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ISBN : 2714468942
Éditeur : Belfond (12/01/2017)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Un roman russe fulgurant, une plongée dans l'immensité sibérienne, qui conte l'éternel affrontement entre désir de liberté et asservissement au pouvoir. Porté par une seule devise, Volia volnaïa, « Libre liberté », une très forte quête identitaire, avec, en toile de fond, le tableau contrasté de la Russie d'aujourd'hui, tiraillée entre tradition et modernité.
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Critiques, Analyses & Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
20 janvier 2017
★★★★★
★★★★★
La Russie post communiste.
Sibérie, sur les côtes de la mer d'Okhotsk.
Un mois d'octobre, sur les rives de l'Ioukhta, dans le cadre du
rituel parfaitement rodé de la nature au coeur de la taïga, Guenka
chasseur de zibelines et pêcheur à ses heures, amoureux de la taïga et de la chasse,
pêche à la senne.
Ainsi débute ce magnifique mais difficile voyage à travers l'immensité sibérienne, que nous offre Victor Remizov dans ce premier roman foisonnant de personnages.
C'est l'ouverture de la saison de la chasse. Chasseurs, pêcheurs et milice locale s'entrecroisent dans ces contrées perdues, dans la taïga sous la neige avec ses zibelines, élans, cerfs, loups.... superbement décrite dans ses moindres frémissements.
Même loin de Moscou, "les patrons" toujours présents, carburent sur place à l'alcool et aux filles. Les chefs de milices, gouverneurs des chef-lieux, aux emplois trés convoités -même qu'il faut payer pour avoir la place- selon l'ampleur du business, sous déguisement d'autorité font fonction de mafia locale. Ils rackettent, fixant leurs propres lois. Face à ces hommes maîtres du bourg, les chasseurs et les pêcheurs, maîtres de la taïga ( " il n'aimait pas que la vie du bourg empiète sur la chasse...").
Un incident entre un chasseur et le chef de la milice va mettre le bourg et la taïga en ébullition.....
De magnifiques portraits d'hommes superstitieux, attachants et touchants, dont l'insoumis Kobiakov,chasseur/ pêcheur , Tikhi, chef de la milice, Choura, dit l'Etudiant en quête de justice, Balabane, le musicien courageux, Jebrovski, l'ex businessman en quête d'une nouvelle vie.......et bien qu'au second plan, des femmes fortes et pleines de vitalité.
Le titre du livre " VOLIA VOLNAÏA" qui littéralement signifie " volonté ou liberté de l'individu d'utiliser son libre arbitre ", résume parfaitement cette oeuvre qui raconte les hommes et leur volontés d'être libre dans l'Extrême-Orient russe, de nos jours; Une liberté que leur octroie la nature mais pas la société des hommes. Moscou, bourg ou taïga, le pouvoir est partout, et pourri ! Bref, comme dit Choura," Je crois que nous ne faisons plus de différence entre le bien et le mal ".
Un bel aperçu de la Russie de Poutine ! qui fait mal au coeur.....

"Il aimait cette immensité dont il était, qu'on le veuille ou non, le maître...... chemin absurde vers la liberté ! "
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Renod
08 janvier 2017
★★★★★
★★★★★
Aux premières chutes de neige, les hommes de Rybatchi, un bourg de Sibérie orientale, partent chasser la zibeline en pleine taïga. Ils y passent plusieurs mois dans la plus grande solitude, dormant dans des isbas rudimentaires. Leurs conditions de vie sont austères mais pourtant, ils attendent le moment du départ avec impatience. Car à leurs yeux, cet exil au coeur de la forêt est une expérience de liberté totale. Leur solitude leur permet de se retrouver. Ils vivent en communion avec une nature sauvage et si grande, qu'elle paraît sans fin.
Un événement va contrarier la nouvelle saison de chasse. Les habitants de Rybatchi tirent leurs principaux revenus de la pêche illégale et du trafic d'oeufs de saumon. Activités formellement interdites mais tolérées par la milice en échange d'une « taxe » de 20%, un impôt discrètement payé aux autorités en enveloppes de cash. Seul Kobiakov refuse de se soumettre à ce système de corruption. Et un matin, il va s'accrocher violemment avec les deux responsables de la milice. L'altercation va déclencher une réaction massive qui va déborder tous les protagonistes. Car l'Etat russe, s'il se montre indifférent au sort de ces populations éloignées, a toujours su exprimer son autorité avec la plus grande fermeté. Une chasse à l'homme débute dans la taïga.
Ode à la nature, désobéissance civile, âme russe… Remizov semble s'inspirer aussi bien de Tolstoï que de Thoreau. Il évoque le destin de ces hommes qui se ressourcent au contact de la nature mais qui doivent affronter une époque de dérèglement. « Volia volnaïa » critique férocement la corruption généralisée de la société qui gangrène la Russie de sa capitale à la Sibérie orientale. le roman attaque un pouvoir arbitraire, violent, exercé sans justice. le livre m'a fait penser à "Léviathan", le film d'Andreï Zviaguintsev ; le réalisateur et le romancier ont des intentions similaires : comment réagir face à un État qui est devenu un « monstre dévoreur d'âmes » ? Comment acquérir une liberté qui est le « seul bien authentique » de l'homme ? Faut-il choisir la retraite dans la taïga, comme Guenka, loin des problèmes des hommes ? Faut-il accepter de vivre en esclave ? Ou bien faut-il choisir la voie de la révolte et de la violence ?
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LeaTouchBook
11 janvier 2017
★★★★★
★★★★★
Si comme moi vous adorez le genre du nature writing, sachez que la littérature russe avec les éditions Belfond viennent de nous offrir une belle pépite du genre !
Volia volnaïa est une hymne à la nature, aux paysages magnifiques russes mais aussi un constat féroce, un portrait controversé de la Russie de nos jours. Lorsque un coin reculé qui semble hors du temps, libre et authentique se confronte à la modernité, à l'autorité de la civilisation; cela donne un très bon roman dans la lignée des grands classiques.
J'ai énormément aimé la plume de Victor Remizov, traduit par Luba Jurgenson: c'est à la fois poétique, sensible, fort : c'est un premier roman extrêmement réussi ! Les thématiques abordées sont extrêmement passionnantes, pertinentes et audacieuses. Au travers de protagonistes émouvants, charismatiques et uniques; l'auteur ose poser des questions essentielles sur la volonté de vivre en toute autonomie et sur les choix de combat dans notre vie.
Kobiak, le seul qui ne souhaite pas se soumettre à la taxe imposée par les autorités, est un être extrêmement profond, entier et dont le combat est important. Dans une chasse à l'homme terrifiante où la force des armes affronte la force de la volonté, Remizov livre un roman intelligent sur le choix d'une liberté détachée de la société.
En définitive, un très beau roman, un premier livre que je recommande fortement !
Lien : http://leatouchbook.blogspot..
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Brize
03 février 2017
★★★★★
★★★★★
C'est aux confins de la Russie, dans la taïga sibérienne, que se déroule « Volia volnaïa », roman où ces vastes espaces ont autant d'importance que les hommes qui les parcourent, avec leurs rêves, leurs grandeurs et leurs bassesses.
Quand revient le temps de la chasse, à l'orée de l'hiver, ils retrouvent cette nature sauvage dans laquelle ils s'enfoncent, rouvrant les isbas qui leur servent de refuges. Ces chasseurs sont aussi des pêcheurs et l'économie de leur village repose sur la vente des conteneurs d'oeufs de saumon qu'ils collectent, sur laquelle la milice prélève 20%, personne n'y trouve rien à redire, ça se passe comme ça en Russie, la corruption à tous les niveaux du pouvoir.
Cette mécanique bien huilée se grippe suite à une altercation entre l'un des villageois, Stepane Kobiakov et le chef de la milice, Alexandre Mikhaïlovitch Tikhi et son adjoint, Gnidiouk Semionovitch. Stepane n'était pas en tort mais l'attitude agressive de Gnidiouk l'a fait sortir de ses gonds et la situation a un peu dégénéré. Tikhi ne réussit pas à étouffer l'affaire comme il le souhaiterait et voilà Stepane Kobiakov devenu, aux yeux de Moscou qui dépêche ses forces spéciales sur place, l'ennemi public numéro 1 …
« Volia volnaïa » (« liberté libre ») est un roman sacrément dépaysant. Avec lui, c'est la Sibérie comme si vous y étiez, ambiance taïga-chasse-pêche-vodka (aucun Russe ne semble échapper à la vodka !) garantie. C'est aussi une totale absence de langue de bois : la Russie est pourrie jusqu'à l'os, ça ne date pas d'hier et ça n'est pas prêt de prendre fin. Moi, de mon côté, c'était moins le fait que les villageois soient assujettis à leur milice qui me choquait que la manière dont ils éventrent les saumons à tour de bras pour récolter des tonnes d'oeufs et tuent les zibelines pour vendre leurs peaux, sans paraître respecter des quotas, à croire que l'abondance poissonneuse et giboyeuse durera de toute éternité. Que voulez-vous, c'est mon idéal Indien qui ne prélève que le nécessaire et rend grâce à la terre de le lui fournir qui parle.
Cela ne m'a pas empêchée de m'intéresser aux personnages (en remerciant l'auteur de nous en avoir dressé, au début du livre, la liste comprenant toutes les manières dont ils peuvent être nommés car qui n'a jamais eu des doutes à ce sujet en lisant de la littérature russe ?). Ils ne sont pas (enfin, il y a des exceptions !) monolithiques, y compris le citadin Ilya Jebrovski en vacances nature, et les découvrir, pour certains, en profondeur, contribue à l'intérêt du récit. Celui-ci s'avère de plus en plus tendu et on se dit qu'on lit la chronique d'une catastrophe annoncée … mais la fin m'a surprise (et beaucoup plu).
Lien : https://surmesbrizees.wordpr..
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livresetbonheurs
10 mars 2017
★★★★★
★★★★★
Ce roman n'est pas un roman comme les autres.
Pour l'apprécier, il faut en accepter sa lenteur, sa minutie.
Et ce froid qui nous engourdit presque par moment, comme si nous étions nous mêmes plongés dans la blancheur de la Taïga.
C'est comme une gorgée de vodka âpre qui vous brûle les tripes.
Comme un voyage dans un autre monde, où tranditions ancestrales se heurtent à une pseudo modernité et à une corruption organisée.
C'est comme un cri de liberté qui monte par delà la cime des mélèzes et qui cherche les souvenirs d'une révolution.
C'est un face-à-face d'hommes. Et aussi un face-à-face entre l'homme et l'animal, dans toute sa brutalité.
Le courant autant que les mots de Remizov nous emportent. On ne cherche même plus à respirer, on s'abandonne, on sent l'odeur du sacrifice rôder.
Et finalement, comme ces hommes aiment la rudesse de leur vie et de leurs solitudes, on aime ce roman et on écoute battre le coeur des grands espaces sibériens.
Lien : https://livresetbonheurs.wor..
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Les critiques presse (2)
Actualitte16 mars 2017
Un souffle lyrique, une quête identitaire complexe, des paysages époustouflants, des habitudes de vie singulières, si pittoresques… C'est certain, le voyage ne se refuse pas.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeFigaro10 mars 2017
Plongée dans une contrée hostile où l'histoire passe sans altérer l'âme des hommes.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations & extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda11 mars 2017
L'air était empli d'échos. Durant ces journées où Guenka remontait la rivière, allant d'une maison forestière à l'autre, le soleil était resté éclatant dans le ciel bleu. Les mélèzes faisaient tomber leurs aiguilles sur les bancs de galets. Jaunes ou grises, elles virevoltaient dans l'air sonore, petites toupies légères et rapides, avant de se figer à la surface transparente de l'eau ; elles coulaient doucement au même rythme que le ciel. Leur masse dorée bordait les rives d'un tendre liseré. C'était le temps le plus agréable : il gelait légèrement ; la nuit, la température descendait à moins dix. La glace, ne fondait pas sur les flaques. Le matin, les rives sablonneuses étaient saisies par le froid, on pouvait marcher dessus comme sur du macadam. La rivière exhalait de la vapeur, les pierres et les branches sortant de l'eau étaient ornées de givre blanc.
Guenka attendait la neige.
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BookycookyBookycooky14 janvier 2017
C’était probablement parce que les ombles ne périssaient pas qu’ils n’avaient pas la même force vitale : ils étaient toujours moins nombreux que les saumons de mer. Trop craintifs, ils capitulaient là où ils auraient pu l’emporter, alors qu’une femelle de saumon pas très grosse n’hésitait pas à se jeter sur un banc d’ombles en défendant son nid et les mettait en fuite. Il s’agissait de deux philosophies différentes. Les uns vivaient et se protégeaient, mesquins, les autres se sacrifiaient, et cela les rendait forts.
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nadejdanadejda12 mars 2017
Le soleil descendait derrière la montagne, la rive opposée était dejà d'un bleu sombre, seules les crêtes enneigées au sud restaient éclairées. Le Iélovoïé se chantait une berceuse à lui-même. En refroidissant, la glace se craquelait sur toute la surface, des craquements sonores roulaient d'une rive à l'autre, tonitruants, effrayants, l'écho se démenait entre les rochers, puis s'envolait vers le ciel vespéral. Et de nouveau, déflagrations et hurlements reprenaient. On eût dit qu'un immense vase de cristal se brisait interminablement dans une séquence au ralenti. Le ciel grondait sans cesse au-dessus du lac Ielovoïé.
Le froid devenait intense.
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BookycookyBookycooky19 janvier 2017
Un grand téléviseur à écran plat assurait discrètement le fond sonore, peuplant la pièce de voix et de visages : différents présentateurs moscovites célèbres et contents d’eux y apparaissaient, en compagnie d’invités tout aussi satisfaits. Le bonheur et l’aisance coulaient de l’écran, il aurait fallu prévoir une bassine pour qu’ils n’inondent pas le sol.
Quoi qu’on dît, la télévision était l’unique moyen de fédérer un pays aussi immense
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BookycookyBookycooky18 janvier 2017
Il contemplait avec amertume les immenses espaces montagneux, la taïga, pensait à sa belle datcha près de Moscou, à son grand appartement qui occupait un étage entier dans un immeuble du boulevard Gogol… Il comprenait bien qu’il n’existait rien de commun entre ceux qui regardaient le ciel depuis leurs bureaux moscovites, passaient leurs soirées au restaurant ou au théâtre, distribuaient les licences de pêche et de chasse, les autorisations à extraire l’or… et un Onc’ Sacha qui sillonnait la taïga sur son vieux tas de ferraille.
Rien ne les unissait : ni Dieu, ni un tsar, ni même un guide bien-aimé.
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Videos de Victor Remizov (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Victor Remizov
Victor Remizov met en avant son rapport avec la nature à travers son roman « Volia Volnaïa ». Une plongée dans l?immensité sibérienne, qui conte l?éternel affrontement entre désir de liberté et asservissement au pouvoir. En savoir plus sur « Volia Volnaïa » : http://bit.ly/2iEDfj9
Victor Remizov est né à Saratov, en Russie, en 1958. Après des études de géologie, il s?est tourné vers les langues à l?université d?État de Moscou. Toujours entre nature et littérature, il a travaillé comme géomètre expert dans la taïga, puis en tant que journaliste et professeur de littérature russe. Nommé pour le Big Book Award et le Russian Booker, Volia Volnaïa est son premier roman. Il vit à Moscou avec sa famille.
Interview réalisée par Nathalie Iris ? librairie Les mots en marge à La Garenne Colombes
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