> Sabine Porte (Traducteur)

ISBN : 2702134076
Éditeur : Calmann-Lévy (2003)


Note moyenne : 3.27/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
Pobby et Dingan vivent à Lightning Ridge, dans l'outback australien - la ville des mines d'opale. Ce sont les amis de Kellyanne Williamson, la fille d'un mineur. Le problème, c'est qu'ils n'existent que pour elle. Même son frère, Ashmol, ne les voit pas et ne croit pas ... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(2)

> Ajouter une critique

    • Livres 2.00/5
    Par colimasson, le 12 novembre 2011

    colimasson

    L'histoire tient du conte merveilleux : Pobby et Dingan, les amis imaginaires de Kellyane -ses seuls amis d'ailleurs-, amateurs de friandises pacifiques, agréables hôtes de tables, disparaissent malencontreusement suite à une expédition. Personne ne s'en rend compte, exceptée Kellyane que cette absence fait dégringoler dans l'abattement le plus total. Pobby et Dingan étaient peut-être fictifs, mais les conséquences de leur disparition sur Kellyane sont bien réelles et bientôt, celle-ci cesse de se nourrir et se glisse au fond de son lit en attendant soit la mort, soit un miracle. Mais les miracles sont rares à Lightning Road, et il y a peu à parier que Kellyane retrouve ses bons vieux potes en restant barricadée dans sa chambre. Ahsmol, son frère, est bien obligé de dépasser ses préjugés et d'admettre l'existence des amis imaginaires de sa sœur s'il tient à lui éviter une mort prochaine.
    En parallèle à ce récit merveilleux qui tourne autour de deux personnages que l'on ne connaîtra que par les descriptions de Kellyane, Ben Rice nous livre également le récit de la maturation d'Ashmol. le vilain frère prêt à tout pour détruire le rêve de sa loufoque de sœur deviendra peu à peu un vaillant soldat, protecteur de Pobby et Dingan lorsque les habitants de Lightning Road remettent en cause leur existence, et allié de Kellyane dans l'enquête qu'il mène pour les retrouver.
    Ashmol le débile, moqueur invétéré, se métamorphose en grand sage qui a su allier le goût pour la rêverie et la bonté naturelle des hommes mus par les vraies valeurs de l'existence. Parcours tristement convenu pour un récit engagé en faveur de l'originalité et des bizarreries de caractère qui font le charme de chacun.
    Dans la présentation de l'auteur, on nous apprend que Ben Rice, jeune britannique, s'est principalement formé par le biais d'ateliers d'écriture. Ce détail est important et une fois qu'on parcourt son texte, il devient difficile de se débarrasser de ce renseignement. Tout dans le style de Ben Rice semble en effet parcouru par cette volonté artificielle de se glisser dans la peau d'un gamin de douze ans. Les efforts pour créer un langage parlé enfantin ressurgissent à chaque tournure de phrase et plombent un bouquin qui se voulait léger comme une rêverie. Parfois, entre vulgarité et nonchalance enfantine, Ben Rice ne sait plus trop où il en est, et cela donne des passages bancals un peu dérangeants :
    « Au camping, une grande s'est approchée de moi et m'a dit : « Tu es le frère de Kellyanne Williamson ? Ma mère, elle dit que vous autres les Williamson, vous êtes des imbéciles et que ton père est un pillard alcoolique, alors tu ferais mieux de dégager parce que autrement je te casse la figure comme j'ai cassé la figure à ta sœur à Bore Baths. » Je lui ai fait signer d'aller se faire foutre et je suis remonté en selle vite fait parce qu'elle faisait une tête de plus que moi. »
    C'est énervant. Plus on progresse dans le livre et plus Ashmol semble artificiel, prototype de ce que Ben Rice imagine être un enfant. Au final, Pobby et Dingan s'avèrent être les seuls personnages réels de cette histoire puisqu'ils sont les seuls que Ben Rice ne cherche pas à faire parler ou agir. C'est tout dans leur intérêt.
    Dommage qu'une histoire avec un tel potentiel soit gâchée par les tentatives d'esbroufe de son auteur. L'ambiance un peu mélancolique, partagée entre un passé chargé d'évènements durs à encaisser et un présent qui ne tient pas ses promesses, avait pourtant tout pour plaire. Et lorsqu'il se laisse aller à une bêtise moins convenue que celle qu'il imagine être celle des enfants, Ben Rice est vraiment capable de me faire rire :
    « Sur ce, le pasteur a pris une mine plus grave et crié que s'il y avait quelqu'un qui voyait une raison de s'opposer à ce que Pobby et Dingan soient enterrés dans le cimetière, qu'il s'avance pour le dire. Il y a eu un long silence et j'ai retenu mon souffle. J'ai regardé autour de moi en essayant de fixer tous ces gens du regard pour qu'ils ne bougent pas. Mais un type qui s'appelait Andy Floom s'est avancé et tout le monde s'est tourné vers lui. le pasteur a lancé : « Alors, Andy Floom, parle ! » Mais Andy Floom, qui n'était pas loin d'avoir descendu son pack de six, a eu l'air un peu perdu et il a bredouillé : « Quoi ? Oh, pardon, tout le monde, je me suis juste avancé pour écraser une araignée. » Et partout, les gens se sont mis à rire. »


    Après tout, je suis peut-être aussi désespérante que les personnages terre-à-terre décrits par Ben Rice dans ce conte ? Je n'arrive pas à m'émouvoir devant cette histoire de gamins inventés de toutes pièces par un auteur en quête d'identité, et parce que rien ne me semble naturel dans sa démarche de création, je me prive d'une histoire qui aurait pu me faire rêver, si j'avais su me détacher de toutes ses incohérences et maladresses.
    « C'était comme ça, Lightning Ridge. Les gens passent leur temps à disjoncter à cause de la chaleur et ils se mettent à construire des châteaux ou des conneries de ce genre. »
    (Voici la plus jolie phrase de tout le livre)


    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-pobby-et-dingan-2001-de-ben-..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par PinkCanary, le 26 août 2010

    PinkCanary
    L'histoire est racontée par Ashmol, dont la famille est venue s'installer en Australie espérant y faire fortune dans les mines d'opale. Mais la vie est rude et les opales sont de plus en plus rares. Un climat assez lourd pèse donc sur la famille. La petite soeur d'Ashmol, Kellyanne, a 2 amis imaginaires: Pobby et Dingan, ce qui insupporte son frère. Mais tout le monde est entré dans son jeu assez gentiment, même les habitants de la ville.
    Son père se propose un jour de faire visiter sa mine à Pobby et Dingan mais les y oublie. Kellyanne le vit très mal et dépérit. Son frère remue alors tous les habitants et tous partent à la recherche de Pobby et Dingan, placardent des affiches...pour sauver Kellyanne.
    Mon avis : une histoire très courte mais jolie. le point de vue d'Ashmol est biensûr subjectif, du coup, la narration est assez agréable, j'ai toujours aimé voir le monde aux travers des yeux et des sentiments d'un enfant dans un livre, ça donne une autre dimension au récit. Il y a plusieurs niveaux de lecture : une sorte de conte pour les plus jeunes, un peu d'aventures pour les plus vieux et une descrïption assez réaliste et dure de la vie dans les mines, des déceptions et des espoirs des mineurs. Et des interrogations :si le monde imaginaire apporte tant de bonheur, que se passe-t-il quand tout disparaît? Est-ce seulement le passage difficile de l'enfance à l'adolescence puis à l'âge adulte, ou bien plus? Comment des personnages imaginaires et leur petit monde ont su conquérir toute une ville?
    Conclusion : Un livre qui peut être lu par tous, mais qui peut paraître triste aux plus jeunes. Une lecture simple et très rapide mais bien agréable.

    Lien : http://canarylit.canalblog.com/
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

> voir toutes (8)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par colimasson, le 12 novembre 2011

    Sur ce, le pasteur a pris une mine plus grave et crié que s’il y avait quelqu’un qui voyait une raison de s’opposer à ce que Pobby et Dingan soient enterrés dans le cimetière, qu’il s’avance pour le dire. Il y a eu un long silence et j’ai retenu mon souffle. J’ai regardé autour de moi en essayant de fixer tous ces gens du regard pour qu’ils ne bougent pas. Mais un type qui s’appelait Andy Floom s’est avancé et tout le monde s’est tourné vers lui. Le pasteur a lancé : « Alors, Andy Floom, parle ! » Mais Andy Floom, qui n’était pas loin d’avoir descendu son pack de six, a eu l’air un peu perdu et il a bredouillé : « Quoi ? Oh, pardon, tout le monde, je me suis juste avancé pour écraser une araignée. » Et partout, les gens se sont mis à rire.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par colimasson, le 12 novembre 2011

    « Bon sang, Rex ! Ca me fiche hors de moi. Franchement ! Tu n’as pas trouvé une seule opale en deux ans. Pas l’ombre d’une. Et pourtant, les opales, elles existent bien pour toi. Tu n’arrêtes pas d’en rêver, de leur parler dans ton sommeil comme un amant ! Eh bien, que je te dise, pour moi, tes satanées opales n’existent pas non plus. »
    Mais ce n’était pas bien malin de dire ça, car des opales, il y en avait plein les magasins, des photos partout, les gens ne parlaient que de ça, les acheteurs japonais allongeaient des paquets de dollars pour en avoir.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par colimasson, le 12 novembre 2011

    Une quantité d’inscriptions disaient Tué dans un accident minier. Sous leur nom, il y avait des fleurs et des pierres colorées, et sur la plupart, il y avait écrit RIP. Avant, je croyais que la vie avait, comme qui dirait, ripé sur eux, comme le marteau du mineur ripe sur l’opale.
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par colimasson, le 12 novembre 2011

    « Ashmol ! Pobby et DIngan sont peut-être morts. » Elle était là, en pyjama, tout anxieuse, bouleversée. Mais moi, je ne pouvais pas m’empêcher de penser à papa qui était peut-être en prison, et je me disais que tout ça, c’était de la faute de Pobby et Dingan. Et puis je me suis creusé les méninges en me demandant comment ça pouvait être leur faute s’ils n’existaient même pas.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par colimasson, le 12 novembre 2011

    D’après ma mère, il y a à peu près huit mille cinquante-trois habitants à Lightning Ridge, plus Pobby et Dingan, ça fait au total huit mille cinquante-cinq. Mais maintenant que Pobby et Dingan étaient morts, je suppose qu’on redescendait à huit mille cinquante-trois.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Pobby et Dingan par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (20)

> voir plus

Quiz