Par Atiq Rahimi

Note moyenne : 3.71/5 (sur 72 notes)
POL 2008
ISBN : 2846822778  
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Il est étendu là, ce mari qu'elle n'a jamais aimé, cet homme réduit à l'état végétatif à la suite d'une blessure grave. À l'extérieur, la guerre civile fait rage et perturbe même l'intimité de la maison. Dans ce pays indéfini, où les femmes n'ont pas le droit de parole, elle, l'épouse jusque-là soumise, en a assez et se vide le coeur. À ce mari qu'elle hait, elle relate ses frustrations, sa colère enfouie, se libère même de grands secrets. Elle songe à la pierre de patience (syngué sabour), à qui on peut se confier jusqu'à ce qu'elle soit saturée et éclate... Il sera donc sa syngué sabour à elle! Elle en avoue toujours plus et...

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Critiques et avis sur Syngué Sabour : La pierre de patience -...


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    • Livres 0.00/5
    Par sylvie, 2009-02-06 19:41:39

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    J'ai lu ce livre parce que beaucoup de personnes avaient envie d'en parler autour de moi...

    J'avais aussi déjà pas mal lu à son sujet, trop peut-être, alors j'ai mis un peu de temps à l'acheter et il a trainé sur ma PAL un moment...

    Que dire de plus que ce qui a déjà été dit ou écrit sur ce livre... La tâche est toujours un peu difficile dans ce cas là...

    Je confirme que c'est un livre que l'on ne lâche pas une fois qu'on l'a ouvert...

    L'écriture, très sobre, hachée, au rythme de la respiration d'un mourant, nous enferme petit à petit dans un huis clos infernal dont nous savons que l'issue sera tragique.

    Mais laquelle ?

    Un couple se retrouve réuni dans la douleur et la peur au milieu des décombres de la guerre qui continue son œuvre à l'extérieur. L'homme est sans doute mourant, et a sombré dans le coma suite à une blessure au combat. La femme est à son chevet et rythme ses journées entre soins du corps au malade et prières.

    Petit à petit la prière va se muer en parole de femme. Cette parole tentera dans un dernier élan vital de venir combler le vide sidéral de cette relation avortée qui ne s'est déclinée qu'au diapason de la violence, de l'humiliation, du silence et de l'obéissance aux lois sociales et religieuses.

    Le corps inerte de l'époux deviendra pour cette femme sa "Syngué Sabour", pierre à qui l'on confie ses peines, ses pleurs, ses heurs et ses malheurs jusqu'à ce qu'elle explose pour nous en libérer.

    La femme se livre et se délivre, s'affirme doucement et prend confiance. Elle prend conscience de la vie qui fut la sienne et de l'atroce gâchis que fut leur vie de couple... Ses paroles la libèrent et elle pense tout autant qu'elles vont le réveiller...

    J'ai cru avec elle au pouvoir des mots, à la puissance de la parole de vérité... Jusqu'à la fin, que j'ai trouvée terrible et absolument désespérée.

    L'homme qui a su faire entendre ce cri étouffé des femmes niées jusqu'au plus intime de leur être a écrit un grand livre,

    tout le monde le dit!

    des liens et une vidéo sur le blog

    Lien : http://sylvie-lectures.blogspot.com/2009/02/syngue-sabour-pierre-de-..
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    • Livres 0.00/5
    Par Lune, 2009-02-17 11:32:45

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    Tragédie? Poème dramatique? D'abord incantatoire, le récit se transforme en imprécations et se termine en un paroxysme effroyable qui glace le sang. Comme il est dit : "quelque part en Afghanistan ou ailleurs". Raconté dans un temps présent lancinant qui place cette histoire au centre de quelque part, n'importe où, chez nous, dans la contemporéanéité, ce roman lance un réquisitoire contre la violence subie par la femme en ces pays aveuglés. Dans ce temps figé, rendu par un style magnifique et sobre : les retours de la voisine à la toux rauque, du porteur d'eau et de sa sempiternelle chanson, des appels du mollah, des balles tirées, des gouttes du flacon de collyre, celles du stilligoutte, des reflets du soleil, des centaines de souffles de l'homme comateux et moribond auxquels viennent s'adjoindre ceux de sa femme et ... les nôtres, tout pourrait sembler pareil et immuable, condamné. Mais,"Elle" est là, se débattant entre prières, constats, appels à l'aide, désespoirs, destructions, culpabilités, trahisons, haines, amours et découverte de sa "pierre de patience" : "Lui" dont elle n'attend que l'éclatement pour être libérée des chaînes qui l'enveloppent depuis sa tendre enfance.



    "...Syngué sabour, pierre de patience! la pierre magique!"



    Pierre recevant tous les non-dits et censée délivrer, en se brisant, les malheureux de leurs tourments. La délivrance sera tout autre qu'on peut imaginer. La fin du livre laisse pantois et résonne en nous... Ses échos feront que nous poserons un regard différent sur ces femmes, sans pitié mal venue, sans accusation nauséabonde. C'est un livre "pulsatile", nos battements de coeur se mêlent à ceux de l'auteur et à ceux de l'héroïne dans une ode à toutes les victimes dont cette poétesse afghane pour qui ce livre fut écrit.



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    • Livres 4.00/5
    Par jd, 2009-01-21 23:54:52

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    Syngué sabour signifie en persan « pierre de patience ». Jadis existait une pierre magique à laquelle on pouvait se confier : « La pierre t'écoute, éponge tous tes mots, tes secrets, jusqu'à ce qu'un beau jour elle éclate. […] Et ce jour-là, tu es délivré de toutes tes souffrances, de toutes tes peines. »



    Syngué sabour, le goncourt 2008, c’est donc l'histoire
d’une femme qui veille son mari quasi- mourant, ou en tout cas inerte et sous perfusion, soldat d’Allah tombé sous les balles, aujourd’hui « éponge ». Nous sommes quelque part en Afghanistan, dans une ville ravagée par la guerre. La peur est partout, la violence rôde, les balles sifflent régulièrement dans la rue.

    D’abord soumise, en prière perpétuelle, elle se rebelle et se révèle peu a peu face à ce mari dont elle ne craint plus la réaction. Avec rage et passion, elle lui hurle ses souffrances de femme dans un Afghanistan absolutiste. Elle lui murmure des choses insensées, des mots qu’elle a tus depuis toujours. Il y a souvent de l’amour, parfois de la tendresse, de la haine aussi, de la colère, des espoirs enfouis… elle lui avoue l’inavouable, s’insurge, insulte ces fous de Dieu et maudit cette terreur religieuse qui l’a rendue martyre de la vie.

    Elle prie, elle crie, elle hurle. Elle se libère. Elle s’assassine.



    Les mots d'Atiq Rahimi sont simples, mais ils pèsent lourds et touchent au plus juste, en plein cœur. Ils sont la voix de milliers de femmes qui souffrent. « Cette voix qui émerge de ma gorge, c'est la voix enfouie depuis des milliers d'années. » dit-elle à son mari. Il le fait avec gravité et un certain lyrisme et une certaine audace qu’il faut souligner. C’est un magnifique poème, une œuvre puissante absolument à découvrir.



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    • Livres 4.00/5
    Par saphoo, 2009-03-08 09:48:08

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    C'est un livre quelque peu déroutant, on ressent toute la douleur à travers le récit de cette femme. j'ai noté aussi une écriture particulière mais agréable, j'ai lu ce livre avec consternation et compassion et beaucoup d'interrogation sur les conditions de la femme dans ces pays quand je pense qu'en France on fête la journée de la femme.... il y a de quoi sourire ou de pleurer ???

    Le prix qu'il a reçu justifie la qualité de ce roman plus pour l'intensité de ce témoignage que le romanesque. C'est particulier mais qui mérite d'être lu en hommage à toutes celles qui vivent l'enfer sous le joug d'un mari ou au nom d'une coutume, civilisation ou pire religion...

    Lien : http://lesmotsdepascale.canalblog.com
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    • Livres 4.00/5
    Par Mouna, 2008-12-12 09:14:19

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    Pour Atiq Rahimi, Syngue Sabour est cette pierre à la Mecque à qui l'on confie ses malheurs, et qui suffisamment chargée explose pour annoncer l'apocalypse.



    On ne pouvait choisir métaphore plus percutante pour le récit de cet auteur afghan : dans un huis-clos sur fond de guérilla, une femme oppressée par sa condition se libère. Elle se confie à son homme, un soldat du jihad plongé dans un coma profond par une balle.



    Plus qu'un roman engagé, le récit statique distille une violence qui s'en va crescendo et nous rend spectateur impuissant des aveux de cette femme, écrasée par les traditions.

    .

    Atiq Rahimi dédie son histoire à Nadia Anjuman, poétesse afganne batue à mort par son mari car elle était "trop libre".



    Pour aller plus loin, l'histoire possible en tous lieux, racontant toutes oppressions, me fait penser au Message d'André Chedid. Un Goncourt qui se mérite (for once ^^)

    Lien : http://ranatoad.blogspot.com
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Citations et extraits de Syngué Sabour : La pierre de patience -...


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  • Par sylvie, 2009-02-06 19:42:10

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    Je ne sais pas ce qui m'arrive. Mes forces défaillent de jour en jour. Comme ma foi. Tu dois me comprendre." Elle le caresse. "J'espère que tu arrives à penser, à entendre, à voir... me voir, m'entendre..." Elle s'adosse au mur, et laisse passer un long moment-peut-être une dizaine de tours de chapelet, comme si elle l'égrenait encore au rythme des souffles de l'homme-, le temps de réfléchir, de partir dans les recoins de sa vie, et puis de revenir avec des souvenirs : "Tu ne m'as jamais écoutée, tu ne m'as jamais entendue ! Nous n'avons jamais parlé de tout cela
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  • Par wictoria, 2009-01-05 14:01:10

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    Elle s'approche encore du rideau, déplace légèrement les matelas qui dissimulent la cachette. Elle regarde son homme droit dans les yeux vitreux, et dit : "J'espère quand même que tu arrives à saisir, à absorber tout ce que je te dis, ma syngué sabour." Sa tête dépasse légèrement du rideau. "Peut-être que tu te demandes d'où je peux tenir tout cela ! Oh, ma syngué sabour, j'ai tant de choses à te dire encore..."
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  • Par soazcongar, 2008-12-14 19:25:17

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    Une mouche s'invite dans l'ambiance muette de la pièce. Elle se pose sur le front de l'homme. Hésitante. Incertaine. Elle erre sur ses rides, lèche sa peau sans goût.
    Elle descend dans le coin de son oeil. Toujours hésitante. Toujours incertaine. Elle goûte le blanc de l'oeil puis se retire.Rien ne la chasse. Elle continue son chemin, se perd dans la barbe, grimpe sur le nez. S'envole. Explore le corps. Revient. Se pose de nouveau sur le visage. S'agrippe au tube enfoui dans cette bouche entrouverte. Elle le lèche, le longe jusqu'à la commissure des lèvres. Pas de bave.Pas de goût. Elle s'avance, pénètre dans la bouche. Et s'y engouffre.
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  • Par Neigeline, 2009-11-19 23:21:07

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    C'est ça que l'on appelle le mystère, ma petite. Toute fin est possible, mais savoir celle qui est bonne et juste... c'est là où réside le mystère. (...)
    Pour avoir une fin heureuse, cette histoire, ma fille, comme dans la vie, exige un sacrifice. Autrement dit, le malheur de quelqu'un. N'oublie jamais : chaque bonheur engendre deux malheurs. (...) Malheureusement ou heureusement, tout le monde ne peut pas accéder au bonheur, que ce soit dans la vie ou dans une histoire. Le bonheur des uns engendre du malheur chez les autres. C'est triste mais c'est ainsi. Dans ce conte, il te faut donc malheur ou sacrifice pour que tu parviennes à une fin heureuse. Mais ton amour de toi-même, et l'amour que tu portes à tes proches, t'empêchent d'y réfléchir. Cette histoire exige un meurtre. Le meurtre de qui ? (...)
    Alors; il n'y a aucune fin heureuse ! Il m'a dit : Si. Mais, comme je te l'ai dit, à condition de se résigner à un sacrifice et de renoncer à trois choses : l'amour de soi, la loi du père et la morale de la mère.
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