> Philippe Gerval (Traducteur)

ISBN : 2859407545
Éditeur : Phébus (2001)


Note moyenne : 3.7/5 (sur 37 notes) Ajouter à mes livres
Sous la pluie battante d’une existence dévastée et brisée, Grace Quinn décide, après des années d’épreuves, de reprendre le contrôle de sa vie. Elle écrase son mari, un pochard brutal et alcoolique, condamne les volets de sa ferme irlandaise et part à la découverte d’el... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 30 août 2009

    caro64
    Dans le décor d'une Irlande grise et pluvieuse, ce roman raconte l'histoire de Grace Quinn qui a tué son mari. Elle l'a tué volontairement en le heurtant de plein fouet avec sa voiture, à l'endroit précis où lui-même avait fauché et tué une jeune fille quelques années auparavant, alors qu'il conduisait en état d'ivresse. Quinn ne s'est jamais remis de cet "accident". Il l'a fait payer très cher à sa femme , la rouant de coups ou s'enfermant dans un silence de pierre. Manière, aussi, de signifier à Grace qu‘il ne lui pardonnait pas la négligence qui avait causé la mort de leur premier fils. Son forfait commis, Grace s'en va rejoindre son second fils, Martin, à Dublin pour essayer de refaire sa vie. Elle tentera vainement d'avouer à Martin que la mort de son père n'est pas due à un tragique concours de circonstances.
    Le roman qui se passe en 1992 est fortement ancré dans la culture irlandaise, sur la morale et ce qui est permis ou pas lorsque l'on vit dans une société si fortement influencée par le catholicisme. En parallèle à l'histoire de Grace, apparaît celle - véridique, précise l'auteur dans une postface - d'une jeune fille de quatorze ans, enceinte à la suite d'un viol, et à qui la justice refuse de quitter l'Irlande pour se faire avorter. Une affaire qui a secoué l'Irlande au début des années 90.
    Formidable portrait de femme aux abois, Mauvaise pente nous plonge dans une Irlande pleine de bruit et de fureur et s'attaque à des thèmes particulièrement difficiles : femmes battues, homosexualité, avortement.
    Je n'ai pas pu rester insensible au drame que vivent les deux personnages principaux de ce roman. Terrible dilemme entre amour filial et justice ! J'ai été séduite par le savoir-faire de cet auteur irlandais, par son efficacité et son style. Il nous met immédiatement dans une atmosphère "boueuse". Difficile de ne pas avoir de "la pluie qui nous colle à la peau" à la lecture de ce livre. On ressent l'Irlande comme si on y était ! le talent de Keith Ridgway est de faire monter imperceptiblement la tension pour clore de façon poignante sur une scène de marche de protestation.
    Mauvaise pente - prix Femina en 2001 - est un des nouveaux projets du tandem Martin Provost / Yolande Moreau (après le succès de Séraphine) pour le petit écran.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par zazy, le 21 septembre 2011

    zazy
    Grace, épouse d'un ivrogne irlandais, ne cesse de payer « sa faute », la mort accidentelle de son fils ainé Sean, noyé dans un ruisseau un soir alors qu'elle rentrait son linge sec. Elle paie le prix fort : battue par son ivrogne de mari qui redoublera de violence après le départ du second fils Martin. Il avait osé avouer à ses parents son homosexualité. Puis ce même mari tue une petite fille alors qu'il conduisait ivre mort. A son retour de prison, les coups ne cessent de pleuvoir et, un soir par comme les autres, Grace passe à l'acte. Elle prend la voiture et va à la rencontre de ce monstre, qu'elle trouve en train de prier à l'endroit de l'accident et…. Va le tuer en lui roulant dessus. Après l'enterrement, elle se réfugie à Dublin chez Martin qui vit en couple avec Henry.
    Pour Grace la Mauvaise pente a commencé par son mariage contracté en opposition à son père. La vie ne lui a rien épargné, elle a tout enduré, tout endossé jusqu'à l'explosion fatale. Elle pensait se défaire de son ivrogne de mari en le tuant et c'est le contraire qui est arrivé.
    Dans un Dublin pluvieux et froid, nous assistons au face à face souvent laborieux, sans parole entre la mère et le fils. Grace, toute engluée dans sa culpabilité car, enfin, elle a tué ! ne peut parler à ce fils tendrement aimé, chassé de la maison par son père, empêtré dans une jalousie malsaine. Ils se frôlent, mais ne peuvent se toucher, se retrouver. Sean, un ami de Martin, jouera un rôle important car Grace lui racontera le meurtre et, incapable de se taire, il transmettra ce lourd secret à Martin. Alors là, se passe une chose inouïe : il ne peut accepter le meurtre de son père, lui qui l'a tant haï, et sa haine se retournera contre sa mère. Il ira jusqu'au bout de cette « folie » en avertissant la police.
    Le seul moment de douceur de ce livre est l'arrivée de Grace dans une pension de famille où elle va poser sa valise et essayer de se retrouver. L'imposante Mrs Talbot saura lui donner un peu d'humanité et son amitié.

    Grace, tout comme X, jeune fille de 14 ans violée à qui la justice refuse le droit de se faire avorter, sont les victimes et, en même temps, le symbole d'une Irlande qui essaie de se libérer du joug de la religion.
    C'est un très beau roman aussi lourd que les manteaux mouillés par la pluie de Dublin, très prenant que l'on ne peut lâcher. Cette atmosphère pesante ira jusqu'à la double chute de Grace.
    Un très beau prix Femina étranger
    Par sa profondeur, je le déclare coup de cœur
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Lostinmypal, le 28 mars 2012

    Lostinmypal
    En dépit d'inégalités (c'était le premier roman de l'auteur), ce livre est très fort. Il est aussi typiquement irlandais.
    Grace est une femme battue par son mari depuis des années. Elle décide un jour de prendre son destin en main : elle se débarrasse de son mari et part retrouver son fils Martin à Dublin où elle espère démarrer une nouvelle vie.
    Martin est homosexuel, ce qui n'est pas nécessairement facile à vivre dans une Irlande encore très conservatrice. Bien qu'il ait été en conflit avec son père, il n'arrive pas à surmonter ses propres démons pour accepter la libération que vit sa mère et, entre déni et non-dits, les relations entre ces deux êtres ne seront jamais simples.
    En parallèle, l'auteur évoque un fait divers qui secoua le pays et qui, comme la volonté de renaître de Grace, témoigne des sursauts d'un pays qui ne pourra peut-être pas continuer longtemps sur cette voie. Un bien beau roman.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par spleen, le 13 mai 2012

    spleen
    Sous le ciel gris et pluvieux d'Irlande, Grace Quinn tente de commencer une nouvelle vie après avoir supprimé un mari violent, alcoolique et responsable de la mort d'une jeune fille et de renouer les relations étroites qu'elle avait auparavant avec Martin, son fils qui a quitté la maison pour fuir le père et assumer loin de son village natal son homosexualité.
    Martin, englué dans des histoires de jalousie amoureuse, ne supporte pas cette nouvelle présence et reste hermétique à l'appel muet de Grace ,le dialogue si nécessaire entre ces deux êtres qui se retrouvent ,ne sera pas entamé , Grace reste avec le poids de son acte et Martin ne voulant pas comprendre ni admettre le geste de sa mère précipitera le dénouement.
    Les personnages qui gravitent autour de Grace et Martin sont intéressants, même esquissée, leur empathie pour Grace est évidente.
    Au drame de cette femme aux abois, se mêle le fait divers de cette année 1992 qui remue les opinions dans cette Irlande profondément ancrée dans ses rigidités religieuses: l'interdiction pour une jeune fille de 14 ans, violée ,de se faire avorter .
    Ce roman se lit d'une traite et laisse une forte impression .
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 19 janvier 2012

    carre
    Grace Quinn, femme bafouée et violentée par son mari elle décide de reprendre son existence en main, elle écrase son mari avec sa voiture.. Alors que la police se me en quête de trouver le chauffard Grâce décide de rejoindre son fils Martin à Dublin. Prise de remords, elle devra lutter avec sa conscience pour dire ou taire la vérité. Et peut-être reprendre une vie apaisée.
    Premier roman publié en France de l'irlandais Keith RIdgway, le livre fut couronné par le prix Femina. Magnifique portrait d'une femme dont la vie bascule vers une pente qui va se révéler bien plus terrible que celle ou elle était déjà, celle de la culpabilité. Mais malgré ce sentiment qui l'étreint, une femme qui reste debout, empreinte de cette fierté irlandaise, une femme ordinaire et terriblement humaine, qui espère retrouver une certaine sérenité.
    Grand livre.
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Citations et extraits

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  • Par caro64, le 31 août 2009

    Je n'aurais pas dû le faire. Je l'ai fait parce que je voulais me libérer de lui, et maintenant je suis liée à lui plus indissolublement que je ne l'avais été. Par des signes, par des symboles et d'aures manières que je ne comprends pas. Je voulais le cracher, et je l'ai avalé. Je n'aurais pas dû le faire.
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  • Par genieblanc, le 26 août 2010

    Grace entendait ses pieds résonner sur le trottoir, mais de fatigue elle n'avait plus même conscience de marcher. Elle avançait sans trop savoir quelle direction prendre, mais elle ne s'en souciait pas. Un grand blanc lui barrait l'esprit : on aurait dit que, là où se concentrent d'ordinaire les images, tout avait été débarrassé et mis dans un coin, devenant aussi flou, aussi étrange que des objets poussés sur le bord pour dégager une piste de danse.
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  • Par caro64, le 30 août 2009

    Les vides. On est tous pleins de vides. Ce sont les vides qui prennent le plus de place dans nos existences, madame Wilson.
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  • Par genieblanc, le 26 août 2010

    Ensemble ils avaient arpenté la terre détrempée, ils avaient peiné sur la bruyère et les taillis près du lac. Ils avaient parlé, et parlé encore. De quoi, il ne savait plus. Il ne se rappelait que le chemin. Leurs pas, ses pieds qui se posaient l'un après l'autre pour le porter sur un sol toujours neuf, au bord de l'eau, dans l'herbe haute ou sur l'herbe rase, jusqu'au sommet d'une colline. Il se rappelait l'impression que lui procurait la distance parcourue, la sensation sécurisante de se savoir éloigné de tout être humain, excepté sa mère. Comme s'ils étaient des fuyards. Comme s'ils tiraient l'horizon à eux jusqu'à le tenir un instant à portée de main.
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  • Par zazy, le 16 août 2011

    Un morceau de ciel d’un bleu immaculé qui s’étendait depuis les toits jusqu’au sommet de la fenêtre, comme si on avait mis la mer à sécher.
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Vidéo de Keith Ridgway

OÙ VA LA NUIT (2010), Réalisée par Martin Provost. Avec Yolande Moreau. Le film est l'adaptation du roman Mauvaise pente de Keith Ridgway. Bande-annonce








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