Auteur de «
L'un pour l'autre» ou encore de «
Lettre d'une amoureuse morte »,
Nathalie Rheims nous laisse dans cette correspondance un bouquet de fleurs dont les parfums lourds sont sensés rappeler les désordres et les désastres du temps.
Cette auto-fiction nous parle de l'infirmité silencieuse des âmes recluses dans leurs propres névroses. «
Les Fleurs du silence » est un bouquet épineux qui s'adresse à son père qu'elle décide de faire mourir (Lors de sa veillée funèbre - imaginaire – l'auteur en profite pour consigner consciencieusement tous les points de cette personnalité, émotionnellement, complexe. Elle rassemble ses souvenirs pour recenser ses comportements et tout ce qu'elle n'a jamais pu lui dire…). Un père qui n'a su jusqu'alors aimer, sa fille, autrement que par d'élégants mensonges ou des non-dits sur ses sentiments et émotions…
Voici donc l'écriture assignée à rendre à l'auguste papa, et à sa progéniture, la parole qui leur manqua à l'un et à l'autre : on peut deviner leur complicité mais une complicité qui réside dans la contenance des rapports et des mutismes imposés !
Sur la complexité des relations père-fille,
Nathalie Rheims exprime, ici, la conscience douloureuse d'une solitude partagée que les pages tentent d'arracher au blanc du silence.
Ce troisième livre est l'aboutissement de sa thématique de l'absence, et des souvenirs : « Seuls les mots condamnent le silence » (
Philippe Besson, in
Se résoudre aux adieux)
Chez
Nathalie Rheims, l'écriture est effectivement exutoire pour briser aussi le silence : « J'écris pour ne pas mourir. », dit-elle !