> Lily Denis (Traducteur)
> Philippe Jaccottet (Traducteur)
> Ève Malleret (Traducteur)

ISBN : 2070768139
Éditeur : Gallimard (2003)


Note moyenne : 4.55/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres

Pendant quelques mois, trois des plus grands poètes de leur temps échangent un courrier d'une passion extrême. Pasternak est cloué à Moscou par la révolution (il est le docteur Jivago), Tsvétaïeva en France par l'é... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 5.00/5
    Par ay_guadalquivir, le 12 avril 2012

    ay_guadalquivir
    Ce livre est éblouissant. Voilà. Correspondance à trois, entre trois des plus grands intellectuels de ce temps - Rilke, Pasternak, Tsvetaieva. Et quelles lettres ! A en faire regretter l'usage trop rapide du clavier si facile. Car il ne s'agit ni du quotidien, ni du pratique. Mais d'un échange intellectuel de haute volée - parfois difficile à lire, il faut le reconnaître - dont on sent qu'il stimule l'émetteur et le récepteur, mais aussi le lecteur. Interrogations sur l'être même du poète et son oeuvre, la Correspondance comme nourriture de soi. Je l'ai lu il y a quelques temps maintenant, mais l'ouvre encore parfois pour y piquer quelques phrases. L'enthousiasme de Tsvetaieva - enthousiasme tragique parfois - s'y développe largement. C'est là que j'aurai puisé mon envie de la lire. La relation avec Rilke, toujours complexe, s'impose au fil du temps. Et la force du lien entre les trois, entre les trois esprits dirais-je, reste absolument fascinante.
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Citations et extraits

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  • Par ay_guadalquivir, le 09 juillet 2010

    Pasternak à Tsvetaieva, 23/5/26 :
    "C'est une tendance actuelle que d'imaginer l'art comme une fontaine, alors que c'est une éponge.
    Ils ont décidé que l'art devait jaillir, alors qu'il doit aspirer et se nourrir.
    Ils ont jugé qu'il peut être décomposé en moyens plastiques, alors qu'il est composé d'organes des sens."
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  • Par nadejda, le 31 décembre 2010

    Tsvetaïeva à Rilke, Saint Gilles-sur- Vie, jour de L'Ascension 1926
    "Je t'écris dans les dunes, dans l'herbe chétive des dunes. Mon fils ( 1 an 3 mois, Georges -- en l'honneur de notre armée blanche...) -- mon fils, donc, est à califourchon sur moi (sur ma tête presque) et m'attrape mon crayon (j'écris directement dans un cahier). Il est si beau que les vieilles femmes (ces costumes ! que n'es-tu ici !) n'ont qu'un cri : "Mais c'est un petit roi de Rome !"
    ......Cette nuit, j'ai lu dans tes Elégies de Duino. Dans la journée, je n'arrive jamais à lire ni à écrire, les tâches quotidiennes empiètent même sur la nuit, car je n'ai que mes deux mains.
    ... Que te dire de ton livre ? Le degré suprême. Mon lit changé en nuage."
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  • Par ay_guadalquivir, le 09 juillet 2010

    Tsvetaieva à Pasternak, 30/12/29 :
    "Tu es enfoui en moi comme le trésor du Rhin - jusqu'au jour dit. Si je meurs sans avoir connu cela avec toi, mon sort ne s'est pas accompli, je ne me suis pas accomplie, car tu es mon dernier espoir de moi toute entière, celle qui est et qui ne saurait être sans toi."
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  • Par nadejda, le 31 décembre 2010

    Du fait épistolaire, elle (Marina Tsvetaieva) disait : "Une lettre est une sorte de communication de l'au-delà, moins parfaite que le rêve, mais obéissant aux mêmes lois. Ni l'un ni l'autre ne se font à la demande : nous rêvons et nous écrivons non quand nous le voulons, mais quand la lettre veut être écrite et le rêve rêvé" (à Paternak, 19 novembre 1922)
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  • Par nadejda, le 31 décembre 2010

    Quand ma fille (Ariadna) était encore toute petite -- dans les deux, trois ans --, souvent, avant d'aller se coucher, elle me demandait : "Est-ce que tu vas lire Reinecke ?"
    Reinecke, c'est ainsi que sonnait, pour sa rapide ouïe d'enfant, Rainer Maria Rilke. Les enfants n'ont aucun sens des intervalles.
    Marina Tsvetaïeva à Rilke le 10 may 1926
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