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> Pierre Brunel (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253096350
Éditeur : Le Livre de Poche (1998)


Note moyenne : 4.39/5 (sur 378 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Si l'on devait citer le poète qui a exercé l'influence la plus profonde sur la poésie du début du XXe siècle, il faudrait nommer Rimbaud. Avec plus de hardiesse encore que Baudelaire, il a étendu le champ d'exploration de la poésie. Avant lui, l'expérience poétique étai... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par ThierryCABOT, le 15 mai 2013

    ThierryCABOT
    Le mythe Rimbaud a la vie dure.
    En 2010 une photographie de lui, âgé de vingt-six-ans, a été retrouvée fortuitement à Aden. Nous découvrons un jeune homme assez quelconque, l'air un peu compassé, en habit de bourgeois et dont le regard n'accroche plus la lumière. Neuf ans plus tôt, l'objectif de Fantin-Latour le montre en compagnie de plusieurs artistes (parmi lesquels se trouve Verlaine). Et là que voyons-nous ? Un adolescent aux yeux myosotis, les cheveux en désordre, le visage inspiré, qui semble ouvert à toutes les magies.
    Quoi ! "Le passant considérable" que décrit Mallarmé aurait changé à ce point.
    Malgré les preuves accumulées, un certain nombre de thuriféraires de l'épopée rimbaldienne n'ont pas voulu croire à une telle transformation. Ce Rimbaud-là ne ressemblait plus à un poète.
    Et pourtant ! Cinq années tout au plus couvriront l'expérience créatrice de Rimbaud. Quatre verront naître ses chefs-d'oeuvre. Puis le silence... un silence définitif s'installera. A vingt ans déjà, "l'homme aux semelles de vent" avait abandonné la poésie, comme brûlé de l'intérieur et comme si elle n'avait été au fond qu'une parenthèse dans une vie d'aventures et de trafics.
    A l'âge où d'autres poètes commençaient à peine à trouver leur style, Rimbaud, lui, mettait un point final à son oeuvre.
    Sa précocité est confondante. "Le dormeur du val" et "Ma bohème" sont nés sous la plume d'un garçon de seize ans. A dix-sept ans,"Le bateau Ivre" précédé de "Voyelles" annonce une poétique nouvelle.
    Bientôt vont fleurir des poèmes inédits aux inflexions aériennes :
    "Que comprendre à ma parole ?
    Il faut qu'elle fuit et vole !"
    "Une saison en enfer et "Les illuminations" composés avec fébrilité cloront cette expérience poétique hors du commun et menée à un rythme vertigineux.
    Avec de menues maladresses et d'éclatantes réussites, Rimbaud devient l'égal des plus grands. Son incroyable plasticité littéraire lui fait emprunter dix voies différentes sans jamais se perdre. Vers classique, libéré, libre, prose poétique : rien en fait ne l'arrête !
    Sentait-il confusément que l'accomplissement de son art lui dictait ces orientations successives ? Nul ne le sait. Rimbaud en tout cas se paie le luxe d'être toujours lui-même en se renouvelant toujours.
    Etrange destin que le sien. Après avoir révolutionné la poésie française, Rimbaud fuit vers d'autres cieux. Il nous donne simplement congé.
    Et la photographie que nous contemplons laisse un goût d'amertume, celui des illusions perdues.
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    • Livres 5.00/5
    Par Petitebijou, le 05 décembre 2011

    Petitebijou
    Une fois de plus, je vais rendre hommage à l'éducation nationale, à qui je dois tant de découvertes ! Je me souviens comme si c'était hier de cette après-midi de mes douze ans, en cinquième, quand nous étudiâmes "Le dormeur du Val" d'un certain Arthur Rimbaud. du choc ressenti à la lecture de ces vers :
    "Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
    Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit."
    La semaine précédente, ma crise d'adolescente s'était déclarée avec autant de violence que la poésie de Rimbaud pour qui je fus prise d'une grande passion. J'étais dans un collège privé catholique, et on nous présenta l'auteur comme un très bon élève (ce qu'il était), passant allègrement sur les côtés sulfureux de sa vie, nous évoquant sa relation avec Verlaine comme "une très belle amitié". Peu importe, le ver était dans le fruit, et c'est avec délectation que je découvris par moi-même ce qu'était réellement Rimbaud. Aujourd'hui je réalise la chance d'avoir croisé Arthur, cet adolescent, moi-même adolescente. Une bien belle inititiation !
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    • Livres 5.00/5
    Par Tempuslegendae, le 11 novembre 2012

    Tempuslegendae
    Dans une notice, voici ce que j'ai pu y lire: «Les illuminations ont le voile mystérieux de l'énigme. La critique littéraire s'interroge toujours sur la date de composition de ces proses rimbaldiennes. le point est important: il détermine l'optique que l'on a de l'ascension créatrice d'Arthur RIMBAUD. Les illuminations sont-elles l'exercice du Voyant qui les aurait composées avant Une saison en enfer, ou la flore géniale d'un esprit qui a dépassé les hantises adolescentes pour s'aboucher au souffle redécouvert de la poésie vraie?»Ce passage paraît difficile à saisir mais il l'est moins après la lecture, ou plutôt dire le contexte d'écriture des Illuminations. Tout d'abord, cette dernière œuvre citée est un recueil de poèmes dont la rédaction a duré trois années. Rimbaud était lié à Verlaine, ce n'est un secret pour personne, et ces longs voyages faits entre eux à travers l'Europe ont favorisé leur amour, mais aussi l'écriture, beaucoup de concertation, d'effusion parfois. On parle aussi d'adolescence, mais il faut se souvenir aussi que RIMBAUD a écrit la plus grande partie de son œuvre poétique entre 16 et 20 ans. Son écriture était aussi violente et impulsive que son caractère, sa jeunesse libérée, son mal-être surtout. Souvenez-vous du «bateau ivre», ou bien «le dormeur du val»? Malgré ça tout n'est pas saisissable chez le poète, parfois déroutant, pourrions-nous dire. Considérons «Barbare» par exemple: «Les brasiers et les écumes. La musique, virement des gouffres et choc des glaçons aux astres… ». Faute d'avoir pu déchiffrer cette énigme de mots, le lecteur ne peut aller au bout des intentions pourtant très construites de RIMBAUD.A défaut de savoir, nous sommes condamnés à rester à la surface de son livre. Nous devinons un texte à la tournure paradoxale, des propos ambigus, un réquisitoire ardent, enfin le rêve fou d'un monde nouveau. Déjà, on pressent que Rimbaud est à la recherche de formes nouvelles du langage. «Poète maudit» comme on eut parlé de lui, RIMBAUD n'en reste pas moins un poète hors norme dont l'œuvre ressemble à sa vie, c'est-à-dire incluant une notion de défi, de mystère, certainement valeur de combat. Les textes du poète constituerait-il la clé de voûte de la poésie française? Nous n'en sommes pas loin.
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    • Livres 5.00/5
    Par Philippe67, le 04 octobre 2012

    Philippe67
    Bien sur c'est un grand classique et même si ce n'est pas mon poete n°1 je dois reconnaitre qu'il a écrit des lignes magnifiques dans un temps très limité.
    Tout le monde connait sa période poete (très courte) mais beaucoup ignorent l'aventurier et le trafiquant d'armes qu'il a été ensuite.
    Il a fait mentir R M Rilke qui disait que "pour écrire un seul ver il faut avoir vu beaucoup de choses..." Rimbaud a commencé par écrire et il a vécu ensuite.
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    • Livres 5.00/5
    Par Claudepuret, le 25 mai 2013

    Claudepuret
    Lorsqu'on lit ces merveilleuses Poésies, on visualise le visage de Rimbaud tel que Fantin-Latour l'a représenté en compagnie de Verlaine, de Baudelaire et d'autres esthètes de son temps.
    Les Poésies de Rimbaud constituent une référence qu'on lit et relit en y découvrant chaque fois une parcelle du message que nous fait passer l'auteur.
    C'est tout simplement magnifique et on y retourne toujours.
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Citations et extraits

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  • Par Orphea, le 19 juin 2010

    Le dormeur du Val

    C'est un trou de verdure où chante une rivière
    Accrochant follement aux herbes des haillons
    D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
    Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

    Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
    Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
    Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
    Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

    Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
    Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
    Nature, berce-le chaudement : il a froid.

    Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
    Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
    Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

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  • Par kathy, le 07 décembre 2012

    Le coeur du pitre

    Mon triste cœur bave à la poupe,
    Mon cœur est plein de caporal :
    Ils y lancent des jets de soupe,
    Mon triste cœur bave à la poupe :
    Sous les quolibets de la troupe
    Qui pousse un rire général,
    Mon triste cœur bave à la poupe,
    Mon cœur est plein de caporal !

    Ithyphalliques et pioupiesques,
    Leurs insultes l’ont dépravé !
    À la vesprée, ils font des fresques
    Ithyphalliques et pioupiesques.
    Ô flots abracadabrantesques
    Prenez mon cœur, qu’il soit sauvé :
    Ithyphalliques et pioupiesques
    Leurs insultes l’ont dépravé !

    Quand ils auront tari leurs chiques,
    Comment agir, ô cœur volé ?
    Ce seront des refrains bachiques
    Quand ils auront tari leurs chiques :
    J’aurai des sursauts stomachiques
    Si mon cœur triste est ravalé :
    Quand ils auront tari leurs chiques,
    Comment agir, ô cœur volé ?


    Juin 1871.
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  • Par LydiaB, le 20 décembre 2012

    Le bal des pendus

    Au gibet noir, manchot aimable,
    Dansent, dansent les paladins,
    Les maigres paladins du diable,
    Les squelettes de Saladins.

    Messire Belzébuth tire par la cravate
    Ses petits pantins noirs grimaçant sur le ciel,
    Et, leur claquant au front un revers de savate,
    Les fait danser, danser aux sons d'un vieux Noël !

    Et les pantins choqués enlacent leurs bras grêles:
    Comme des orgues noirs, les poitrines à jour
    Que serraient autrefois les gentes damoiselles,
    Se heurtent longuement dans un hideux amour.

    Hurrah! les gais danseurs, qui n'avez plus de panse !
    On peut cabrioler, les tréteaux sont si longs !
    Hop! qu'on ne sache plus si c'est bataille ou danse !
    Belzébuth enragé racle ses violons !

    O durs talons, jamais on n'use sa sandale !
    Presque tous ont quitté la chemise de peau;
    Le reste est peu gênant et se voit sans scandale.
    Sur les crânes, la neige applique un blanc chapeau:

    Le corbeau fait panache à ces têtes fêlées,
    Un morceau de chair tremble à leur maigre menton:
    On dirait, tournoyant dans les sombres mêlées,
    Des preux, raides, heurtant armures de carton.

    Hurrah! la bise siffle au grand bal des squelettes !
    Le gibet noir mugit comme un orgue de fer !
    Les loups vont répondant des forêts violettes:
    A l'horizon, le ciel est d'un rouge d'enfer...

    Holà, secouez-moi ces capitans funèbres
    Qui défilent, sournois, de leurs gros doigts cassés
    Un chapelet d'amour sur leurs pâles vertèbres:
    Ce n'est pas un moustier ici, les trépassés !

    Oh! voilà qu'au milieu de la danse macabre
    Bondit dans le ciel rouge un grand squelette fou
    Emporté par l'élan, comme un cheval se cabre:
    Et, se sentant encor la corde raide au cou,

    Crispe ses petits doigts sur son fémur qui craque
    Avec des cris pareils à des ricanements,
    Et, comme un baladin rentre dans la baraque,
    Rebondit dans le bal au chant des ossements.

    Au gibet noir, manchot aimable,
    Dansent, dansent les paladins,
    Les maigres paladins du diable,
    Les squelettes de Saladins.
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  • Par LydiaB, le 09 mars 2013

    Les pauvres à l'église

    Parqués entre des bancs de chêne, aux coins d’église
    Qu’attiédit puamment leur souffle, tous leurs yeux
    Vers le chœur ruisselant d’orrie et la maîtrise
    Aux vingt gueules gueulant les cantiques pieux ;

    Comme un parfum de pain humant l’odeur de cire,
    Heureux, humiliés comme des chiens battus,
    Les Pauvres au bon Dieu, le patron et le sire,
    Tendent leurs oremus risibles et têtus.

    Aux femmes, c’est bien bon de faire des bancs lisses,
    Après les six jours noirs où Dieu les fait souffrir !
    Elles bercent, tordus dans d’étranges pelisses,
    Des espèces d’enfants qui pleurent à mourir :

    Leurs seins crasseux dehors, ces mangeuses de soupe,
    Une prière aux yeux et ne priant jamais,
    Regardent parader mauvaisement un groupe
    De gamines avec leurs chapeaux déformés.

    Dehors, le froid, la faim, l’homme en ribote :
    C’est bon. Encore une heure ; après, les maux sans noms !
    − Cependant, alentour, geint, nasille, chuchote
    Une collection de vieilles à fanons ;

    Ces effarés y sont et ces épileptiques
    Dont on se détournait hier aux carrefours ;
    Et, fringalant du nez dans des missels antiques
    Ces aveugles qu’un chien introduit dans les cours.

    Et tous, bavant la foi mendiante et stupide,
    Récitent la complainte infinie à Jésus
    Qui rêve en haut, jauni par le vitrail livide,
    Loin des maigres mauvais et des méchants pansus,

    Loin des senteurs de viande et d’étoffes moisies,
    Farce prostrée et sombre aux gestes repoussants ;
    − Et l’oraison fleurit d’expressions choisies,
    Et les mysticités prennent des tons pressants,

    Quand, des nefs où périt le soleil, plis de soie
    Banals, sourires verts, les Dames des quartiers
    Distingués, − ô Jésus ! − les malades du foie
    Font baiser leurs longs doigts jaunes aux bénitiers.
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  • Par zohar, le 10 mai 2011

    Ma Bohème

    Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
    Mon paletot aussi devenait idéal ;
    J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;
    Oh ! là là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !

    Mon unique culotte avait un large trou.
    - Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
    Des rimes. Mon auberge était à la Grande Ourse.
    - Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

    Et je les écoutais, assis au bord des routes,
    Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
    De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

    Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
    Comme des lyres, je tirais les élastiques
    De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !
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