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Critiques sur Bérénice (19)


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    • Livres 5.00/5
    Par Away--x le 10/04/2014


    Longtemps j'ai cru qu'aucune pièce de Racine ne me toucherait plus que Phèdre... C'était avant d'avoir lu Bérénice !

    Depuis huit jours, Titus a succédé à Vespasien sur le trône de l'empire romain. Afin de se conformer aux lois romaines, qui n'admettent que des mariages entre Romains, il doit se séparer de Bérénice, reine de Palestine. Or cela fait cinq ans que cette dernière a suivi son amant à Rome, dans l'attente de l'épouser.
    Titus ne sait comment annoncer à la reine une tragique nouvelle qu'elle ne veut pas entendre. Il demande à Antiochus, secrètement épris de Bérénice et qui, croyant voir arriver le jour du mariage, s'apprêtait à quitter Rome, de la ramener dans son royaume. Passant de la colère au désespoir, chacun menacera de se tuer et, finalement, dans un effort suprême, ils se quitteront pour jamais :
    "Adieu, servons tous trois d'exemples à l'univers
    De l'amour la plus tendre, et la plus malheureuse,
    Dont il puisse garder l'histoire douloureuse."

    Et je termine ma lecture en répétant le dernier mot, d'Antiochus, : "Hélas !"

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    • Livres 4.00/5
    Par gill le 14/11/2012


    Vespasien n'est plus. Titus est le nouvel empereur et le deuil parvenu à son terme, le bruit court que ce dernier va épouser Bérénice,la reine de Palestine.
    Antiochus, roi de Commagène et ami de Titus prend la décision de partir mais non sans avoir avoué son amour secret à Bérénice elle-même.
    Aimant passionnément le nouvel empereur la jeune femme courtisée couvre de mépris son courtisan avant de le laisser partir.
    Mais Antiochus est chargé par le maître de Rome de raccompagner Bérénice jusqu'en Orient. et de lui annoncer cette décision.
    Bérénice désespérée et offensée d'être délaissée pour raison politique menace de mettre fin à ses jours. Antiochus tremble pour la vie de sa bien-aimée et avoue à Titus être son rival, ce dernier se résigne à perdre son amour pour le bien de Rome.
    Bérénice rentrera seule en Palestine et ces trois destins sacrifiés seront un exemple pour les hommes de vertu et de sacrifice...
    C'est une tragédie en vers de cinq actes que Jean Racine crée en 1670 pour le Théâtre de l'hôtel de Bourgogne.
    C'est sa sixième pièce, c'est une tragédie sans mort mais emplie de passion . C'est un drame amoureux et politique d'une écriture très belle et très stylisée.

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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe le 28/05/2012


    Bérénice, tragédie versifiée en 5 actes de Jean Racine (poète tragique du XVII° siècle, membre de l'Académie française auteur de Phèdre, Andromaque, Britannicus...)conte l'amour absolu (mais impossible car "l'hymen chez les Romains n'admet qu'une Romaine") entre Titus (nouvel Empereur de Rome suite au décès de son père) et Bérénice, reine étrangère). Elle fut jouée en même temps que Tite et Bérénice de Corneille, mais eut plus de succès.
    Paradoxe éternel, le choix n'est que souffrance ( puisque à l'encontre d'Antoine "qui oublia sa gloire et sa patrie" pour Cléopâtre) Titus, par devoir, bien qu'amoureux, généreux et sensible, choisit (à contre coeur) sa mission vis à vis de Rome ("Pourquoi suis-je empereur? Pourquoi suis-je amoureux?") et sacrifie du même coup sa fidèle, radieuse et belle maîtresse éperdue d'amour qui va se désespérer (" Pour jamais! Ah! Seigneur, songez -vous en vous-même/ Combien ce mot cruel est affreux quand on aime?").
    Racine suit dans cette pièce les règles du théâtre classique puisque l'unité de lieu (Rome), d'action (l'amour) et de temps (le drame se passe un jour durant) sont préservés et que cette pièce n'est pas choquante pour le public.
    On peut noter: la musicalité des mots, le trio amoureux (se rajoute le prince et ami Antiochus, amoureux transi et honnête qui s'efface: "D'un voile d'amitié j'ai couvert mon amour") qui relance l'intrigue, la bonne étude psychologique des personnages, le riche registre émotionnel (amour,incertitude,désespoir,espoir,tristesse,rage, ressentiments...)
    Bien que cette tragédie me paraisse un peu désuète de par l'emphase de ses déclamations ( "Ah lâche!"... '"Ah! Bérénice!"...Ah prince malheureux!"..."Ah! Seigneur"...) et ses "funestes adieux", les thèmes forts de l'amour absolu, du renoncement, de l'absurdité d'un destin pouvant entrainer la mort, font de Bérénice un classique incontournable.

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    • Livres 5.00/5
    Par cicou45 le 30/08/2011


    Superbe tragédie de Racine en cinq actes inspirée de l'histoire de Rome. Titus, alors empereur romain à l'époque vit une folle passion avec la reine Palestine du nom de Bérénice. Lorsque celui-ci se confie à Paulin, son ami et confident, sur ce que pense le peuple de cet amour et d'une éventuelle union entre lui et Bérénice, Paulin lui avoue que le peuple désapprouve cette passion entre leur empereur et celle qu'ils considèrent uniquement comme une étrangère. Aussi, Titus doit faire un choix cornélien : il doit soit écouter son coeur et respecter son engagement envers Bérénice, soit écouter la voix de la raison, à savoir celle du peuple et renoncer à son amour pour assurer ses devoirs envers Rome. Rome ou Bérénice ? C'est là où se joue tout le drame de la pièce puisque Titus accepte de sacrifier son amour pour honorer sa qualité d'empereur. Celle-ci l'accepte et se retire donc mais les deux amants se séparent non sans un horrible détachement et des sentiments qui auraient bien pu les pousser à la mort, si ils n'avaient pas écouté la voix de la sagesse.

    Quelle cruelle destinée que celle d'être obligé d'avoir à faire un choix et de devoir se séparer, contre son gré, de l'une des deux choses auxquelles vous tenez le plus dans ce monde d'ici-bas.
    La pièce de Racine est très agréable à lire, les vers sont magnifiques et, il se peut que je me répète, mais, pour moi qui adore l'histoire romaine, j'ai été littéralement comblée.

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    • Livres 4.00/5
    Par Anassete le 15/01/2012


    Ma pièce préférée de Racine au lycée. Après une petite relecture, j'aime toujours ce petit bijou mais je n'ai plus la même candeur. La différence majeure vient du fait que je ne savais pas trop pourquoi j'aimais Bérénice. Ce personnage a plus de prestance que Phèdre (voilà une vraie reine !), mais elle est aussi humaine et victime de ses propres feux. Son rôle très complexe dans la pièce a attisé mon admiration pour elle. Elle est l'origine de son propre malheur sans le savoir. C'est elle qui a voulu que Titus devienne un empereur et c'est en empereur qu'il la rejette et non en amant. Commençons par les points positifs de cette lecture avant de passer très rapidement aux zones d'ombre.

    Concernant le texte... qu'il est beau, élégant, subtil ! Bien sûr, il est plus épuré que dans d'autres pièces que Racine a pu écrire mais on remarque plus facilement les jeux lexicaux, les jeux de scène, etc. Les personnages sont vivants, aimants, détestables mais toujours droits. Mais attention à ne pas oublier un élément capital et sous-jacent : le monothéïsme face au polythéïsme. J'ai eu l'impression que ce texte annonçait la chute de Rome. le pouvoir n'est pas un droit divin pour Titus, Rome déteste les rois et c'est pourtant Bérénice qui fait de Titus ce qu'il est : un empereur. Amour, trahison, vengeance, un cocktail facile pour la tragédie mais aussi un message à l'intention du souverain français. Bérénice n'est qu'une femme à fort caractère : elle est reine de Palestine, tout un symbole pour les catholiques que sont les français du XVIIe siècle.

    Quelques points noirs tout de même : Antiochus est un personnage bouffon qui ne sert strictement à rien, le jeu de cache-cache peut paraître comique à notre époque et enlève tout le tragique de la situation. Enfin on ne comprend pas tout de suite que Bérénice est la fautive dans l'histoire. Ce n'est qu'avec les notes de mon édition et les quelques vers cités en chapeau que j'ai pu comprendre cela.

    En conclusion, cette pièce est simple, riche mais présente quelques défauts. J'ai sûrement oublié beaucoup de choses (dont l'attention qu'il faut porter à la versification et qui m'a à nouveau séduite), mais retenez avant tout que Bérénice est une pièce qui n'a pas mal vieilli, bien au contraire. Pas de note maximale parce que malgré tout, je préfère de loin Andromaque qui réunit tout ce que j'ai aimé dans Bérénice et les ingrédients manquants qui font Racine.


    Lien : http://anassete.blogspot.com/2011/09/berenice-de-racine.html

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    • Livres 2.00/5
    Par sultanne le 14/02/2012


    Très belle tragédie dont la langue est magnifiquement travaillée. le rythme, soutenu et grandiloquent, porte la tension dramatique à son paroxysme.

    Dans la veine des grandes tragédies antiques, Bérénice chante les louanges d'une héroïne au caractère fort et trempé, une fierté farouche qui n'appartient qu'aux femmes exceptionnelles.

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    • Livres 3.00/5
    Par Chocapicduo le 31/07/2012


    Aaaaah Racine ! Comme c'est beau, comme c'est fort ! Quelle puissance dans les vers raciniens ! C'est avec un grand plaisir que j'ai pu apprécier pour la quatrième fois une de ses tragédies. Cependant, si fidèle à lui-même il signe une œuvre superbe, c'est je pense celle qui m'a le moins plu... (il faut dire que j'ai commencé par les plus connues)
    J'ai trouvé que la pièce était trop simple et sans retournements de situations. Dès la présentation des personnages, on peut voir cette simplicité : Titus et son confident, Bérénice et sa confidente, Antiochus et son confident. Trois personnages, trois confidents, élémentaire...
    Ensuite, une situation simple : Antiochus aime Bérénice, qui aime Titus, qui l'aime en retour. Cependant, Titus, suite à la mort de son père devient César, et il ne peut donc épouser Bérénice, car un César ne peut épouser une reine, selon les lois romaines. Voilà une situation qui ne va pas évoluer au cours du récit, et on constate finalement que le personnage d'Antiochus n'a pas de réelle impacte sur l'histoire : par rapport au "couple", quelle sera son influence ? Aucune ! Il n'est donc présent que pour ne pas qu'il y ait deux personnages seulement, et pour rallonger la durée de la pièce. Durée qui est d'ailleurs minimale, c'est une pièce en 1506 vers, le minimum selon les règles du théâtre classique étant 1500 vers. J'ai l'impression d'ailleurs de nombreuses longueurs et de plusieurs passages inutile, notamment la description de la puissance de leur passion, de leur indécision ou de leur désespoir que l'on trouve trop souvent.
    Finalement l'histoire se résume simplement : Titus tergiverse entre sa gloire et son cœur, Bérénice, une fois au courant de la situation, est désespérée, et parallèlement, Antiochus est au comble du désespoir car il n'est pas aimé de Bérénice. On aurait pu attendre une action d'Antiochus, notamment lorsque Titus lui confie une message pour Bérénice, on voudrait qu'il essaye de tirer partie des malheurs du couple, mais on reste sur sa faim...
    Trois étoiles cependant, parce que c'est Racine, et donc que c'est beau !

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    • Livres 4.00/5
    Par mercutio le 29/03/2014


    Devant Jean Racine arbitre non impartial de ce match en 5 sets, Bérénice, tenante du titre, gagne sans surprise face à Titus, nouvellement promu tête de série n°1, sur le score de 4 à 1:
    - pour Bérénice: sincérité, esprit de décision, courage, direction du dénouement
    - pour Titus: sens du devoir d'état malgré lâcheté, indécision et calculs à la petite semaine.
    Match plaisant, animé; les adversaires s'apprécient; les échanges sont assez brefs, on n'a pas le temps de s'ennuyer; Bérénice est percutante sur les retours de service et au filet, Titus un peu laborieux en fond de cours mais au niveau physiquement.

    .....Ramasseur de balles, le gentil Antiochus, ou si vous préférez, Antiochus à la ramasse, content que le match se termine ;-)

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    • Livres 4.00/5
    Par JacobBenayoune le 29/11/2013


    L'histoire même de la création de cette tragédie nous rappelle les temps classiques glorieux où les grands auteurs rivalisaient à l'envi. Ainsi le vieux Corneille avec Tite et Bérénice lutta contre le talentueux Racine et sa pièce Bérénice. Un temps où un beau poème, une belle tragédie ou comédie comptaient énormément dans la cour du roi Soleil ainsi que pour le public.
    Racine a choisi cette fois une histoire romaine pour créer cette tragédie qui est parmi les plus connues de ses pièces. Un amour impossible entre le grand Titus et Bérénice la reine de Palestine. Les personnages doivent faire un choix difficile mais acceptent la séparation (la pièce nous y prépare) sans avoir recours à la mort « tragique ».
    Racine est un poète qui sait bien dompter son vers et sa rime pour nous enchanter. On retrouve tout son art dans cette tragédie ; toutes ces belles expressions qui sont devenues de vraies aphorismes de l'amour et de la séparation douloureuse. Ces vers résument l'intrigue en quelque sorte et illustrent cette grandeur poétique racinienne :
    Titus
    J'espérais de mourir à vos yeux,
    Avant que d'en venir à ces cruels adieux.
    Bérénice
    Eh bien ! régnez, cruel, contentez votre gloire :
    Je ne dispute plus. J'attendais, pour vous croire,
    Que cette même bouche, après mille serments
    D'un amour qui devait unir tous nos moments,
    Cette bouche, à mes yeux s'avouant infidèle,
    M'ordonnât elle-même une absence éternelle.
    (Acte IV, scène 5)

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  • Par Belykhalil le 23/05/2014


    Quoique très romancée par rapport à ce que l'Histoire nous a rapporté de cet événement, Bérénice éclaire le lecteur sur quelques vérités de la politique romaine, dont la fameuse loi officieuse qui va mettre fin à la relation des deux amants. Cette dernière étant que César ne peut épouser une étrangère, d'autant plus si elle est reine. Loi qui poussa Jules et Antoine à ne pas épouser Cléopâtre, mais qui les conduisit néanmoins au trépas pour avoir soulevé la colère du peuple romain.

    La citation que j'ai choisie illustre parfaitement ce propos, car Paulin, le confident de Titus, vient tout juste de mentionner ce fait, avant d'ajouter :

    Depuis ce temps, Seigneur, Caligula, Néron,
    Monstres dont à regret je cite ici le nom,
    Et qui ne conservent que la figure d'homme,
    Foulèrent à leurs pieds toutes les lois de Rome,
    Ont craint cette loi seule, et n'ont point à nos yeux
    Allumé le flambeau d'un hymen odieux.

    Titus doit donc renoncer à l'amour de Bérénice afin de satisfaire à ses nouveaux devoirs en tant que César.

    Je n'en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher une lecture agréable même si elle n'est pas transcendante. Racine a une très belle plume et il s'en sort très bien dans cet exercice où il faut retenir le lecteur par son art plutôt que par l'intrigue qui n'a rien de mystérieux.


    Lien : http://belykhalilcriticizes.wordpress.com/2014/05/20/mardi-sur-son-3..

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