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Par liliba le 27/01/2010
Voilà de nouveau une lecture passionnante ! Ravalec nous emmène sur les pas de Gaston et nous assistons à la réussite de ce petit voyou parisien avec un immense plaisir. Car si Gaston est un voyou, il n'en n'est pas moins droit et honnête dans ses relations aux autres, il a des principes, une certaine morale et même parfois de la grandeur d'âme. Que sont donc quelques magnétoscopes volés (enfin, quelques milliers !) ou quelques camions détournés par rapport à la volonté de ce jeune homme de réussir, de se sortir à tout prix de sa condition de petit voleur et d'acquérir enfin un statut : une plaque au nom de sa société apposée sur le devant de l'immeuble ? Pour réussir, Gaston ne ménage pas sa peine, il est travailleur, volontaire et fait souvent montre d'une grande finesse dans les relations humaines ou commerciales. En bref, il est talentueux et ne tardera pas à atteindre ses objectifs.
Mais Gaston vient du bas de l'échelle et devrait savoir pourtant que "plus on monte haut, plus on risque de redescendre". Alors que tout s'enchaîne au mieux pour lui et que ses "affaires" prennent de l'ampleur, qu'il se met à gagner beaucoup d'argent, il se transforme. Des angoisses soudaines l'étreignent parfois sans raison, il devient colérique, violent même, il ne se reconnaît plus et remarque également dans le regard de Marie-Pierre et de ses amis les interrogations que son étrange comportement suscite... Gaston ne comprend pas ce qu'il lui arrive, il est déstabilisé par cet état étrange dans lequel il se trouve et qui lui ressemble si peu, lui si battant, si direct, si volontaire. Il tente de s'auto-analyser, de comprendre les influences ou phénomènes qui peuvent modifier ainsi son caractère, sa personnalité, mais ne peut pour autant pas s'empêcher d'agir parfois presque à l'encontre de lui-même. Va-t-il subir la lente descente aux enfers qu'il appréhende, ou bien l'amour de Marie-Pierre l'aidera-t-il à s'en sortir et à redevenir le Gaston auréolé de succès qu'il était il y a si peu de temps ?
Il y a du Céline en Ravalec.
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Par Lune le 02/06/2008
Cette descente dans un monde parallèle ô combien réel, ô combien méconnu en ce qui me concerne, ne m'a provoqué aucune amertume. Gaston, le narrateur, attire sympathie et dégoût. Victime d'une société qui donne peu de chances pour se réaliser? Certes. Nous le suivons, mélange d'honnêteté dans la malhonnêteté. Nous ne le suivons plus lorsqu'il tue, nous n'acceptons pas l'acte le plus barbare qui soit et que rien ne justifie. Ce roman nous montre les précipices dans lesquels hommes ou femmes peuvent tomber soit par vice, soit par faiblesse. Ne pas se voiler les yeux, regarder les choses en face, ce livre nous dévoile toutes les vicissitudes, toutes les horreurs d'une frange de la société que l'on retrouve dans toute ville. L'amour est présent quoique sali. On ne sait comment ramener quelqu'un à la lumière de la vie, tout est rejeté, avili, sans espoir... L'écriture alerte rend ce livre aisé à lire mais il me fut lourd et pénible à certains moments. Ecrivain de la "nouvelle génération"qui nous montre la désespérance, la souffrance lourde, le réalisme d'un quart monde sans espoir face à une société impitoyable où le paraître vaut plus que l'être.
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Quand Gaston, petit délinquant du 10e arrondissement de Paris prend en stop Marie-Pierre, une bombe normande tout juste âgée de 16 ans, il ne se doute pas que cette dernière va l'aider à passer des petits trafics au monde des affaires. En quête de reconnaissance sociale, le rêve de Gaston, c'est de devenir patron, “être quelqu'un” !
Avec Marie-Pierre comme secrétaire, sa société “Extramill” va voir le jour et même couler des jours heureux. Les grands restos, la grande maison à Châtillon, les beaux calibres, la belle voiture… La belle vie quoi, mais: Quand on a pas trop d'argent on fait attention, c'est normal, mais dès qu'on a trois sous on dirait que d'un coup la vie est devenue plus chère et que le monde entier se ligue dans le but avoué de vous faire dépenser, dépenser jusqu'à ce que vous soyez à sec et que la seule solution qu'il vous reste c'est de vous faire un croum chez l'épicier et sortir votre mouchoir pour pleurer.
Gaston ne voulant pas faire couler sa société flambant neuve prévient Marie-Pierre qu'il va falloir se serrer la ceinture, alors les vacances prévues au Cap d'Agde avec Patricia et Bruno (les associés) vont devoir être sans superflu!
Des vacances simples donc mais assez cocaces, loin de la tumulte parisienne, Gaston va devoir s'habituer à un tout autre monde…celui du naturisme, pratique favorite de Bruno et Patricia. Pendant deux semaines, la proximité, la chaleur, l'insouciance et le peu de vêtements aidant, les deux couples vont ne faire plus qu'un!
De retour dans la capitale, les affaires ont du mal à reprendre, Marie-Pierre est de plus en plus absente, les crises de paranoïa dont Gaston est victime s'accentuent et pour couronner le tout, un colosse que Gaston a arnaqué quelques mois plus tôt va le retrouver pour lui régler son compte (Comprenez : le tabasser et lui prendre tout son oseille!) Après avoir connu la gloire, Gaston se retrouve donc “une main devant, une main derrière” et comme une catastrophe n'arrive jamais seule, il assiste à la fuite de Marie-Pierre et à la perte de sa maison…
Gaston presqu'au bout du rouleau et ne voulant pas finir dans un boui-boui miteux décide de retourner en Normandie pour se réapproprier sa Marie-Pierrre. le couple infernal désormais sans argent va essayer de survivre comme il peut. Et c'est dans le milieu du proxénétisme qu'on retrouve notre anti-héros accompagnée de sa belle. Un milieu que le couple ne maîtrise pas et qui fera perdre à Gaston son sang-froid, lui qui avait pourtant réussi à le garder miraculeusement jusqu'ici!
Lien : http://leboucheaoreille.wordpress.com/2012/01/07/cantique-de-la-raca..