Distinguée pour sa "trilogie des Neshov" déjà diffusée en plus de 15 langues, Anne B.
Ragde voit de plus en plus de ses œuvres traduites en français. C'est ainsi que je découvre "
Un jour glacé en enfer". Impossible de savoir si cette œuvre, estampillée roman érotique, précède ou suit la trilogie dans le travail d'écriture de la norvégienne. le 4è de couverture annonce un roman aussi tendu (sic!) que l'Amant de Lady Chatterley et aussi puissant que
Le boucher d'
Alina Reyes. Je réalise toute l'étendue de mes lacunes en matière de littérature érotique puisque je n'ai lu ni l'un ni l'autre. Qu'importe, j'aborde ce texte sans références, à l'image de la jeune femme de la couverture qui s'avance sur la neige sans voie tracée.
Je n'ai pas pour habitude dans mes critiques de raconter l'intrigue, il suffit de savoir que nous sommes au cœur des relations homme-femme, ce qui se joue au quotidien et le rapport de forces qui s'installe lorsque les ressentis ne trouvent pas le chemin des mots. Toute cette énergie brute prend pour cadre les montagnes norvégiennes et ses températures extrêmement basses. L'auteure prend beaucoup de temps à nous décrire la vie de ce couple qui a fait le choix de vivre loin de la civilisation, entouré d'une trentaine de chiens de traîneaux. La nature, grandiose et inhospitalière, en devient sans conteste un personnage à part entière. En bémol, j'avoue que j'ai, à plusieurs reprises, eu l'impression de lire
Nicolas Vanier version sensuelle, tant les huskys et tout ce qui les entoure tient une haute place dans ce roman.
Au final, le roman dégage une atmosphère bien particulière qui esquisse de grandes lignes tout en laissant la place à l'imaginaire (n'est-ce pas tout le pouvoir de l'érotisme?), si les chiens sont nommés, on ne connaîtra même jamais les prénoms des 2 protagonistes qui restent universellement "il" et "elle".