> André Berne-Joffroy (Autre)

ISBN : 2070373916
Éditeur : Gallimard (1982)


Note moyenne : 3.63/5 (sur 194 notes) Ajouter à mes livres
La notion de prétexte est la grande force du Diable au corps : le ton froid et analytique du récit, même si sans aucun doute il correspond à merveille au caractère du héros adolescent, tient sans cesse le lecteur sur ses gardes. Calcul... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 20 février 2011

    Juste-Lire-Avec-Plaisir
    Terribles sont les attentes des lecteurs ! J'ai souvent entendu parler de ce livre, souvent en bien et j'avoue que je m'attendais à quelque chose qui remue. Ce qui n'a pas réellement été le cas.
    Cependant, j'ai apprécié ce roman. Histoire d'amour qui unit un adolescent manipulateur, égoïste, immature et une jeune femme naïve à la limite de la niaiserie. Certes, le narrateur est énervant mais il est surtout jeune, trop jeune pour l'histoire d'amour qu'il vit. Marthe semble une femme plutôt indépendante face à son mari, ou alors c'est lui qui semble totalement soumis face à elle. Quoiqu'il en soit, au début du roman, lors de leur rencontre, elle apparaît comme une femme qui sait ce qu'elle veut. Pourtant, dès qu'elle commence à parler avec François, ce dernier tente de la manipuler et réussit son coup.
    Mais au fil des pages, on en vient à se demander si c'est Marthe qu'il désire ou juste le sentiment de la désirer. Avec lui, c'est un jour blanc, un jour noir. Quelquefois possessif, quelquefois distant, il souffle le chaud et le froid sans arrêt. Et cette pauvre Marthe continue à s'accrocher ! Pourtant il semble l'aimer, très fort même, mais semble également trop jeune pour une histoire d'amour de cette envergure, entrainant dans son sillage un adultère et tous les commérages qui peuvent s'en suivre. Alors il est vrai qu'au début du roman, c'est un personnage exaspérant mais au fil des pages, j'ai plutôt trouvé que c'était un personnage maladroit. Ne sachant pas vraiment comment faire, il fait un peu n'importe quoi. En espérant toujours faire pour le mieux.
    Malgré leur travers, ils vivent tout de même des moments très forts qui m'ont touché mais je n'ai pas été bousculée comme je l'aurais aimé.
    La fin, quant à elle m'a un peu déçue ou plutôt elle a laissé une question en suspend. Pourquoi ? Pourquoi cela se passe-t-il comme ça ? Pourquoi cela arrive-t-il d'un seul coup ? Je crois que je ne saurais jamais.
    Bien qu'ayant apprécié ce roman, je ne l'ai évidemment pas trouvé parfait mais je dois dire que j'ai beaucoup aimé l'écriture de Raymond Radiguet. Tout étant en simple, le style est travaillé, construit et j'ai eu un grand plaisir à lire ce livre.
    Un livre que je relirais peut-être dans quelques années, pour voir les choses autrement, avec un œil plus adulte. Qui sait ?
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    • Livres 2.00/5
    Par vincentf, le 24 juin 2010

    vincentf
    Roman psychologique d'un scandale devenu banal, l'histoire de ce jeune homme amoureux dépassé par la vie peine à décoller. Tragédie sentimentale en écho à la tragédie mondiale, folie, mensonges, mort, l'enfant s'engage comme à l'époque les grands s'engageaient à la guerre. Victoire. Marthe cède, un enfant, le sien, arrive. Défaite, Marthe meurt. La guerre est finie. Son mari revient. Tout a eu lieu comme prévu et il n'y a même pas eu de scandale. L'initiation est faite. François peut devenir adulte. Rien là de bien bouleversant. Les sentiments sont exacerbés mais on a une impression de distance, comme si ce roman sonnait le glas d'une vision dépassée de la passion amoureuse et de son écriture.
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    • Livres 4.00/5
    Par monito, le 02 juin 2011

    monito
    Beaucoup l'ont déjà lu, nombreux sont également ceux à l'avoir vu, ce diable au corps que je ne connaissais que de nom. Il aura fallu que Philippe Besson fasse de Raymond Radiguet un des héros de son Retour parmi les hommes pour que je le lise.
    Et je ne suis pas déçu ; la langue de Radiguet d'abord est un vrai bonheur pour l'amateur de langue classique que je suis. La force destructrice de l'amour, cet égoïsme à deux, qu'il décrit si bien est comme ressentie à la lecture. Ces phases d'attraction-répulsion, ce manque maladif de l'autre, l'interprétation excessive, dans le bonheur comme dans le malheur, de tous les signes donnés ou reçus sont autant de miroirs.
    Ce n'est qu'une histoire d'amour finalement entre un jeune homme de 16 ans et une jeune femme de 19 ans… qui a juste le « défaut » d'être déjà une épouse, mariée à un soldat qui se bat sur un des fronts de la grande guerre.
    C'est là tout le scandale… juste après guerre, ce Radiguet qui n'a pas encore 20 ans, écrit cet amour dont on peut comprendre qu'il put choquer. Cet aspect scandaleux a pu être accentué par la simple adhésion à cette belle histoire, cette passion mortifère, adhésion à laquelle on ne résiste pas, tant l'emballement vous emporte pendant deux cents pages qui se lisent d'une traite et fait vibrer en chacun de nous ce cœur parfois endormi, mais qui n'est toujours au final, qu'une braise qui attend un souffle nouveau pour déployer la flamme.
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    • Livres 2.00/5
    Par lilimarylene, le 14 juin 2010

    lilimarylene
    Encore une fois, j'ai été attirée par ce livre via l'esthétique de sa couverture et de sa mise en page, un peu rétro, et qui rappelle le design des jeux de cartes. le nom de la collection, aussi, "Vient (presque) de paraître", m'a paru un concept intéressant. C'est d'ailleurs ce nom de collection qui m'a mis la puce à l'oreille : j'ai ainsi compris que j'avais entre les mains un classique de la littérature française, et non une parution récente et contemporaine. Il s'agit donc d'un roman qui se passe pendant la Première guerre mondiale, quoique le lecteur ne s'en rende pas bien compte (le roman a d'ailleurs été un peu boudé à l'époque, parce que taxé d'antimilitarisme). le jeune héros m'est apparu comme très antipathique, car égocentrique, volage et calculateur. Cependant, c'est cela qui donne du cachet au roman, je crois, plus que la scandaleuse relation d'adultère. Marthe est ainsi un peu une victime, le narrateur, son bourreau, et c'est tout naturellement qu'on sent le récit tendre vers le drame. Cela dit, les grands élans passionnés et narcissiques du narrateur m'ont parfois agacée, et c'est sans grand enthousiasme que j'ai refermé le livre.
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    • Livres 5.00/5
    Par zohar, le 07 mars 2011

    zohar
    Poète fantaisiste, adolescent bohème, et de surcroît, protégé par Cocteau, Raymond Radiguet nous dévoile dans ce roman un visage particulièrement grave !
    « Le Diable au corps » se présente comme un roman d'amour et de l'adultère : tandis que Jacques risque sa vie au front (durant la Première Guerre mondiale), Marthe, la fiancée de celui-ci, le trompe avec un jeune adolescent, François (le narrateur).
    Roman d'amour et de l'adultère, c'est aussi un roman d'analyse.
    La liaison sensuelle de Marthe et de François est née des circonstances de la guerre, et a été favorisée aussi par la famille de Marthe (d'après le récit rétrospectif du roman).
    Mais cette relation (tous les deux sont ivres d'amour fou, malgré tout et contre tous) ne pouvait qu'être vouée à l'échec et présager le pire !
    D'un côté Marthe aveuglée par ses sentiments, ses actes, se heurte à la réalité familiale (la peur inconsciente de la trahison à l'égard de son mari, Jacques) et sociale (la peur inconsciente du scandale, en étant la maîtresse d'un gamin).
    Et de l'autre, l'impossibilité pour un gamin d'assumer sa paternité (trop épris de liberté, celui-ci s'éclipse lorsque survient la promesse d'un enfant).
    Les amours buissonnières des deux jeunes protagonistes (un garçon de 16 ans puéril, cruel ; et, une femme de 19 ans déjà mariée) finiront par une issue tragique : Marthe meurt en laissant derrière elle un enfant (de François) qui sera, par ailleurs « la seule raison de vivre » de Jacques (une fois la guerre terminée, il n'a jamais su l'infidélité de sa femme).
    Sous les masques du cynisme et derrière un ton analytique, Raymond Radiguet a su décrire parfaitement dans son livre les malentendus de l'amour ! Et derrière eux, se profile, toujours, l'impossibilité de se connaître ou de vivre tout simplement !
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Citations et extraits

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  • Par vassilisa, le 04 décembre 2008

    Ses deux mains s'accrochaient à mon cou ; elles ne se seraient pas accrochées plus furieusement dans un naufrage. Et je ne comprenais pas si elle voulait que je la sauve, ou bien que je me noie avec elle.
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  • Par brigetoun, le 06 mars 2011

    C’est l’objet que nous avons constamment sous les yeux que nous reconnaissons avec le plus de difficulté, si on le change un peu de place. Dans le neveu du petit Grangier, je ne reconnus pas tout de suite l’enfant de Marthe – mon enfant.
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  • Par ArnaudP, le 10 octobre 2010

    " Il faut que tu t'en ailles, ne plus jamais revenir. " Mes larmes de rages se mêlaient à mes larmes de peine. Ainsi la fureur du loup pris lui fait autant mal que le piège. Si j'avais parlé, ç'aurait été pour injurier Marthe.
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  • Par quenlore, le 30 octobre 2011

    Le bonheur est égoïste.
    On ne peut à la fois choisir le lit et coucher dedans.
    La fureur du loup pris lui fait autant de mal que le piège.
    Celui qui aime agace toujours celui qui n’aime pas.
    Nous croyons être les premiers à ressentir certains troubles, ne sachant pas que l’amour est comme la poésie, et que tous les amants, même les plus médiocres, s’imaginent qu’ils innovent.
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  • Par vassilisa, le 04 décembre 2008

    Sans doute, sommes-nous tous des Narcisse, aimant et détestant leur image, mais à qui toute autre est indifférente.(...)
    L'instinct de ressemblance est la seule ligne de conduite qui ne soit pas artificielle.
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Une minute avant le film "Le Diable au corps" (Diavolo in corpo) 1986 de Marco Bellocchio








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