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ISBN : 2021081745
Éditeur : Editions du Seuil (2012)


Note moyenne : 3.66/5 (sur 157 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Travis Shelton, 17 ans, découvre un champ de cannabis en allant pêcher la truite au pied de Divide Mountain, dans les Appalaches. C'est un jeu d'enfant d'embarquer quelques plants sur son pick-up. Trois récoltes scélérates plus tard, Travis est surpris par le propriétai... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 17 septembre 2014

    carre
    Travis ne supporte plus les reproches incessants d'une père autoritaire. La rencontre avec Léonard un ex prof devenu dealer va changer le cours de sa vie.
    Voilà du bien bel ouvrage. Ron Rash signe un livre pessimiste, chaque personnage excepté Travis semble avoir dévié de leur trajectoire initiale. Alors que leur vie aurait pu être acceptable, le constat est sans appel, ils payent chers un moment de faiblesse ou de malchance.
    Travis et Léonard sont, par leur trajectoire, bigrement attachants. On est même frustrer de ne pas faire un bout de chemin plus long avec eux, tant leur portrait est touchant et complexe. Une nouvelle fois , Rash s'appuie sur la nature pour donner plus de corps à son récit. Elle m'a semblé à la fois belle mais aussi par moment terriblement inquiétante.
    Un roman plus noir que polar qui confirme le talent d'un sacré conteur.
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    • Livres 4.00/5
    Par Zebra, le 16 novembre 2012

    Zebra
    « Le monde à l'endroit » de Ron Rash est un superbe roman noir.
    D'un côté, vous avez une nature inviolée, propre, douce, intègre, grandiose, majestueuse, lumineuse et somptueuse : les Appalaches dans toute leur couleur et leur magnificence. D'un autre côté, vous avez des femmes et des hommes marqués par une vie personnelle très contrastée et par un passé mystérieux, pas toujours glorieux, celui de la guerre de Sécession. Ron Rash nous dépeint un monde, ni à l'endroit, ni à l'envers, où la lumière et l'obscurité côtoient la réalité et ses fantômes d'un autre temps, où l'ingéniosité côtoie la méchanceté et la perversité, où l'envie de vivre côtoie le renoncement et le désespoir.
    De cet univers particulier du Middle West, Ron Rash nous montre l'homme comme pur produit d'une histoire personnelle et collective, mais aussi comme être modelé par la nature dans laquelle il évolue. La guerre de Sécession a déchiré le peuple américain : les cicatrices apparaissent à fleur de peau des hommes et des femmes d'aujourd'hui. Par ailleurs, le sol américain regorge, malgré eux, de vestiges et de marques innombrables qu'on ne peut effacer (une paire de lunettes par-ci, des morceaux de visière militaire par-là, des boutons de veste, des éclats de crosses de fusil …). Pour les jeunes et les moins jeunes d'aujourd'hui, se pose la question de la responsabilité trans-générationnelle. Ron Rash ne nous propose pas de réponse à cette question : il attire seulement notre attention sur une situation qui touche l'Amérique et le monde contemporain.
    L'Amérique sociale d'aujourd'hui ? Un « melting-pot » où le riche côtoie le SDF ou le quart-monde en sursis : dans cette Amérique là, les marginaux cherchent à survivre, quitte à s'adonner à un commerce louche pour ne pas dire illégal (vente de drogues dures et de pilules, contrebande, racket …), un fléau qui irrigue la société contemporaine. Dans ce contexte, certains américains essayent de s'en sortir (Travis va tenter de passer son GED ; Léonard va subitement décider d'arrêter de dealer), dans une démarche très « Yes ! we can » ou plutôt « Yes ! we go ».
    Ron Rash nous montre également une Amérique agricole, loin des centres urbains et de son hyper consommation. On y voit des paysans rudes (Carlton Toomey sait user de son scalpel dès lors qu'une faute doit être réparée) mais simples, attachés à leurs racines et peu enclins à toute remise en cause (pour ne pas dire à toute contestation, y compris à la remise en cause de l'autorité parentale) On y trouve des amours campagnardes assez loin des images « peace and love », des amours toutes en retenue (ainsi, Lori ne voudra pas coucher avec Travis tant qu'ils ne sont pas unis par les liens du mariage). On y trouve une Amérique où la femme n'a pas le beau rôle : la mère de Lori, la femme de Léonard, mais aussi Déna sont à leur façon des exemples évidents de femmes que la vie a bousculées. Lori ne veut pour rien au monde ressembler à sa mère : elle fait donc des études pour se sortir de son milieu social et de la condition qui l'attend. Kéra, la femme de Léonard, profite d'une faute de son mari pour le quitter et emmener leur fille en Australie : Léonard s'est fait pincer par la police qui a découvert de la marijuana dans sa voiture, marijuana qu'un élève avait planquée « en échange » d'un zéro reçu à un devoir sur table pour cause de tricherie. Déna, qui est hébergée dans le mobile-home de Léonard, est ravagée par une vie de drogues et de nuits passées dans des motels minables.
    « Le monde à l'endroit » nous montre également la difficulté de construire et d'entretenir une relation satisfaisante entre un père et son fils. Travis vit chez ses parents qu'il aide dans leur production de tabac. Chétif, il envie son père, lequel le jalouse (puisque le fils a la chance de pouvoir orienter sa vie vers un avenir plus prometteur et moins dégradant) et le rejette. du coup, Travis veut tout envoyer promener, contestant cette autorité parentale et retournant « jouer le caïd » au sein d'une bande d'adolescents que la rudesse, la vantardise et les manifestations de violence, n'effraient plus dans la mesure où elles font partie intégrante de leur fonctionnement au quotidien..
    Dans ce bout d'Amérique, la musique – et notamment le gospel – fait bien plus qu'adoucir les mœurs : elle permet au mal (en l'occurrence, à Carlton Toomey) d'avancer masqué, travesti, sous les apparences de la douceur, de la générosité et de la réconciliation avec autrui : lors de la fête foraine, aidé par des proches, le vieux Carlton Toomey, 1 m 90 et 140 kg, monte sur l'estrade et se met à chanter le gospel, arrachant des larmes aux yeux de la foule attendrie ! Mais c'est le même Carlton Toomey qui, froidement, avait tranché le talon d'Achille de Travis après l'avoir surpris à couper quelques plants de cannabis dans sa propriété.
    Les personnages du roman sont riches en couleurs :
    Travis, intelligent, obstiné et ambitieux, révolté contre son père, désireux d'être considéré par Lori et par la société comme un adulte à part entière, souhaitant décider de son destin.
    Léonard, ex-prof « baba cool », reconverti après une sordide affaire de tricherie aux examens (voir plus haut) en dealer de dope, ayant perdu sa femme Kéra et sa fille Emily, accompagné dans sa vie par Déna, une femme qui vit avec lui dans un mobile-home vraiment crade, au plancher et au toit vermoulus, planqué au milieu de nulle part.
    Déna, ravagée par l'alcool, la marijuana et les qaaludes, offrant son corps à tout homme qui pourra lui apporter sa ration de dope ; une loque humaine au grand cœur, se prenant d'affection pour Travis, lequel vit avec Léonard et avec elle dans ce mobile-home.
    Hubert et Carlton Toomey (le père et le fils), des paysans rudes et simples, cultivant la marijuana, jouant les racketteurs et terrorisant de temps en temps ceux qui auraient des velléités d'autonomie.
    Shank et Wesley, adolescents ratés, adeptes de la défonce (alcool, drogue) et de la déconne, sur fond de vie insipide et sans réel avenir.
    Les massacres perpétrés lors de la guerre de Sécession ne sont qu'à peine esquissés dans ce roman, en tout cas avec pudeur et retenue : ils n'apparaissent qu'en toile de fond. Ron Rash aurait pu se dispenser de les évoquer mais il tenait à montrer que l'histoire joue un rôle dans la construction identitaire de chaque individu, qu'elle est un marqueur trans-générationnel. Ron Rash ne nous apprend d'ailleurs pas grand chose sur cette guerre : les historiens resteront donc sur leur faim !
    La nature est magnifiquement décrite dans ce roman, avec poésie et simplicité, pour ne pas dire avec candeur et naïveté. L'écriture est directe, certainement pas alambiquée : le lecteur « voit » se dérouler les images précises d'un film riche en couleurs, plein de sonorités (le bruit de l'eau, des branches qui craquent …) et d'odeurs (le tabac imprégné de goudron, l'herbe mouillée …). Un scénario propre, un réel suspense (même si la tension n'est pas extrême), une fin assez inattendue. Certains lecteurs considèrent que ce roman n'a rien d'original, signalant qu'il y a déjà pléthore d'excellents romans américains où l'on trouve la nature, la pêche à la truite, les forêts, les marginaux, les flics plus ou moins corrompus, la drogue, les ados, l'Amérique du Middle West, etc. Certes, mais la « patte » de Ron Rash vaut le détour. Voyez par vous-mêmes : une petite sortie de route et le monde se met subitement à l'endroit. Je ne vous en dis pas plus …
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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 25 juin 2013

    marina53
    Travis Shelton est un jeune homme de 17 ans. Sa passion est la pêche à la truite qu'il pratique dans les rivières, près de chez lui. En conflit perpétuel avec son père, il quitte la maison dès que l'occasion se présente et ainsi échappe aux corvées que lui impose son paternel pour l'aider dans la culture du tabac. Un jour de pêche, il tombe par hasard sur un champ de cannabis. L'occasion est trop tentante de se servir et d'aller revendre l'herbe au fameux Leonard Shuler, un ancien professeur reconverti dealer. Sans lui poser de questions sur la provenance de sa récolte, le transaction a lieu et Travis voit là un bon moyen de gagner de l'argent si facilement. Malheureusement, il se fera choper par le propriétaire des lieux, Carlton Toomey. Celui-ci lui sectionne son tendon d'Achille, histoire de lui faire comprendre qu'on ne vole pas le bien d'autrui, et encore moins celui du vieux Carlton. Mis à la porte de chez lui pour le punir, il trouvera alors refuge chez Leonard. Entouré de ce dernier et de Dena, c'est tout un nouveau monde qui s'offre à lui. Tel un mentor, Leonard lui apprendra les secrets qui pèsent sur la communauté de Shelton Laurel et l'aidera à passer un examen. Confronté à ses doutes, Travis découvrira bien vite qu'il y a toujours un prix à payer...
    Ron Rash nous livre un roman décrivant à la fois les tréfonds de l'être humain et la nature sauvage, belle parfois cruelle et omniprésente. On suit la parcours initiatique de Travis, à travers son éducation, sa découverte de l'amour mais aussi du monde qui l'entoure. C'est un texte à la fois très sombre et plein d'espoir. Ancré dans l'Amérique profonde, ce récit fait la part belle à la nature sauvage et à son histoire. Avec une écriture à la fois lyrique, mélancolique ou grave, l'auteur a su créer une ambiance vraiment particulière où notre héros n'aura de cesse d'affronter les hommes et le monde qui l'entoure. C'est un roman noir à la fois d'apprentissage, d'histoire, d'amour et d'amitiés.
    Le monde à l'endroit... de quoi vous mettre la tête à l'envers !
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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 21 février 2013

    caro64
    Après Un pied au paradis et Serena, Ron Rash revient en force pour notre plus grand plaisir. Contrairement à ces derniers, Le monde à l'endroit n'est pas exactement un polar, mais tout simplement un remarquable roman noir, âpre et très poétique. Rash nous livre une œuvre profonde, très liée à son pays et son vécu, cette Amérique où les paysages, à couper le souffle, modèlent les habitants.
    Travis Shelton est né aux pieds des Appalaches dans le comté de Marshall (Caroline du Nord) et est le fils d'un producteur de tabac. Il a 17 ans, est ignorant sans être stupide, s'ennuie fermement, ne pense pas à l'avenir et encore moins au passé. Il erre dans la vie sans but avec une seule passion, la pêche à la truite. Son destin bascule le jour où il découvre une plantation illicite. Il se sert et revend le fruit de son petit larcin à Léonard, dealer local. Leurs vies vont, dès lors, se trouver intimement liées. Léonard, tel un père, livre peu à peu à Travis les clés pour s'éveiller à la vie. Il lui donne la force d'étudier et surtout l'envie de s'intéresser à ses racines.
    Ron Rash nous offre une nouvelle fois une histoire passionnante, écrite dans un style vif et prenant, où se mêlent suspens, intrigue, Histoire (ici un massacre perpétré pendant la guerre de Sécession) et quête d'identité. Il parvient à créer des personnages complexes, riches et entiers. Ils nous prouvent que les apparences sont parfois trompeuses et qu'une seule rencontre peut changer toute une vie ! Bien sûr, c'est un roman noir, mais au sein duquel transparaît cet optimisme qui consiste à croire que l'éducation et la connaissance, entre autre historique, peuvent être de véritables facteurs de développement personnel, d'accomplissement de soi. le questionnement des actes commis durant la guerre de Sécession, la difficulté de quitter sa région pour étudier ou travailler, la beauté de la nature, de ces parcs, de ces torrents et de ces ravins où tout se termine, font de ce roman initiatique un grand roman dans la pure tradition américaine.
    A lire en écoutant du Johnny Cash dont la voix est “capable de transformer le chagrin et le regret en quelque chose de beau".
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    • Livres 5.00/5
    Par belette2911, le 03 octobre 2014

    belette2911
    Travis Shelton a 17 ans et au moment où il remonte la rivière, il ne sait pas encore que sa partie de pèche aura des répercussions sur le reste de sa vie… Il ne sait pas encore que ses actes, ses humeurs, son impulsivité, auront des conséquences graves plus tard.
    Comme quoi, le battement d'aile d'une cuiller "Panther Martin" en argent au bout d'une canne à pèche peut déclencher un tsunami d'événements.
    Il n'avait pas pêché depuis l'automne et ce serait agréable de sentir l'eau palpiter contre ses jambes, encore meilleur de sentir le moment où une truite mordait, cette secousse remontant de son poignet le long de son bras et jusqu'à son cerveau, comme si le courant n'était pas de l'eau mais de l'électricité. À cet instant-là, avant de pouvoir évaluer la charge qui courbait la canne ou le bourdonnement du frein, vous ignoriez si la truite n'était pas plus grande que votre main ou la plus grosse de votre vie.
    Travis, tout comme la truite devant qui ont agite un leurre, s'est fait ferrer par un terrible leurre : des plants de cannabis ! Il est si simple d'en chiper quelques uns afin de les vendre et de payer son assurance voiture.
    Bingo, tel une truite mouchetée, Travis va céder et mordre dans l'hameçon, prenant même le risque de revenir une deuxième et une troisième fois. Grave erreur ! Toomey, le proprio, n'est pas content du tout et le tendon d'Achille de Travis en subira les conséquences.
    Le problème de notre Travis, c'est qu'il souffre du manque de reconnaissance de son père, véritable handicapé des sentiments, incapable de féliciter ou de remercier son fils pour le travail abattu…
    Vous avez sans doute dans votre entourage des gens qui au lieu de voir ce qui est bien fait, met le doigt sur le petit truc qui n'est pas fait ou pas bien fait.
    Commencer à penser qu'on est trop bien pour avoir de la terre sous les ongles. C'était le genre de truc que son père dirait s'il entendait un discours pareil, trouvant à critiquer parce qu'il était impossible à satisfaire.
    Le père de Travis est ainsi et il sera "le détonateur" de tout le reste. S'il avait prodigué un peu d'attention à son fils, ce dernier ne se serait pas enfui après son agression par les Toomey – père et fils – pour atterrir chez Leonard Shuler, le revendeur de drogue et d'alcool du coin.
    Mes lectures avec Ron Rash sont toujours un découverte : sa plume continue de m'enchanter, ses histoires me font voyager, ses personnages sont toujours d'une grande profondeur et d'une complexité qui me fait les imaginer bien vivant.
    Il y a du contraste dans ces personnages. Entre un Carlton Toomey, véritable montagne de muscles d'1,40m, monstre sans pitié qui possède une voix qui, quand il entonne un Gospel, fait chialer l'assistance et un ancien professeur qui, suite à une manipulation, s'est retrouvé accusé de dealer de l'herbe et qui, maintenant, le fait vraiment, le contraste est étonnant.
    Pas de lac, mais malgré ça, on continue d'explorer les tréfonds de l'être humain, le tout sur fond de nature sauvage et de guerre de sécession.
    Oui, les événements passés agissent encore sur ceux du présent.
    Travis va devoir se prendre en main et on va le suivre durant sa remontée de la pente, cherchant toujours cette reconnaissance qui lui manque.
    Un roman sombre, noir, même, avec tout juste une lueur d'espoir qu'il faudra protéger du vent afin de ne pas moucher la chandelle.
    Ici, on se promène dans l'Amérique profonde, celle des gens un peu rustres qui doivent composer avec la nature qui n'est pas une tendre, par là, et une histoire de massacres durant une sale guerre civile.
    Un roman où s'entremêlent l'Histoire, le premier amour, l'amitié, les drogues, du mystère (les notes d'un médecin en 1850 à la fin de la guerre civile), les conneries d'un adolescent et toutes les conséquences qui peuvent en découler d'une manière stupide… Travis mérite parfois des baffes !
    Ah, si tout le monde y avait mis un peu du sien, on n'en serait pas arrivé là ! Mais on serait passé à côté d'un grand roman qui m'a mis la tête à l'envers mais le coeur au bon endroit.


    Lien : http://thecanniballecteur.wordpress.com/2014/09/24/le-monde-a-lendro..
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Critiques presse (3)


  • Telerama , le 27 novembre 2012
    Lyrique et terrien, usant d'une écriture ample et sans artifice, Ron Rash n'est pas un donneur de leçons, mais il pense que les livres peuvent sauver les hommes. Un beau défi à relever.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Actualitte , le 07 novembre 2012
    Le roman envoûte par ses descriptions lyriques dans lesquelles le paysage s'anime, par la sobre poésie de ses mots, à mi-chemin entre réalisme et inaccessible mystérieux.
    Lire la critique sur le site : Actualitte
  • Lexpress , le 18 octobre 2012
    Tirant toujours le meilleur parti de son décor naturel, Ron Rash a l'art de jouer avec intensité dramatique, de dessiner le portrait d'êtres pris dans les pièges de l'existence. Et une manière implacable de faire cohabiter dans ses pages habitées la violence et l'humanité.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par caro64, le 21 février 2013

    Quand il était petit, la mère de Léonard s'était souvent assise dehors sur les marches de leur ferme, restant parfois une demie heure les yeux fixés sur les montagnes qui s'élevaient au-delà de leur pré. C'est si joli que ça m'emporte loin de moi, lui avait-elle expliqué un jour d'une voix douce, avec l'air de lui confier un secret. Une bible ou la messe ne lui suffisait pas toujours, lui avait-elle avoué. Voilà pourquoi avant tout, il faut un monde, avait-elle ajouté. Dans les jours qui avaient suivit le départ d'Emilie et de Kéra, Léonard avait tenté de voir le monde comme l'avait vu sa mère. Il avait pris sa voiture pour aller au bord de la Calumet River, l'unique endroit où il y avait assez d'arbres pour dissimuler un paysage semblant avoir été aplani par un rouleau à pâtisserie géant. Il s'était assis sur la berge et avait scruté les peupliers et les bouleaux, les aulnes noirs et les hamamélis blottis sous les arbres plus grands, l'eau lente et brune, en s'efforçant de trouver la même paix intérieure que sa mère, des années auparavant, sur les marches de la galerie.
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  • Par Zebra, le 17 novembre 2012

    page 129
    [...] Travis avança plus lentement. Il s'arrêta dans les eaux d'aval. Dans les remous du plan d'eau, des feuilles jaune et rouge tendaient une mince courtepointe à la surface du ruisseau. Les feuilles plus détrempées noircissaient le fond, et rendaient les petits obstacles plus difficiles à voir.
    Il visa l'écume blanche en haut du bassin, mais le lancer trop long s'accrocha dans les rhododendrons. Au moment où il s'avançait pour libérer le leurre, l'eau se rida à l'autre bout quand une truite fila sous la berge.
    "Je suis rouillé", remarqua-t-il.
    Il décrocha la cuiller et ils remontèrent le ruisseau. Ses lancers suivants furent plus réussis, mais ce ne fut qu'à l'endroit où le cours d'eau décrivait une courbe créant un grand surplomb qu'une touche fit plier et trembler la cane. Un éclair rouge et argent fila vers l'aval. C'était un gros poisson pour un ruisseau, de trente-cinq ou peut-être quarante centimètres. [...]
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  • Par le_Bison, le 26 janvier 2014

    11 janvier 1863, Bald Mountain, Tennessee - frontière de la Caroline du Nord.

    Boyce Alexander. Touché sommet du bras gauche par tireur isolé. Balle Minié donc os pulvérisé. Amputation. Whisky. Chloroforme - dix gouttes. Utilisé scie à amputation. Artères garrottées avec crins de cheval. Cautérisé avec lame plate couteau de chasse du lieutenant Keith. Mortification possible. Deux drachmes de laudanum contre la douleur au réveil.

    Emmit Johnson. Engelure, pied gauche.
    Billy Revis. Engelure, deux pieds.
    Thomas Rigsbee. Engelure, pied gauche.
    Bryce Ross. Engelure, gros orteil droit.
    Immergé membres dans l'eau froide avant manipulation énergique de la peau atteinte. Application teinture d'iode. Retiré tissus noirs du pied gauche de Revis. A refusé chloroforme mais bu beaucoup de whisky. Même en temps de paix Billy jamais contre l'alcool.
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  • Par pyrouette, le 04 juin 2014

    Il y a une chose que j'aimerais vraiment savoir. C'est sans importance, mais j'aimerais simplement savoir. Pourquoi es tu incapable de faire quoi que ce soit dont tu risques d'être tenu pour responsable ? Es tu faible à ce point, effrayé à ce point ? serait-ce que tu aimes pouvoir rejeter la faute sur le dos des autres quand cela tourne mal, parce que alors d'une certaine façon tu te sens mieux ? Ou n'est-ce que de l'égoïsme, de vouloir qu'on te laisse tranquille pour n'avoir jamais à te préoccuper de personne, sinon de toi ?
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  • Par joedi, le 26 novembre 2013

    Il n'avait pas pêché depuis l'automne et ce serait agréable de sentir l'eau palpiter contre ses jambes, encore meilleur de sentir le moment où une truite mordait, cette secousse remontant de son poignet le long de son bras et jusqu'à son cerveau, comme si le courant n'était pas de l'eau mais de l'électricité. À cet instant-là, avant de pouvoir évaluer la charge qui courbait la canne ou le bourdonnement du frein, vous ignoriez si la truite n'était pas plus grande que votre main ou la plus grosse de votre vie.
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Ron Rash - Une terre d'ombre .
A l'occasion du Festival America 2014, rencontre avec Ron Rash autour de son ouvrage "Une terre d'ombre" aux éditions du Seuil. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Isabelle Reinharez. http://www.mollat.com/livres/rash-ron-une-terre-ombre-9782021089189.html Notes de Musique : Ben Selvin's Orch. - I Wonder Where My Baby Is Tonight. ® 1925.








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