> Hubert Juin (Préfacier, etc.)

ISBN : 2070325326
Éditeur : Gallimard (1989)


Note moyenne : 4.12/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres
Ce recueil réunit des Poèmes en prose datant de 1915, Quelques poèmes et la prose poétique de La Lucarne ovale de 1916, et des poèmes des Ardoises du toit de 1918 de Pierre Reverdy, cet immense poète qui a mis sa vie dans ses poèmes. Le poète est bien l'homme le plus en... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 5.00/5
    Par zohar, le 24 mai 2011

    zohar
    Tout son recueil est comme constitué de « cristaux déposés après l'effervescent contact de l'esprit avec la réalité ».
    En termes précis, le poète cherche à situer sa relation entre lui-même (ou l'homme, de façon plus générale) et le monde, le rêve et la réalité.
    C'est dans cette quête essentielle que se situe, pour Reverdy, la poésie. Elle est absence, elle est « dans ce qui n'est pas », dans ce qui manque.
    Le poète recherche, hors de toute rhétorique, un dépouillement extrême de sa poésie.
    Sa poésie demande à l'image de préciser la justesse d'un rapport intellectuel.
    Reverdy peut être appréhendé comme un poète statique. Mais son immobilité est sillonnée par de grands frémissements d'une sensibilité discrète et réservée.
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Citations et extraits

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  • Par LiliGalipette, le 23 février 2011

    Pour le moment

    La vie est simple et gaie
    Le soleil clair tinte avec un bruit doux
    Le son des cloches s'est calmé
    Ce matin la lumière traverse tout
    Ma tête est une rampe allumée
    Et la chambre où j'habite est enfin éclairée

    Un seul rayon suffit
    Un seul éclat de rire
    Ma joie qui secoue la maison
    Retient ceux qui voudraient mourir
    Par les notes de sa chanson

    Je chante faux
    Ah que c'est drôle
    Ma bouche est ouverte à tous les vents
    Lance partout des notes folles
    Qui sortent je ne sais comment
    Pour voler vers d'autres oreilles
    Entendez je ne suis pas fou
    Je ris au bas de l'escalier
    Devant la porte grande ouverte
    Dans le soleil éparpillé
    Au mur parmi la ligne verte
    Et mes bras sont tendus vers vous

    C'est aujourd'hui que je vous aime

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  • Par LiliGalipette, le 23 février 2011

    Surprise d'en haut

    Au fond du couloir les portes s'ouvriront
    Une surprise attend ceux qui passent
    Quelques amis vont se trouver là
    Il y a une lampe qu'on n'allume pas
    Et ton œil unique qui brille

    On descend l'escalier pieds nus
    C'est un cambrioleur ou le dernier venu
    Qu'on n'attendait plus
    La lune se cache dans un seau d'eau
    Un ange sur le toit joue au cerceau
    La maison s'écroule

    Dans le ruisseau il y a une chanson qui coule

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  • Par aleatoire, le 12 août 2011

    Rappelle-toi le temps ou nous allions ensemble
    Nous marchions dans les rues entre les maisons
    Et sur la route au milieu des buissons
    Parfois le vent nous rendait muets
    Parfois la pluie nous aveuglait
    Tu chantais au soleil
    Et la neige me rendait gai
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  • Par LiliGalipette, le 23 février 2011

    La Vie dure

    Il est tapi dans l'ombre et dans le froid. Quand le vent souffle il agite une petite flamme au bout des doigts et fait des signes entre les arbres. C'est un vieil homme ; il l'a toujours été sans doute et le mauvais temps ne le fait pas mourir. Il descend dans la plaine quand le soir tombe ; car le jour il se tient à mi-hauteur de la colline caché dans quelque bois d'où jamais on ne l'a vu sortir. Sa petite lumière tremble comme une étoile à l'horizon aussitôt que la nuit commence. Le soleil et le bruit lui font peur ; il se cache en attendant les jours plus courts et silencieux d'automne, sous le ciel bas, dans l'atmosphère grise et douce où il peut trotter, le dos courbé, sans qu'on l'entende. C'est un vieil homme d'hiver qui ne meurt pas.

    Aux premières heures du jour je me suis levé lentement. Je suis monté à l'échelle du mur, et, par la lucarne, j'ai regardé passer les gens qui s'en allaient.

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  • Par LiliGalipette, le 23 février 2011

    En face

    Au bord du toit
    Un nuage danse
    Trois gouttes d'eau pendent à
    La gouttière
    Trois étoiles
    Des diamants
    Et vos yeux brillants qui regardent
    Le soleil derrière la vitre
    Midi

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