> Sophie Aslanides (Traducteur)

ISBN : 2283023637
Éditeur : Buchet-Chastel (2009)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 60 notes) Ajouter à mes livres
À San Francisco, sur la plage d’Ocean Beach noyée dans le brouillard d’un mois de juillet, une jeune femme – Abby – et une fillette de six ans –Emma – se promènent en cherchant des coquillages. Abby, fiancée à Jake le papa d’Emma et photographe professionnelle, détourne... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par kathel, le 19 juin 2009

    kathel
    Que demander de plus ? Un livre qui vous raconte une histoire prenante, voire angoissante et qui en même temps vous pousse à réfléchir sur un ou plusieurs sujets intéressants, je n'en demande pas davantage !
    L'histoire, c'est celle d'Abby, qui se promène sur une plage avec la petite fille de six ans de son fiancé. Un moment d'inattention et la petite Emma disparaît, comme avalée par le brouillard. Bien sûr, les secours prévenus, de nombreuses personnes participeront aux recherches, mais la seule à persévérer au-delà du raisonnable (si tant est qu'il y ai un délai raisonnable dans ces cas-là) c'est Abby, rongée par une immense culpabilité. Elle essaye à tout prix de se remémorer cette journée, les moments qui ont précédé le drame, les jours d'avant aussi, car elle sent qu'un indice s'y cache qui pourrait la guider vers la fillette, si elle est encore en vie… le fait qu'Abby soit photographe est très intéressant. Bien que ses souvenirs soient habituellement associés à des images, elle est consciente que les clichés ne disent pas toujours la vérité, mais seulement celle qu'on leur prête. Elle est malgré tout tentée de trouver dans ses photos une piste pour retrouver Emma, parmi d'autres pistes de recherches qu'elle ne néglige pas.
    Le thème de la mémoire, que je retrouve souvent ces derniers temps dans mes lectures, dans des livres totalement différents (Le lieu perdu, Une brève histoire des morts, L'ombre en fuite, La formule préférée du professeur) est traité ici de façon passionnante, au travers d'exemples dénichés par Abby qui n'alourdissent absolument pas la lecture mais l'éclairent. Les scènes concernant la recherche de la petite fille, les réactions de ses proches, notamment Jake, son père, sont racontées avec une concision qui évite tout mélo. Sur un sujet difficile, qui fait remonter des angoisses parentales, pour qui a ne serait-ce qu'égaré un enfant dix minutes dans un supermarché, Michelle Richmond a fait un fort beau premier roman

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-32853739.html
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par antigoneCH, le 30 juin 2009

    antigoneCH
    Abby, photographe, se promène avec Emma, six ans, sur une plage de San Francisco, Ocean Beach. Emma est la fille de l'homme qu'Abby aime et qu'elle doit épouser dans quelques semaines, Jake. Abby est heureuse parce qu'elle sent qu'ils forment déjà, à eux trois, une famille, que la petite commence à l'aimer un peu. Emma plonge ses mains dans le sable, à la recherche de coquillages tandis qu'Abby promène son regard de photographe sur la plage.
    A un moment donné, elle détourne son regard de l'enfant pour observer le cadavre d'un bébé phoque. Oh à peine quelques secondes. Mais lorsque ses yeux balayent de nouveau la plage à la recherche de la silhouette familière, la fillette a disparu. Où est Emma ? Avec ténacité, et malgré les découragements de son entourage, Abby ne cessera de chercher, de creuser sa mémoire, et de tenter de réparer...
    Encore un livre "coup de coeur", un livre dans lequel je me suis plongée avidement... Et pourtant, il s'agissait ici de se confronter avec cette peur ancestrale qu'est celle de la perte d'un enfant. Quand cette enfant a de plus le même prénom que la sienne, l'angoisse est décuplée et la lecture un peu masochiste. Mais j'ai bien fait, vraiment, de me faire un peu peur. J'ai pris énormément de plaisir à cotoyer Abby, à parcourir avec elle longuement Ocean Beach, à la recherche d'indices. J'ai aimé sa manière de voir le monde, ses remises en question, sa certitude absolue qu'elle allait retrouver l'enfant, la ramener à son père, vivante. Une lecture toute en émotion, à fleur de peau, qui crée des échos en soi, de toutes sortes, malgré soi. N'est-ce pas, réellement, tout ce que l'on demande à un livre ?
    Ah oui - aussi - voici une lecture pendant laquelle je me suis dit, voilà comment j'aimerais écrire, exactement, et ce n'est pas si courant. Je salue donc aussi la traduction de Sophie Aslanides, qui y est sans doute pour quelque chose.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par lael, le 01 juillet 2009

    lael
    L'année brouillard, porte bien son titre, autant que pour le décor dans lequel se place l'intrigue que pour l'histoire qui mêle intimement la psychologie au suspense. Abby est heureuse ce matin là. Elle se promène sur une plage embrumée de San Francisco avec Emma, la fille de son fiancé. Elle est photographe et la fillette arrive à lui échapper du regard. Tout bascule. Dans ce brouillard sans fin, Abby panique et perd Emma. Noyade ou kidnapping, la police mène l'enquête sous les yeux d'un père anéanti qui dans son silence accuse Abby de sa négligeance. Pourtant Abby, rongée par la culpabilité, trouve la force de ne pas oublier pour retrouver Emma...
    L'année brouillard raconte cette longue recherche après la disparition mystérieuse d'un enfant. Ce livre nous ramène en pleine figure ce que l'on côtoie tous les jours: l'enlèvement d'enfants, l'inquiétude des parents, des messages d'alertes. Hélas, ceci est classé dans la catégorie faits divers alors que c'est une véritable tragédie pour ceux qui la vivent. L'auteur dit des choses étonnamment vraies sur le fait que cela n'arrive qu'aux autres mais que c'est faux! qu'après des recherches infructueuses on abandonne. Des rangées où sont alignées des photos d'enfants qui pour la plupart ne sont pas retrouvés ou pire retrouvés morts. C'est une terrible histoire, mais c'est le reflet d'une réalité certaine, présente au coin de la rue, au bas de l'immeuble. En cela le roman offre un premier intérêt: le déroulement des recherches, comment cela se passe. Mais à mon sens, ce qui est le plus saisissant dans ce livre tient à deux points:
    -l'extrême rigueur à détailler les sentiments, avec une sensibilité attachante. La culpabilité, l'amour d'une belle-mère, le désespoir, la colère, la peur; toutes ces émotions sont fortes et dépeintes avec sobriété, calme et efficacité. La longue recherche, les jours que l'on compte sans fin, cet épuisement physique et moral sont l'apanage du roman. Pourtant on ne rentre pas dans un pathos démesuré, ni dans un éloge larmoyant. La grande qualité de l'auteur réside dans cet autre point:
    -ce qui donne son titre au roman. le brouillard, la chose contre laquelle Abby se bat. Une métaphore pour signaler le flou dans lequel tout s'enchaîne alors que l'on voudrait que tout soit clair et limpide. Retrouver des éléments de l'accident, des détails qui lui auraient échappés...pour cela Abby est prête à tout: lectures sur le développement de la mémoire, hypnose, acharnement psychologique à chercher des souvenirs évocateurs. Et là on rentre dans un roman époustouflant. Quel travail pour Michelle Richmond qui passe en revue tous les recoins de la mémoire humaine...De ses souvenirs qui s'imbriquent et qui se mélangent, Abby nous entraîne dans un monde cognitif à la limite du scientifique tellement tout est détaillé. Parce que chaque détail est important, parce qu'un détail crucial peut être retrouvé plusieurs jours après les faits. C'est stupéfiant et L'année brouillard a le mérite de nous plonger dans cette quête contre l'oubli et le déni. Abby est un personnage fort et courageux. Nous sommes de tout coeur avec elle lorsque tout le monde abandonne. Elle fait confiance à son instinct...
    Le récit prend une dimension affective renversante et le lecteur ne peut être que touché par l'acharnement, la persévérance, le combat ultime d'une mère qui n'en ai pas vraiment une mais qui poussée par un amour sincère; se livre à une introspection douloureuse. Un enfant n'en vaut-il pas le coup ? malgré la douleur, l'attente, l'angoisse d'un silence pesant. L'année brouillard fait l'apologie du souvenir, de la réminiscence du passé pour mieux comprendre le présent et permettre d' avancer : et c'est là tout le message d'espoir que porte en lui ce roman d'une profondeur captivante.


    Lien : http://souslefeuillage.blogspot.com/2009/06/lannee-brouillard.html
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 11 novembre 2010

    caro64
    « C'est l'histoire d'une petite fille, elle s'appelle Emma, elle marche sur la plage. Je détourne les yeux, quelques secondes passent. Quand je regarde à nouveau, elle a disparu. »
    Lorsque l'on ouvre L'année brouillard, il est impossible de résister à l'attraction puissante de l'envoûtement : on entre en ce roman comme on pénètre la couche épaisse d'une brume qui semble vous arracher au réel, vous emporter ailleurs, là où plus rien n'existe que vous et ce trouble du monde. Lire L'année brouillard, c'est cela, plus rien n'existe autour : on ne lâche pas car on veut comprendre, sortir de ce long tunnel et savoir, savoir ce qu'est devenue Emma, l'enfant disparue.
    Tout commence un jour saturé d'un froid blanc. Abby, photographe professionnelle, se promène sur la plage avec la fille de son compagnon. Il y a du brouillard ce jour-là. Emma s'amuse à quelques mètres d'Abby qui règle son objectif, le porte à l'œil, perçoit une forme, s'avance et reconnaît le cadrave d'un phoque ; cela ne dure qu'un instant, mais ces quelques minutes ont suffi : Emma n'est plus là. La panique ne l'envahit pas immédiatement. Abby se dit que l'enfant doit être un peu plus loin. En son esprit, elle la voit, se la figure accroupi derrière le petit mur, là à quelques mètres, elle y court, elle en est certaine, Emma est déjà en ses yeux réelle, vibrante de vie. Abby arrive, Abby voit. Elle ne voit rien. Nulle Emma. C'est alors que lui prend le vertige, ce glissement du monde, la terre sous ses pieds se dérobent, qui se fend et d'où surgit l'épouvante, l'innommable : la disparition d'un enfant.
    Le roman explore alors les conséquences de ce drame : les recherches, la solitude, l'angoisse, la culpabilité, l'espoir, la colère du père, sa quête désespérée et celle d'Abby. Et le roman de saisir avec une intelligence subtile toute la complexion psychique de ces personnages soudain projetés en enfer, de sonder les mécanismes de la mémoire, de la peur, du doute, de l'imagination lorsqu'elle est soumise à l'effroi, de l'amour paternel lorsqu'il est rendu désespéré. Il est rare de pouvoir lire, en une écriture si fine et habile, un roman qui donne si bien à visualiser autant qu'il invite à pénétrer les épaisseurs obscures de l'âme aux prises avec un réel qui le dépasse.
    Entre roman psychologique et polar, un livre fascinant à dévorer d'une traite.

    Lire les premières pages sur le site des éditions Buchet-Chastel :


    Lien : http://www.libella.fr/buchet-chastel/auteurs/richmond/
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    • Livres 4.00/5
    Par canel, le 26 mai 2011

    canel
    Abby, photographe de 32 ans, doit bientôt épouser Jake qui vit seul avec sa fille de six ans, Emma. Lors d'un week-end "entre filles" plein de bons moments complices, la petite échappe quelques instants à la vigilance de la jeune femme sur une plage, dans le brouillard, et disparaît. L'enfer commence alors pour les proches (recherches frénétiques, faux espoirs, découragement, remords, affichages, communiqués de presse, groupes de soutien…). Abby s'épuise de son côté pour essayer de retrouver Emma, elle sillonne sans répit tous les endroits où elles sont allées ensemble, elle tente aussi de "garder" le père de la petite qui s'éloigne de plus en plus d'elle à mesure que le temps passe et que les chances de retrouver l'enfant s'amenuisent.
    Le récit explore minutieusement le sentiment de culpabilité de la jeune femme, ses tentatives désespérées pour se souvenir de détails qui ont pu lui échapper. le thème central du livre est douloureux, pesant. Pour supporter cette lecture, il est préférable de ne pas s'identifier aux parents, de se projeter le moins possible. Cette distanciation est notamment permise par le fait que c'est une "simple" belle-mère qui est au centre du récit et responsable de la disparition - même si cette femme est profondément attachée à l'enfant. L'auteur parvient également à alléger un tant soit peu l'ensemble grâce à de courts chapitres qui font alterner la douleur présente d'Abby et des anecdotes de son passé. L'ouvrage est aussi prétexte à des considérations théoriques intéressantes sur la mémoire et la photographie, qui nous font oublier quelques instants la course contre la montre pour retrouver l'enfant. Quoi qu'il en soit, j'ai eu bien du mal à ne pas regarder la 4e de couv ou feuilleter la fin, pour une fois, pour soulager la tension lors de la lecture, me demandant comment j'allais supporter plus de cinq cents pages de recherches (vaines ?)...
    L'avis de Philippe Trétiack de ELLE exprime tout à fait mon sentiment général : "Michelle Richmond a construit un roman haletant, taraudant, tout à la fois insupportable et magnétique."
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Citations et extraits

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  • Par antigoneCH, le 30 juin 2009

    "Nous prenons des photos parce que nous ne pouvons accepter que tout passe, nous ne pouvons accepter que la répétition d'un moment est impossible. Nous menons un combat continu contre notre propre mort imminente, contre le temps qui transforme les enfants en cette autre espèce, de moindre intérêt : les adultes. Nous prenons des photos parce que nous savons que nous allons oublier. Nous allons oublier la semaine, la journée, l'heure. Nous oublierons les moments les plus heureux. Nous prenons des photos par orgueil, poussés par ce désir de voir le meilleur de nous-mêmes préservé. Nous craignons de mourir sans que les autres sachent que nous avons vécu."
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  • Par peneloppe277, le 31 décembre 2010

    page 380
    " Et j'ai envie de lui souffler qu'on trouve un moyen ou un autre, de traverser les événements les plus horribles, des événements dont on aurait cru qu'ils vous auraient tué. On trouve un moyen et on avance, jour après jour, en affrontant une journée après l'autre -- en état de choc; dans le désespoir, mais on avance. Les jours s'écroulent, l'un après l'autre, et on avance avec eux, parfois ahuri, et jamais complètement soulagé, de découvrir qu'on est toujours en vie.
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    Citation de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par caro64, le 11 novembre 2010

    Une fois de plus, je m’émerveille devant la capacité de Nell à apprendre, à absorber et à traiter une grande quantité d’information sur un sujet quelconque, n’importe quand. Je me demande toujours si sa passion pour l’information a n rapport avec la mort de son fils, si la constante absorption des faits est un ultime recours pour remplir un vide qui ne s’et jamais comblé. J’imagine son chagrin comme un trou noir, toujours béant, qui engloutit la connaissance à une vitesse effrayante. C’est le même trou noir en perpétuelle expansion qui a envahi mon esprit et mon cœur tout au long des semaines écoulées depuis la disparition d’Emma. Tandis que Nell nourrit sa souffrance par l’apprentissage, je nourris la mienne d’interminables recherches.
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  • Par Nionie, le 16 octobre 2010

    Quand j'étais enfant, ma mère nous achetait des carnets, à ma soeur et à moi et on devait y écrire une fois par an. Le matin du 31 décembre, après le petit déjeuner, elle nous envoyait chacune dans notre chambre, mon père dans son bureau et elle dans la cuisine . Nous devions passer la matinée à évaluer l'état de nos vies [...]
    Ensuite elle nous obligeait à dire ce que nous aurions fait différemment si nous pouvions retourner en arrière et tout recommencer. Nous étions enfants tu sais alors c'était pas tellement intéressant. On avait des trucs du genre " je n'aurais pas du piquer sa trousse Hello Kitty à Cindy Nowak " ou "j'aurais mieux du m'occuper des crevettes " Quand ma soeur et moi sommes arrivées au lycée , nous avons commencer à inventer des trucs, juste pour taper sur les nerfs de notre mère, comme " je n'aurais pas du coucher avec l'équipe de foot "
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  • Par Nionie, le 16 octobre 2010

    " regarde-moi" dit Jake en m'attrapant fermement par les deux épaules. Quand tu n'es pas ac moi, je pense à toi. Quand je suis au lit avec toi, j'ai l'impression d'avoir de nouveau 19 ans. Quand je lis quelque chose d'intéressant, tu es la première personne à qui j'ai envie d'en parler, et quand j'achète un nouveau disque tu es la première personne à qui j'ai envie de le faire écouter . J'aime la personne que tu es avec Emma, mais j'aime aussi la personne que tu es TOI. Pigé ?
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