Tous les joyeux personnages de "
Messieurs les ronds-de-cuir" de
Georges Courteline se retrouvent dans ce roman et accueillent le cousin anglais d'Irène Quibolle, Sherrinford, le fils de Julienne Vernet, descendant de la famille des peintres Vernet. On l'aura compris, Sherrinford n'est autre que
Sherlock holmes, voyageant incognito pendant le grand hiatus, en 1893.
René Réouven réussit ici haut la main une excellente parodie d'une très grande cohérence.
Messieurs les ronds-de-cuir parut, pour la première fois, en feuilleton, au cours des années 1891-1892, puis sous forme de livre, en 1893. A cette époque, les attentats anarchistes faisaient rage à Paris (dont ceux perpétrés par Ravachol, boulevard Saint-Germain), avec une violence crescendo qui aboutira en 1994 à l'assassinat par l'anarchiste italien Caserio, de Sadi Carnot, le président de la république française.
Tous ces éléments bien réels servent à la construction du récit, mêlant astucieusement les aventures au service des Dons et Legs, les événements historiques, et les citations attendues de
Conan Doyle ("
L'assassin du boulevard" !) sans oublier la participation des ennemis traditionnels de
Sherlock holmes - le professeur Moriarty et le colonel Moran - qui réapparaissent logiquement lors du retour de Holmes dans la "Maison vide".