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Susanne Juul (Traducteur)Bernard Saint-Bonnet (Traducteur)
ISBN : 2264022930
Éditeur : 10-18 (30/06/1999)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 100 notes)
Résumé :
" On n'écrit pas sur les confins de notre monde sans y avoir vécu.
De même que Francisco Coloane a sillonné la Terre de Feu en se frottant à tous les métiers, le Danois Jorn Riel s'embarque dans les années 50 pour le nord-est du Groënland. De ce long séjour dans ces déserts arctiques naîtront une vingtaine de livres. Les personnages principaux sont toujours les mêmes trappeurs : Valfred, Mad Madsen, William le Noir... Tout à la fois hâbleurs ou mutiques, farc... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
purplevelvet
29 avril 2014
★★★★★
★★★★★
tome 2 des aventures drôlatiques d'Anton, Valfred, Mads Madsen et leurs copains, tous chasseurs perdus sur un coin de banquise au nord-est du Groenland, que j'avais découverts et appréciés l'été dernier. J'ai pu trouver assez vite cette suite, me voilà donc repartie pour les terres boréales
Même principe que pour le tome 1, il n'y a pas vraiment de héros, chaque trappeur connaît son moment de gloire dans une ou l'autre des nouvelles du recueil, enfin, si on peut parler de gloire dans le cas où on se retrouve en caleçon et chaussettes à engueuler un ours blanc qui voit déjà en vous son prochain dîner, et qu'on réussi à sauver sa peau par un incroyable concours de circonstances (la balle perdue), ou qu'on se retrouve à dériver pendant plusieurs jours sur un iceberg, avec pour seule compagnie un type qui passe son temps à dormir, un réchaud, une bouteille de schnaps et de la viande de phoque. (un petit détour).
Mais grosso modo, c'est tout un univers et ses habitants qui se dessine, touche après touche, nouvelle après nouvelle, un univers où le temps est une donnée élastique, où la survie est un enjeu de chaque instant, et où l'amitié seule peut permettre de ne pas sombrer dans la déprime. Ce qui manque arriver à Anton, l'étudiant venu au pôle avec plein d'idées préconçues sur la vie arctique et qui se voyait déjà en héros des glaces, lorsqu'il se frotte à la réalité de la vie quotidienne, un peu plus dure qu'ailleurs, mais tout aussi routinière, surtout lorsque la nuit s'étire sur plusieurs mois (le bruant des neiges).
Malgré tout, je conseillerai aux futurs lecteurs de prendre les tomes dans l'ordre, car ce volume 2 fait référence à des événements narrés dans le premier (un petit détour fait largement référence au dressage d'un lieutenant du tome 1,et ce qu'il advint d'Emma, est la suite directe de la vierge froide, où on apprend ce qu'est devenue la femme imaginaire que Mads Madsen avait inventé un soir où il était en verve, et dont il avait cédé " les droits d'auteur" à l'un de ses copains, permettant ainsi ça cette idée de poursuivre sa "vie") Car c'est bien de ça qu'il s'agit. Un des personnages dit ici qu'un récit grandit en passant de personne à personne, en vivant sa vie, en se voyant enjolivé de détails. On est dans une culture orale pas si éloignée des légendes ou des contes. qu'importe si, au lieu de dieux et de héros, on a ici des chasseurs plus ou moins portés sur la bouteilles. D'ailleurs, les gens qui me connaissent peuvent s'étonner de me voir passionnée par des nouvelles qui parlent de chasse, moi qui déteste ça. C'est assez simple: jamais on ne ressent chez eux d'agressivité gratuite, ils chassent soit parce que c'est leur travail ( on est dans les années 50, et le commerce de la fourrure n'est pas encore mal vu), soit par nécessité, pour se nourrir ou se vétir ( et l'ours tué par accident dans "une balle perdue" est mangé, et sa peau sert à réparer le traîneau qu'il avait endommagé), ce ne sont pas des meurtres gratuits par plaisir de tuer. Cette notion apparaît dans "un safari arctique", via l'autoritaire Lady Herta, vieille dame chasseuse dans l'âme venue sur la banquise uniquement pour le plaisir de tirer sur un boeuf musqué, et qui par son ridicule ( elle vient chasser "à la rustique", mais il y a quand même besoin d'une douzaine de personnes pour porter son équipement qui comprend plusieurs tentes, une baignoire pliante, de la vaisselle en cristal, des boites de conserve exotiques..), fait ressortir le bon sens et la simplicité des autochtones, pas plus natifs qu'elles, mais, cerise sur le gâteau, c'est l'occasion de quelques vannes bien senties sur l'esprit colonial.
Donc, une très bonne lecture qui me convainc de poursuivre l'aventure arctique, quand l'occasion s'en présentera ( en fait très bientôt, car je viens de gagner à un concours le tome 3 d'une adaptation en BD, qui correspond en fait à l'adaptation graphique de 3 nouvelles issue de ce volume)

Lien : http://chezpurple.blogspot.f..
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Errant
10 octobre 2016
★★★★★
★★★★★
J'ai retrouvé avec plaisir la bande de chasseurs du Groenland, toujours aussi désarmante, dans ces six racontars, loufoques et profonds à la fois. le premier, d'un sérieux inhabituel, se termine par une illumination, une prise de conscience puissamment narrée et dont le déclencheur est venu chercher mon coeur d'ornithologue amateur... le deuxième, outre la cocasserie finale, fait place à une colère savoureuse, justifiée autant qu'intrépide. J'ai hautement apprécié le flegme affiché lors du « petit détour » alors que j'ai franchement souri au retour d'Emma dont le sort m'avait intrigué. Et ces trois derniers contes sont en quelque sorte un concours de roublardise entre la communauté des chasseurs et le capitaine du bateau ravitailleur. Un des talents de Riel est notamment d'animer ses personnages de telle sorte que le lecteur ressente bien les dilemmes auxquels ils sont confrontés dans cet univers particulier. J'ai l'impression de découvrir une série hors du commun, qui possède une couleur bien à elle, ravissante et tellement enrichissante!
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zazaleb
18 août 2014
★★★★★
★★★★★
Si vous aimez Arto Paasilina, qui a beaucoup contribué à lancer la mode des récits du Nord déjantés, plongez dans Jorn Riel et les aventures des chasseurs du nord solitaires et avinés, capables de se troquer une fiancée imaginaire contre des semelles de chaussures et autres bagatelles. L'écriture rend terriblement bien les situations cocasses et décalées vécues par ces asociaux. Je me suis régalée et j'ai bien ri en leur compagnie ! et Jorn Riel ayant vévu 16 ans dans les régions qu'il décrit, on peut supposer que c'est bien documenté. Merci à la bibliothécaire qui me l'a conseillé, en lieu et place d'un Jonan Jonansson qui n'était pas disponible, et qui l'a fort bien remplacé.
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EFar
16 septembre 2011
★★★★★
★★★★★
Une première fois, ça vous reste souvent en mémoire. Est-ce pour ça que je me souviens bien du Safari arctique ?
Ce livre fut mon tout premier Jorn Riel. Je ne sais plus vraiment pourquoi j'avais choisi celui là parmi les autres : peut être cette couverture étrangement suggestive, cette longue femme qui semble s'abandonner à un ours furieux. de ce côté là, j'en fut pour mes frais : foin de jeunes femmes alanguie sur ces terres désolées, juste une poignée de trappeurs aux vies aussi rugueuses que leur noms.
Mais quelle vie que la leur. A défaut d'héroïne, je suis très vite tombé amoureux de ces racontars et de ces Fjordur et compagnie : la galerie de portraits, la vie simple et sans fard, la proximité du monde sauvage, l'âpreté du pays et les stratagèmes pour y survivre, le bon sens et le recul que vous donne, parfois, cette vie là, et puis un profond sentiment de liberté ; j'ai tout aimé, en bloc. Je retrouvais au centuple les émotions qui parfois vous gagne en montagne.
Et puis il y avait l'écriture de Jorn Riel, simple, proche du monde, efficace avec le sourire en coin du narrateur qui ne perd jamais son sérieux. Et son sens du récit, qui fait de lui un grand conteur.
Oui, je suis tombé amoureux de ces racontars là. C'étaient mes tout premiers.
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keisha
17 octobre 2010
Il faut vraiment découvrir ces chasseurs groenlandais, ces Valfred, Herbert, Anton, Siverts, Fjordur, Mads Madsen, Bjorken, William-le-Noir qui ont une conception toute personnelle de l'hygiène et ne crachent pas sur un verre d'eau-de-vie maison, pour lesquels un jour de six mois est suivi d'une nuit de la même durée et qui se débrouillent en échangeant les peaux des animaux contre les produits de première nécessité apportés - une fois l'an- par le bateau La Vesle Mari.

Une rencontre avec un ours polaire, une croisière imprévue sur un iceberg, un safari en terre arctique, voilà entre autres ce qui constitue un menu fort réjouissant, parfois délirant, permettant de s'attacher à ces bougres un peu bourrus mais assez philosophes...

"Les chasseurs est-groenlandais ne sont, en fait, pas différents des autres gens ailleurs, de par le monde. Ils ont simplement d'autres possibilités. A celui qui vit toute sa vie derrière le grillage protecteur de la société, imaginer de vivre en Arctique doit donner la chair de poule: la désolation des étendues de glace, la solitude effrayante, une existence chaste de moine dans un monde infini et ingrat. Il est difficile de comprendre qu'on y reste, de sa propre volonté, année après année, et qu'en plus, on s'y plaise.
"Mais pour qui a le désert dans le sang, c'est différent. La désolation n'est jamais désolante. Chaque montagne, chaque vallée, chaque fjord et chaque iceberg cachent des surprises. La solitude est rarement trop lourde à supporter et souvent l'isolement donne un merveilleux sentiment de liberté. le pays polaire est plein de vie et de changements. Il n'y a pas d'obstacle, si ce n'est les éléments, pas de patron, si ce n'est la nature, et pas de lois, si ce n'est celles qu'on décide entre hommes. Les gens de là-haut ne sont pas différents, mais peut-être simplement un peu plus heureux à cause des circonstances."

A consommer sans modération!
Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
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Citations & extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
keishakeisha17 octobre 2010
"Les chasseurs est-groenlandais ne sont, en fait, pas différents des autres gens ailleurs, de par le monde. Ils ont simplement d'autres possibilités. A celui qui vit toute sa vie derrière le grillage protecteur de la société, imaginer de vivre en Arctique doit donner la chair de poule: la désolation des étendues de glace, la solitude effrayante, une existence chaste de moine dans un monde infini et ingrat. Il est difficile de comprendre qu'on y reste, de sa propre volonté, année après année, et qu'en plus, on s'y plaise.

"Mais pour qui a le désert dans le sang, c'est différent. La désolation n'est jamais désolante. Chaque montagne, chaque vallée, chaque fjord et chaque iceberg cachent des surprises. La solitude est rarement trop lourde à supporter et souvent l'isolement donne un merveilleux sentiment de liberté. Le pays polaire est plein de vie et de changements. Il n'y a pas d'obstacle, si ce n'est les éléments, pas de patron, si ce n'est la nature, et pas de lois, si ce n'est celles qu'on décide entre hommes. Les gens de là-haut ne sont pas différents, mais peut-être simplement un peu plus heureux à cause des circonstances."
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ErrantErrant10 octobre 2016
Mais pour qui a le désert dans le sang, c’est différent. La désolation n’est jamais désolante. Chaque montagne, chaque vallée, chaque fjord et chaque iceberg cache des surprises. La solitude est rarement trop lourde à supporter et souvent l’isolement donne un merveilleux sentiment de liberté. Le pays polaire est plein de vie et de changements. Il n’y a pas d’obstacle, si ce n’est les éléments, pas de patron, si ce n’est la nature, et pas de lois, si ce n’est celles qu’on décide entre hommes. Les gens de là-haut ne sont pas différents, mais peut-être simplement un peu plus heureux à cause des circonstances.
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ErrantErrant10 octobre 2016
Il commença à comprendre ce qui avait fait venir l’oiseau ici. Il prit conscience tout à coup de la fantastique attirance que ce désert suscitait. Il tourna le dos à la mer couverte de blocs de glace et regarda les terres. A nouveau, son âme se gonfla d’éternité. Les montagnes remplirent tout
son champ de vision. En bas, elles étaient couvertes d’énormes amas de neige, ronds, séduisants, presque doux comme des femmes. De longues guirlandes brunes couraient sur les versants de montagne où la neige avait fondu, et en haut, les pics gigantesques s’étiraient vers le ciel clair comme des clochers d’église. Pour la première fois de sa vie, Anton voyageait en lui-même. Il était quelque part en dehors de son corps, quelque part entre le fond de la vallée et la voûte infinie du ciel. Il ne voyait rien, n’entendait rien et ne se souvenait de rien.
Il sentait en lui une liberté intense, cette liberté dont il avait toujours rêvé, et qu’il s’était toujours souhaitée à travers ses rêves. Cette liberté que l’immense pays polaire avait patiemment, trois ans durant, tenue offerte devant lui.
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ErrantErrant10 octobre 2016
Même si on savait par expérience que Bjørken avait tendance à l’exagération, ses mots eurent un effet, pour ainsi dire, paralysant. Ils provoquèrent plusieurs minutes de silence. Les hommes étaient assis au soleil comme une bande de coquelets apeurés, ne sachant de quel côté courir. Parce que, naturellement, leur première pensée, ce fut la fuite. Ensemble, ils avaient été en sécurité, persuadés que tout irait comme il faut cette saison. Ils s’étaient reposés là, à se réjouir de tout et se sentant sûrs de la grande paix sacrée de l’hiver à venir. Et tout d’un coup, voilà qu’un bateau se pointait à travers les glaces avec une dame à bord.
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purplevelvetpurplevelvet29 avril 2014
"la baie était incroyablement belle. Les restes de glace de l'hiver brillaient à la manière de sculptures blanches, comme jetées par un artiste fou dans l'eau verte et paisible. Les seuls mouvements perceptibles, c'était les ombres des nuages d'été flottant et des petites ondes concentriques provoquées par la glace qui dégoulinait. A l'extrémité nord de la baie s'ouvrait une large vallée entre de sombres parois de montagnes. Le fond de cette vallée était couvert de bruyères en fleurs et scintillait de couleurs bleues et violettes"
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>Littérature des langues germaniques. Allemand>Autres littératures germaniques>Littérature norvégienne (218)
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