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"Nous prenons des photos parce que nous ne pouvons accepter que tout passe, nous ne pouvons accepter que la répétition d'un moment est impossible. Nous menons un combat continu contre notre propre mort imminente, contre le temps qui transforme les enfants en cette autre espèce, de moindre intérêt : les adultes. Nous prenons des photos parce que nous savons que nous allons oublier. Nous allons oublier la semaine, la journée, l'heure. Nous oublierons les moments les plus heureux. Nous prenons des photos par orgueil, poussés par ce désir de voir le meilleur de nous-mêmes préservé. Nous craignons de mourir sans que les autres sachent que nous avons vécu."
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page 380
" Et j'ai envie de lui souffler qu'on trouve un moyen ou un autre, de traverser les événements les plus horribles, des événements dont on aurait cru qu'ils vous auraient tué. On trouve un moyen et on avance, jour après jour, en affrontant une journée après l'autre -- en état de choc; dans le désespoir, mais on avance. Les jours s'écroulent, l'un après l'autre, et on avance avec eux, parfois ahuri, et jamais complètement soulagé, de découvrir qu'on est toujours en vie.
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Par caro64 le 11/11/2010
La mémoire fonctionne comme un processus constructif qui ne se contente pas de reproduire, mais qui filtre, change et interprète le passé.
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Par Nionie le 16/10/2010
" regarde-moi" dit Jake en m'attrapant fermement par les deux épaules. Quand tu n'es pas ac moi, je pense à toi. Quand je suis au lit avec toi, j'ai l'impression d'avoir de nouveau 19 ans. Quand je lis quelque chose d'intéressant, tu es la première personne à qui j'ai envie d'en parler, et quand j'achète un nouveau disque tu es la première personne à qui j'ai envie de le faire écouter . J'aime la personne que tu es avec Emma, mais j'aime aussi la personne que tu es TOI. Pigé ?
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"La seule chose dont je sois certaine, c'est que j'ai perdu Emma et que je dois la retrouver. La seule issue acceptable est la suivante : Emma, de retour à la maison, indemne. Mais tout ce qui conduit à cette issue recherchée, les étapes déterminantes par lesquelles je dois passer pour y arriver demeurent pour moi un mystère."
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Par caro64 le 11/11/2010
Une fois de plus, je m’émerveille devant la capacité de Nell à apprendre, à absorber et à traiter une grande quantité d’information sur un sujet quelconque, n’importe quand. Je me demande toujours si sa passion pour l’information a n rapport avec la mort de son fils, si la constante absorption des faits est un ultime recours pour remplir un vide qui ne s’et jamais comblé. J’imagine son chagrin comme un trou noir, toujours béant, qui engloutit la connaissance à une vitesse effrayante. C’est le même trou noir en perpétuelle expansion qui a envahi mon esprit et mon cœur tout au long des semaines écoulées depuis la disparition d’Emma. Tandis que Nell nourrit sa souffrance par l’apprentissage, je nourris la mienne d’interminables recherches.
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Par caro64 le 11/11/2010
Je ne peux pas imaginer une heure qui ne comporte pas l'idée de sauver Emma, ce but ultime, impossible à atteindre.
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Par Audreyy le 23/11/2010
Ce qui est malheureux avec les rêves, c'est qu'on finit toujours par se réveiller.
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Par caro64 le 11/11/2010
Les photographies représentent notre lutte éternelle contre le temps, notre détermination à préserver un moment : la jolie petite fille bébé, avant qu’elle devienne une adolescente difficile, le beau jeune homme, avant que la calvitie et la graisse prennent son corps d’assaut ; le voyage de noces à Hawaï, avant que les deux époux deviennent des étrangers l’un pour l’autre, partageant le même toit dans la colère.
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Par caro64 le 11/11/2010
Immense est le pouvoir de la mémoire, excessivement immense… un vaste, infini palais intérieur.