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> Jean Renaud (Traducteur)

ISBN : 235315039X
Éditeur : Balland (2009)


Note moyenne : 3.88/5 (sur 483 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Après la mort de leur mère, trois frères que tout sépare se retrouvent dans la ferme familiale. Tor, l'aîné, se consacre à l'élevage de porcs, Margido dirige une entreprise de pompes funèbres et Erlend est décorateur de vitrines à Copenhague. Les retrouvailles s'annonce... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 02 octobre 2013

    lehane-fan
    Norvège , quelques jours avant le grand déballage de fin d'année , petit papa Noël décide d'offrir un cadeau original à la famille Neshov . En effet , Anna , mère à la poigne de fer et au verbe haut , se meurt . La fratrie , morcelée depuis bien longtemps , se voit désormais dans l'obligation de faire face à l'inéluctable , ensemble , en remisant au placard les vieilles rancoeurs personnelles . Les retrouvailles s'annoncent à l'aune du temps qui sévit sur la vieille ferme familiale aussi chancelante que le sont les rapports unissant ces trois frangins disparates...
    C'est Scandinave et pourtant pas l'ombre d'un meurtre . Tout se perd...
    Non , le canevas est sans doute beaucoup plus pernicieux puisqu'il évoque l'éclatement d'une famille en plein vol , les traumas persistants d'une enfance passée sous le joug d'une génitrice despotique .
    Trois frères .
    Trois entités totalement distinctes qui n'ont en commun que leurs origines .
    Trois caractères , aux horizons divers , forgés à l'ombre d'une figure tutélaire aussi dure que le bois des forêts environnantes .
    Le maître mot de ce premier opus , patience .
    Une histoire qui ne se livre pas immédiatement mais s'appréhende au gré des quatre protagonistes que l'auteure dépeint fort justement sur deux bonnes centaines de pages .
    Radge pose des bases d'une rare solidité .
    De Magido , oeuvrant dans les pompes funèbres , à Erlend , homosexuel comblé et avec Krumme son compagnon et dans son boulot de décorateur de vitrine ; de Tor , fils aimant tentant tant bien que mal de tenir la ferme , à Torunn , sa fille exilée depuis bien longtemps avec qui il entretient de bien piètres rapports , quatre personnages forts , complexes , finalement très attachants malgré leurs dissemblances .
    Un récit de prime abord aussi haletant qu'un 100 m entre Derrick et Navarro et pourtant , quel plaisir d'évoluer au sein de cet environnement rarement d'une gaieté folle , souvent conflictuel mais finalement empreint d'une étonnante douceur narrative , la palme en revenant à Erlend l'excentrique et la sage Torunn , sa nièce nouvellement intégrée qui cravache dur pour recomposer une famille qui n'en a plus que les apparences .
    Un premier tome ultra convaincant avec un twist final vraiment bien amené qui finit , si besoin était , de persuader le lecteur de poursuivre plus avant la découverte des Neshov et de leurs aventures terriennes...
    La terre des mensonges : ugs due fleu de moete ! *
    * Fallait prendre Norvégien deuxième langue ;)
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    • Livres 5.00/5
    Par mariech, le 07 novembre 2012

    mariech
    Lorsque Anna sa mère ne se lève pas , Tor son fils préféré qui a passé toute sa vie avec elle dans leur vieille ferme , Tor donc croit que sa mère est fatiguée , il n'imagine pas un instant qu'elle peut-être gravement malade .
    Il faut dire qu'Anna a travaillé toute sa vie et continue à travailler malgré ses quatre-vingt ans .
    Tor est perdu , ce jour là , son petit déjeuner n'est pas prêt et il est désemparé . Dès les premières pages , on se rend compte qu'il y a quelque chose qui ne passe pas normalement dans les relations avec le père .
    Je me suis particulièrement attachée au personnage de Tor qui pour moi est le plus à plaindre , il y a des passages d'une grande tristesse et en même temps plein de tendresse , j'ai été émue lorsque Tor se réfugie auprès de ses cochons , lorsqu'il achète un petit cohon en pâte d'amandes à son cochon préféré ( enfin à sa truie préférée ) . Les confidences de Tor sur sa paternité sont poignantes .
    Tor qui va prévenir Torunn , sa fille qu'il n'a pas élévée , que sa grand-mère ne va pas bien.J'ai adoré aussi l'anecdote d' Erlend qui fait tomber sa licorne , c'est ce genre d'anecdote qui nous fait pénétrer dans la vie des personnages bien après avoir refermé le livre .
    L'auteur explore la filiation : Tor et sa fille Torunn , qui a le même prénom que lui , elle ne lui ressemble pas du tout physiquement , il ne l'a pas élevée , pourtant les liens du sang sont bien là , l'amour des animaux s'est transmis .
    Mais aussi la filiation d' Anna la mère intransigeante et de ses trois fils . Il y a aussi le regard que l'on porte sur l'homosexualité dans ce monde très fermé de la campagne profonde et celui qui existe dans une grande ville .
    On comprend mieux à la fin du roman , les différents parcours de vie , j'ai hâte de lire les deux autres tomes , j'espère qu'on y explique un peu la psychologie de la mère , peut-on pardonner ou au moins comprendre son attitude .
    C'est un roman que j'ai dévoré , pour moi c'est un des meilleurs romans nordiques que j'ai lu , bien mieux que ' le mec de la tombe d'à côté ' , je préfére celui-ci avec son analyse psychologique tout en finesse , et moins dur que Purge .
    Un coup de coeur donc , une seule envie lire la suite et je croise les doigts pour ne pas être décue .
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    • Livres 5.00/5
    Par pyrouette, le 27 juin 2013

    pyrouette
    Pour vous parler de ce roman et ce, malgré les températures clémentes de ma région et l'été qui débute enfin, j'ai enfilé le polaire, vous savez, ce genre de pull informe qui tient bien chaud…. J'aurais pu aussi enrouler l'écharpe autour de mon cou, enfoncer le bonnet péruvien sur ma pauvre tête, et essayer d'atteindre les touches du clavier avec les moufles, car, toujours aussi traumatisée par mon dernier séjour dans une région aussi froide qu'hostile, il suffit d'une photo, d'une phrase, d'une parole sur la neige, la montagne ou la campagne pour que mon sang se glace aussitôt. J'ai lu cette histoire passionnante qui me sert de thérapie (le mal pour combattre le mal) au fond de ma couette uniquement. Ah vous voulez savoir de quoi ça parle ? D'une ferme en Norvège où je suis rentrée en compagnie de Tor qui vit avec ses parents. Il s'occupe d'un élevage de porc et ce matin-là il est inquiet car sa mère ne s'est pas levée. Pour vous donner l'eau à la bouche parce que je partage…. Il va laisser sa mère plusieurs jours dans son lit et dans ses excréments avant d'appeler les secours. le père qui a perdu une partie de son dentier dans la grange, sale comme un pou, est relégué dans une pièce de la ferme, mis en quarantaine par sa femme et son fils. Bref bienvenue dans le monde primaire, crasseux et restrictif de Tor qui s'effondre à la mort de la mère. Je ne vous raconte pas la suite captivante, entre les mensonges, les secrets et la vie des uns et des autres. Et dire qu'il y a deux tomes après celui-ci. Ma famille risque de trouver bizarre de me voir couverte comme en plein hiver mais c'est le prix à payer pour connaître l'épilogue de cette histoire. L'auteur est spécialiste des petits détails du quotidien qui vous font rentrer directement et sans détour dans son univers.

    Lien : http://pyrouette.canalblog.com/archives/2013/06/27/27518828.html#com..
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    • Livres 4.00/5
    Par latina, le 10 mars 2013

    latina
    Une terre lointaine, là-bas en Norvège, un fjord, une famille pour le moins éclatée autour d'une morte. Et voilà, le décor est planté. L'histoire aussi, d'ailleurs.
    C'est que la morte, Anna, a eu énormément d'influence sur cette famille, a provoqué des bouleversements majeurs par son caractère qu'on devine opiniâtre, avare, intolérant. Et pourtant, des gens l'ont aimée, à commencer par son fils ainé, qui s'occupe de la ferme càd de l'élevage des cochons, et qui est resté près d'elle, malgré qu'il soit père. Ses 2 autres fils, par contre, se sont éloignés depuis des années. Et son mari...mais non, je ne parle pas de son mari. de la petite-fille, par contre, je peux parler, car c'est la nouvelle venue, l'inconnue. C'est elle qui va faire le pas pour aller à la rencontre de sa « famille ». Je l'admire, cette femme d'une quarantaine d'années, car elle prend les choses en main, elle agit. Et ça, j'aime !
    Anne Ragde m'a introduite dans cette famille de manière feutrée, à coups de descriptions, de gestes, de quelques larmes quand même, de paroles pudiques et soudain violentes. Jamais elle ne livre les gens d'un coup, jamais elle n'explique avec de grandes phrases « psychologiques » et spectaculaires. Non, elle les livre en catimini, pourrait-on dire. Je me suis habituée à leur quotidien (oui oui, j'ai même aimé les petits cochons si bien couvés par le fils ainé !), leur profession (ah là là, le métier du second fils ! J'ai été submergée par une émotion dévastatrice !), leurs habitudes que l'auteur « donne à voir ». Je me suis même attachée à certains, comme au fils cadet, si sincère et si mélodramatique, si « drama queen » par moments... C'est marrant et touchant à la fois. Et puis la réunion de famille a lieu et là, tout bascule, mais par degrés...jusqu'à la scène finale, où LE secret éclate.
    « La terre des mensonges » est le premier tome d'une saga. Je suis partante pour vivre encore un bout de vie avec ses membres !
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    • Livres 4.00/5
    Par viou1108, le 29 mai 2013

    viou1108
    Première partie de la trilogie des Neshov, la mise en place prend son temps et on pourrait craindre l'ennui, mais il n'en est rien, en tout cas pas pour moi. Mais si vous préférez les livres à rebondissements multiples et incessants, sachez cependant que tout le roman se déroule au rythme des saisons qui passent, et qu'il ne sert à rien d'être pressé : les heures et les jours passent lentement, mais sûrement.
    L'histoire est simple: en Norvège, la vieille Anna, matriarche du clan Neshov, est à l'agonie dans sa ferme. Mais n'allons point trop vite, et laissons l'auteur nous présenter successivement les trois fils d'Anna: Margido, croque-mort, Erlend, décorateur homo exilé à Copenhague, en couple depuis des années avec Krumme, et Tor, qui n'a jamais quitté la ferme, où il prend soin de ses porcs comme une mère-poule. Il y a aussi Torunn, la fille de Tor, qui connaît à peine son père, qui n'a jamais rencontré sa grand-mère mais qui pourtant fera le déplacement pour les funérailles. Enfin, il y a le vieux père, considéré comme sénile et encombrant, mais qui pourtant, à la fin du récit, se révélera central et dissipera le voile de mensonges qui enveloppe la famille depuis tant d'années. Entretemps, on assiste aux retrouvailles (n'imaginez pas les grandes embrassades et les tapes cordiales dans le dos avec les inévitables « tu te souviens… ») entre frères, et à l'irruption d'un vent de fraîcheur avec Torunn.
    Les personnages, leur psychologie, leur métier et leur cadre de vie respectifs sont longuement décrits, avec précision et une foule de détails telles qu'on s'y croit vraiment. Les scènes sont parfois glauques (Margido), cocasses (Erlend), écœurantes (Tor dans la promiscuité de la ferme). Loin d'être ennuyeux, tout cela contribue à rendre l'ambiance oppressante, à illustrer la tension dans les relations entre frères, faites de non-dits et de rancœurs. Torunn est le seul rayon de soleil dans cette histoire pas franchement gaie, mais la plupart des personnages finissent par devenir attachants.
    Très bon livre, facile à lire (à condition d'être patient), prenant et émouvant, au dénouement inattendu.
    Je vous laisse, "La ferme des Neshov" m'attend...
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Critiques presse (2)


  • Lexpress , le 13 août 2012
    Cette saga raconte la plus simple des histoires : la vie de trois frères nés dans une ferme perdue aux confins de la Norvège. Peu de chose, mais une oeuvre d'une telle intensité qu'Anne B. Ragde parvient à s'imposer comme une digne héritière de son compatriote Knut Hamsun.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lexpress , le 09 juillet 2011
    Un roman taillé dans la glace, qui analyse magistralement la complexité des relations familiales.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par latina, le 09 mars 2013

    Si seulement le grand-père avait été là maintenant, avec sa voix claire, chacun de ses gestes affichant la détermination, il aurait su les tranquilliser.
    Il gardait un souvenir extrêmement vivace de son grand-père. Non seulement de l'homme lui-même, mais aussi de l'ambiance qu'il créait autour de lui, la témérité, l'optimisme, la foi en l'avenir, pourvu qu'on en veuille, de tout son coeur.
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  • Par ancoline, le 27 janvier 2012

    Il ne remarqua pas immédiatement qu'il avait commencé à pleurer. Aujourd'hui elle repartait. Chez elle. Elle avait dit qu'il avait de la chance d'avoir de si beaux porcs, elle s'en était rendu compte, les avait vus, compris une parcelle de sa vie, et puis elle repartait. Elle lui avait offert un cadeau aussi. il ne se rappelait pas quand il avait reçu un cadeau pour la dernière fois. Sans compter qu'Arne était venu lui livrer les sacs d'aliments, bien sûr. Gratuitement. Cela n'était jamais arrivé avant, d'habitude il lui fallait une demi-journée pour aller les chercher avec le tracteur et les stocker, tout seul. Et là, non seulement Arne était venu, mais il l'avait aidé à les rentrer. Vraiment ...il ne l'oublierait jamais.
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  • Par canel, le 06 août 2012

    Tous les hommes débarquent chez le bijoutier au dernier moment [avant Noël] pour acheter un cadeau à leurs femmes. Des hommes qui ont mauvaise conscience avec toutes leurs heures supplémentaires et leurs innombrables passades de l'année, qui brandissent leur carte bancaire et la passent dans le lecteur pour des sommes astronomiques, au point que peu s'en faut qu'elle ne se recroqueville sous la chaleur de la friction. Et pas seulement à leurs femmes, mais aussi à leurs maîtresses, surtout à leurs maîtresses ! (p. 52)
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  • Par Jumax, le 02 juillet 2013

    " La firme Norsvin lui avait offert une planche à découper avec un cochon pyrogravé dessus. La mère s'en était déjà servie et y avait fait des entailles et des rayures, c'était du mauvais bois tendre, du pin, et ça ne valait rien pour couper avec un couteau, un simple objet de décoration. Mais qui donc s'amusait à décorer son intérieur avec des planches à découper ? "

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  • Par verobleue, le 08 novembre 2011

    Or la neige de Noël, il ne s’en passerait jamais. C’était l’ingrédient optimal, qui pouvait tout recouvrir et cacher à la vue, et rendre même le manque d’ambiance de Noël sans importance. C’était en soi quelque chose de symbolique et de vrai, bien que ce ne soit rien d’autre que de l’eau gelée, comme disait Krumme. Gelée en forme d’étoiles, rectifiait toujours Erlend. Ce n’était pas par hasard que l’eau se transformait en étoiles de glace symétriques, c’était la nature qui voulait réjouir les hommes. Et l’eau elle-même voulait être plus belle qu’une simple boule et prenait une forme de goutte.
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