne pourra demeurer avec Bérénice et qu'il lui demandera donc de repartir chez elle, en lointaine Palestine. Il le charge même d'une redoutable besogne : aller lui annoncer que Titus la quitte et qu'elle en sera quitte pour un aller simple direction Jérusalem.

    En somme, résumons-nous : Antiochus aime Bérénice, mais elle n'en veut pas ; Titus aime Bérénice mais il n'en veut plus ; Bérénice aime Titus qui l'aime aussi mais qui l'envoie paître… vous voyez ce que je vois ? Eh oui, si mademoiselle Bérénice avait le bon goût de tourner la barre à 180° et d'aller lorgner du côté d'Antiochus, tout se goupillerait bien. Alors ?… alors ?…

    Alors je vous laisse le soin de découvrir le fin mot de la pièce par vous même et me dépêche d'ajouter que cette critique un peu tirée par les cheveux (pas la chevelure de Bérénice, qui elle est une homonyme et était reine d'Égypte au IIIème siècle avant J.-C.) ne représente que mon avis, c'est-à-dire, très peu de chose.

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    • Livres 4.00/5
    Par gill le 14/11/2012


    Vespasien n'est plus. Titus est le nouvel empereur et le deuil parvenu à son terme, le bruit court que ce dernier va épouser Bérénice,la reine de Palestine.
    Antiochus, roi de Commagène et ami de Titus prend la décision de partir mais non sans avoir avoué son amour secret à Bérénice elle-même.
    Aimant passionnément le nouvel empereur la jeune femme courtisée couvre de mépris son courtisan avant de le laisser partir.
    Mais Antiochus est chargé par le maître de Rome de raccompagner Bérénice jusqu'en Orient. et de lui annoncer cette décision.
    Bérénice désespérée et offensée d'être délaissée pour raison politique menace de mettre fin à ses jours. Antiochus tremble pour la vie de sa bien-aimée et avoue à Titus être son rival, ce dernier se résigne à perdre son amour pour le bien de Rome.
    Bérénice rentrera seule en Palestine et ces trois destins sacrifiés seront un exemple pour les hommes de vertu et de sacrifice...
    C'est une tragédie en vers de cinq actes que Jean Racine crée en 1670 pour le Théâtre de l'hôtel de Bourgogne.
    C'est sa sixième pièce, c'est une tragédie sans mort mais emplie de passion . C'est un drame amoureux et politique d'une écriture très belle et très stylisée.

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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe le 28/05/2012


    Bérénice, tragédie versifiée en 5 actes de Jean Racine (poète tragique du XVII° siècle, membre de l'Académie française auteur de Phèdre, Andromaque, Britannicus...)conte l'amour absolu (mais impossible car "l'hymen chez les Romains n'admet qu'une Romaine") entre Titus (nouvel Empereur de Rome suite au décès de son père) et Bérénice, reine étrangère). Elle fut jouée en même temps que Tite et Bérénice de Corneille, mais eut plus de succès.
    Paradoxe éternel, le choix n'est que souffrance ( puisque à l'encontre d'Antoine "qui oublia sa gloire et sa patrie" pour Cléopâtre) Titus, par devoir, bien qu'amoureux, généreux et sensible, choisit (à contre coeur) sa mission vis à vis de Rome ("Pourquoi suis-je empereur? Pourquoi suis-je amoureux?") et sacrifie du même coup sa fidèle, radieuse et belle maîtresse éperdue d'amour qui va se désespérer (" Pour jamais! Ah! Seigneur, songez -vous en vous-même/ Combien ce mot cruel est affreux quand on aime?").
    Racine suit dans cette pièce les règles du théâtre classique puisque l'unité de lieu (Rome), d'action (l'amour) et de temps (le drame se passe un jour durant) sont préservés et que cette pièce n'est pas choquante pour le public.
    On peut noter: la musicalité des mots, le trio amoureux (se rajoute le prince et ami Antiochus, amoureux transi et honnête qui s'efface: "D'un voile d'amitié j'ai couvert mon amour") qui relance l'intrigue, la bonne étude psychologique des personnages, le riche registre émotionnel (amour,incertitude,désespoir,espoir,tristesse,rage, ressentiments...)
    Bien que cette tragédie me paraisse un peu désuète de par l'emphase de ses déclamations ( "Ah lâche!"... '"Ah! Bérénice!"...Ah prince malheureux!"..."Ah! Seigneur"...) et ses "funestes adieux", les thèmes forts de l'amour absolu, du renoncement, de l'absurdité d'un destin pouvant entrainer la mort, font de Bérénice un classique incontournable.

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    • Livres 5.00/5
    Par Away--x le 10/04/2014


    Longtemps j'ai cru qu'aucune pièce de Racine ne me toucherait plus que Phèdre... C'était avant d'avoir lu Bérénice !

    Depuis huit jours, Titus a succédé à Vespasien sur le trône de l'empire romain. Afin de se conformer aux lois romaines, qui n'admettent que des mariages entre Romains, il doit se séparer de Bérénice, reine de Palestine. Or cela fait cinq ans que cette dernière a suivi son amant à Rome, dans l'attente de l'épouser.
    Titus ne sait comment annoncer à la reine une tragique nouvelle qu'elle ne veut pas entendre. Il demande à Antiochus, secrètement épris de Bérénice et qui, croyant voir arriver le jour du mariage, s'apprêtait à quitter Rome, de la ramener dans son royaume. Passant de la colère au désespoir, chacun menacera de se tuer et, finalement, dans un effort suprême, ils se quitteront pour jamais :
    "Adieu, servons tous trois d'exemples à l'univers
    De l'amour la plus tendre, et la plus malheureuse,
    Dont il puisse garder l'histoire douloureuse."

    Et je termine ma lecture en répétant le dernier mot, d'Antiochus, : "Hélas !"

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    • Livres 5.00/5
    Par cicou45 le 30/08/2011


    Superbe tragédie de Racine en cinq actes inspirée de l'histoire de Rome. Titus, alors empereur romain à l'époque vit une folle passion avec la reine Palestine du nom de Bérénice. Lorsque celui-ci se confie à Paulin, son ami et confident, sur ce que pense le peuple de cet amour et d'une éventuelle union entre lui et Bérénice, Paulin lui avoue que le peuple désapprouve cette passion entre leur empereur et celle qu'ils considèrent uniquement comme une étrangère. Aussi, Titus doit faire un choix cornélien : il doit soit écouter son coeur et respecter son engagement envers Bérénice, soit écouter la voix de la raison, à savoir celle du peuple et renoncer à son amour pour assurer ses devoirs envers Rome. Rome ou Bérénice ? C'est là où se joue tout le drame de la pièce puisque Titus accepte de sacrifier son amour pour honorer sa qualité d'empereur. Celle-ci l'accepte et se retire donc mais les deux amants se séparent non sans un horrible détachement et des sentiments qui auraient bien pu les pousser à la mort, si ils n'avaient pas écouté la voix de la sagesse.

    Quelle cruelle destinée que celle d'être obligé d'avoir à faire un choix et de devoir se séparer, contre son gré, de l'une des deux choses auxquelles vous tenez le plus dans ce monde d'ici-bas.
    La pièce de Racine est très agréable à lire, les vers sont magnifiques et, il se peut que je me répète, mais, pour moi qui adore l'histoire romaine, j'ai été littéralement comblée.

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    • Livres 4.00/5
    Par michfred le 25/04/2015


    Ecoutons Muriel Mayette comparer "Andromaque" et "Bérénice": « Deux oeuvres si différentes : l'une cherchant le pardon, l'histoire des amours vierges et des idéaux impossibles, la pièce des revirements et des pulsions destructrices, l'autre, chagrin des amours consommées et périssables, déroulé d'une nuit pour un départ, aucun rebondissement, aucune surprise, mais le long deuil des sentiments. »

    Rien ne définit mieux " Bérénice" que l'expression "long deuil des sentiments". La musique hypnotique de l'alexandrin et la lenteur d'un inexorable adieu agissent sur le spectateur comme un charme puissant....ou pas! Voilà une tragédie sans passion, sans péripéties, sans destin, sans affrontements, rien qu'une tristesse infinie, la petite musique des larmes que nous faisait déjà entendre Andromaque sur la tombe d'Hector, mais sans les rugissements des grands fauves Pyrrhus et Hermione pour couvrir sa voix...

    Titus aime Bérénice et Bérénice aime Titus, ils ne sont séparés que par la raison d'état..on est aussi dans la fable politique adressée au monarque Louis XIV qui eut le "courage" de rompre avec Marie Mancini pour les mêmes raisons d'état, et sut se montrer grand, ce faisant..

    Cela ne nous touche plus guère, alors que les dilemmes d'Hermione ou les chantages de Pyrrhus continuent de nous bouleverser...raison pour laquelle je choisis toujours soigneusement les mises en scène et les interprètes de Bérénice avant d'aller revoir cette pièce que j'aime mais qui, sauf distribution hors pair -Ludmilla Mickaêl et Didier Sandre, par exemple! - m'ennuie toujours un peu...

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    • Livres 4.00/5
    Par Anassete le 15/01/2012


    Ma pièce préférée de Racine au lycée. Après une petite relecture, j'aime toujours ce petit bijou mais je n'ai plus la même candeur. La différence majeure vient du fait que je ne savais pas trop pourquoi j'aimais Bérénice. Ce personnage a plus de prestance que Phèdre (voilà une vraie reine !), mais elle est aussi humaine et victime de ses propres feux. Son rôle très complexe dans la pièce a attisé mon admiration pour elle. Elle est l'origine de son propre malheur sans le savoir. C'est elle qui a voulu que Titus devienne un empereur et c'est en empereur qu'il la rejette et non en amant. Commençons par les points positifs de cette lecture avant de passer très rapidement aux zones d'ombre.

    Concernant le texte... qu'il est beau, élégant, subtil ! Bien sûr, il est plus épuré que dans d'autres pièces que Racine a pu écrire mais on remarque plus facilement les jeux lexicaux, les jeux de scène, etc. Les personnages sont vivants, aimants, détestables mais toujours droits. Mais attention à ne pas oublier un élément capital et sous-jacent : le monothéïsme face au polythéïsme. J'ai eu l'impression que ce texte annonçait la chute de Rome. le pouvoir n'est pas un droit divin pour Titus, Rome déteste les rois et c'est pourtant Bérénice qui fait de Titus ce qu'il est : un empereur. Amour, trahison, vengeance, un cocktail facile pour la tragédie mais aussi un message à l'intention du souverain français. Bérénice n'est qu'une femme à fort caractère : elle est reine de Palestine, tout un symbole pour les catholiques que sont les français du XVIIe siècle.

    Quelques points noirs tout de même : Antiochus est un personnage bouffon qui ne sert strictement à rien, le jeu de cache-cache peut paraître comique à notre époque et enlève tout le tragique de la situation. Enfin on ne comprend pas tout de suite que Bérénice est la fautive dans l'histoire. Ce n'est qu'avec les notes de mon édition et les quelques vers cités en chapeau que j'ai pu comprendre cela.

    En conclusion, cette pièce est simple, riche mais présente quelques défauts. J'ai sûrement oublié beaucoup de choses (dont l'attention qu'il faut porter à la versification et qui m'a à nouveau séduite), mais retenez avant tout que Bérénice est une pièce qui n'a pas mal vieilli, bien au contraire. Pas de note maximale parce que malgré tout, je préfère de loin Andromaque qui réunit tout ce que j'ai aimé dans Bérénice et les ingrédients manquants qui font Racine.


    Lien : http://anassete.blogspot.com/2011/09/berenice-de-racine.html

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    • Livres 5.00/5
    Par Marti94 le 12/08/2015


    C'est parce que Marguerite Duras évoque dans « Césarée » la destruction de la ville antique, ses ruines, et l'histoire de Bérénice, reine des Juifs que j'ai eu envie de relire « Bérénice », magnifique tragédie de Jean Racine. Et puis il y a aussi la Bérénice du roman de Louis Aragon « Aurélien » que j'apprécie particulièrement.

    Cette pièce de théâtre de 1670, en alexandrins, est une merveilleuse histoire d'amour, tragédie qui n'est pas grecque mais bien romaine.
    Ah, quelle femme cette Bérénice ! Enfin une tragédie qui ne baigne pas dans le sang et la mort, enfin une reine qui ne se laisse pas mourir parce que l'amour de sa vie préfère régner et l'abandonne !
    Alors qu'ils s'aiment passionnément, Titus doit annoncer à Bérénice qu'il doit renoncer à elle car le Sénat n'acceptera jamais que l'empereur épouse une reine étrangère.
    Il confie à Antiochus le soin de ramener Bérénice chez elle, ignorant que ce dernier vient de déclarer sa flamme à la reine de Judée, et doit finalement annoncer sa décision, face à face, à Bérénice :
    « Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,
    Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ?
    Que le jour recommence et que le jour finisse,
    Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice. »
    Mais la belle ne va pas se laisser faire : non seulement elle ne va pas se consoler avec Antiochus qui n'attend que ça mais elle va décider de sa vie :
    « Sur Titus et sur moi réglez votre conduite: Je l'aime, je le fuis; Titus m'aime, il me quitte. Portez loin de mes yeux vos soupirs et vos fers. Adieu. Servons tous trois d'exemple à l'univers. »
    Alors je l'admire et je comprends pourquoi Marguerite Duras adorait ce personnage.

    Lu en Août 2015

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    • Livres 5.00/5
    Par KahlanAmnell le 25/01/2015


    "Bérénice" est un joyau de notre littérature, incrusté dans un édifice de marbre sur lequel est gravé en lettres d'or le nom de Racine !
    ...
    (Oui, j'adore Racine, et alors??)

    Racine a trouvé dans l'histoire de Titus et Bérénice - rapportée par Suétone dans ses "Vies des douze Césars" - un sujet de tragédie qui ne repose pas, cette fois, sur la mort, mais sur la séparation. Et je trouve que c'est un excellent point d'ancrage : les sentiments exprimés par les trois protagonistes tout au long de la pièce sont d'une grande force, une puissante tristesse émane de chacun d'eux à l'idée de devoir se séparer de l'être aimé, et cette idée de la séparation semble plus funeste que celle de la mort (comme on le voit lors du dernier acte, quand chacun menace de mettre fin à ses jours). C'est compréhensible : vivre dans la tristesse et les souvenirs d'un bonheur évanoui, c'est bien plus terrible que de mourir.
    Titus, Bérénice et Antiochus, du haut de leurs trônes respectifs, sont isolés, chacun dans sa bulle sombre, aussi proches que l'on peut l'être, mais également aussi incompatibles. D'ailleurs le dénouement, à mon goût bien loin d'apaiser la tension, ne fait que satisfaire la terreur qui plane sur leurs têtes : une solitude éternelle.

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    • Livres 2.00/5
    Par sultanne le 14/02/2012


    Très belle tragédie dont la langue est magnifiquement travaillée. le rythme, soutenu et grandiloquent, porte la tension dramatique à son paroxysme.

    Dans la veine des grandes tragédies antiques, Bérénice chante les louanges d'une héroïne au caractère fort et trempé, une fierté farouche qui n'appartient qu'aux femmes exceptionnelles.

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