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> Antoine Adam (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070104761
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 4.62/5 (sur 201 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
ŒUVRES COMPLÈTES . Œuvres et lettres (1868-1875) : Œuvres en prose et en vers (1868-1873) - Une saison en enfer - Illuminations - Lettres de Rimbaud et de quelques correspondants (1870-1875). - Vie et documents (1854-1891) [2009] . Édition d'André Guyaux avec la collabo... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par CDemassieux, le 06 février 2015

    CDemassieux
    Il est devenu l'icône – le mot, en ce qui le concerne, n'est pas galvaudé –, du poète, éclipsant l'homme qu'on disait aux semelles de vent tellement il voulait voyager.
    Il n'est peut-être pas le plus génial, mais il est génial, inventeur d'une révolution poétique qui prônait la modernité à l'âge où d'autres ont des préoccupations beaucoup plus triviales.
    Il continue de séduire invariablement l'élite et le peuple, son visage reproduit sur les murs, associé à la liberté et l'éternelle jeunesse.
    « le Dormeur du val », « le Bateau ivre », « Une saison en enfer », les « Illuminations », etc., autant de textes entrés dans le panthéon immatériel de la poésie française, certains si musicaux qu'ils furent naturellement chantés.
    Rimbaud inspira même, après sa mort, un courant artistique majeur, le surréalisme, dont les membres considéraient les Lettres du « Voyant » comme un manifeste, notamment cette phrase prophétique : « le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. »
    Pourquoi lire Rimbaud ? Parce que c'est une poésie fluide qui fait effectivement appel aux sens. Une poésie qui s'est construite en se libérant des chaînes métriques, et en un temps record, puisque le poète n'écrira que quelques années, s'arrêtant définitivement à vingt ans pour s'en aller vers un autre destin, en Afrique, d'où il reviendra pour mourir à Marseille.
    Les lettres contenues dans ce volume permettent d'ailleurs de découvrir l'autre Rimbaud : l'aventurier, au sens large du terme.
    Rimbaud est ce qu'on pourrait appeler une comète : il est passé sans s'arrêter, nous abandonnant une traînée qui continuera de briller tant qu'il y aura des lecteurs pour lire ça…
    « Les effarés
    Noirs dans la neige et dans la brume,
    Au grand soupirail qui s'allume,
    Leurs culs en rond,
    A genoux, cinq petits, - misère ! -
    Regardent le Boulanger faire
    Le lourd pain blond.
    Ils voient le fort bras blanc qui tourne
    La pâte grise et qui l'enfourne
    Dans un trou clair.
    Ils écoutent le bon pain cuire.
    Le Boulanger au gras sourire
    Grogne un vieil air.
    Ils sont blottis, pas un ne bouge,
    Au souffle du soupirail rouge
    Chaud comme un sein.
    Quand pour quelque médianoche,
    Façonné comme une brioche
    On sort le pain,
    Quand, sous les poutres enfumées,
    Chantent les croûtes parfumées
    Et les grillons,
    Que ce trou chaud souffle la vie,
    Ils ont leur âme si ravie
    Sous leurs haillons,
    Ils se ressentent si bien vivre,
    Les pauvres Jésus pleins de givre,
    Qu'ils sont là tous,
    Collant leurs petits museaux roses
    Au treillage, grognant des choses
    Entre les trous,
    Tout bêtes, faisant leurs prières
    Et repliés vers ces lumières
    Du ciel rouvert,
    Si fort qu'ils crèvent leur culotte
    Et que leur chemise tremblote
    Au vent d'hiver. »
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    • Livres 3.00/5
    Par dedanso, le 11 mai 2014

    dedanso
    Je ne suis pas tellement amatrice de Poésie.
    J'avais été touchée au coeur par le Dormeur du Val (je le suis à chaque relecture). Je me suis donc laissée tenter par ses oeuvres complètes.
    Il y a de vrais coups de coeur, comme les Effarés, Ce qui retient Nina, le Bal des pendus, Mes petites amoureuses... Il y a d'autres poèmes qui ne me parlent nullement (Le bateau Ivre notamment, je ne comprends pas ce qu'on lui trouve....). Je trouve que ses poèmes en prose ne sont pas non plus ce qu'il a fait de mieux.
    Raimbaud est cependant l'un des seuls poètes que je lis avec plaisir et que je n'ai pas peur de (re)découvrir. Je le trouve plus "poétique", avec beaucoup d'humour et de passion.
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    • Livres 5.00/5
    Par tatooa2001, le 27 juin 2014

    tatooa2001
    Rimbaud et Prévert, mes deux poètes préférés, sans doute parce que leur liberté s'exprime dans leurs poèmes, qui restent cependant accessibles à tous.
    Je n'en lis plus beaucoup, c'était mes lectures d'adolescente et jeune adulte, tout cela, grâce à mon père qui possédait les œuvres complètes de pas mal de ses auteurs préférés. Curieusement, j'aimais bien les poèmes de Victor Hugo, aussi...
    De temps en temps, grâce à la magie d'internet, je me replonge dans ces vers et poésies, et c'est bien agréable, même si je n'en lis plus autant qu'avant.
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    • Livres 4.00/5
    Par juliemc19, le 26 juin 2012

    juliemc19
    Je ne suis pas une grande amatrice de poésie. Je me suis quand même lancée dans les Oeuvres d'Arthur Rimbaud. J'ai beaucoup aimé. Il est devenu l'un des rares poètes que j'aime et apprécie. On le dit héritier de Charles Baudelaire, qui à part 2 ou 3 exceptions je n'aime pas beaucoup. Je trouve qu'Arthur Rimbaud est plus... poétique ! Nous transporte plus ! Dire que je ne connaissais de lui que "Voyelles" et le "Bateau Ivre". Il faut le découvrir. A découvrir également son parcours et sa vie ! Dire que ce grand marcheur a eu une brève vie !
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    • Livres 5.00/5
    Par lorenzopolis, le 22 septembre 2010

    lorenzopolis
    La jambe de Rimbaud, l'oreille de Van Gogh, le foie de Gainsbourg : le génie est-il facteur de mutilation ? Personnellement, j'espère que non...

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Citations et extraits

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  • Par Piatka, le 07 mai 2014

    AUBE

    J'ai embrassé l'aube d'été.
    Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte.
    Les camps d'ombres ne quittaient pas la route du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes ; et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.

    La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

    Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

    Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq. A la grand-ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre,je la chassais.

    En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son immense corps.
    L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.

    Au réveil il était midi.

    ILLUMINATIONS
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  • Par KarineBellocq, le 31 mai 2010

    Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s'ouvraient tous les cœurs, où tous les vins coulaient. Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. — Et je l'ai trouvée amère. — Et je l'ai injuriée.
    Je me suis armé contre la justice.
    Je me suis enfui. Ô sorcières, ô misère, ô haine, c'est à vous que mon trésor a été confié !
    Je parvins à faire s'évanouir dans mon esprit toute l'espérance humaine. Sur toute joie pour l'étrangler j'ai fait le bond sourd de la bête féroce.
    J'ai appelé les bourreaux pour, en périssant, mordre la crosse de leurs fusils. J'ai appelé les fléaux, pour m'étouffer avec le sable, le sang. Le malheur a été mon dieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l'air du crime. Et j'ai joué de bons tours à la folie.
    Et le printemps m'a apporté l'affreux rire de l'idiot.
    Or, tout dernièrement m'étant trouvé sur le point de faire le dernier couac ! j'ai songé à rechercher la clef du festin ancien, où je reprendrais peut-être appétit.
    La charité est cette clef. — Cette inspiration prouve que j'ai rêvé !
    "Tu resteras hyène, etc...," se récrie le démon qui me couronna de si aimables pavots. "Gagne la mort avec tous tes appétits, et ton égoïsme et tous les péchés capitaux."

    Ah ! j'en ai trop pris : — Mais, cher Satan, je vous en conjure, une prunelle moins irritée ! et en attendant les quelques petites lâchetés en retard, vous qui aimez dans l'écrivain l'absence des facultés descriptives ou instructives, je vous détache ces quelques hideux feuillets de mon carnet de damné.
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  • Par Piatka, le 10 septembre 2013

    CHANSON DE LA PLUS HAUTE TOUR

    Qu'il vienne, qu'il vienne,
    Le temps dont on s'éprenne.

    J'ai tant fait patience
    Qu'à jamais j'oublie.
    Craintes et souffrances
    Aux cieux sont parties.
    Et la soif malsaine
    Obscurcit mes veines.

    Qu'il vienne, qu'il vienne,
    Le temps dont on s'éprenne.

    Telle la prairie
    À l'oubli livrée,
    Grandie, et fleurie
    D'encens et d'ivraies,
    Au bourdon farouche
    Des sales mouches.

    Qu'il vienne, qu'il vienne,
    Le temps dont on s'éprenne.

    Extrait d' Une saison en enfer
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  • Par Piatka, le 15 septembre 2014

    C'est le repos éclairé, ni fièvre ni langueur, sur le lit ou sur le pré.
    C'est l'ami ni ardent ni faible. L'ami.
    C'est l'aimée ni tourmentante ni tourmentée. L'aimée.
    L'air et le monde point cherchés. La vie.
    - Etait-ce donc ceci ?
    - Et le rêve fraîchit.

    Premier poème de VEILLÉES - LES ILLUMINATIONS
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  • Par Piatka, le 14 septembre 2013

    À quatre heures du matin, l'été,
    Le sommeil d'amour dure encore.
    Sous les bocages s'évapore
    L'odeur du soir fêté.

    Extrait de UNE SAISON EN ENFER

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