> Marguerite Yourcenar (Préfacier, etc.)
> Gabrielle Althen (Éditeur scientifique)
> Jean-Yves Masson (Éditeur scientifique)

ISBN : 2864321890
Éditeur : Verdier


Note moyenne : 4.67/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres
Si ce poète habitué aux visitations angéliques s'est voulu insubstantiel, humble, dépouillé jusqu'à la transparence, c'est qu'il se savait né pour transmettre, pour écouter, pour traduire au risque de sa vie ces secrets messages que les antennes de son génie lui permett... > voir plus
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Citations et extraits

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  • Par ster, le 23 mai 2011

    … Et ils disent que la vie est un rêve :

    non pas ;

    pas seulement un rêve. Le rêve est une part de la vie.

    Une part confuse, dans laquelle le visage et

    l’être s’acharnent l’un contre l’autre, se tressent l’un à l’autre,

    comme des animaux d’or, rois de Thèbes

    repris à leur mort (qui se brise).



    Le rêve est la traîne de brocart qui tombe de tes épaules,

    le rêve est un arbre, un éclat fugitif, un bruit de voix- ;

    un sentiment qui commence et s’achève

    est rêve ; un animal qui te regarde dans les yeux

    est rêve un ange qui jouit de toi

    est rêve. Rêve est le mot qui d’une douce chute

    tombe dans ton sentiment comme un pétale

    qui s’accroche à ta chevelure : lumineux, confus et las-,

    lèves-tu seulement les mains : c’est encore le rêve qui vient,

    et il vient comme tombe une balle- ;

    tout, ou presque, rêve-,

    et toi, tu portes tout cela.



    Tu portes tout cela. Et avec quelle beauté tu le portes.

    Chargée de lui comme de ta chevelure.

    Et cela vient des profondeurs, cela vient

    des hauteurs jusqu’à toi et par ta Grâce…



    Là où tu es, rien n’a attendu en vain,

    nulle part autour de toi il n’est fait de tort aux choses,

    et c’est comme si j’avais déjà vu

    que des animaux se baignent dans tes regards

    et boivent à ta claire présence.



    Mais ce que tu es : cela seul je l’ignore. Je sais

    seulement chanter ta louange : cercle de légende

    autour d’une âme,

    jardin autour d’une maison

    dans les fenêtres de laquelle je vis le ciel-.



    Ô tant de ciel, s’en allant, vu de si près ;

    ô tant de ciel sur tant d’horizon.



    Et quand c’est la nuit- : quelles grandes étoiles

    ne peuvent manquer de se refléter dans ces fenêtres…
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  • Par ay_guadalquivir, le 15 mai 2011

    "Ô de quelle façon, avec quel gémissement
    nous nous sommes caressés, épaules et paupières.
    Et la nuit se terrait dans les chambres,
    comme un animal blessé que nous aurions transpercé de douleur."
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