> Pierre Brunel (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253096350
Éditeur : Le Livre de Poche (1998)


Note moyenne : 4.45/5 (sur 124 notes) Ajouter à mes livres
Si l'on devait citer le poète qui a exercé l'influence la plus profonde sur la poésie du début du XXe siècle, il faudrait nommer Rimbaud. Avec plus de hardiesse encore que Baudelaire, il a étendu le champ d'exploration de la poésie. Avant lui, l'expérience poétique étai... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Petitebijou, le 05 décembre 2011

    Petitebijou
    Une fois de plus, je vais rendre hommage à l'éducation nationale, à qui je dois tant de découvertes ! Je me souviens comme si c'était hier de cette après-midi de mes douze ans, en cinquième, quand nous étudiâmes "Le dormeur du Val" d'un certain Arthur Rimbaud. du choc ressenti à la lecture de ces vers :
    "Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
    Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit."
    La semaine précédente, ma crise d'adolescente s'était déclarée avec autant de violence que la poésie de Rimbaud pour qui je fus prise d'une grande passion. J'étais dans un collège privé catholique, et on nous présenta l'auteur comme un très bon élève (ce qu'il était), passant allègrement sur les côtés sulfureux de sa vie, nous évoquant sa relation avec Verlaine comme "une très belle amitié". Peu importe, le ver était dans le fruit, et c'est avec délectation que je découvris par moi-même ce qu'était réellement Rimbaud. Aujourd'hui je réalise la chance d'avoir croisé Arthur, cet adolescent, moi-même adolescente. Une bien belle inititiation !
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    • Livres 5.00/5
    Par zohar, le 10 mai 2011

    zohar
    Poète parnassien se muant en poète engagé, Arthur Rimbaud, expose dans ce recueil sa conception originale de la poésie. Il explique comment sa nature de poète existe en quelque sorte en dehors de sa volonté ! Telle est l'idée maîtresse que nous devons retenir de sa poésie.
    Plus précisément, il s'agit pour lui d'aller dans la voie de cette disposition en se livrant à un « dérèglement de tous les sens ». Et, il parviendra à saisir l'inconnu (en gestation) dans l'univers : mais cette poésie est loin d'être désincarnée puisque c'est dans la vie même qu'elle se développe...
    Par voie de conséquence le rôle social du poète est là ; c'est-à-dire, qu'il convient de plonger dans l'expérience pour en saisir la signification profonde afin de trouver une nouvelle expression en vue de révéler aux autres ses propres découvertes !
    Par exemple, après l'échec de la Commune (A.Rimbaud était très attaché à cette période insurrectionnelle de l'histoire de Paris), il se produira chez lui une intériorisation de l'inspiration : « Le bateau Ivre » écrit en 1871, est la manifestation direct de cet état de repli et d'inertie chez Rimbaud qui, y oppose l'eau lumineuse (celle de l'aventure) à l'eau noire (celle de l'échec).
    Mais c'est à travers sa correspondance abondante avec l'auteur des « Fêtes galantes », Verlaine, qu'il composera des poèmes où, pour saisir l'inconnu (comme je viens de le dire plus haut), Rimbaud pratiquera la technique de l'association comme dans le célèbre « sonnet des voyelles ». Et cette démarche aboutira aux « Illuminations ». Il y inventorie les étapes de sa recherche et nous met en garde contre « la fascination pour une vision figée et l'attirance pour la fulgurance de l'image ». Bien au contraire, il préconise la fusion entre, le rêve et l'action, ou de l'humain et du cosmique.
    Après son dramatique accident (nous savons tous que Rimbaud fût blessé par Verlaine d'un coup de revolver), « Une saison en enfer » voit le jour. C'est la dernière œuvre du poète. Il y retrace une aventure spirituelle sanctionnée par la damnation qui rend nécessaire l'abandon des rêves orgueilleux !
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    • Livres 4.00/5
    Par LaLo, le 21 novembre 2010

    LaLo
    Ce livre présente les premières Oeuvres de Rimbaud. Cet homme restera pour moi un des inventeurs de la poésie mais... surtout dans les deux derniers volumes "Une saison en enfer" et "Les Illuminations". "Poésies" reste un recueil très classique composé de sonnets accolés les uns aux autres. Les deux suivants sont plus recherchés. On sent que Rimbaud essaye de rénover la poésie et repousse la frontière en prose et poésie. Toutefois, ce volume reste magnifique et ses poèmes plus classiques ont toujours le petit truc en plus qui fait qu'on les aime ("Le dormeur du val", "Le Bal des pendus", "Le bateau Ivre")
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    • Livres 5.00/5
    Par jsgandalf, le 04 mai 2012

    jsgandalf
    S'il y a un seul et unique livre à lire quand on a 17 ans et que l'on est sérieux, c'est bien celui-là. C'est le livre de la révolte de la jeunesse contre l'immobilisme des anciens, des déconvenues amoureuses dont l'on se venge. L'auteur vit dans un idéal inaccessible qui le fera rompre ses relations avec l'occident pour devenir contrebandier, vendeur d'esclave, loin de la civilisation. Il n'y reviendra que pour mourir et au début de la consécration. Toute sa vie est dans sa poésie. Dans notre époque actuelle, une piqure de rappel est obligatoire ? Rêvons grand. Ne rêvons pas de star Ac et autre.
    « On est pas sérieux quand on a dix-sept ans
    et que l'on a des tilleuls verts sur la promenade »
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    • Livres 4.00/5
    Par Katsuura, le 18 mai 2012

    Katsuura
    Rimbaud est LE poète qu'il faut avoir lu quand on a 17ans et la rebellion ancrée au ventre.
    C'est émouvant et ça nous transporte (voire nous retransporte en adolescence). C'est beau et violent.
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Citations et extraits

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  • Par Katsuura, le 18 mai 2012

    Je me meurs, je me décompose dans la mauvaiseté, dans la grisaille. Que voulez-vous, je m'entête affreusement à adorer la liberté libre et... un tas de choses "que ça fait pitié", n'est-ce pas? Je devais repartir aujourd'hui même; je le pouvais : j'étais vêtu de neuf, j'aurais vendu ma montre, et vive la liberté! Donc je suis resté ! Je suis resté ! Et je voudrai repartir encore bien des fois.
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  • Par Orphea, le 19 juin 2010

    Le dormeur du Val

    C'est un trou de verdure où chante une rivière
    Accrochant follement aux herbes des haillons
    D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
    Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

    Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
    Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
    Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
    Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

    Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
    Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
    Nature, berce-le chaudement : il a froid.

    Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
    Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
    Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

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  • Par Orphea, le 19 juin 2010

    Le bateau ivre

    Comme je descendais des Fleuves impassibles,
    Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
    Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles
    Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

    J'étais insoucieux de tous les équipages,
    Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
    Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages
    Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

    Dans les clapotements furieux des marées,
    Moi, l'autre hiver plus sourd que les cerveaux d'enfants,
    Je courus ! Et les Péninsules démarrées
    N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

    La tempête a béni mes éveils maritimes.
    Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
    Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
    Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !

    Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sures,
    L'eau verte pénétra ma coque de sapin
    Et des taches de vins bleus et des vomissures
    Me lava, dispersant gouvernail et grappin.
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  • Par zohar, le 10 mai 2011

    Ma Bohème

    Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
    Mon paletot aussi devenait idéal ;
    J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;
    Oh ! là là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !

    Mon unique culotte avait un large trou.
    - Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
    Des rimes. Mon auberge était à la Grande Ourse.
    - Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

    Et je les écoutais, assis au bord des routes,
    Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
    De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

    Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
    Comme des lyres, je tirais les élastiques
    De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !
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  • Par solasub, le 25 janvier 2012

    Sensation

    Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
    Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
    Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
    Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
    Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
    Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
    Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
    Par la Nature, - heureux comme avec une femme.
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