Grâce à un artifice bien commode, nous retrouvons Holmes et Watson menant deux enquêtes commanditées par "Sir Arthur"
Conan Doyle dans la première moitié du XIXème siècle, à Paris puis à Baltimore. Hé oui, les deux enquêtes se déroulent en 1834 et en 1849. Seule explication : une brève allusion à la machine à voyager dans le temps mise au point par Herbert George Wells, ami de
Conan Doyle ! Par ailleurs, Holmes et Watson semblent avoir conscience qu'ils ne sont que des personnages de fiction (page 10) et il s'agit pour eux de prouver que la source d'inspiration de Sir Arthur pour la création de ses personnages n'était pas, comme on l'a souvent dit, le fameux chevalier Dupin apparaissant à trois reprises dans l'œuvre d'
Edgar Allan Poe. Holmes et Watson doivent démontrer qu'ils sont bien des créations originales en recherchant l'identité réelle du chevalier Dupin dans la France de Louis-Philippe, et en dévoilant au passage les dessous de l'affaire de "
La lettre volée" !
Une fois admis ce postulat de départ, quand même très tiré par les cheveux, on appréciera l'enquête menée avec la collaboration de Vidocq, ancien forçat, ancien policier et premier détective privé de l'Histoire, qui les conduira sur les traces de Lacenaire, assassin poète qui sera guillotiné en 1836 pour ses crimes.
Dans la deuxième partie, Holmes et Watson élucident le mystère de la mort d'
Edgar Poe lui-même, et dénouent à cette occasion les fils reliant "Le Mystère de Marie Roget" à cette mort.
René Reouven montre une fois de plus une grande érudition historique et littéraire, au risque de perdre au passage les amateurs de vrais polars, l'avalanche de références noyant un peu le suspense et diluant les coups de théâtre. le titre-jeu de mot "
Le détective volé" est finalement expliqué par un dernier paradoxe temporel, astucieux certes mais un peu encombrant, car soulignant l'anachronisme des personnages. On aurait pu se contenter du simple sous-titre : "
Edgar Poe et
Sherlock Holmes".