> François Mathieu (Traducteur)

ISBN : 2020128675
Éditeur : Editions du Seuil (1991)


Note moyenne : 3.5/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres
Comment raconter l'irracontable ? Comment restituer ce qui paraît définitivement au-delà de toute expérience commune, et qui n'en finit pas de nous fasciner ? En faisant de cet appel, et de cette fascination, le sujet même du livre. Ces Effrois de la glace et des ténèbr... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 5.00/5
    Par Irisa, le 10 juin 2009

    Irisa
    "Les effrois de la glace et des ténèbres" est le premier roman de l'autrichien Christoph Ransmayr. L'auteur raconte deux histoires qu'il relie par le biais d'un narrateur omniprésent.
    Il retrace ainsi l'expédition austro-hongroise dans le pôle Nord de 1872-1874 qui est à l'origine de la découverte de la terre François-Joseph. Cette expédition est dirigée par Carl Weyprecht, commandant sur l'eau et la glace, et Julius Payer, commandant sur terre. En une sorte de chronique où la réalité et la fiction sont étroitements mêlées Ransmayr fait revivre au lecteur les aventures de l'équipage de l'Admiral Tegetthoff. C'est dans l'effroi et les soufrances occasionnées par le froid que l'équipage vit pendant environ deux ans à bord du vaisseau emprisonné par les glaces. L'effroi atteint le summum lorsque tombe la nuit arctique qui dure des mois et oblige l'équipage à demeurer inactif.
    Parallèlement à ce récit l'auteur narre l'histoire de Josef Mazzini qui désire découvrir le pôle Nord et vivre à son tour les aventures des explorateurs. Cette histoire se déroule en 1981 et montre le parcourt de Mazzini qui cherche à atteindre ce monde qui était l'objet de ses rêves d'enfant.
    "Les effrois de la glace et des ténèbres" est un livre captivant qui ressemble parfois plus à un témoignage qu'à un roman. Seul le voyage fictif de Mazzini qui a une place secondaire dans ce roman ne m'a guère intéressée. Sinon j'ai été absorbée par le récit de l'expédition austro-hongroise où Ransmayr dépeint un monde impitoyable pour l'homme mais qui conserve toutefois une grande beauté.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par solasub, le 25 janvier 2012

    solasub
    J'ai lu ce livre toute jeune fille et il m'avait bouleversée ; il était tellement important pour moi que j'ai offert mon exemplaire à quelqu'un que j'aimais ; notre amour a cessé, mon livre adoré je ne l'avais plus, et j'ai su qu'il n'était plus édité...
    Terrible chose que de découvrir que les livres, les mots se perdent... J'aurais aimé ici partager des extraits, les premières pages sublimes sur la marche et l'éloge de la lenteur, les magnifiques effrois de ces paysages glaciaires... Mais je n'en ai plus que des échos...
    Paradoxale modernité : le rythme frénétique des nouvelles politiques éditoriales est parfois aussi destructeur qu'un autodafé... mais les nouvelles librairies en ligne me permettront de mettre enfin un terme à la quête que je mène depuis des années chez les bouquinistes à la recherche de ce trésor...
    Si vous tombez dessus, lisez-le!
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par Irisa, le 10 juin 2009

    J'ai devant moi le petit cahier à reliure bleue, qu'il a rempli de son écriture fine ; Kjetil Fyrand l'a transmis à Anna Koreth, avec les autres notes et les effets du disparu. Il est sûr que ce n'est pas l'écriture de Josef Mazzini qui, sur l'étiquette de la couverte, a tracé une fois pour toutes le titre de cette incroyable collection de citations "Le Grand clou" - c'est ainsi que les Esquimaux du Groenland appellent le pôle Nord. Ce n'est pas l'écriture de Josef Mazzini. C'est moi qui ai écrit. Moi. C'est aussi moi qui ai donné un nom aux autres cahiers de Mazzini. Campi deserti. Terra Nuova. J'ai procédé avec ces notes comme procède tout découvreur avec sa terre, avec des baies, des caps et des sunds anonymes - je les ai baptisées. Il faut que tout porte un nom.
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  • Par Irisa, le 10 juin 2009

    Puis ce ne sont plus que des champs plats de glaces flottantes qui s'étendent devant eux, une grande plaine que déchire une infinité de lacs et de rivières, et qui se soulève et s'abaisse comme une respiration, lourdement et en rythme. C'est la houle. Ils ont atteint la limite des glaces. Au-delà de cette plaine, qui se déroule longuement, s'envolent des essaims d'oiseaux, et là-bas, sous un ciel sombre, il y a la mer libre.
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  • Par Irisa, le 10 juin 2009

    Celui qui ne supporte pas la vérité peut à présent se consoler une fois de plus à l'idée que l'avenir sera plus conciliant, que ses propres forces auront augmenté, que la glace sera plus praticable et la charge plus légère. Mais celui qui a vécu le calvaire des expéditions en traineau à travers cette terre nouvelle et inhospitalière sait que chaque supplice s'accroît, ne fais toujours que s'accoître.
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