ISBN : 2213655154
Éditeur : Fayard (2010)


Note moyenne : 4.11/5 (sur 18 notes) Ajouter à mes livres
Nous avons tous appris un jour que Clovis était le premier des rois de France. Qui sait qu’en Allemagne, il est considéré comme un roi allemand ? De Saint Louis, on garde l’image d’un grand souverain, rendant la justice sous son chêne. On ignore qu’il imposa aux Juifs d... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Walktapus, le 16 avril 2011

    Walktapus
    "Le patriotisme populaire allait trouver sa parfaite expression dans Jeanne d'Arc. Certaines de ses réponses aux questions des juges du procès de Rouen mettent en relief ce qu'il y avait en elle de paysan, et paysan de chez nous : l'habile simplicité, le parler narquois abondant en proverbes".
    Le fils de paysan "de chez nous" rigole bien en lisant ces lignes d'un manuel d'histoire de France d'entre deux guerres, alors que la République venait de récupérer l'Alsace Lorraine.
    L'histoire dite de France a de tous temps été manipulée, réécrite, récupérée par les différents courants politiques religieux, royalistes ou nationalistes, qui en avaient un besoin idéologique. Ce phénomène se poursuit aujourd'hui. Et il reste bien des traces des manipulations passées. Les Gaulois qui ouvrent le livre, découverts au XIXème siècle et inventés nos ancêtres dans un temps de nationalisme anti allemand, nous ont été transmis sous la forme "gaulliste" d'Asterix, et aujourd'hui, si tout le monde croit savoir qui étaient les Gaulois, combien en ont une idée à peu près juste ?
    Lutter contre ces "clichés nationalistes" est le programme que se donne ce livre. Inutile d'y chercher une bibliographie. L'auteur est journaliste, éclairé en histoire. Ses connaissances sont très étendues et - même si j'ai trouvé à redire à plusieurs choses - solides. le livre suit un plan chronologique, des Gaulois à la cinquième république, sur 500 pages écrites grand. le style est vivant et se lit très bien à haute voix.
    J'ai perçu une évolution dans le livre. Au début, il abat les mythes, comme nos ancêtres les Gaulois, la fin de l'empire romain, le baptême de la France ou la bataille de Poitiers, et c'est très facile et "scientifique". En passant au moyen-âge, l'auteur s'amuse avec une ironie savoureuse à montrer l'absurdité de vouloir interpréter l'histoire de l'époque en fonction des valeurs nationalistes des 19e et 20e siècles. Avec les temps modernes, on s'étend vers des opinions et des mises en perspective de plus en plus personnelles de l'auteur.
    Au final, un livre agréable et en grande partie salutaire, mais qui déplaira forcément aux adeptes d'une conception fantasmatique étriquée de la France. L'appel fait dans le livre à plusieurs reprises aux conceptions historico-nationalistes d'autres pays, notamment, est très utile. Une histoire de l'Europe vue par le prisme des discours nationalistes de différents pays pourrait être un livre passionnant.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par syannelle, le 01 mai 2012

    syannelle
    On commence par une citation,
    " Quand on les regarde avec la distance du temps, toutes les périodes passées frappent par leur propre aveuglement. (..) Les siècles prochains auront sans doute le plus grand mal à comprendre notre aveuglement ou notre laxisme face à des problèmes que nous ne concevons même pas. La loi est éternelle, nous n'y échapperons pas."
    Je viens de finir le livre de François Reynaert, et franchement, j'ai appris une tonne de choses sur des périodes de l'histoire que j'avais comme tout le monde plus ou moins vu en classe, sauf que lui les présente en tentant de garder une distance avec les évènements et à ne "donner raison" à aucun parti, comme cela se voit souvent.
    En effet, l'histoire dépend du point de vue de celui qui la raconte, et qui peut se targuer de rester objectif? Ce n'est qu'en observant les faits, et aussi en analysant les points de vue différents des nôtres, très auto-centrés, que l'on peut réussir à dresser un portrait correct. Je trouve qu'il réussi bien le pari, même si je ne suis pas assez férue d'histoire pour pouvoir toujours peser le pour et le contre dans ce qu'il dit. En tout cas, ce livre regorge d'infos, et m'a relancé sur d'autres références, d'autres livres, ce qui veut bien dire qu'il rend curieux. Quoi de mieux pour un livre?
    On parcourt ainsi "vingt siècles en un volume", en regardant le passé, comme le dit Reynaert, "comme on considère le présent, avec de l'esprit critique". Une première partie est consacrée à "la France d'avant la France", ou l'auteur parle tour à tour des Gaulois, des Grandes Invasions, de Clovis, de Charles Martel et va jusqu'au règne de Louis XV.
    Le propos permet de se poser des questions. Ainsi, au sujet de Charles Martel: "Si les Arabes avaient gagné à Poitiers, et si, contre toute attente, ils avaient décidé d'étendre leur empire à la Gaule, celle-ci aurait-elle vraiment perdu au change?" La réponse qu'il suggère, tout aussi intéressante, provient d'un autre livre, celui de Henri Pomot et Henry Besseige: "Si les Arabes avaient été les plus fort [...]ils auraient rendu la France plus belle et plus riche. Ils auraient bâti de grandes villes et de grandes maisons [...]. En effet, les Arabes n'étaient pas des Barbares. Ils étaient plus civilisés que les Francs d'alors."
    J'aime bien cette façon qu'a l'auteur de remettre en cause la manière "habituelle" dont on nous a présenté l'histoire à l'école ou ailleurs. Ne voit-on pas toujours l'histoire sous le prisme de notre nombrilisme et de notre nationalisme exacerbé?
    "J'ai toujours été allergique à cette pathologie qui consiste à mettre la France au-dessus de toutes les autres nations, à la croire mère de tous les progrès, phare de toute la civilisation"
    Deuxième partie, "la France monarchique" que l'on parcourt de la Renaissance aux Lumières en passant par les guerres religieuses, l'extrême violence des XVè et XVIe siècles, l'horreur des massacres perpétrés lors de la découverte des nouveaux mondes. En matière de religion, on voit qu'à l'époque, les violences étaient surtout entre protestants et catholiques, alors qu'aujourd'hui l'opprobe est contre les musulmans et l'Islam, avec le cortège d'amalgames dégradants que l'on entend. Cela fait tristement relativiser: la religion rend bien fous dans certains cas et cela ne date pas d'hier!
    En ce qui concerne la "conquête" brutale et sanguinaire du Nouveau Monde, on apprend que "près de 90% de la population disparaît" autant au Mexique qu'au Pérou ou dans les autres pays conquis après l'arrivée des Européens!
    Il y a tant de sujets traités dans ce livre qu'on ne peut tous les évoquer! Il faut vraiment le lire pour mesurer son utilité.
    Une troisième et dernière partie traite de la France après la Révolution, et s'arrête sur notre époque désenchantée et morose. Reynaert évoque l'individualisme forcené dans lequel on vit, l'impression de sombrer dans un monde qui n'a plus vraiment de croyances, si ce n'est celle de l'argent. Il évoque les dérives du "capitalisme financier", et déclare:
    "l'opinion en viendrait à douter des fondements mêmes de la démocratie: l'action politique a t-elle encore une quelconque utilité dans un monde où l'économie, les financiers et la cupidité règnent en maîtres?"
    Plus loin il décrit notre France comme
    " un Etat urbanisé, jouant son développement sur le secteur tertiaire, où la révolution individualiste a rendu les moeurs plus libres, les solitudes plus grandes et les solidarités plus relâchées."
    J'aime bien ce portrait en guise de conclusion, même s'il est un peu sombre.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par gorhorg, le 27 janvier 2012

    gorhorg
    Pour les amateurs d'Histoire, de la vraie, pas de la propagande institutionnelle inculquée encore dans les écoles de la République. le livre est bien écrit, il est intéressant, les références et la réalité historique y sont justes (en regard des connaissances actuelles). En prime, il permet de découvrir d'autres livres sur L Histoire. Enfin, on se marre et il y a de quoi.
    Quelques-uns vont déclarer que l'auteur revisite L Histoire mais il la livre simplement toute nue sans, pour autant, en donner une vision exhaustive. Ce livre n'est pas une référence, c'est une introduction, le moyen d'aller plus loin et d'aborder L Histoire pour ceux qui souhaitent vraiment la connaître. le cœur de l'ouvrage réside dans l'idée vraie qui affirme que L Histoire telle qu'elle est inculquée n'est qu'un rideau de fumée, un moyen de galvaniser les énergies et, probablement, de tromper son monde. L'auteur n'oublie pas l'essentiel, L Histoire est une science humaine, elle n'est pas écrite dans le marbre et ce qui est affirmé un jour, sera démentit demain.
    Un livre qui est donc à mettre entre toutes les mains et qui vous forcera à réviser vos certitudes, pourvu que vous en ayez le courage.
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    • Livres 3.00/5
    Par Scriba, le 15 octobre 2011

    Scriba
    Livre très intéressant et forcément frustrant puisqu'en 300 pages, l'auteur revisite l'histoire de France et laisse donc de côté certains aspects ou événements. Ceci dit, la lecture est éclairante sur les clichés ou les fausses vérités qu'on se transmet de générations en générations !!
    Une lecture salutaire pour ceux qui s'intéressent aux détails de notre histoire !
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par MissAlfie, le 07 avril 2012

    MissAlfie
    Au final, Nos ancêtres les Gaulois est un ouvrage original, toujours intéressant, qui parvient à nous apprendre des choses nouvelles, souvent avec humour. Je regretterai donc l'aspect plus subjectif sur l'histoire contemporaine et le fait que la promesse faite en début d'ouvrage ne soit relevée que sur la première partie et plus ponctuellement après. Ceci dit, on apprend quand même toujours quelque chose et certains chapitres, sont vraiment passionnants. L'amateur d'histoire y jettera donc un oeil curieux, quitte à se limiter aux chapitres qui l'intéressent.

    Lien : http://croqlivres.canalblog.com/archives/2012/04/02/23907790.html
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Citations et extraits

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  • Par Walktapus, le 12 mars 2011

    La plupart du temps, les Gaulois suffirent, ils disposaient d'un avantage certain : ils plaisaient à tout le monde. La droite nationaliste était contente de voir ainsi la "race française", comme on disait encore, assise sur cette souche issue du fond des âges. La gauche anticléricale voyait dans ces ancêtres un atout majeur : ils permettaient de commencer l'histoire de France avant l'arrivée du christianisme. C'était bien la preuve qu'elle pouvait éventuellement se perpétuer après sa disparition. Les historiens, puis les romanciers, les dramaturges ou même les chansonniers, en touillant tant et plus les rares sources dont ils disposaient dans les casseroles de leurs fantasmes, réussirent peu à peu à forger une idée des Gaulois correspondant opportunément à l'image que les Français voulaiet bien avoir d'eux-mêmes : querelleurs, un peu grossiers parfois, mais au grand coeur et si braves. Et les Français, ravis, adorèrent d'autant plus leurs nouveaux grands-pères : comment ne pas les aimer ? Ils nous ressemblent tellement !
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  • Par annie, le 03 juin 2011

    les gaulois...p.23

    *

    "ils disposaient d'un avantage certain : ils plaisaient à tout le monde.

    La droite nationaliste était contente de voir ainsi la "race française", comme on disait encore, assise sur cette souche issue du fond des âge.

    La gauche anticléricale voyait dans ces ancêtres un atout majeur : ils permettaient de commencer l'histoire de France avant l'arrivée du christianisme. C'était bien la preuve qu'elle pourrait éventuellement se perpétuer après sa disparition.

    Les historiens, puis les romanciers, les dramaturges ou même les chansonniers, en touillant tant et plus les rares sources dont ils disposaient dans les casseroles de leurs fantasmes, réussirent peu à peu à forger une idée des Gaulois correspondant opportunément à l'image que les Française voulaient bien avoir d'eux-même : querelleurs, un peu grossiers parfois, mais au grand coeur et si braves.

    Et les Français, ravis adorèrent d'autant plus leurs nouveaux grands-pères : comment ne pas les aimer ? ils nous ressemblent tellement !
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  • Par Walktapus, le 12 mars 2011

    Les grands opposants au traité de Troyes et à ce qu'il impliquait se comptèrent surtout au parlement de Londres, et parmi eux les grands de ce côté-là de la Manche. Leur raisonnement était simple. L'Angleterre était bien moins vaste, bien moins riche, bien moins peuplée que la France. En devenant souverain à la fois des deux pays, le roi finirait bien vite par s'occuper uniquement du gros pour délaisser le petit. En outre, le choix même de ce prince-là ne leur plaisait guère : quelle confiance accorder à ce petit Henri, élevé en France par une mère princesse française ? Il leur paraissait évident qu'un tel individu n'aurait de cesse de chercher à les franciser. Avaient-ils tort ? Sans doute pas.

    Si Jeanne d'Arc n'avait pas été là, entend-on parfois, nous serions devenus anglais, nous parlerions leur langue, nous roulerions à gauche. Erreur, sans Jeanne d'Arc, le contraire aurait pu se produire : les Anglais se seraient remis à parler le français et ils rouleraient à droite. La France n'aurait pas été perdue. Elle aurait été doublée.
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  • Par Walktapus, le 12 mars 2011

    Enfin il y a l'affaire des templiers (...) Un long procès se termine par diverses condamnations à mort, Jacques de Molay, le grand maître, est brûlé en 1314 et le roi a eu tout ce qu'il voulait : le trésor. Il est hors de question toutefois que l'on s'avance ici à parler plus avant de cette affaire : pour des raisons qui nous échappent totalement, elle ne finit plus, depuis bientôt sept siècles, de nourrir les fantasmes les plus intenses et les plus divers. Risquer le moindre mot sur les Templiers, c'est s'exposer à devoir gérer pendant quinze ans les révélations des authentiques spécialistes qui savent tout sur le trésor, sur les secrets, sur les mystères de ce malheureux ordre. On en compte quinze par cantons. Il est prudent de ne pas chatouiller leur passion.
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  • Par aturnins, le 14 octobre 2011

    Pour les nationalistes que le nom de Charles Martel fait vibrer encore , Jésus-Christ est aussi français que le roquefort ou le général de Gaulle .Ils oublient juste que si ce malheureux arrivait aujourd'hui de sa Palestine natale avec ses pratiques bizarres et son dieu étonnant , ils appelleraient la police pour le faire reconduire à la frontière .
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