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> André Berne-Joffroy (Autre)

ISBN : 2070373916
Éditeur : Gallimard (1982)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.64/5 (sur 525 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
La notion de prétexte est la grande force du Diable au corps : le ton froid et analytique du récit, même si sans aucun doute il correspond à merveille au caractère du héros adolescent, tient sans cesse le lecteur sur ses gardes. Calculateur jusque dans ses amours avec M... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 03 octobre 2012

    brigittelascombe
    "Notre bonheur était un château de sable" confie François, adolescent surdoué, qui relate sa relation passionnelle avec Marthe de deux ans son ainée, mais fiancée puis mariée donc coupable d'adultère.
    Oh, pas pour le mari, cocu trop crédule parti au front, qui croit dur comme fer en la chasteté de son épouse et en devient pitoyable de tant de crédulité.
    Mais pour tous les autres: parents trop faibles fermant les yeux sur leurs frasques puis s'alarmant qu'un bâtard voie le jour, voisins bourgeois choqués d'ébats plus que sonores au dessus de leurs prudes têtes, amis s'éloignant pour éviter toute compromission.
    Raymond Radiguet, enfant prodige lui même, dont la fulgurante intelligence n'eut d'égale que la mort précoce, dépeint avec justesse Le Diable au corps, cette attirance plus forte que tout qui mène à l'insouciance et à l'inconscience, sans innocence aucune; cette sensualité teintée d'érotisme mais à l'opposé du trop osé ou trop cru L'amant de Lady Chatterley.
    Le lecteur retrouve ici l'écriture flamboyante et l'analyse psychologique très fine de Le bal du comte d'orgel.
    Mais le couple formé dans Le Diable au corps puise sa force dans une relation de soumission-domination complètement différente.
    Lui est manipulateur, narcissique, jaloux,lâche, cynique, pervers, susceptible, orgueilleux, veule, possessif,fanfaron, infidèle,provocateur...
    Elle est femme-enfant,maternelle,douce,soumise,inquiète,rouée,capricieuse,comédienne,
    bourgeoise...
    Et ça marche, le lecteur se prend au jeu car c'est un jeu d'enfants qui font l'école buissonnière, faisant fi du monde d'adultes qui les entoure que Raymond Radiguet nous donne à voir de main de maître.
    L'auteur évoque lui même Daphnis et Chloé, ce roman grec d'un certain Longus où deux adolescents trouvent l'amour. On peut penser également à Colette avec le blé en herbe car François sait marquer de ses morsures la blanche peau de Marthe comme un chat joue à la souris.
    Mais le fait qu'elle soit mariée, infidèle et menteuse la place sur un autre registre, celui de la passion explosive qui met le feu aux poudres et balaye tout sur son passage jusqu'à la mort.
    On ne peut se réjouir comme Jean Cocteau d'avoir connu l' écrivain précoce que fut Raymond Radiguet, même si l'amour prend chez lui une connotation tragique, et se demander s'il eut l'intuition de sa propre mort lorsqu'il écrivit: "un homme désordonné qui va mourir ne s'en doute pas met soudain de l'ordre autour de lui.Sa vie change...Aussi sa mort brutale semble-telle d'autant plus injuste.Il allait vivre heureux".
    Son oeuvre fut courte, mais quelle oeuvre!
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    • Livres 1.00/5
    Par NastasiaBuergo, le 24 octobre 2012

    NastasiaBuergo
    J'ai lu ce livre il y a probablement maintenant une petite dizaine d'années. Un de mes amis qui aime bien dénicher des trésors enfouis m'en avait parlé.
    Je dois dire qu'il m'avait bien vendu l'affaire, le salopard, car en une discussion, il avait réussi à m'intriguer suffisamment sur cet écrivain précoce pour que je voulusse à tout prix en savoir davantage.
    VUUIIP ! Comme une flèche, je courus à la bibliothèque du quartier (J'eus la bonne idée de ne pas l'acheter, un restant de flair sans doute.), et me rappelle encore l'embryon d'enthousiasme à la vue de la couverture avec Gérard Philippe, laquelle avait concouru à poursuivre l'illusion, me faisant penser qu'il s'agissait effectivement d'un GRAND classique, adapté au cinéma dès l'aube de cet art, etc., etc...
    POUAH ! Quelle ne fut pas ma déception en lisant ce malheureux petit livre translucide (pour ne pas dire transparent) !
    OOOOOH ! une amourette à deux sous entre un adolescent et une femme dont le mari est parti au front. Ça c'est quelque chose !
    OOUUUH ! les mots me manquent tellement c'est haletant, tellement c'est prenant, tellement c'est fort, tellement les sentiments sont bien rendus et tellement c'est bien écrit !
    BAH ! J'ai dû passer complètement à côté (peut-être tout simplement ai-je passé l'âge des premiers émois gnan-gnan à souhaits) car pour moi, ce livre est un vide sidéral, c'est " Circulez messieurs dames, y a rien à voir ! "
    Mais comme je ne suis qu'une lectrice lambda, que d'autres sont tombés en émoi, en admiration, en que-sais-je-encore ? devant ce bref roman, le problème doit venir de moi.
    D'ailleurs ce que j'ai exprimé ici n'est que mon avis, mon tout petit avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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    • Livres 3.00/5
    Par LiliGalipette, le 16 août 2012

    LiliGalipette

    La guerre de 1914 a éclaté. Un jeune prodige inscrit au lycée Henri-IV déserte sa classe après avoir rencontré la jeune Marthe, mariée à Jacques, un soldat parti au front. le garçon a à peine 16 ans, Marthe à peine 19 ans. Les deux enfants s'aiment follement. Marthe surtout est amoureuse et sincère. Pour le jeune narrateur, les choses sont différentes. « Manquer la classe voulait dire, selon moi, que j'étais amoureux de Marthe. Je me trompais. Marthe ne m'était que le prétexte de cette école buissonnière. » (p. 45) le narrateur est avide de liberté. Il piaffe d'être un homme et s'engage à corps perdu dans cette relation adultérine.
    Face au mari de Marthe, le garçon éprouve des sentiments ambivalents, entre haine et remords. La liaison entre lui et Marthe est bénie par la guerre, mais les deux amants savent que la paix détruira leur bonheur coupable. « L'amour, qui est l'égoïsme à deux, sacrifie tout à soi, et vit de mensonges. » (p. 69) Marthe est prête à tout sacrifier pour son jeune amour, mais le garçon est moins engagé qu'elle tout en exigeant les plus grandes preuves de la fidélité de sa maîtresse. Dans cette âpre éducation sentimentale, l'adolescent fait ses premières armes d'adulte. « Décidément, j'avais encore fort à faire pour devenir un homme. » (p. 79)
    Ce récit est ouvertement autobiographique. Je l'avais lu quand j'étais adolescente et je l'avais trouvé exaltant. Cette fois, je me suis ennuyée et j'ai éprouvé un agacement sans fin pour le narrateur/auteur. Ce blanc-bec se moque de tout, qu'il s'agisse de l'honneur de sa maîtresse ou de l'avis de ses aînés. Être précoce, pourquoi pas, mais ça n'empêche pas d'être poli, non mais !
    Le roman de Radiguet m'a rappelé les classiques du genre, tel que le lys de la vallée De Balzac, Le Rouge et le Noir de Stendhal, L'éducation sentimentale de Flaubert ou encore Adolphe de Benjamin Constant. Décidément, je ne suis pas très sensible aux errements amoureux des godelureaux en mal d'amour.
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    • Livres 5.00/5
    Par Ellen-R, le 25 janvier 2013

    Ellen-R
    Beaucoup l'ont déjà lu, nombreux sont également ceux à l'avoir vu, ce diable au corps que je ne connaissais que de nom. Il aura fallu que Philippe Besson fasse de Raymond Radiguet un des héros de son Retour parmi les hommes pour que je le lise.
    Et je ne suis pas déçue ; la langue de Radiguet d'abord est un vrai bonheur pour l'amatrice de langue classique que je suis. La force destructrice de l'amour, cet égoïsme à deux, qu'il décrit si bien est comme ressentie à la lecture. Ces phases d'attraction-répulsion, ce manque maladif de l'autre, l'interprétation excessive, dans le bonheur comme dans le malheur, de tous les signes donnés ou reçus sont autant de miroirs.
    Ce n'est qu'une histoire d'amour finalement entre un jeune homme de 16 ans et une jeune femme de 19 ans… qui a juste le « défaut » d'être déjà une épouse, mariée à un soldat qui se bat sur un des fronts de la grande guerre.
    C'est là tout le scandale… juste après guerre, ce Radiguet qui n'a pas encore 20 ans, écrit cet amour. Mais qu'est-ce qui est si déplacé ? Cette histoire d'amour ? Pas tellement. Elle est évoquée avec une grande pudeur. On le voit clairement dans le premier rapport charnel entre Les amants, moment pudique masqué par une ellipse temporelle.
    Cet aspect scandaleux a pu être accentué par la simple adhésion à cette belle histoire, cette passion mortifère, adhésion à laquelle on ne résiste pas, tant l'emballement vous emporte pendant deux cents pages qui se lisent d'une traite et fait vibrer en chacun de nous ce cœur parfois endormi, mais qui n'est toujours au final, qu'une braise qui attend un souffle nouveau pour déployer la flamme.
    Superbe.
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    • Livres 3.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 20 février 2011

    Juste-Lire-Avec-Plaisir
    Terribles sont les attentes des lecteurs ! J'ai souvent entendu parler de ce livre, souvent en bien et j'avoue que je m'attendais à quelque chose qui remue. Ce qui n'a pas réellement été le cas.
    Cependant, j'ai apprécié ce roman. Histoire d'amour qui unit un adolescent manipulateur, égoïste, immature et une jeune femme naïve à la limite de la niaiserie. Certes, le narrateur est énervant mais il est surtout jeune, trop jeune pour l'histoire d'amour qu'il vit. Marthe semble une femme plutôt indépendante face à son mari, ou alors c'est lui qui semble totalement soumis face à elle. Quoiqu'il en soit, au début du roman, lors de leur rencontre, elle apparaît comme une femme qui sait ce qu'elle veut. Pourtant, dès qu'elle commence à parler avec François, ce dernier tente de la manipuler et réussit son coup.
    Mais au fil des pages, on en vient à se demander si c'est Marthe qu'il désire ou juste le sentiment de la désirer. Avec lui, c'est un jour blanc, un jour noir. Quelquefois possessif, quelquefois distant, il souffle le chaud et le froid sans arrêt. Et cette pauvre Marthe continue à s'accrocher ! Pourtant il semble l'aimer, très fort même, mais semble également trop jeune pour une histoire d'amour de cette envergure, entrainant dans son sillage un adultère et tous les commérages qui peuvent s'en suivre. Alors il est vrai qu'au début du roman, c'est un personnage exaspérant mais au fil des pages, j'ai plutôt trouvé que c'était un personnage maladroit. Ne sachant pas vraiment comment faire, il fait un peu n'importe quoi. En espérant toujours faire pour le mieux.
    Malgré leur travers, ils vivent tout de même des moments très forts qui m'ont touché mais je n'ai pas été bousculée comme je l'aurais aimé.
    La fin, quant à elle m'a un peu déçue ou plutôt elle a laissé une question en suspend. Pourquoi ? Pourquoi cela se passe-t-il comme ça ? Pourquoi cela arrive-t-il d'un seul coup ? Je crois que je ne saurais jamais.
    Bien qu'ayant apprécié ce roman, je ne l'ai évidemment pas trouvé parfait mais je dois dire que j'ai beaucoup aimé l'écriture de Raymond Radiguet. Tout étant en simple, le style est travaillé, construit et j'ai eu un grand plaisir à lire ce livre.
    Un livre que je relirais peut-être dans quelques années, pour voir les choses autrement, avec un œil plus adulte. Qui sait ?
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Citations et extraits

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  • Par genou, le 23 mai 2013

    Je me hâtais, comme les gens qui doivent mourir jeunes et qui mettent les bouchées doubles.

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  • Par genou, le 23 mai 2013

    Ce qui semble rêve aux autres, plus crédules, me paraissait à moi aussi réel que le fromage au chat, malgré la cloche de verre. Pourtant la cloche existe.

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  • Par genou, le 23 mai 2013

    Ce qui chagrine, ce n'est pas de quitter la vie, mais de quitter ce qui lui donne un sens.

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  • Par brigittelascombe, le 28 septembre 2012

    Un homme désordonné qui va mourir et ne s'en doute pas met souvent de l'ordre autour de lui.Sa vie change.Il classe des papiers.Il se lève tôt,il se couche de bonne heure,il renonce à ses vices.Son entourage se félicite.Aussi sa mort brutale semble-t-elle d'autant plus injuste.Il allait vivre heureux.

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  • Par vassilisa, le 04 décembre 2008

    Ses deux mains s'accrochaient à mon cou ; elles ne se seraient pas accrochées plus furieusement dans un naufrage. Et je ne comprenais pas si elle voulait que je la sauve, ou bien que je me noie avec elle.

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Une minute avant le film "Le Diable au corps" (Diavolo in corpo) 1986 de Marco Bellocchio








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