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Jean Renaud (Traducteur)
ISBN : 235315039X
Éditeur : Balland (2009)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 664 notes)
Résumé :
Après la mort de leur mère, trois frères que tout sépare se retrouvent dans la ferme familiale.
Tor, l'aîné, se consacre à l'élevage de porcs, Margido dirige une entreprise de pompes funèbres et Erlend est décorateur de vitrines à Copenhague.
Les retrouvailles s'annoncent mouvementées: la tension atteint son paroxysme lorsque la question de l'héritage amène le père de famille à révéler un terrible secret.
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Critiques, Analyses & Avis (100) Voir plus Ajouter une critique
lehane-fan
lehane-fan02 octobre 2013
  • Livres 4.00/5
Norvège , quelques jours avant le grand déballage de fin d'année , petit papa Noël décide d'offrir un cadeau original à la famille Neshov . En effet , Anna , mère à la poigne de fer et au verbe haut , se meurt . La fratrie , morcelée depuis bien longtemps , se voit désormais dans l'obligation de faire face à l'inéluctable , ensemble , en remisant au placard les vieilles rancoeurs personnelles . Les retrouvailles s'annoncent à l'aune du temps qui sévit sur la vieille ferme familiale aussi chancelante que le sont les rapports unissant ces trois frangins disparates...
C'est Scandinave et pourtant pas l'ombre d'un meurtre . Tout se perd...
Non , le canevas est sans doute beaucoup plus pernicieux puisqu'il évoque l'éclatement d'une famille en plein vol , les traumas persistants d'une enfance passée sous le joug d'une génitrice despotique .
Trois frères .
Trois entités totalement distinctes qui n'ont en commun que leurs origines .
Trois caractères , aux horizons divers , forgés à l'ombre d'une figure tutélaire aussi dure que le bois des forêts environnantes .
Le maître mot de ce premier opus , patience .
Une histoire qui ne se livre pas immédiatement mais s'appréhende au gré des quatre protagonistes que l'auteure dépeint fort justement sur deux bonnes centaines de pages .
Radge pose des bases d'une rare solidité .
De Magido , oeuvrant dans les pompes funèbres , à Erlend , homosexuel comblé et avec Krumme son compagnon et dans son boulot de décorateur de vitrine ; de Tor , fils aimant tentant tant bien que mal de tenir la ferme , à Torunn , sa fille exilée depuis bien longtemps avec qui il entretient de bien piètres rapports , quatre personnages forts , complexes , finalement très attachants malgré leurs dissemblances .
Un récit de prime abord aussi haletant qu'un 100 m entre Derrick et Navarro et pourtant , quel plaisir d'évoluer au sein de cet environnement rarement d'une gaieté folle , souvent conflictuel mais finalement empreint d'une étonnante douceur narrative , la palme en revenant à Erlend l'excentrique et la sage Torunn , sa nièce nouvellement intégrée qui cravache dur pour recomposer une famille qui n'en a plus que les apparences .
Un premier tome ultra convaincant avec un twist final vraiment bien amené qui finit , si besoin était , de persuader le lecteur de poursuivre plus avant la découverte des Neshov et de leurs aventures terriennes...
La Terre des Mensonges : ugs due fleu de moete ! *
* Fallait prendre Norvégien deuxième langue ;)
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mariech
mariech07 novembre 2012
  • Livres 5.00/5
Lorsque Anna sa mère ne se lève pas , Tor son fils préféré qui a passé toute sa vie avec elle dans leur vieille ferme , Tor donc croit que sa mère est fatiguée , il n'imagine pas un instant qu'elle peut-être gravement malade .
Il faut dire qu'Anna a travaillé toute sa vie et continue à travailler malgré ses quatre-vingt ans .
Tor est perdu , ce jour là , son petit déjeuner n'est pas prêt et il est désemparé . Dès les premières pages , on se rend compte qu'il y a quelque chose qui ne passe pas normalement dans les relations avec le père .
Je me suis particulièrement attachée au personnage de Tor qui pour moi est le plus à plaindre , il y a des passages d'une grande tristesse et en même temps plein de tendresse , j'ai été émue lorsque Tor se réfugie auprès de ses cochons , lorsqu'il achète un petit cohon en pâte d'amandes à son cochon préféré ( enfin à sa truie préférée ) . Les confidences de Tor sur sa paternité sont poignantes .
Tor qui va prévenir Torunn , sa fille qu'il n'a pas élévée , que sa grand-mère ne va pas bien.J'ai adoré aussi l'anecdote d' Erlend qui fait tomber sa licorne , c'est ce genre d'anecdote qui nous fait pénétrer dans la vie des personnages bien après avoir refermé le livre .
L'auteur explore la filiation : Tor et sa fille Torunn , qui a le même prénom que lui , elle ne lui ressemble pas du tout physiquement , il ne l'a pas élevée , pourtant les liens du sang sont bien là , l'amour des animaux s'est transmis .
Mais aussi la filiation d' Anna la mère intransigeante et de ses trois fils . Il y a aussi le regard que l'on porte sur l'homosexualité dans ce monde très fermé de la campagne profonde et celui qui existe dans une grande ville .
On comprend mieux à la fin du roman , les différents parcours de vie , j'ai hâte de lire les deux autres tomes , j'espère qu'on y explique un peu la psychologie de la mère , peut-on pardonner ou au moins comprendre son attitude .
C'est un roman que j'ai dévoré , pour moi c'est un des meilleurs romans nordiques que j'ai lu , bien mieux que ' le mec de la tombe d'à côté ' , je préfére celui-ci avec son analyse psychologique tout en finesse , et moins dur que Purge .
Un coup de coeur donc , une seule envie lire la suite et je croise les doigts pour ne pas être décue .
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Zebra
Zebra18 juin 2015
  • Livres 5.00/5
Édité en 2012 dans la collection 10/18, « Berlinerpoplene », c'est à dire « Peupliers de Berlin » mais traduit par « La terre des mensonges », est le premier ouvrage de la « Trilogie des Neshov », série écrite par Anne Birkefeldt, célèbre auteur norvégienne auréolée dans son pays de nombreux prix littéraires. Assez dense (351 pages), « La terre des mensonges » est un roman où se confrontent les générations Neshov, à savoir les parents, les trois fils et une petite-fille. Pas très original ? Attendez ! On ne vous a pas tout dit …
Primo, même si l'action se situe quelques jours avant la trêve des confiseurs, la famille Neshov (page 202), « ça n'était pas une famille dans laquelle on s'offrait des cadeaux de Noël, et Neshov n'était pas un endroit où rester » (la ferme des Neshov est située en pleine campagne, dans un coin paumé, en bord de fjord).
Deuzio, les Neshov sont des gens pour le moins très typés : Anna, la mère, 80 ans, tyrannique et travailleuse acharnée, vient de subir un AVC et a été hospitalisée au CHU de Trondheim ; son mari, qui reste figé au domicile depuis qu'il est au chômage, attend son retour (il vit à ses crochets depuis qu'il est à la retraite) ; ils ont trois fils (Margido, directeur d'une entreprise de pompes funèbres et n'ayant pas rendu visite à ses parents depuis 7 ans, Tor, gentil, le coeur sur la main, éleveur de porcs dans la ferme d'Anna, et Erlend, gay, vivant en ménage au Danemark avec un certain Krumme, rédacteur en chef d'une revue à forts tirages) et une petite-fille (Torunn, fils de Tor, divorcée depuis 6 mois et sans enfant). Tous devraient s'organiser pour aller au chevet d'Anna et espérer qu'elle revienne au foyer au plus vite et en bonne santé. Sauf que … Margido, l'ainé des enfants, célibataire, chrétien et très réservé, voit tout en noir et craint le décès de sa mère ; Tor, célibataire et centré affectivement sur ses cochons, « un mendiant qui puait l'ancien temps oublié », n'aime pas son père et aime assez peu à sa mère, la propriétaire de la ferme ; Erlend, qui a été rejeté par sa famille pour son homosexualité, n'aime pas sa mère (il lui souhaite le bonjour à sa façon : « Salut ! Trou du cul ! »), et on lui a toujours caché l'existence de sa nièce, Torunn ; Erlend, qui adorait son grand-père (le père d'Anna), mort accidentellement en péchant le saumon au filet, est content de faire la connaissance de Torunn. le courant passe bien entre eux deux (il est comme un frère qu'elle n'a jamais eu), comme il passe bien entre elle et Tor.
Troizio, si Anna meurt, Margido, l'ainé, hérite de la ferme ; mais Margido -qui n'est pas paysan- n'a que faire de cette ferme ; Tor, qui serait intéressé par cette ferme (« il a sué sang et eau dans cette ferme qu'il a exploitée toute sa vie »), est trop pauvre pour s'endetter et pour lui racheter sa part ; Erlend a de l'argent, mais il préfère Copenhague. Dans ce microcosme, les tensions deviennent vite palpables autour d'un héritage qui semble inéluctable. Quand Anna décède, Erlend et Torunn nettoient tout de fond en comble, mettent partout des nappes, des coussins et des couvertures, proposent un repas en commun, préparent quelques plats savoureux en cuisine et allument la radio, le tout pour fêter dignement Noël ; en parallèle, Tor se réfugie dans son étable avec ses cochons et Margido joue aux abonnés absents. Torunn a pitié de son père, dépressif, aussi l'aide-t-elle dans son travail. Quand Krumme débarque à l'improviste l'avant-veille de Noël chez les Neshov, Erlend, qui a rasé son père de frais, se laisse aller à prodiguer quelques caresses à son ami puis il annonce à tous que Tor devrait être déclaré héritier de la ferme : c'est l'explosion ! Et, mais je ne voudrai pas spoiler, il va y avoir (page 336) un sacré coup de théâtre.
« La terre des mensonges » est une pépite par la finesse du huit-clos psychologique, par la diversité des tempéraments et des histoires personnelles mises en oeuvre ou suggérées, par l'évocation -tout en pudeur- des ravages de l'homophobie, par la justesse des questions soulevées par la proximité du décès d'Anna (peut-on fêter Noël juste après le décès de quelqu'un ? Que faire d'un héritage auquel on est assez peu préparé ? Comment prendre de bonnes décisions dans la précipitation?) et par la mise en évidence de l'importance du regard de l'autre dans le fonctionnement de tout un chacun (Erlend, par exemple, se demande si Krumme ne va pas le considérer comme un paysan, morceau d'histoire qu'il lui a toujours cachée). le lecteur a entre les mains le récit d'une confrontation familiale explosive où éclateront les drames secrets dont sont tissées les vies des Neshov. Un livre à dévorer. Je mets cinq étoiles.

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pyrouette
pyrouette27 juin 2013
  • Livres 5.00/5
Pour vous parler de ce roman et ce, malgré les températures clémentes de ma région et l'été qui débute enfin, j'ai enfilé le polaire, vous savez, ce genre de pull informe qui tient bien chaud…. J'aurais pu aussi enrouler l'écharpe autour de mon cou, enfoncer le bonnet péruvien sur ma pauvre tête, et essayer d'atteindre les touches du clavier avec les moufles, car, toujours aussi traumatisée par mon dernier séjour dans une région aussi froide qu'hostile, il suffit d'une photo, d'une phrase, d'une parole sur la neige, la montagne ou la campagne pour que mon sang se glace aussitôt. J'ai lu cette histoire passionnante qui me sert de thérapie (le mal pour combattre le mal) au fond de ma couette uniquement. Ah vous voulez savoir de quoi ça parle ? D'une ferme en Norvège où je suis rentrée en compagnie de Tor qui vit avec ses parents. Il s'occupe d'un élevage de porc et ce matin-là il est inquiet car sa mère ne s'est pas levée. Pour vous donner l'eau à la bouche parce que je partage…. Il va laisser sa mère plusieurs jours dans son lit et dans ses excréments avant d'appeler les secours. le père qui a perdu une partie de son dentier dans la grange, sale comme un pou, est relégué dans une pièce de la ferme, mis en quarantaine par sa femme et son fils. Bref bienvenue dans le monde primaire, crasseux et restrictif de Tor qui s'effondre à la mort de la mère. Je ne vous raconte pas la suite captivante, entre les mensonges, les secrets et la vie des uns et des autres. Et dire qu'il y a deux tomes après celui-ci. Ma famille risque de trouver bizarre de me voir couverte comme en plein hiver mais c'est le prix à payer pour connaître l'épilogue de cette histoire. L'auteur est spécialiste des petits détails du quotidien qui vous font rentrer directement et sans détour dans son univers.
Lien : http://pyrouette.canalblog.com/archives/2013/06/..
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latina
latina10 mars 2013
  • Livres 4.00/5
Une terre lointaine, là-bas en Norvège, un fjord, une famille pour le moins éclatée autour d'une morte. Et voilà, le décor est planté. L'histoire aussi, d'ailleurs.
C'est que la morte, Anna, a eu énormément d'influence sur cette famille, a provoqué des bouleversements majeurs par son caractère qu'on devine opiniâtre, avare, intolérant. Et pourtant, des gens l'ont aimée, à commencer par son fils ainé, qui s'occupe de la ferme càd de l'élevage des cochons, et qui est resté près d'elle, malgré qu'il soit père. Ses 2 autres fils, par contre, se sont éloignés depuis des années. Et son mari...mais non, je ne parle pas de son mari. de la petite-fille, par contre, je peux parler, car c'est la nouvelle venue, l'inconnue. C'est elle qui va faire le pas pour aller à la rencontre de sa « famille ». Je l'admire, cette femme d'une quarantaine d'années, car elle prend les choses en main, elle agit. Et ça, j'aime !
Anne Ragde m'a introduite dans cette famille de manière feutrée, à coups de descriptions, de gestes, de quelques larmes quand même, de paroles pudiques et soudain violentes. Jamais elle ne livre les gens d'un coup, jamais elle n'explique avec de grandes phrases « psychologiques » et spectaculaires. Non, elle les livre en catimini, pourrait-on dire. Je me suis habituée à leur quotidien (oui oui, j'ai même aimé les petits cochons si bien couvés par le fils ainé !), leur profession (ah là là, le métier du second fils ! J'ai été submergée par une émotion dévastatrice !), leurs habitudes que l'auteur « donne à voir ». Je me suis même attachée à certains, comme au fils cadet, si sincère et si mélodramatique, si « drama queen » par moments... C'est marrant et touchant à la fois. Et puis la réunion de famille a lieu et là, tout bascule, mais par degrés...jusqu'à la scène finale, où LE secret éclate.
« La terre des mensonges » est le premier tome d'une saga. Je suis partante pour vivre encore un bout de vie avec ses membres !
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Les critiques presse (2)
Lexpress13 août 2012
Cette saga raconte la plus simple des histoires : la vie de trois frères nés dans une ferme perdue aux confins de la Norvège. Peu de chose, mais une oeuvre d'une telle intensité qu'Anne B. Ragde parvient à s'imposer comme une digne héritière de son compatriote Knut Hamsun.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress09 juillet 2011
Un roman taillé dans la glace, qui analyse magistralement la complexité des relations familiales.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
ZebraZebra24 mai 2015
page 226 [...] Erlend s'assit sur la chaise libre. Dehors il neigeait, ce dont normalement il se serait réjoui. Il regarda la main de sa mère et s'aperçut soudain qu'il la reconnaissait, bien qu'elle ait vingt ans de plus. Ses ongles, la manière dont ils étaient courbés au bout, leur éclat, même s'ils paraissaient plus bleus. Mais ils brillaient toujours, quoiqu'elle n'y fasse rien, ne les nettoie ni ne les vernisse. Il glissa le bout de ses doigts sous les siens, ils étaient glacés.
- Si on lui mettait les mains sous la couette ? suggéra-t-il.
- Pas les deux en tout cas, elle est accrochée par ici.
Un tuyau transparent partait du dos de sa main et montait vers une poche suspendue à une potence.
- Perfusion, dit Margido.
- On peut lui rentrer celle-ci quand même. Elle a froid.
Son bras était un poids mort, lourd. En soulevant la couette, il regretta son initiative, il n'avait aucun droit de la prendre. Si elle se réveillait, elle serait furieuse qu'il revienne vingt ans plus tard pour la commander.
- Et toi, alors ? demanda Margido.
- Moi ? ça va très bien. Je suis décorateurs de vitrines. Maintenant je ne fais plus que les chics, je suis bien connu sur la place.
Il éprouvait un réel besoin de se vanter. Il était peut-être, en définitive, celui qui avait le mieux réussi de tous. Et Margido aurait bien pu aller le chercher à l'aéroport.
- J'habite en plein centre de Copenhague. Dans un sublime appartement mansardé, ajouta-t-il.
- Tu es toujours le même.
- Vraiment ?
- Je suppose que tu n'es pas marié, avec des enfants ?
- Je n'ai pas d'enfants, mais je suis pratiquement marié.
- Bon sang ! Je n'aurais jamais cru que ...
- Avec un homme. Rédacteur en chef d'un grand journal.
- C'est bien ce que je pensais.
- Et toi ?
- J'ai une entreprise de pompes funèbres.
- Pas marié sinon ...
- Non.
- Et Tor ?
- Il a une fille.
- Et je suis devenu oncle ! Tu te rends compte. Et toi aussi. Mais tu le sais sans doute depuis toujours. Moi je n'étais qu'un petit mioche dans ce temps-là. Tard venu. Elle habite où ?
- A Oslo.
- Elle vient souvent ici ?
- C'est la première fois, à ma connaissance.
- Oh, Seigneur ! C'est vrai ? Oups. Excuse-moi ! J'ai oublié qu'on ne doit pas prononcer le nom de Dieu ... à tort et à travers, hein ?
- Ne t'en fais fais pas. Oui, je crois que c'est la première fois qu'elle vient.
- Alors Tor n'a pas vraiment été "papa", si je puis dire.
- Pas vraiment, non. Il s'occupe de la ferme et ne fait pas grand-chose d'autre, je pense. Des cochons maintenant. Les vaches, c'est fini. Pas rentable. [...]
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latinalatina09 mars 2013
Si seulement le grand-père avait été là maintenant, avec sa voix claire, chacun de ses gestes affichant la détermination, il aurait su les tranquilliser.
Il gardait un souvenir extrêmement vivace de son grand-père. Non seulement de l'homme lui-même, mais aussi de l'ambiance qu'il créait autour de lui, la témérité, l'optimisme, la foi en l'avenir, pourvu qu'on en veuille, de tout son coeur.
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canelcanel06 août 2012
Tous les hommes débarquent chez le bijoutier au dernier moment [avant Noël] pour acheter un cadeau à leurs femmes. Des hommes qui ont mauvaise conscience avec toutes leurs heures supplémentaires et leurs innombrables passades de l'année, qui brandissent leur carte bancaire et la passent dans le lecteur pour des sommes astronomiques, au point que peu s'en faut qu'elle ne se recroqueville sous la chaleur de la friction. Et pas seulement à leurs femmes, mais aussi à leurs maîtresses, surtout à leurs maîtresses ! (p. 52)
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ancolineancoline27 janvier 2012
Il ne remarqua pas immédiatement qu'il avait commencé à pleurer. Aujourd'hui elle repartait. Chez elle. Elle avait dit qu'il avait de la chance d'avoir de si beaux porcs, elle s'en était rendu compte, les avait vus, compris une parcelle de sa vie, et puis elle repartait. Elle lui avait offert un cadeau aussi. il ne se rappelait pas quand il avait reçu un cadeau pour la dernière fois. Sans compter qu'Arne était venu lui livrer les sacs d'aliments, bien sûr. Gratuitement. Cela n'était jamais arrivé avant, d'habitude il lui fallait une demi-journée pour aller les chercher avec le tracteur et les stocker, tout seul. Et là, non seulement Arne était venu, mais il l'avait aidé à les rentrer. Vraiment ...il ne l'oublierait jamais.
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mesrivesmesrives03 décembre 2015
Il comprenait bien que les gens veuillent du lait pur, tout comme lui quand il ouvrait un pack. Mais il ne supportait pas ce travail. Il n'aimait pas laver les mamelles, n'avait jamais aimé ça. Pour lui c'était un travail de femme, même s'il avait lavé les mamelles depuis qu'il était gamin pour aider sa mère, et qu'il avait appris que le cinquième petit trayon, sans lait, que certaines vaches possédaient, s'appelait le trayon de Marie. Sa mère ne savait pas pourquoi, ne lui avait pas fourni d'explication. Il avait une camarade de classe prénommée Marie et qu'il observait souvent en cachette, comme si elle l'avait su s'il lui avait posé la question.
Mais les vaches lui laissaient aussi beaucoup de regrets. Ne serait-ce que d'aller les retrouver à l'étable, comme il venait maintenant auprès des cochons. L'odeur et le bruit des vaches. Le beuglement des jeunes boeufs, les mugissements stridents et impatients, le mufle chaud des veaux qui lui happaient les doigts, confiants et voraces. Et les yeux des plus vieilles vaches, il aimait tant la manière dont ils se posaient sur lui, grands ouverts et d'un marron brillant au-dessous de la frange. Les mâchoires étaient chaudes et rudes au toucher. Il faisait toujours une ronde et passait les voir toutes après la traite, avant de se mettre à l'ouvrage à la buanderie. Il avait le sentiment de vouloir leur rendre quelque chose, autant qu'elles-mêmes donnaient. Elles restaient debout, indolentes, puisant dans leur stupide réserve, sans qu'il croie pour autant qu'elles étaient bêtes. Il arrivait parfois qu'une vache au pâturage, l'été, veuille rejoindre l'endroit où broutaient les veaux et retrouver le sien. Elle était terrifiée à l'idée de la clôture électrique, et pourtant elle s'armait de courage et se frayait un chemin à travers la clôture, faisant céder les fils et les poteaux. Il était impressionné par le fait que la vache surmonte ainsi sa peur, que la force de ses instincts maternels lui permette de franchir tous les obstacles. Sa propre mère aurait-elle pu faire cela quand il était petit, si on lui avait enlevé son enfant? Oui, sans doute, mais elle n'en avait pas eu besoin. Et maintenant elle l'avait encore, tout le temps. Et quand il pensait à la vache...Bien sûr, beaucoup diraient que les instincts ne sont pas les sentiments, mais quand même. Il avait été curieusement ému, bien qu'il ait eu énormément de mal à ramener la vache et à réparer la clôture. Une telle témérité ciblée l'impressionnait un peu malgré lui, et c'était ce qui l'amenait à penser que les vaches n'étaient pas franchement bêtes.
Ce qu'il regrettait d'ailleurs aussi, c'était de ne plus les voir dehors à la belle saison. Leurs grands corps réguliers si paisibles. Les petits veaux aux longues pattes et à la peau rugueuse, les génisses carrées et luisantes, les mufles et les langues en action sur le coteau, les queues qui s'agitaient sans cesse pour chasser les mouches, le pas lent qui les menait plus loin vers des touffes d'herbe plus verte.
Désormais il ne pénétrait plus jamais dans une étable. Il n'allait pas dans les fermes voisines, ne connaissait personne suffisamment bien pour entrer, voir et discuter. Il aurait volontiers longé les râteliers avec des têtes de vache de chaque côté, envoyé du pied un peu de foin du silo aux bêtes, les aurait vues manger et piétiner, boire avec satisfaction et passer la langue d'un coin de la bouche à l'autre, incliner la tête vers la voisine, pour la narguer un peu ou simplement sentir sa présence. Il les aurait caressées, leur aurai parlé. Naturellement.
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Videos de Anne B. Ragde (25) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Anne B. Ragde
Va chercher bonheur plus bas :D - La vidéo en HD c'est encore mieux.
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Le book haul sur mon blog : http://bloggalleane.blogspot.fr/2016/02/book-haul-janvier-2016.html
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Récapitulatif des livres cités GF : ? Les Loriens, tome 1 : Numéro 4 de Pittacus Lore ? Expérience Nora Torson, tome 1 : N'oublie pas de Michelle Gagnon ? Forget Tomorrow, tome 1 de Pintip Dunn ? Sa majesté maman d'Anne B. Radge ? Fire Sermon, tome 1 de Francesca Haig ? Dreamology de Lucy Keating ? Nil, tome 1 de Lynne Matson ? Dear you, tome 3 d'Emily Blaine ? Tous nos jours parfaits de Jennifer Niven ? New Victoria, tome 2 : Rebellion de Lia Habel
POCHES ? Et je dans aussi d'Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat ? Les enquêtes de Setna, tome 1 : La tombe maudite de Christian Jacq ? Legend, tome 2 : Prodigy de Marie Lu ? le pensionnat de Mll Géraldine, tome 2 : Corsets & Complots ? Pour un an avec toi de Gayle Forman ? La petite boulangerie du bout du monde de Jenny Colgan ? Les fantômes de Maiden Lane, tome 8 : Garde du coeur d'Elizabeth Hoyt
Le livre VO : ? A thousand nights de E. K. Johnston
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Musique d'introduction : Réflection (Mulan)
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