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> André Berne-Joffroy (Autre)

ISBN : 2070373916
Éditeur : Gallimard (1982)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.65/5 (sur 952 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Le premier roman d’un écrivain mort à vingt ans et l’un des plus beaux rôles de Gérard Philipe. En 1918, un lycéen, François (prénom uniquement usité dans le film), s’éprend d’une jeune femme, Marthe, dont le fiancé, Jacques, est au front. L’amour fou, absolu, malgré to... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 1.00/5
    Par Nastasia-B, le 24 octobre 2012

    Nastasia-B
    J'ai lu ce livre il y a probablement maintenant une petite dizaine d'années. Un de mes amis qui aime bien dénicher des trésors enfouis m'en avait parlé.
    Je dois dire qu'il m'avait bien vendu l'affaire, le salopard, car en une discussion, il avait réussi à m'intriguer suffisamment sur cet écrivain précoce pour que je voulusse à tout prix en savoir davantage.
    VUUIIP ! Comme une flèche, je courus à la bibliothèque du quartier (J'eus la bonne idée de ne pas l'acheter, un restant de flair sans doute.), et me rappelle encore l'embryon d'enthousiasme à la vue de la couverture avec Gérard Philippe, laquelle avait concouru à poursuivre l'illusion, me faisant penser qu'il s'agissait effectivement d'un GRAND classique, adapté au cinéma dès l'aube de cet art, etc., etc...
    POUAH ! Quelle ne fut pas ma déception en lisant ce malheureux petit livre translucide (pour ne pas dire transparent) !
    OOOOOH ! une amourette à deux sous entre un adolescent et une femme dont le mari est parti au front. Ça c'est quelque chose !
    OOUUUH ! les mots me manquent tellement c'est haletant, tellement c'est prenant, tellement c'est fort, tellement les sentiments sont bien rendus et tellement c'est bien écrit !
    BAH ! J'ai dû passer complètement à côté (peut-être tout simplement ai-je passé l'âge des premiers émois gnan-gnan à souhaits) car pour moi, ce livre est un vide sidéral, c'est " Circulez messieurs dames, y a rien à voir ! "
    Mais comme je ne suis qu'une lectrice lambda, que d'autres sont tombés en émoi, en admiration, en que-sais-je-encore ? devant ce bref roman, le problème doit venir de moi.
    D'ailleurs ce que j'ai exprimé ici n'est que mon avis, mon tout petit avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 03 octobre 2012

    brigittelascombe
    "Notre bonheur était un château de sable" confie François, adolescent surdoué, qui relate sa relation passionnelle avec Marthe de deux ans son ainée, mais fiancée puis mariée donc coupable d'adultère.
    Oh, pas pour le mari, cocu trop crédule parti au front, qui croit dur comme fer en la chasteté de son épouse et en devient pitoyable de tant de crédulité.
    Mais pour tous les autres: parents trop faibles fermant les yeux sur leurs frasques puis s'alarmant qu'un bâtard voie le jour, voisins bourgeois choqués d'ébats plus que sonores au dessus de leurs prudes têtes, amis s'éloignant pour éviter toute compromission.
    Raymond Radiguet, enfant prodige lui même, dont la fulgurante intelligence n'eut d'égale que la mort précoce, dépeint avec justesse Le Diable au corps, cette attirance plus forte que tout qui mène à l'insouciance et à l'inconscience, sans innocence aucune; cette sensualité teintée d'érotisme mais à l'opposé du trop osé ou trop cru L'amant de Lady Chatterley.
    Le lecteur retrouve ici l'écriture flamboyante et l'analyse psychologique très fine de Le bal du comte d'orgel.
    Mais le couple formé dans Le Diable au corps puise sa force dans une relation de soumission-domination complètement différente.
    Lui est manipulateur, narcissique, jaloux,lâche, cynique, pervers, susceptible, orgueilleux, veule, possessif,fanfaron, infidèle,provocateur...
    Elle est femme-enfant,maternelle,douce,soumise,inquiète,rouée,capricieuse,comédienne,
    bourgeoise...
    Et ça marche, le lecteur se prend au jeu car c'est un jeu d'enfants qui font l'école buissonnière, faisant fi du monde d'adultes qui les entoure que Raymond Radiguet nous donne à voir de main de maître.
    L'auteur évoque lui même Daphnis et Chloé, ce roman grec d'un certain Longus où deux adolescents trouvent l'amour. On peut penser également à Colette avec le blé en herbe car François sait marquer de ses morsures la blanche peau de Marthe comme un chat joue à la souris.
    Mais le fait qu'elle soit mariée, infidèle et menteuse la place sur un autre registre, celui de la passion explosive qui met le feu aux poudres et balaye tout sur son passage jusqu'à la mort.
    On ne peut se réjouir comme Jean Cocteau d'avoir connu l' écrivain précoce que fut Raymond Radiguet, même si l'amour prend chez lui une connotation tragique, et se demander s'il eut l'intuition de sa propre mort lorsqu'il écrivit: "un homme désordonné qui va mourir ne s'en doute pas met soudain de l'ordre autour de lui.Sa vie change...Aussi sa mort brutale semble-telle d'autant plus injuste.Il allait vivre heureux".
    Son oeuvre fut courte, mais quelle oeuvre!
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    • Livres 3.00/5
    Par LiliGalipette, le 16 août 2012

    LiliGalipette

    La guerre de 1914 a éclaté. Un jeune prodige inscrit au lycée Henri-IV déserte sa classe après avoir rencontré la jeune Marthe, mariée à Jacques, un soldat parti au front. le garçon a à peine 16 ans, Marthe à peine 19 ans. Les deux enfants s'aiment follement. Marthe surtout est amoureuse et sincère. Pour le jeune narrateur, les choses sont différentes. « Manquer la classe voulait dire, selon moi, que j'étais amoureux de Marthe. Je me trompais. Marthe ne m'était que le prétexte de cette école buissonnière. » (p. 45) le narrateur est avide de liberté. Il piaffe d'être un homme et s'engage à corps perdu dans cette relation adultérine.
    Face au mari de Marthe, le garçon éprouve des sentiments ambivalents, entre haine et remords. La liaison entre lui et Marthe est bénie par la guerre, mais les deux amants savent que la paix détruira leur bonheur coupable. « L'amour, qui est l'égoïsme à deux, sacrifie tout à soi, et vit de mensonges. » (p. 69) Marthe est prête à tout sacrifier pour son jeune amour, mais le garçon est moins engagé qu'elle tout en exigeant les plus grandes preuves de la fidélité de sa maîtresse. Dans cette âpre éducation sentimentale, l'adolescent fait ses premières armes d'adulte. « Décidément, j'avais encore fort à faire pour devenir un homme. » (p. 79)
    Ce récit est ouvertement autobiographique. Je l'avais lu quand j'étais adolescente et je l'avais trouvé exaltant. Cette fois, je me suis ennuyée et j'ai éprouvé un agacement sans fin pour le narrateur/auteur. Ce blanc-bec se moque de tout, qu'il s'agisse de l'honneur de sa maîtresse ou de l'avis de ses aînés. Être précoce, pourquoi pas, mais ça n'empêche pas d'être poli, non mais !
    Le roman de Radiguet m'a rappelé les classiques du genre, tel que le lys de la vallée De Balzac, Le Rouge et le Noir de Stendhal, L'éducation sentimentale de Flaubert ou encore Adolphe de Benjamin Constant. Décidément, je ne suis pas très sensible aux errements amoureux des godelureaux en mal d'amour.
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    • Livres 4.00/5
    Par Caro29, le 16 décembre 2014

    Caro29
    Un court roman très agréable à lire tant la langue utilisée par le jeune Radiguet est belle. J’ai d’ailleurs du mal à me dire que c’est un homme aussi jeune qui a écrit Le Diable au corps.
    L’histoire, tout le monde la connaît. Un adolescent de 16 ans, François, rencontre une jeune femme de 18-19 ans, Marthe, fiancée, puis mariée à un soldat parti au front pendant la guerre 14-18. Voilà donc une histoire d’amour qui naît assez rapidement, mais qui est vouée à l’échec pour plusieurs raisons : François est trop jeune et sa maîtresse n’est de toute façon pas libre, même si elle se fiche éperdument du qu’en-dira-t-on. Ce roman ne m’a pas passionnée, mais je l’ai trouvé intéressant du point de vue du contexte historique, car il compte énormément de références à la Grande guerre, et du point de vue psychologique car le narrateur parvient très bien à analyser ses failles : c’est un enfant qui va se retrouver très vite à devoir gérer une situation que doivent gérer habituellement des adultes. Ce qui est intéressant aussi, c’est qu’il s’agit en fait d’une histoire vécue par Radiguet, même si elle a été largement modifiée pour les besoins de son roman. D’autres choses sont à souligner : les relations père-fils (il y a une complicité presque totale entre le narrateur et son fils), Radiguet malmène le milieu « petit bourgeois » choqué par la relation extra conjugale de nos héros, mais qui n’hésite pas à organiser un « raout » pour permettre à ses convives d’entendre les ébats des amants, etc. Quant à la fin du roman, je n’en avais pas entendu parler et n’y aurais jamais pensé…
    Au final, ce qui m’a quand même le plus bouleversée, c’est que Radiguet, talent précoce, soit décédé si jeune. Dans Le Diable au corps, il évoque plusieurs fois le fait de mourir jeune. Ce moment du roman m’a donc particulièrement touchée : « Un homme désordonné qui va mourir et ne s’en doute pas met soudain de l’ordre autour de lui. Sa vie change. Il classe des papiers. Il se lève tôt, il se couche de bonne heure. Il renonce à ses vices. Son entourage se félicite. Aussi sa mort brutale semble-t-elle d’autant plus injuste. Il allait vivre heureux ».
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    • Livres 5.00/5
    Par ahasverus, le 22 septembre 2013

    ahasverus
    "Je vais encourir bien des reproches. Mais qu'y puis-je ?", commence Radiguet. Il avait trois fois raison. Paru juste après la grande guerre, Le diable au corps suscite l'émoi : la littérature est alors jugée trop élevée pour qu'on accepte qu'elle soit lancée comme une lessive ainsi que vient de le faire Grasset. Avant d'être le succès d'un écrivain, Le diable au corps est celui d'un éditeur.
    En 1947, Claude Autant-Lara (l'Auberge rouge, la Traversée de Paris), porte l'oeuvre au cinéma. le phénomène Gérard Philippe tient le rôle principal. Nouveau scandale. La France à peine remise de sa cohabitation avec les Nazis supporte mal qu'on déshonore une nouvelle fois ses soldats.
    Enfin en 1986, Maruschka Detmers, dans une scène osée et qu'on dit improvisée, s'emporte sur l'anatomie de son jeune partenaire. Cette sulfureuse adaptation cinématographique de Marco Bellocchio, aujourd'hui totalement oubliée, suscite un petit émoi dans les critiques cinématographiques de l'époque.
    Décidément Le diable au corps porte bien son nom.
    Le narrateur nous raconte sa relation avec Marthe, dont le mari est un poilu (comprenez le soldat de la grande guerre plutôt que le maçon portugais). le narrateur a 16 ans, Marthe 19, Radiguet à peine 20 quand son roman est édité.
    L'histoire n'est pas autobiographique, mais elle s'inspire de celle de son auteur. Nous garderons à l'esprit qu'il s'agit du roman d'un tout jeune Napoléon auquel la vie ne laisse que le temps de percer sous Bonaparte avant de tirer le rideau. C'est important pour juger de son intelligence et de son style, que de penser que ce garçon mort à vingt ans a écrit cette oeuvre il y a près de cent ans. Une oeuvre atypique par son cynisme et sa froideur. le narrateur ment, trompe, manigance. Il n'y a pas de naïveté dans son égoïsme.
    Le sens de la formule est déjà aiguisé. La chute très efficace. Quel dommage, cette irruption brutale de la mort dans le talent.
    J'ai été étonné que certains soient passés à côté. "Celui qui aime agace toujours celui qui n'aime pas", écrit Radiguet.
    Et vice-versa, na !
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Citations et extraits

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  • Par NMTB, le 19 décembre 2014

    « J’aime mieux, murmura-t-elle, être malheureuse avec toi qu’heureuse avec lui. » Voilà de ces mots d’amour qui ne veulent rien dire, et que l’on a honte de rapporter, mais qui, prononcés par la bouche aimée, vous enivrent. Je crus même comprendre la phrase de Marthe. Pourtant que signifiait-elle au juste ? Peut-on être heureux avec quelqu’un qu’on n’aime pas ?
    Et je me demandais, je me demande encore, si l’amour vous donne le droit d’arracher une femme à une destinée, peut-être médiocre, mais pleine de quiétude. « J’aime mieux être malheureuse avec toi... » ; ces mots contenaient-ils un reproche inconscient ?
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  • Par NMTB, le 19 décembre 2014

    Il faut admettre que si le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas, c’est que celle-ci est moins raisonnable que notre cœur. Sans doute, sommes-nous tous des Narcisse, aimant et détestant leur image, mais à qui toute autre est indifférente. C’est cet instinct de ressemblance qui nous mène dans la vie, nous criant « halte ! » devant un paysage, une femme, un poème. Nous pouvons en admirer d’autres, sans ressentir ce choc. L’instinct de ressemblance est la seule ligne de conduite qui ne soit pas artificielle. Mais dans la société, seuls les esprits grossiers sembleront ne point pécher contre la morale, poursuivant toujours le même type. Ainsi certains hommes s’acharnent sur les « blondes », ignorant que souvent les ressemblances les plus profondes sont les plus secrètes.
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  • Par NMTB, le 19 décembre 2014

    Car je doutais souvent de son amour. Quelquefois, je me demandais si je n’étais pas pour elle un passe-temps, un caprice dont elle pourrait se détacher du jour au lendemain, la paix la rappelant à ses devoirs. Pourtant, me disais-je, il y a des moments où une bouche, des yeux, ne peuvent mentir. Certes. Mais une fois ivres, les hommes les moins généreux se fâchent si l’on n’accepte pas leur montre, leur portefeuille. Dans cette veine, ils sont aussi sincères que s’ils se trouvent en état normal. Les moments où on ne peut pas mentir sont précisément ceux où l’on ment le plus, et surtout à soi-même. Croire une femme « au moment où elle ne peut mentir », c’est croire à la fausse générosité d’un avare.
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  • Par Caro29, le 14 décembre 2014

    Il faut pourtant, me disais-je, que l'amour offre de grands avantages puisque tous les hommes remettent leur liberté entre ses mains. Je souhaitais d'être vite assez fort pour me passer d'amour et, ainsi, n'avoir à sacrifier aucun de mes désirs. J'ignorais que servitude pour servitude, il vaut encore mieux être asservi par son cœur que l'esclave de ses sens.

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  • Par Caro29, le 14 décembre 2014

    Ces escarmouches peinaient Marthe ; assez intelligente et assez amoureuse pour se rendre compte que le bonheur ne réside pas dans la considération des voisins, elle était comme ces poètes qui savent que la poésie est chose "maudite", mais qui, malgré leur certitude, souffrent parfois de ne pas obtenir les suffrages qu'ils méprisent.

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Une minute avant le film "Le Diable au corps" (Diavolo in corpo) 1986 de Marco Bellocchio








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