ISBN : 2825102350
Éditeur : L'Age d'Homme


Note moyenne : 3.83/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres

Juliette, jeune orpheline de dix-huit ans, débarque un jour dans un village vaudois, venant de son Cuba natal. Elle cherche refuge chez son oncle, aubergiste de son état, qui reste sa seule famille. Ce roman de Ramuz, paru en 1927, ne laisse pas d'&... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par lolo71, le 17 mai 2011

    lolo71
    Peu connu, l'écrivain suisse francophone Charles-Ferdinand Ramuz (1878-1947) est pourtant l'auteur d'une œuvre forte et originale, à l'atmosphère noire et au style poétique.
    Ses histoires se déroulent dans les Alpes natales de l'auteur, et mettent en scène des personnages écrasés par un destin funeste comme par les montagnes qui les entourent. « La Beauté sur la terre » en est un nouvel exemple. Milliquet, tenancier d'un café dans un village au bord du lac Léman, apprend la mort de son frère, émigré depuis de nombreuses années à Cuba. Ce dernier laisse une orpheline de 19 ans, Juliette, qu'il demande à son frère, dans ses dernières volontés, de recueillir. L'arrivée de la jeune fille, extraordinairement belle, va provoquer un grand trouble dans la petite communauté. Tous les hommes, jeunes ou vieux, la convoitent, les femmes s'en méfient. Non loin vit Urbain, un ouvrier cordonnier, immigré italien et bossu, un joueur d'accordéon dont la musique et la marginalité attirent Juliette.
    Après une rixe dans le café, Juliette est chassée de chez son oncle sous la pression de la femme de celui-ci. Elle trouve refuge chez Jules Rouge, pêcheur de soixante ans qui la prend sous sa coupe, heureux de combler sa solitude. Mais Milliquet, pressé par des problèmes d'argent, veut récupérer la jeune fille qui peut lui attirer une nombreuse clientèle. Il met le juge aux trousses de Rouge pour détournement de mineure. Juliette risque de se retrouver dans un orphelinat. Rouge propose alors à la jeune fille de fuir en France. Dans le même temps, d'autres villageois décident d'enlever Juliette pour la mettre en pension chez la tante de l'un deux. de son côté, Urbain décide d'unir leurs deux solitudes et de partir sur les routes avec elle.
    « Car est-ce qu'on sait que faire de la beauté parmi les hommes ? » Ramuz interroge la place de la beauté (de la poésie ? de l'art ?) parmi des hommes qui ne rêvent que de la posséder, et par là de l'abîmer. Juliette en est une sorte de figure allégorique, car jamais Ramuz ne nous dit à quoi elle ressemble exactement. Seuls Urbain et Rouge sont capables de la respecter et de la préserver, peut-être parce qu'ils partagent cette solitude qui hante les personnages de Ramuz et les condamne à ne jamais pouvoir s'unir.
    Le tragique est au cœur des romans de Ramuz. Ce qui frappe chez cet auteur par-dessus tout, c'est un style incomparable, qui n'est pas sans analogie avec celui de Giono pour ce côté « régionaliste », par ailleurs totalement artificiel (on ne s'exprime pas comme ça dans la Provence de Giono ou la Suisse romande de Ramuz). Ce qui fait illusion, c'est cette façon de « mal écrire exprès » que lui reprochaient tant les critiques, de malmener la syntaxe et la grammaire, de mêler sans transition passé et présent, etc., mais qui crée une langue puissamment évocatrice et lyrique.
    Après avoir lu il y a bien longtemps « Jean-Luc persécuté », la lecture de « La Beauté sur la terre » m'a plus que jamais donné envie de poursuivre la découverte de l'œuvre de Ramuz, en particulier avec « Derborence », considéré comme son chef-d'œuvre.


    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr/2011/05/16/la-beaute-sur-la-terre..
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    • Livres 1.00/5
    Par Dadafolie, le 19 avril 2012

    Dadafolie
    Je poursuis ma découverte de la littérature suisse romande, poussée par mon professeur de français (suisse également, bien entendu)…Avec une déception de plus. Si Ramuz est applaudi par nombre de ses pairs, son œuvre « La Beauté sur la terre » m'a tout simplement barbée.
    Le style utilisé se veut rapproché du langage parlé du Lavaux ; le narrateur fait parler les différents habitants du village selon leur extraction paysanne, et ne cache pas en faire partie lui aussi. Au-delà du scénario s'enchaînent les changements brusques de temps sans raison apparente, les expressions détestables du pays de Vaud ainsi que les tournures de phrase qui feraient grimper au plafond tout adepte de la grammaire.
    Il est dit que Ramuz est un excellent écrivain, et qu'il sait d'ailleurs parfaitement se servir de cette dernière ; certaines personnes le louent pour avoir osé s'exprimer tel que ses personnages l'auraient fait…Original sans doute, mais très peu agréable comme lecture.
    Les nombreuses descriptions du paysage du Lavaux et des environs du lac Léman accrochent toute personne ayant déjà vu ses lieux ; on s'y replonge instantanément. Mais quel dommage que ce style simple et délibérément mal tourné vienne gâcher ces courts passages !
    Du côté de l'histoire, le scénario est plutôt simple : une jeune fille élevée aux Caraïbes, dont le père est originaire du Lavaux, revient au pays (ou plutôt découvre son pays d'origine) suite à la mort de ses parents, accueillie chez son oncle. Cette beauté timide et exotique fait chavirer la vie des pêcheurs, vignerons et autres paysans de la région, qui se pressent tous pour la voir quand elle n'aspire qu'à écouter l'Italien bossu et son accordéon. Telle une pierre lancée dans des eaux calmes, Juliette est décrite comme « la lumière au milieu de l'ombre », et les descriptions de sa beauté et de la manière dont elle percute parmi les Vaudois sont multiples et…trop longues. On se perd au cours de l'histoire qui s'allonge et n'en finit plus, bien que le livre ne fasse que 200 pages.
    Une grosse déception donc, pour un récit qui détient de jolies idées, mais est définitivement trop lourd.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

Critiques presse (1)


  • Lexpress , le 07 juillet 2011
    Dans la lignée d'Alineou de La grande peur dans la montagne, Charles-Ferdinand Ramuz a su trouver l'équilibre fragile entre la fable métaphysique et la description de la bassesse des hommes.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par chartel, le 16 mai 2012

    Nous, dit-il, on va où on veut. On a tout, parce qu’on a rien…
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  • Par chartel, le 16 mai 2012

    Il faisait beau dans le monde, seulement il faut quelquefois longtemps pour s’apercevoir qu’il y fait beau.
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  • Par Moumoune, le 08 mars 2012

    Ah ! comme elle est pourtant bien à sa place ! Le soleil n'a point fait de distinction entre et eux, quand il est venu. Le soleil l'aime autant que nous, ses vieux habitués, ses compagnons de chaque jour. Elle est frappée sur une joue, à une tempe ; elle est frappée sur une partie de ses cheveux où il y a des mèches plates qui brillent comme des lames d'acier. Le grain de sa peau sur son cou, sur le côté de son cou, et par-devant, à la naissance de la gorge, se marque. Elle s'accordait bien avec la lumière où ce qui est rond s'arrondit. elle se tournait en arrière vers le soleil montant tout rond au-dessus de la montagne qu'il quittait par secousses comme si la montagne le retenait et il lui disait : " Lâche-moi !". déjà l'air tiédit et déjà, à cause de cette tiédeur, une grande odeur de poisson se fait sentir autour de vous, pendant qu'elle a sur le côté de la jambe cette poussière de lumière et il y a des taches de lumière sur son épaule, le long de son corps.
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Video de Charles-Ferdinand Ramuz

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Vidéo de Charles-Ferdinand Ramuz

Derborence, roman de Charles Ferdinand Ramuz, conte la terrible histoire d'Antoine, gardien de troupeaux dans les Alpes suisses, enseveli par la chute d'un pan de la falaise des Diablerets. Grand classique de la littérature romande, Derborence est aussi l'histoire d'un amour et d'une folie, l'histoire de deux vies séparées puis rassemblées par la montagne impitoyable. Cette vidéo, dont les textes sont directement tirés de l'oeuvre susmentionnées, met en scène les authentiques paysages de Derborence et invite chacune et chacun à se (re-)plonger dans la lecture de cet auteur fascinant. Plus d'infos sur cet ouvrage : http://www.plaisirdelire.ch/?page_id=289








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