ISBN : 2846822778
Éditeur : POL (2008)


Note moyenne : 3.74/5 (sur 243 notes) Ajouter à mes livres
" Cette pierre que tu poses devant toi... devant laquelle tu te lamentes sur tous tes malheurs, toutes tes misères... à qui tu confies tout ce que tu as sur le coeur et que tu n'oses pas révéler aux autres... Tu lui parles, tu lui parles. Et la pierre t'écoute, éponge t... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 14 octobre 2011

    Malaura
    Quelque part en Afghanistan.
    Dans une chambre vide de tout ornement ou presque, un homme est allongé, inerte, moribond.
    C'est un ancien guerrier qu'une balle dans la nuque a laissé à demi-mort.
    Son épouse est auprès de lui, elle le soigne, le lave, le veille. Et surtout, elle lui parle, comme jamais elle n'a pu le faire.
    L'homme devient sa "Syngué Sabour", la pierre magique sur laquelle, selon la mythologie perse, elle peut déverser toute sa colère, ses douleurs, ses souffrances de femme humiliée, brimée par sa condition.

    Un roman qui s'apparente au théâtre, par le lieu unique où se situe l'action, par les phrases brèves, factuelles, qui ressemblent à des didascalies, par le coup de projecteur dirigé sur le personnage féminin, cette femme belle et désespérée qui fait entendre sa voix avec la force d'une tragédienne.
    Remarqué avec le très beau "Terre et cendres", qu'il a lui-même adapté au cinéma, Atiq Rahimi tient davantage du dramaturge que du romancier dans ce texte intense, dont l'économie de mots et l'écriture dépouillée, sobre, démunie de tout artifice, confère à l'œuvre une dimension universelle, intemporelle sur l'asservissement des femmes d'Orient et d'ailleurs.
    Pour la toute première fois, c'est en français que l'auteur d'origine afghane a décidé d'écrire.
    Une façon de saluer son pays d'adoption et une bonne idée puisque l'œuvre a remporté le prix Goncourt en 2008.
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    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
  • Par sylvie, le 06 février 2009

    sylvie
    J'ai lu ce livre parce que beaucoup de personnes avaient envie d'en parler autour de moi...
    J'avais aussi déjà pas mal lu à son sujet, trop peut-être, alors j'ai mis un peu de temps à l'acheter et il a trainé sur ma PAL un moment...
    Que dire de plus que ce qui a déjà été dit ou écrit sur ce livre... La tâche est toujours un peu difficile dans ce cas là...
    Je confirme que c'est un livre que l'on ne lâche pas une fois qu'on l'a ouvert...
    L'écriture, très sobre, hachée, au rythme de la respiration d'un mourant, nous enferme petit à petit dans un huis clos infernal dont nous savons que l'issue sera tragique.
    Mais laquelle ?
    Un couple se retrouve réuni dans la douleur et la peur au milieu des décombres de la guerre qui continue son œuvre à l'extérieur. L'homme est sans doute mourant, et a sombré dans le coma suite à une blessure au combat. La femme est à son chevet et rythme ses journées entre soins du corps au malade et prières.
    Petit à petit la prière va se muer en parole de femme. Cette parole tentera dans un dernier élan vital de venir combler le vide sidéral de cette relation avortée qui ne s'est déclinée qu'au diapason de la violence, de l'humiliation, du silence et de l'obéissance aux lois sociales et religieuses.
    Le corps inerte de l'époux deviendra pour cette femme sa "Syngué Sabour", pierre à qui l'on confie ses peines, ses pleurs, ses heurs et ses malheurs jusqu'à ce qu'elle explose pour nous en libérer.
    La femme se livre et se délivre, s'affirme doucement et prend confiance. Elle prend conscience de la vie qui fut la sienne et de l'atroce gâchis que fut leur vie de couple... Ses paroles la libèrent et elle pense tout autant qu'elles vont le réveiller...
    J'ai cru avec elle au pouvoir des mots, à la puissance de la parole de vérité... Jusqu'à la fin, que j'ai trouvée terrible et absolument désespérée.
    L'homme qui a su faire entendre ce cri étouffé des femmes niées jusqu'au plus intime de leur être a écrit un grand livre,
    tout le monde le dit!
    des liens et une vidéo sur le blog

    Lien : http://sylvie-lectures.blogspot.com/2009/02/syngue-sabour-pierre-de-..
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Stemilou, le 07 janvier 2010

    Stemilou
    Dans la chambre vide aux murs clairs, derrière les rideaux aux motifs d'oiseaux migrateurs, nous sommes témoins d'un étrange dialogue ou plutôt monologue entre un homme mourant et sa femme qui le veille.
    Elle cale sa respiration sur celle de l'homme blessé. Ses lèvres tremblent. Elle prie, égrène son chapelet, scande quatre-vingt-dix-neuf fois l'un des noms de Dieu, « Al-Qahhâr, Al-Qahhâr, Al-Qahhâr », souffle, recommence.
    A son chevet, tout doucement, elle fait revivre ses souvenirs et les confie à cet homme inconscient. Des souvenirs au goût amer, ses rêves avortés, son mariage forcé, sa soeur vendue à un vieillard, l'honneur de la famille fondé sur l'intransigeance, l'arbitraire, et puis ces guerres fratricides qui n'en finissent jamais...
    « Je devais me marier malgré ton absence. Lors de la cérémonie, tu étais présent par ta photo et par ce foutu kandjar que l'on a mis à mon côté, à ta place. Et j'ai dû encore t'attendre trois ans! Et pendant trois ans, je n'ai pas eu le droit de voir mes copines, ma famille… Il est déconseillé à une jeune mariée vierge de fréquenter les autres filles mariées. Foutaise! Je devais dormir avec ta mère qui veillait sur moi, ou plutôt qui veillait sur ma chasteté et tout cela paraissait si normal, si naturel à tout le monde. Même à moi. »
    « Ironie du sort, il a perdu. Et comme il n'avait plus d'argent pour honorer le pari, alors il a donné ma sœur. Ma sœur, à douze ans, a dû partir chez un homme de quarante ans ! (...) J'avais peur. Peur de devenir, moi aussi, l'enjeu d'un pari. »

    Ce n'est que quand le chapelet et le Coran auront disparu, avec la plume de paon de son père défunt qui servait de marque page, qu'elle s'enhardira en osant livrer ses pensées les plus intimes. Lentement, le rythme s'accélère, son murmure s'intensifie, se transforme en un cri qu'elle ne peut plus contenir et qui va lui faire dire des mots interdits et la pousser à se livrer à une confession sans tabous. Elle apostrophe Dieu et son enfer, insulte les hommes et leurs guerres, maudit son époux, soldat d'Allah, héros vaincu par sa fierté de mâle, son obscurantisme religieux, sa haine de l'autre. Elle prie, elle crie. Elle était silence, abnégation. Elle ­devient femme.
    « Cette voix qui émerge de ma gorge, c'est la voix enfouie depuis des milliers d'années. »

    « Et oui, ce garçon, il m'a encore fait penser à toi. Je peux confirmer une fois de plus qu'il est aussi maladroit que toi. Sauf que lui, il en est à ses débuts, et il apprend vite ! Mais toi, tu n'as jamais changé. À lui je peux lui dire quoi faire, comment faire. Si je t'avais demandé tout cela... mon Dieu ! J'aurais eu la gueule défoncée ! Pourtant, ce sont des choses évidentes... il suffit d'écouter son corps. Mais toi, tu ne l'as jamais écouté. Vous n'écoutez que votre âme. »

    « Voilà où t'a amené ton âme ! Un cadavre vivant ! … C'est ta maudite âme qui te cloue à terre ma Syngué Sabour ! et ce n'est pas ton âme à la con qui, aujourd'hui, me protège. Ce n'est pas elle qui nourrit les enfants. Tu sais comment est ton âme en ce moment ? Où elle est ? Elle est là, suspendue juste au-dessus de toi. Elle fait un signe vers la poche de perfusion. Oui, elle est là, dans ce liquide sucré-salé, et nulle part ailleurs. Elle gonfle sa poitrine : C'est mon âme qui me donne mon honneur, c'est mon honneur qui protège mon âme. Foutaise ! Tiens, voilà ton honneur baisé par un jeune de seize ans ! Voilà ton honneur qui baise ton âme ! D'un geste, elle lui prend la main, la soulève et lui dit : Maintenant, c'est ton corps qui te juge. Il juge ton âme. C'est pourquoi tu souffres dans ton corps. Parce que tu souffres dans ton âme. Cette âme suspendue qui voit tout, qui entend tout, et qui ne peut rien faire, qui ne contrôle plus ton corps. Elle lâche sa main qui retombe raide sur le matelas. Un rire étouffé la pousse vers le mur. Elle se retient. Ton honneur n'est plus qu'un morceau de viande ! Toi-même tu employais ce mot. Pour me demander de me couvrir, tu criais : Cache ta viande ! En effet, je n'étais qu'un morceau de viande dans lequel tu enfonçais ta sale bite. Rien que pour la déchirer, la faire saigner ! Essoufflée, elle se tait. »

    Utilisant alors le corps de son mari inconscient comme contact, se raccrochant à son souffle comme à une écoute, elle parviendra à lui livrer tous ses secrets, à lui confier toute sa douleur comme à une «pierre de patience» qui finira par «éclater» en lui apportant la délivrance. Parler pour mourir enfin libre.
    Pendant toute la durée du roman, le lecteur ne quittera pas la pièce. Lui aussi veillera l'homme.

    Dans ce livre marquant, écrit à la mémoire de Nadia Ajuman, jeune poétesse afghane sauvagement assassinée par son mari, Atiq Rahimi apporte le regard neuf d'un homme donnant parole à une femme, tout en permettant de comprendre son bourreau.
    C'est un roman écrit au présent, avec des phrases courtes et saccadées, comme si on était le deuxième spectateur de ses monologues

    C'est un destin de femme dont il s'agit ici, la liberté dont profite cette femme seule face à son mari inanimé est d'une force accablante. Peu à peu, elle déroule sa vérité, avoue l'inavouable. Elle raconte donc sa vie, ponctuée de souffrances, un vrai martyre physique comme psychologique, en appelle à Dieu, puis le rejette, puis culpabilise, elle dénonce les injustices dont elle a été victime avec une impuissance désarmante...




    Lien : http://www.stemilou-books.com/article-30902565.html
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  • Par InColdBlog, le 01 novembre 2011

    InColdBlog
    Une pièce vide, avec pour seul mobilier une couche où repose un homme immobile, les yeux grands ouverts.
    Les faibles souffles de sa respiration sont la seule indication qu'il est toujours en vie.
    A son chevet, sa femme veille sur lui, verse régulièrement le collyre sur ses yeux secs, vérifie le goutte-à-goutte de fortune qui l'alimente en eau sucrée et prie silencieusement pour son rétablissement.
    Au dehors, résonnent les bruits des combats incessants d'une guerre civile qui dévaste le village et le pays tout entier.
    Pour la femme, chaque jour succède invariablement à un autre, semblable au précédent. le temps défile uniformément au rythme des soins rudimentaires qu'elle prodigue à son mari, des grains du chapelet qu'elle fait glisser entre ses doigts, des souffles de l'homme inconscient et des appels du muezzin à la prière.
    A partir de ce décor dépouillé, de cette trame minimaliste, Atiq Rahimi construit Syngué Sabour, un huis-clos poignant, ramassé en 150 pages d'une intensité exceptionnelle.

    « Elle enfonce le tube dans la gorge de l'homme. « Tu sais, cette pierre que tu poses devant toi… devant laquelle tu te lamentes sur tous tes malheurs, toutes tes souffrances, toutes tes douleurs, toutes tes misères… à qui tu confies tout ce que tu as sur le cœur et que tu n'oses pas révéler aux autres… » Elle règle le goutte-à-goutte. « Tu lui parles, tu lui parles. Et la pierre t'écoute, éponge tous tes mots, tes secrets, jusqu'à ce qu'un beau jour elle éclate. Elle tombe en miettes. » Elle nettoie et humecte les yeux de l'homme. « Et ce jour-là, tu es délivré de toutes tes souffrances, de toutes tes peines… comment appelle-t-on cette pierre ? »
    (…)
    « Syngué Sabour» Elle sursaute, « voilà le nom de cette pierre : Syngué Sabour, pierre de patience ! la pierre magique ! », s'accroupit auprès de l'homme. « Oui, toi, tu es ma Syngué Sabour ! » Elle effleure son visage délicatement, comme si elle touchait réellement une pierre précieuse. « Je vais tout te dire, ma Syngué Sabour, tout. Jusqu'à ce que je me délivre de mes souffrances, de mes malheurs. Jusqu'à ce que toi, tu… » le reste, elle le tait. Laisse l'homme l'imaginer. »
    « Quelque part en Afghanistan ou ailleurs », seule dans une maison détruite par les combats, abandonnée de tous, la femme se retrouve face à son mari gisant, une balle logée dans la nuque. Cet homme auquel elle est mariée depuis dix ans, le père de ses deux petites filles, est un combattant héroïque aux yeux des siens. Pour elle, il est resté un inconnu, un homme distant, égoïste, fier, parfois violent ; un époux qu'elle n'a vu pour la première fois qu'au bout de trois ans de mariage, à son retour de la guerre.
    Pour la première fois de sa vie, la femme va se confier à son mari, déverser sur lui ses espoirs, ses frustrations, ses désirs, ses déceptions, sa rancœur, sa colère, ses regrets… et faire de lui sa pierre de patience.
    « Comme c'est étrange ! Je ne me suis jamais sentie aussi proche de toi qu'en ce moment. Ça fait dix ans que nous nous sommes mariés. Dix ans ! et c'est seulement depuis trois semaines qu'enfin je partage quelque chose avec toi. » Sa main caresse les cheveux de l'homme. « Je peux te toucher… tu ne m'as jamais laissée te toucher, jamais ! »
    Est-ce que son mari l'entend ? Elle l'ignore. Et elle s'en moque car seule importe cette proximité nouvelle qu'elle partage avec lui. La libération qu'elle trouve dans les mots l'encourage à aller toujours plus loin. Ses murmures étouffés vont progressivement se muer en un cri déchirant et irrépressible. Elle va enfin oser cracher à la face du monde ses secrets et ses désirs les plus intimes, faisant sauter tous les tabous, usant de termes qu'elle a jusque-là réprimés car elle sait que leur crudité est condamnée.
    Tour à tour tendre et injurieuse, amoureuse et frustrée, soumise et rageuse, la femme dévoile l'ambivalence de ses sentiments envers l'homme inerte, passant de l'amour à la haine, espérant malgré tout qu'il finisse par se réveiller. Car si elle sait que la mort de son mari serait une vraie libération pour elle, elle sait aussi que sa disparition signerait sa propre mort : pour la société, sa famille et sa belle-famille, la femme n'a d'existence qu'à travers son époux. Sans le moindre droit, sa survie ne dépend que de cet homme.

    Au travers de la complainte de cette femme sans nom, dans ce pays jamais nommément défini, Atiq Rahimi donne la parole à toutes les femmes opprimées du monde, prisonnières des traditions familiales, religieuses et sociétales.
    Mais s'il dénonce avec véhémence l'aliénation des femmes dans les sociétés traditionnelles patriarcales, il montre aussi comment les hommes sont eux-mêmes victimes de ces coutumes séculaires. Honneur et fierté corrompent les rapports entre les deux sexes, faisant des hommes, dès leur plus jeune âge, des inadaptés de l'amour.
    « Ma tante n'a pas tort de dire que ceux qui ne savent pas faire l'amour, font la guerre. »
    De toutes les figures masculines qui traversent le roman, seule celle du beau-père de la femme, vieux sage, échappe à la condamnation de l'auteur.
    Syngué Sabour est un chant désespéré et bouleversant.
    Trois ans après sa publication, il est étonnant que ce texte n'ait pas encore été adapté au théâtre ; son décor dépouillé, ses descriptions brèves et sèches comme des didascalies et son monologue aux envolées poétiques s'y prêteraient pourtant fort bien.


    Lien : http://www.incoldblog.fr/?post/2011/10/03/A-pierre-fendre
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    • Livres 5.00/5
    Par comtesseoboulof, le 26 janvier 2012

    comtesseoboulof
    Une femme veille son mari, au sol, squelettique, il est sans réaction, les yeux ouverts. Elle l'alimente d'eau salée par un tuyau dans la bouche. En Afghanistan, ou ailleurs, dans un pays en guerre, elle prend soin de son homme. Elle fait de lui sa pierre de patience, celle à qui tu confies tous tes malheurs, et qui un jour éclate et te délivre de tes peines. Au fur et à mesure, sa parole se libère , et elle raconte tout ce qu'elle n'a jamais pu lui dire , à lui le mari ,austère, fier, le valeureux guerrier. Elle evacue tout, sa souffrance, ses peurs, la difficulté de vivre auprès de cet homme froid , qui la domine de toute sa supériorité sociale. Et ce long monologue lui donne l'espoir d'une autre vie, d'un autre lien avec lui.
    Juqu'à ce que la pierre éclate....
    Ecrit bouleversant et magnifique.
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Citations et extraits

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  • Par comtesseoboulof, le 26 janvier 2012

    Je n'ai jamais compris pourquoi chez vous, les hommes, la fierté était tant liée au sang.
    Sa main se lève encore dans les airs. Ses doigts bougent. On dirait qu'elle fait signe à quelqu'un d'invisible de s'approcher.
    Mais tu te rappelles qu'un soir; c'était au début de notre vie commune, tu étais rentré tard. Ivre mort. Tu avais fumé. Je m'était endormie. Sans me dire un mot, tu as baissé ton pantalon. Je me suis réveillée. Mais j'ai fait semblant de dormir profondément. Tu m'as...pénétrée... Tu as eu tout le plaisir du monde... mais lorsque tu t'es levé pour te laver, tu as aperçu du sang sur ta queue! Furieux tu es revenu et tu m'as battue au beau milieu de la nuit, juste parce que je t'avais pas averti que j'avais mes règles. Je t'avais sali! ricana-t-elle. J'avais fait de toi un impur!
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  • Par soazcongar, le 14 décembre 2008

    Une mouche s'invite dans l'ambiance muette de la pièce. Elle se pose sur le front de l'homme. Hésitante. Incertaine. Elle erre sur ses rides, lèche sa peau sans goût.
    Elle descend dans le coin de son oeil. Toujours hésitante. Toujours incertaine. Elle goûte le blanc de l'oeil puis se retire.Rien ne la chasse. Elle continue son chemin, se perd dans la barbe, grimpe sur le nez. S'envole. Explore le corps. Revient. Se pose de nouveau sur le visage. S'agrippe au tube enfoui dans cette bouche entrouverte. Elle le lèche, le longe jusqu'à la commissure des lèvres. Pas de bave.Pas de goût. Elle s'avance, pénètre dans la bouche. Et s'y engouffre.
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  • Par Neigeline, le 19 novembre 2009

    C'est ça que l'on appelle le mystère, ma petite. Toute fin est possible, mais savoir celle qui est bonne et juste... c'est là où réside le mystère. (...)
    Pour avoir une fin heureuse, cette histoire, ma fille, comme dans la vie, exige un sacrifice. Autrement dit, le malheur de quelqu'un. N'oublie jamais : chaque bonheur engendre deux malheurs. (...) Malheureusement ou heureusement, tout le monde ne peut pas accéder au bonheur, que ce soit dans la vie ou dans une histoire. Le bonheur des uns engendre du malheur chez les autres. C'est triste mais c'est ainsi. Dans ce conte, il te faut donc malheur ou sacrifice pour que tu parviennes à une fin heureuse. Mais ton amour de toi-même, et l'amour que tu portes à tes proches, t'empêchent d'y réfléchir. Cette histoire exige un meurtre. Le meurtre de qui ? (...)
    Alors; il n'y a aucune fin heureuse ! Il m'a dit : Si. Mais, comme je te l'ai dit, à condition de se résigner à un sacrifice et de renoncer à trois choses : l'amour de soi, la loi du père et la morale de la mère.
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  • Par sylvie, le 06 février 2009

    Je ne sais pas ce qui m'arrive. Mes forces défaillent de jour en jour. Comme ma foi. Tu dois me comprendre." Elle le caresse. "J'espère que tu arrives à penser, à entendre, à voir... me voir, m'entendre..." Elle s'adosse au mur, et laisse passer un long moment-peut-être une dizaine de tours de chapelet, comme si elle l'égrenait encore au rythme des souffles de l'homme-, le temps de réfléchir, de partir dans les recoins de sa vie, et puis de revenir avec des souvenirs : "Tu ne m'as jamais écoutée, tu ne m'as jamais entendue ! Nous n'avons jamais parlé de tout cela
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  • Par wictoria, le 05 janvier 2009

    Elle s'approche encore du rideau, déplace légèrement les matelas qui dissimulent la cachette. Elle regarde son homme droit dans les yeux vitreux, et dit : "J'espère quand même que tu arrives à saisir, à absorber tout ce que je te dis, ma syngué sabour." Sa tête dépasse légèrement du rideau. "Peut-être que tu te demandes d'où je peux tenir tout cela ! Oh, ma syngué sabour, j'ai tant de choses à te dire encore..."
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Atiq Rahimi Prix Goncourt
Atiq Rahimi - Syngué Sabour - Pierre de patience - éditions POL : Atiq Rahimi, qui vient de recevoir à 13 heures le Prix Goncourt est l'invité en direct d'Hélène Devynck, au Grand Journal de LCI, le 10 novembre 2008 à 18 heures - LCI/TF1 Boulogne-Billancourt








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