> Isabelle Reinharez (Traducteur)

ISBN : 2702434010
Éditeur : Le Masque (2009)


Note moyenne : 4.06/5 (sur 47 notes) Ajouter à mes livres
Oconee, comté rural des Appalaches du Sud, années 50.
Une terre jadis arrachée aux Indiens Cherokee et qui bientôt sera définitivement enlevée à ses habitants : la compagnie d’électricité Carolina Power rachète peu à peu tous les terrains de la vallée pour const... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par carre, le 02 avril 2012

    carre
    Encore une belle découverte avec ce polar stylisé et atypique. Dans les années cinquante, à Oconee, comté rural, terre ancestrale du peuple Cherokee, le shériff Will Alexander est appelée par la mère d'Holland Winchester, la vieille femme est persuadée que son fils est mort, elle a entendu des coups de feu venant de ces voisins et Holland a disparu.
    En donnant la parole aux cinq protagonistes de l'histoire, Rash nous donne les tenants et les aboutissants de cette histoire de vengeance. Rash décrit un monde rural qui disparait petit à petit rongé par le modernisme ( la construction d'un barrage est acquise) et fait de ce fait divers nourri par la jalousie un texte remarquablement construit. Et au final, un roman très noir ou le destin frappe l'âme humaine sans aucun remord. Excellent.
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par BarbaraLux, le 28 février 2012

    BarbaraLux
    C'est un hiver littéraire bien meurtrier qui s'apprête à se terminer, la semaine dernière j'ai encore lu un polar, un livre où l'un tue, où l'autre meurt, et où les spectateurs s'interrogent, bien malgré eux.
    Pourquoi le roman noir est-il le genre littéraire le plus lu ? Parce que c'est facile ? Parce qu'on tourne les pages sans réfléchir après une journée passée à se faire hurler dessus par un patron qui lui-même se fait hurler dessus par un autre patron qui a passé la soirée à se faire engueuler… pardon, je m'égare.
    Bien malheureux celui qui croit que le polar ne nous apprend rien, qu'il nous vide la tête, qu'il est loin de la réalité, que toutes ces histoires n'arrivent jamais dans la vraie vie. le roman noir est le genre littéraire le plus populaire parce qu'il nous rappelle sans cesse que le crime est le meilleur angle d'approche pour comprendre la société dans laquelle nous vivons.
    Ron Rash a bien compris que le décor est secondaire, mais qu'il est inévitable pour nous pousser plus poliment dans nos retranchements.
    Pour résumer, nous faire avaler la pilule sans nous étouffer.
    Appalaches du sud, 1950. Les habitants du comté d'Oconee, ancienne terre Cherokee, regardent leurs terres pour la dernière fois en attendant qu'une compagnie d'électricité inonde la vallée pour en faire une retenue d'eau.
    Après avoir entendu le coup de feu en provenance de chez le voisin, la vieille Winchester est persuadée que son plus jeune fils, tout juste revenu de la guerre, est mort.
    Le Shérif, le voisin, la femme du voisin, le fils et l'adjoint. Cinq voix et cinq chapitres seront nécessaires pour faire la lumière sur ce drame qui puise sa source dans la noirceur de l'amour, de la jalousie et de la vengeance.
    Il y a soixante ans, les questionnements et les angoisses étaient les mêmes, la seule différence c'est qu'on se les posait dix ans plus tôt. Avoir dix-huit ans en 2012, c'est se demander quelle dernière tendance adopter en sortant de la douche, en 1950 dans le sud des États-Unis, on assumait ses parents, on travaillait 18 heures par jour, on se mariait et on avait beaucoup d'enfants.
    Et si par malheur vous n'aviez pas beaucoup d'enfants, même pas un, alors il était impensable de passer l'office du dimanche sans être regardé, surveillé, décortiqué... une décision s'impose : à la fois terrible et émouvante.
    Une odeur de terre humide fraîchement retournée, de pot d'échappement crachotant sur des pistes poussiéreuses, d'un pain de maïs cuisiné avec amour, bien loin de notre quotidien et pourtant si proche par les questions qu'il soulève, Un pied au paradis est un récit criant de virilité et de sensibilité. Malgré leurs mains calleuses et leurs dos voutés à trop cueillir les choux, les habitants d'Oconee sont d'une justesse et d'une fragilité à fleur de peau. Ils nous rappellent que le bonheur est au bout du chemin, aussi tortueux soit-il ...

    Lien : http://postface.fr
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    • Livres 4.00/5
    Par Eskalion, le 09 janvier 2011

    Eskalion
    J'aime les histoires simples. J'aime quand elles sont racontées sobrement et qu'elles touchent au cœur des hommes. « Un pied au paradis » de Ron Rash est de cette veine.
    Dans un style épuré, l'auteur nous entraine dans une histoire ordinaire, celle d'une terre et des hommes qu'elle porte. Une terre sauvage, assommée par la chaleur et balayée par les vents, arrachée aux indiens, et bientôt perdue par les hommes. Une terre qui façonne les caractères, et fait de ces paysans pauvres, des gens rudes à la tâche, âpres et peu causants, courbés aux champs mais droits et dignes dans l'adversité.
    Nous somme dans les années cinquante, à Jocassee dans le comté d'Oconee , au sud des Appalaches. La compagnie d'électricité Carolina Power construit un barrage qui va submerger cette terre aride, où ne poussent que des choux et des plants de tabacs qui grillent au soleil.
    C'est dans cette vallée perdue et condamnée qu'un homme a disparu. Un enfant du pays, un dur à cuire revenu de la guerre les poches pleines d'oreilles, des trophées pris sur l‘ennemi en guise de tribu pour son courage.
    Sa mère a bien entendu un coup de feu. Elle fut aussitôt persuadée que son fils était mort, et même convaincue que son voisin avait assassiné son enfant. Mais le corps est resté introuvable.
    Reste le temps. La présence de cette absence, obsédante et tapit au fond des cœurs, et qui des années plus tard, progressivement, remontera à la surface à mesure que l'eau du barrage commencera à envahir les terres.
    Ron RASH a fait le choix de narrer son histoire à cinq voix. Cela n'est pas sans me rappeler le jeux à douze chandelles de David PEACE dans « Tokyo, ville occupée» ( "TOKYO, ville occupée" de David PEACE ). Mais là où David PEACE jouait avec l'écriture et les styles narratifs, Don Rash s'attache quant à lui à l'épaisseur psychologie de ses personnages.
    Le shérif, la femme, le mari, le fils et l'adjoint du sheriff, nous délivrent chacun dans un chapitre qui leur est consacré, un angle différent d'une même histoire, leur vérité et pour certains une part de ce fardeau qu'ils portent, dans cette disparition que le temps n'arrive pas à effacer. Et fort sera le prix de la rédemption.
    A travers ce roman émouvant, c'est aussi le portrait d'une Amérique rurale au seuil des grands bouleversements technologiques de la seconde moitié du XXe siècle que nous dépeint Ron Rash. Un monde agricole et familial mal préparé au chambardement technologique qui va redessiner les contours d'une nouvelle ruralité, et jeter sur les routes de l'exode les plus pauvres de ces paysans besogneux, qui iront grossir les rangs ouvriers d'une industrie elle-même en pleine mutation.
    C'est ce monde paysan que symboliquement le barrage est en train inexorablement d'engloutir.
    « J'ai quitté Jocassee , pour la dernière fois pourvu que ca ne tienne qu'à moi. Je reviendrais pas ici pour pêcher, faire du ski nautique ou me baigner ni rien de tout ça. Ici, c'était pas un coin pour les gens qui avaient un foyer. Ici, c'était un coin pour les disparus ».
    Le roman de Don Rash est poignant, jusque dans le parler de ses personnages. Certains le comparent déjà de grands auteurs américains, dit du Sud. Pour ma part je n'en ferai rien.
    Si le roman m'a véritablement séduit et touché, j'ai l'impression cependant qu'il me manque un petit quelque chose ( que je n'arrive pas encore à identifier au moment où j'écris ces lignes) pour être totalement convaincu. Un très bon roman, oui, sans doute, un très grand auteur, peut être, mais en devenir.
    Don Rash a déjà publié 4 romans aux états unis. « Un pied au paradis » est le premier traduit et publié en France. C'est aussi un poète et un nouvelliste.


    Lien : http://passion-polar.over-blog.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par lillou, le 11 février 2011

    lillou
    Ce premier roman a zu un très beau succès lors de sa sortie en 2009. Sa reprise en poche m'a donné une occasion de le découvrir. Résultat, je me suis ruée acheter le second, Serena, qui vient de paraître…
    Un pied au paradis est publié dans la collection Policier, mais on s'aperçoit très vite à quel point l'étiquette est réductrice : roman noir certainement, mais surtout roman des grands espaces, roman de la modernité destructrice, galerie passionnante de portraits, texte choral offrant progressivement les pièces du puzzle…
    Début des années cinquante, nous somme à Oconee dans le sud des Appalaches, un territoire anciennement habité par les Cherokees, une terre sauvage et agricole que ravage la sécheresse. D'ici peu, le destin des centaines d'habitants sera bouleversé : la compagnie d'électricité Carolina Power va engloutir la vallée pour en faire un immense lac artificiel.
    Les premières pages nous présentent Holland Winchester, jeune vétéran, qui fait le malin dans un bar, exhibant les oreilles de ses victimes et provoquant à tout va. le shérif Will Alexander, habitué à cette rengaine, vient calmer les esprits et en repart un peu blasé.
    Mais le lendemain, la mère d'Holland l'appelle car son « petit » a disparu : il a été assassiné, elle en est sûre - un coup de feu a retenti dans le champ voisin. Alexander part interroger Billy Holcombe mais, sans corps ni témoin, il n'y a pas de meurtre et l'enquête tourne vite en rond.
    Première voix à s'exprimer, celle du shérif livre bien plus que son point de vue sur l'enquête. Car là est le talent de Ron Rash qui fait se raconter chacun de ses protagonistes. Issu d'une famille de cultivateurs de tabac, Alexander a cru échapper à sa condition en épousant la jolie fille du médecin et en acceptant la bourse offerte par l'université pour ses talents de sportif. Mais la guerre, une blessure, la ruine de son beau-père et la stérilité de son couple vont faire échouer tous ses projets. Et c'est un homme désabusé qui parle : en froid avec son père et son frère, enfermé dans un couple qui ne fonctionne plus, atterré par ce qui arrive à sa région…
    Le kaléidoscope se complète par les récits de la voisine Amy Holcombe, de son mari Billy, de leur fils des années plus tard, et de l'adjoint du shérif. Chaque perspective apporte des éléments nouveaux et un éclairage différent sur la disparition d'Holland Winchester, restituant ainsi les événements dans toute leur complexité. On voit alors se tisser peu à peu un drame profondément humain, fait de désir, de convoitise et de jalousie.
    Mais davantage que cette affaire criminelle, chaque voix nous narre des histoires individuelles, des histoires de couples et de familles, des histoires de paysans accrochés à leurs terres… Ron Rash nous présente des personnages tout à la fois attachants et terrifiants, aimants et intransigeants, bons et méchants.
    Un pied au paradis est un récit très fort, roman de l'échec, de la chute qui ne peut être qu'inéluctable. Une vraie découverte.

    Lien : http://monbaratin.blogspot.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 21 août 2011

    caro64
    Pas besoin d'être amateur de thrillers ou de polars pour apprécier ce premier roman de Ron Rash. Dans ce roman polyphonique, on sait qu'il y a un meurtre, mais on ne sait pas où est le cadavre ! Et, finalement, ce n'est pas le plus important. Ce que nous laisse apercevoir l'écrivain, c'est surtout le point de vue d'une petite communauté rurale des années 1950 en terre Cherokee (comté d'Oconee, Caroline du Sud) vouée à l'engloutissement.
    Ce récit à cinq voix et aux multiples chausse-trappes est un remarquable roman noir avec une histoire belle et terrible, une construction originale (évitez la quatrième de couverture et laissez-vous surprendre par le choix des narrateurs), une galerie de personnages tout aussi maîtrisés que touchants de justesse, et une nature magnifique écrasé de chaleur (les gorges de Jocassee) puis par les eaux. Un vrai texte poétique et émouvant.
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Alexis Brocas pour le Magazine Littéraire

    Ce sont parfois les stratégies éditoriales, plus que les intentions de l'auteur, qui transforment un roman en polar. Un pied au paradis, de l'Américain Ron Rash, appartient à cette catégorie ambiguë à laquelle l... > lire la suite

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Citations et extraits

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  • Par kathel, le 26 juin 2010

    J’ai quitté la route en arrivant devant le magasin de Roy Whitmire, pour aller me garer à côté du panneau annonçant DERNIÈRE POMPE À ESSENCE AVANT TRENTE KILOMÈTRES. Je suis passé devant des types assis sur des caisses de Cheerwine et de Double Cola. Avec leurs crânes chauves et leurs cous ridés, ils ressemblaient à des tortues d’eau se chauffant au soleil sur des souches. Les types m’ont salué d’un signe de tête familier, mais la canicule les avait vidés de tout bavardage. J’ai farfouillé dans la glacière installée sur la galerie, les doigts engourdis par l’eau et la glace, avant de tomber enfin sur une petite bouteille. Je n’avais pas soif, mais il n’était pas convenable de ne rien acheter. Je suis entré dans une vaste pièce, plus sombre que l’extérieur, mais pas plus fraîche.

    La boutique n’avait guère changé, la première étagère était chargée de toutes sortes d’articles allant des hameçons Eagle Claw aux poudres contre les maux de tête Goody, et sur le comptoir se trouvait un grand bocal où nageaient dans une saumure trouble des oeufs durs plaqués contre la paroi de verre tels d’énormes yeux. Près de la caisse enregistreuse, un autre bocal, celui-ci rempli de rubans de réglisse.

    — Ça va-t-y, étranger ? a lancé Roy, en sortant de derrière le comptoir pour me serrer la main.

    On a bavardé de tout et de rien quelques minutes. Mes yeux se sont habitués à l’obscurité et j’ai aperçu le lynx empaillé sur le mur du fond – la patte levée prête à frapper, les yeux jaunes et luisants – toujours aux abois après trois décennies. Des sacs de vingt kilos de semences de maïs Delkab étaient empilés par terre en dessous.

    — Je suppose que tu n’as pas vu Holland Winchester ces deux derniers jours ? ai-je fini par demander, en en venant à la raison pour laquelle je m’étais arrêté.

    — Non, a répondu Roy. C’est pas que je l’aie cherché partout, note. J’ai assez d’ennuis comme ça pour pas aller m’en dénicher d’autres.
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  • Par Aifelle, le 04 décembre 2010

    "Les yeux peuvent mentir, mais au bout du compte ils vous diront la vérité. Quand Billy a répondu non, il a jeté un coup d'oeil à sa main droite qu'il tenait fermée. Je savais ce que cela signifiait pour en avoir vu plus d'un réagir de la même façon dans la même situation. Cette main droite avait servi à sortir de son champ des cailloux gros comme des pastèques. Elle avait servi à abattre des chênes dont on ne faisait pas le tour avec les bras. Et peut-être, simplement peut-être, cette main avait-elle servi à tenir un fusil avec assez d'assurance pour tuer un homme".

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  • Par caro64, le 21 août 2011

    Billy penserait peut-être que son navire était rentré au port chargé de richesses quand Carolina Power achèterait sa propriété pour quelques dollars de plus à l'hectare qu'il ne l'avait payée, du moins jusqu'à ce qu'il voie le prix d'une ferme telle que la sienne dans une autre partie du comté. Peut-être qu'avec cet argent il partirait à Seneca, à Anderson, où il achèterait une maison avec des toilettes à l'intérieur, l'électricité, et croirait avoir trouvé le paradis. Il travaillerait dans une filature où il toucherait sa paie chaque fin de semaine sans plus avoir à se soucier de la sécheresse, de la grêle, ni du sphinx du tabac. 
 Il y aurait d'autres changements qu'il n'apprécierait pas autant, des choses qui lui feraient regretter de ne plus être derrière un cheval et une charrue. Il faudrait qu'il demande l'autorisation pour aller boire un verre d'eau, ou pisser un coup. Le travail serait le même jour après jour, semaine après semaine, et l'usine chaude et humide comme par temps de canicule tout au long de l'année. Il respirerait un éternel crachin de peluches qu'il passerait la moitié de ses nuits à expulser en toussant. 
 Son travail ne lui apporterait aucune satisfaction, mais quand la sirène de la filature le libérerait en fin de journée, il rentrerait auprès d'une femme et d'un enfant. Il y avait des hommes qui lui envieraient au moins cela.
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  • Par domi69, le 09 avril 2012

    j'ai commencé à assembler des mots dans ma tête et puis à les effacer. C'était comme si je buchais sur des mots croisés.Chaque mot devait tenir à un endroit précis. Mais ils ne tenaient pas , malgré le nombre de fois où je me reprenais à les mélanger. Elle m'avait menti pendant presque 18 ans , donc elle était experte. Les mots que je voulais frapperaient maman si vite et si fort que son visage ne pourrait pas s'empêcher de révéler aussitôt le vérité.
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  • Par Eskalion, le 09 janvier 2011

    J’ai quitté Jocassee , pour la dernière fois pourvu que ca ne tienne qu’à moi. Je reviendrais pas ici pour pêcher, faire du ski nautique ou me baigner ni rien de tout ça. Ici, c’était pas un coin pour les gens qui avaient un foyer. Ici, c’était un coin pour les disparus
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