Clara a tout accepté depuis la mort de sa mère. Elle n'a pas fait d'histoires quand son père lui a annoncé qu'il se remariait avec Géraldine. Elle n'a émis aucune protestation lorsque les photos de sa mère ont disparu des mu... > voir plus
Clara découvre l'amour avec Baptiste, elle a 16 ans. La belle vie pour une ado, non ? eh bien, pas vraiment, puisqu'elle doit cohabiter avec la femme que son père a épousée un an plus tôt, la jeune, belle et superficielle Géraldine. Clara a du mal à supporter qu'elle ait remplacé sa mère, décédée 5 ans plus tôt d'un cancer. Aussi vit-elle comme une trahison supplémentaire la décision de son père de vendre leur propriété du littoral que sa mère aimait tant et où ses cendres ont été dispersées. Alors Clara s'enferme dans sa chambre, et annonce qu'elle n'en sortira que si son père renonce à la vente...
Un beau petit roman sur la découverte de l'amour à l'adolescence, le deuil chez les enfants, la difficulté pour eux de voir le parent survivant refaire sa vie (y compris à l'âge adulte), la façon d'idéaliser le défunt quand un tiers le "remplace", le fait de s'attacher à des biens matériels qui symbolisent la personne disparue.
Clara broie du noir. Cette adolescente de seize ans a pourtant un copain attentionné, Baptiste, qui l'aime comme un fou... mais depuis la mort de sa mère (à qui elle ressemble tant), tout va de mal en pis. Son père s'est remarié et sa belle-mère s'applique à tout changer... tout effacer.
Le jour où elle apprend que son père à l'intention de vendre leur maison de famille, Clara va s'enfermer dans sa chambre et refuser de sortir.
C'est un roman à l'ambiance plombée. Dès les premières phrases c'est le mal-être de Clara qui nous envahit et que l'on va porter tout au long de l'histoire. L'auteur y évoque le deuil, le souvenir, les familles recomposées... et l'amour (tout de même !) de manière discrète et sensible.
[Ma grand-mère] se met à me raconter qu'il a déjà suffisamment souffert comme ça, qu'il a le droit de vivre sa vie lui aussi, qu'il faut que je sache que rien n'angoissait plus ma mère que d'imaginer mon père seul et malheureux (...). (p. 77-78)
Je réapprends le bonheur petit à petit, m'autorise à être autre chose qu'une plaie béante qui peine à se refermer, à se cicatriser, qu'une remarque déplacée, un geste maladroit, un manquement suffisent à entailler. (p. 18-19)
(...) je rumine inlassablement comme si l'arrivée de Géraldine était la source de tous mes malheurs alors que c'est la mort de maman qui a tout dévasté. Mais c'est comme si une tornade s'était abattue après un tremblement de terre alors que nous tentions tant bien que mal de survivre en nous serrant les coudes. (p. 37)