> Michel Pernot (Éditeur scientifique)
> Marie-Thérèse Hipp (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070412911
Éditeur : Gallimard (2003)


Note moyenne : 3.86/5 (sur 7 notes) Ajouter à mes livres
Autrefois, ce n'était pas comme maintenant ; les premiers ministres manqués faisaient de grands mémorialistes, et même de grands écrivains tout court : Retz, Saint-Simon, Chateaubriand. Retz a d'ailleurs été cardinal-archevêque de Paris, et l'un des principaux meneurs d... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par Couperine, le 04 janvier 2011

    Couperine
    Né à Montmirail en 1613, Jean-François-Paul de Gondi eut pour précepteur Saint-Vincent de Paul. Son père, général des galères, décida, en dépit des frasques du jeune homme, "d'attacher à l'Eglise l'âme peut-être la moins ecclésiastique de l'univers", pour conserver dans la famille l'archevêché de Paris: en 1643, il fut sacré archevêque de Corinthe et nommé coadjuteur de son oncle Henri de Gondi, archevêque de Paris. Un récit de la Conjuration de Fiesque, qu'il avait composée à Rome, à dix-huit ans, d'après un modèle italien, avait arraché à Richelieu cette exclamation: "Voilà un dangereux esprit !" La Fronde lui fournit bientôt l'occasion de donner libre cours à son goût de l'intrigue et à ses talents de conspirateur. Ils lui valurent, en janvier 1652, le chapeau de Cardinal, mais aussi, en décembre, son emprisonnement au château de Vincennes, où il devait rester quinze mois avant d'être transféré au château de Nantes. Une évasion, au cours de laquelle il se cassa la clavicule, lui permit de gagner l'Espagne, puis Rome. Durant un exil de six années, qui ne prendra fin qu'à la mort de Mazarin (1661), il continuera d'intriguer et prétendra administrer de loin l'archidiocèse de Paris: il n'y renoncera qu'en 1662 en échange de l'abbaye de Saint-Denis. Retiré à Commercy, il écrit de 1662 à 1677 ses Mémoires, qui ne seront publiées qu'en 1717. le Cardinal mourra en 1679 dans son abbaye de Saint-Denis. Il y sera inhumé, mais Louis XIV interdira qu'on y dresse un monument - ce qui évitera la profanation de sa tombe en 1793, alors alors que les corps des rois seront tous jetés à la fosse commune par les révolutionnaires.
    A lire et à relire. Les Mémoires sont une source de renseignements historiques et sociaux. Bien entendu, il faut garder à l'esprit que le Cardinal de Retz reste subjectif.

    Lien : http://livresetmanuscrits.e-monsite.com/rubrique,cardinal-de-retz,12..
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    • Livres 2.00/5
    Par quiliravivra, le 18 juin 2011

    quiliravivra
    Alors là !
    Ouh là là quel pensum !
    Mais mon professeur de lettres a su rendre passionnant ce gros pavé littéraire quoique je n'en ai plus guère de souvenirs !
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  • Par Kalliope, le 13 décembre 2010

    Kalliope
    Un peu ardu mais à recommander pour les passionnés de cette époque.
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Citations et extraits

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  • Par Piling, le 28 septembre 2008 Première phrase du livre

    incipit :
    Madame, quelque répugnance que je puisse avoir à vous donner l'histoire de ma vie, qui a été agitée de tant d'aventures différentes, néanmoins, comme vous me l'avez commandé, je vous obéis, même aux dépens de ma réputation. Le caprice de la fortune m'a fait honneur de beaucoup de fautes ; et je doute qu'il soit judicieux de lever le voile qui en cache une partie. Je vas cependant vous instruire nuement et sans détour des plus petites particularités, depuis le moment que j'ai commencé à connaître mon état ; et je ne vous cèlerai aucunes des démarches que j'ai faites en tous les temps de ma vie.
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  • Par Couperine, le 04 janvier 2011

    Comme le Cardinal eut aperçu que j'avais tourné son art contre lui-même, il ne garda presque plus de mesure avec moi ; et un jour, entre autres, que je disais à la Reine, devant lui, que la chaleur des esprits était telle qu'il n'y avait plus que la douceur qui les pût ramener, il ne me répondit que par un apologue italien, qui porte qu'au temps que les bêtes parlaient, le loup assura avec serment un troupeau de brebis qu'il le protégerait contre tous ses camarades, pourvu que l'une d'entre elles allât, tous les matins, lécher une blessure qu'il avait reçue d'un chien. Voilà le moins désobligeant des apophtegmes dont il m'honora trois ou quatre mois durant : ce qui m'obligea de dire, un jour, en sortant du Palais-Royal, à M. le maréchal de Villeroy que j'y avais fait deux réflexions : l'une, qu'il sied encore plus mal à un ministre de dire des sottises que d'en faire ; et l'autre, que les avis que l'on leur donne passent pour des crimes toutes les fois que l'on ne leur est pas agréable.
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  • Par Couperine, le 04 janvier 2011

    Dans le cours de cette année d'agitation que je viens de toucher, je me trouvai moi-même dans un mouvement intérieur qui n'était connu que de fort peu de personnes. Toutes les humeurs de l'État étaient si émues par la chaleur de Paris, qui en est le chef, que je jugeais bien que l'ignorance du médecin ne préviendrait pas la fièvre, qui en était comme la suite nécessaire. Je ne pouvais ignorer que je ne fusse très mal dans l'esprit du Cardinal. Je voyais la carrière ouverte, même pour la pratique, aux grandes choses, dont la spéculation m'avait beaucoup touché dès mon enfance ; mon imagination me fournissait toutes les idées du possible ; mon esprit ne les désavouait pas, et je me reprochais à moi-même la contrariété que je trouvais dans mon cœur à les entreprendre. Je m'en remerciai, après en avoir examiné à fond l'intérieur, et je connus que cette opposition ne venait que d'un bon principe.
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  • Par Couperine, le 04 janvier 2011

    Le Pape tint consistoire, le jour qui suivit l'audience dont je viens de vous rendre compte, tout exprès pour me donner le chapeau. " Et comme, me dit-il, vostro protettore di quattro baiocchi (il n'appelait jamais autrement le cardinal d'Est) est tout propre à faire quelque impertinence en cette occasion, il le faut amuser et lui faire croire que vous ne viendrez pas au consistoire. " Cela me fut aisé, parce que j'étais, dans la vérité, très mal de mon épaule, et si mal que Nicolo, le plus fameux chirurgien de Rome, disait que si l'on n'y travaillait en diligence, je courais fortune de tomber dans des accidents encore plus fâcheux. Je me mis au lit sous ce prétexte, au retour de chez le Pape. Il fit courir je ne sais quel bruit touchant ce consistoire, qui aida à tromper les Français.
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  • Par Couperine, le 04 janvier 2011

    Le cardinal de Richelieu avait de la naissance. Sa jeunesse jeta des étincelles de son mérite : il se distingua en Sorbonne ; on remarqua de fort bonne heure qu'il avait de la force et de la vivacité dans l'esprit. Il prenait d'ordinaire très bien son parti. Il était homme de parole, où un grand intérêt ne l'obligeait pas au contraire ; et en ce cas, il n'oubliait rien pour sauver les apparences de la bonne foi. Il n'était pas libéral ; mais il donnait plus qu'il ne promettait, et il assaisonnait admirablement les bienfaits. Il aimait la gloire beaucoup plus que la morale ne le permet ; mais il faut avouer qu'il n'abusait qu'à proportion de son mérite de la dispense qu'il avait prise sur ce point de l'excès de son ambition.
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