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ISBN : 2864248492
Éditeur : Editions Métailié (2012)


Note moyenne : 3.56/5 (sur 25 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« Le Glacis, au nord de la ville, c’était une grande avenue plantée d’acacias qui séparait la ville européenne de la ville indigène. Une frontière non officielle, franchie par qui voulait et gravée pourtant dans les esprits de tous comme une limite incontestable, nature... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par LiliGalipette, le 13 septembre 2012

    LiliGalipette
    Laure est une jeune professeure de lettres. À 25 ans et alors que la guerre d'Algérie fait rage, elle est envoyée à El-Djond, petit village de l'Oranais. Mais en fait, non, ce n'est pas la guerre. « Ici, on dit les évènements, au cas où vous n'auriez pas remarqué. » (p. 14) Les Arabes battus à mort dans la rue, les fermiers suppliciés, les rafles abusives, la suspicion partout, non, ce n'est pas la guerre, mais ça y ressemble tellement. Partout et sans cesse plane une menace. D'abord diffuse, puis épaisse, elle obstrue l'avenir et étouffe l'espoir. « Et voilà que je suis gagnée par le même sentiment, la même intuition inquiète : je ne verrai pas fleurir les amandiers d'El-Djond. » (p. 46) Rien de tout cela ne finira bien, même si Laure se défend d'être concernée par la guerre qui se joue sous ses fenêtres ou dans la chambre voisine.
    À El-Djound, Le glacis est une frontière invisible, mais dont le franchissement n'est jamais anodin. « Le glacis, au nord de la ville, c'était une grande avenue plantée d'acacias qui séparent la ville européenne de la ville indigène. » (p. 129) C'est ainsi que le village nègre s'oppose sourdement au village occidental. Personne n'ose dire la ségrégation ou reconnaître les communautarismes, mais les évènements se chargent de faire la répartition. « Quand les loups se déclarent la guerre entre eux, chacun hurle avec sa horde. » (p. 18) Alors Le glacis cristallise les haines et les peurs. Loin d'être un vernis précieux, c'est une gangue de rancœur qui ne demande qu'à voler en éclat au premier impact.
    Laure s'est liée d'amitié avec Elena, femme médecin, et entretient une relation plus ou moins tendre avec Felipe, un Espagnol qui a fui la guerre civile. Perdue dans ce village et dans ce pays qu'elle déteste, Laure se sent bien loin de Paris et de son cher Quartier Latin. Habituée à la liberté d'un pays libre, elle commet des impairs en voulant conjuguer les peuples et favoriser les rencontres. Alors qu'elle refuse obstinément de prendre parti et de s'intégrer dans cette société scindée, Laure est rattrapée par l'Histoire. Elle ne peut plus rester spectatrice et elle est précipitée dans les rouages pervers d'un pays qui se révolte et qui se referme sur les oppresseurs. Alors que la désinvolture devient coupable et que l'insouciance est victime, Laure comprend qu'elle aurait dû surveiller ses fréquentations et retenir ses paroles. Mais la jeune enseignante était trop pétrie d'idéaux cosmopolites et, surtout, elle était trop lâche pour reconnaître les problèmes qu'elle avait devant les yeux.
    Monique Rivet a écrit ce texte dans les années 1950 et ne l'avait jamais publié. J'ai été touchée par son héroïne, jeune femme secouée par un conflit dont elle ne voulait pas, mais qui était celui de tous les Français. Un petit bémol sur l'enchaînement des chapitres : j'ai trouvé le texte assez décousu. Certains personnages apparaissent à peine, mais font les ouvertures de chapitres et on ne les retrouve ensuite que mentionnés. Il y a peut-être trop de personnages : à vouloir présenter un individu de chaque groupe, il me semble que l'auteure a frôlé la caricature. Mais je tiens à souligner la pudeur avec laquelle Monique Rivet a évoqué les crimes des deux camps : elle évoque les tortures et les maltraitances, mais elle maintient un voile nécessaire sur des horreurs dont tout le monde connaît largement les images.
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    • Livres 4.00/5
    Par sylvaine, le 25 décembre 2012

    sylvaine
    « Le glacis, au nord de la ville, c'était une grande avenue plantée d'acacias qui séparait la ville européenne de la ville indigène. »Le décor est planté. El-Djond, une petite ville, au temps des évènements d'Algérie, au temps où le mot guerre d'Algérie était impensable…
    Deux communautés face à face, les « français », militaires, riches familles terriennes implantées de longue date, les indigènes du commerçant aisé à l'ouvrier, au simple manœuvre, à l'ouvrier agricole tous sont considérés comme quantité négligeable même les plus instruits et les plus cultivés.
    Débarque à El-Djond, Laure, vingt-cinq ans, nommée professeur de lettres dans le lycée de jeunes filles de cette petite ville de l'Oranais. A peine sortie du Quartier-Latin, de la seconde guerre mondiale, elle débarque dans un monde étrange .Déroutée puis choquée par ce qu'elle voit, elle commence à s'exprimer, et se retrouve vite mise au banc de la société bien-pensante d'El-Djond. Rien ne plait ni l'endroit où elle vit, ni ses fréquentations, ni ses amours, bref bien vite elle va se retrouver prise dans un tourbillon tel qu'elle finira par avouer : « ce pays, je ne lui appartenais pas, je m'y trouvais par hasard. J'y étais de guingois avec tout, choses et gens, frappée d'une frilosité à fleur de peau, incapable d'adhérer à aucun des mouvements qui s'y affrontaient »
    Monique Rivet a écrit ce texte poignant à la fin des années 1950 et ce n'est donc que 50 ans plus tard que ce livre parait….
    L'écriture épurée donne à ce roman une tonalité particulière. le temps a passé depuis ce sombre passage de notre histoire mais les cicatrices qu'il a laissées sont je crois toujours aussi sensibles. Ce roman a le mérite me semble t'il de parler de cette époque sans parti pris , c'était une gageure qu'il fallait tenter La réussite est là.
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    • Livres 5.00/5
    Par Charybde7, le 06 avril 2015

    Charybde7
    Témoignage poignant sur la ségrégation et les débuts de la guerre d'Algérie dans les yeux d'une jeune enseignante.
    Jeune parisienne d'une vingtaine d'années, Laure Delessert est nommée professeur de lettres dans la ville fictive d'El-Djond en Algérie au milieu des années 1950.
    À El-Djond dans cette période trouble, la partition géographique des communautés est matérialisée par Le glacis, «une large avenue coupée d'un terre-plein et bordée, côté indigène, d'une rangée de boutiques arabes» qui divise la ville en deux parties. Profondément choquée par cette ségrégation, Laure refuse de rester du côté du glacis qui devrait être le sien.
    «L'homme se redressa lentement. Il regardait les rues qui s'ouvraient devant lui en longs rayons noirs. Puis il se mit en marche. Il se dirigeait vers Le glacis. Au-delà c'était ce qu'on appelle le village nègre. Des barbelés zigzaguaient dans la lumière de la lune*.»
    Personnalité étonnamment libre de ses mouvements et de ses pensées pour l'époque, et ignorante du contexte dans lequel elle plonge, Laure Delessert découvre en y étant confrontée le racisme envers les arabes, les juifs ou les espagnols, les brimades, vexations, la violence qui enflamme le pays et la ségrégation radicale entre européens et algériens. Happée malgré elle dans ce conflit, se liant avec Felipe, un Républicain espagnol installé en Algérie à la fin de la guerre d'Espagne, elle découvre peu à peu que ses paroles ou ses actes peuvent gravement lui nuire, et la gravité des menaces qui pèsent sur elle.
    «*Je comprends que je ne suis pas au Quartier Latin, Elena me le rappelle sans cesse, mais dans une petite ville de province ou les mœurs sont encore celles du XIXe siècle, je comprends aussi que s'y ajoute une ségrégation des communautés que prétendent nier ou combattre des slogans officiels bien tardifs et de toute façon émis à une distance sidérale de la réalité. Et en même temps, c'est vrai, je ne comprends pas, parce que je n'éprouve rien de tout cela, parce que moi aussi je suis à cette distance sidérale où rien d'autre n'est visible que des figures abstraites, où rien n'est perceptible des passions qui habitent ces figures*.»
    Écrit à la fin des années 1950, et publié seulement en 2012 par Métailié après son remaniement par Monique Rivet, ce roman qui s'inspire de sa propre expérience d'institutrice à Siddi Bel Abbès frappe par sa justesse, pour communiquer la tension extrême qui couve, les confrontations muettes et les explosions de violence, pour raconter le début de cette guerre que les français se refusent à nommer, parlant – et ce fut longtemps le cas - des «événements».
    «-Tout est calme ?
    -Très calme.
    Très calme en effet. La nuit nous ouvrait ses portes étincelantes d'étoiles, comme toutes celles qui avaient couvert de leur splendeur les crimes et les assassinats d'autrefois. Quel assassinat, quel crime la nuit d'El-Djond cachait-elle pour nous dans ses plis ?»
    «La guerre. Bien sûr que leurs événements, c'était la guerre. Je la reconnaissais au rythme qu'elle donne à la vie, à sa disparate, ses à-coups, sa façon de s'évanouir comme si elle n'avait jamais existé et de réapparaître comme si elle était notre état naturel. Nous ne l'avions pas laissée derrière nous, elle était là.»
    Retrouvez cette note de lecture, et toutes celles de Charybde 2 et 7 sur leur blog ici :
    https://charybde2.wordpress.com/2015/04/06/note-de-lecture-le-glacis-monique-rivet/
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    • Livres 3.00/5
    Par Missbouquin, le 07 novembre 2012

    Missbouquin
    La guerre, « je la reconnaissais au rythme qu'elle donne à la vie, [...] à ses à-coups, sa façon de s'évanouir comme si elle n'avait jamais existé et de réapparaître comme si elle était notre état naturel ». C'est ainsi que Laure Delessert, jeune enseignante de français envoyée en Algérie à la fin des années 1950, voit les « événements » qualifiés par tous comme un simple maintien de l'ordre. Mais elle ne s'y trompe pas et, sans chercher à s'y mêler, elle se retrouve liée malgré elle à des personnages bientôt qualifiés de suspects. Elle observe, écoute et prend conscience de la force et de la volonté des rebelles, prêts à tout pour obtenir l'indépendance, y compris aux exécutions hâtives, aux actions coup-de-poing.
    Écrit il y a plus de 50 ans, ce texte reprend en réalité l'expérience de Monique Rivet elle-même, institutrice en Algérie en 1957-1958. Elle a voulu publier ce texte en rentrant en France mais il fut refusé par les éditeurs de l'époque. Un texte auquel ont voulu rendre justice les éditions Métaillé en 2012.
    Dès l'incipit, Monique Rivet nous plonge dans l'ambiance malsaine, pleine de tensions, de cette petite ville algérienne, où se croisent toutes les forces en présence. En face de la ville européenne, une grande avenue, Le glacis, qui la sépare du quartier arabe. C'est cette ligne de démarcation qui représente la faille entre les peuples en présence, la barrière à ne pas franchir à moins de vouloir être soupçonné par un des deux camps. Deux camps qui se regardent en chien de fusil et agissent sournoisement de chaque côté, prenant en otage la population entière.
    Par ce texte pratiquement écrit sous le feu des canons, Monique Rivet nous offre une vision dynamique du début des événements d'Algérie, à travers le regard naïf de cette jeune enseignante qui ne prend parti pour aucun des camps, tout en condamnant – et parfois même à voix haute – la colonisation.
    Témoignage, récit, chronique, un peu tout à la fois, servi par une plume un peu hésitante parfois mais que l'on sent prompt à laisser percer l'enthousiasme et l'indignation de la jeunesse.
    La prise de conscience d'abord, « Je comprends que je ne suis pas au Quartier Latin [...] mais dans une petite ville de province où les mœurs sont encore celles du XIXe siècle, je comprends aussi que s'y ajoute cette ségrégation des communautés que prétendent nier ou combattre des slogans officiels bien tardifs et de toute façon émis à une distance sidérale de la réalité ».
    Et puis l'indignation. L'indignation est en effet ce qui ressort le plus à la lecture. L'indignation face à la boucherie qui se prépare, face aux premiers assauts qui ont lieu. de beaux morceaux de littérature parfois dans cette façon un peu ingénue, un peu naïve de l'exprimer.
    Une indignation pourtant assortie vers la fin d'un dégoût, d'une tristesse infinie face à la brutalité du monde : « A quoi bon mettre de la littérature ou de la grammaire dans la tête des gens si c'est pour qu'on les retourne du pied sur une voie de chemin de fer, un trou dans la poitrine ? « .
    En bref, un beau texte par une jeune femme qui découvre la réalité d'un monde politique brutal, et avec qui je me suis puissamment identifiée; et un moyen intéressant d'aborder un moment d'histoire qui divise encore la France.
    A découvrir.

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2012/10/06/le-glacis-monique-riv..
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    • Livres 3.00/5
    Par litolff, le 10 janvier 2013

    litolff
    Laure a vingt-cinq ans lorsqu'elle arrive en Algérie à la fin des années 50 comme professeur de lettres dans un lycée de la région d'Oran. Elle est jeune et pose un regard plein de fougue et de naïveté sur « les évènements » mais surtout sur la communauté dans laquelle elle a été parachutée : mentalités étriquées, racisme de base lui apparaissent dans toute leur petitesse et elle ne cache pas sa stupéfaction et son indignation devant ces français ancrés dans leur convictions colonialistes, convaincus de leur légitimité et de leur supériorité physique et intellectuelle sur les « indigènes ». Et puis, Laure arrive de France, elle sait ce qu'est la guerre et la reconnait dans ces « évènements » violents qui se déchainent autour d'elle, cette tension silencieuse et haineuse qui monte entre colons et rebelles et qu'elle ressent, impuissante, sans prendre parti. Car Laure se sent étrangère à ce pays dans lequel elle ne se reconnait pas. Insouciante et peu méfiante, elle se retrouvera impliquée malgré elle dans la rébellion et obligée de quitter rapidement l'Algérie.
    L'auteure, Monique Rivet, a écrit ce texte à la fin des années 50, alors qu'elle avait été elle-même professeur de lettres à Sidi Bel Abbes et aucun éditeur n'accepta à l'époque de le publier : on n'a aucun mal à comprendre pourquoi aujourd'hui !!! Un livre impartial et éclairant sur la vie quotidienne en Algérie au moment des « évènements », j'ai beaucoup aimé.
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Critiques presse (2)


  • Telerama , le 14 mars 2012
    Un magnifique roman, qui a valeur de témoignage, de document même, tant l'ambiance à la fois sensuelle et purulente de cette ville est retranscrite avec justesse.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Actualitte , le 02 février 2012
    Ne laissez pas ce texte vous échapper, l'Editeur Métailié a la main sûre et Monique Rivet, le mot juste.
    Lire la critique sur le site : Actualitte

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Citations et extraits

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  • Par litolff, le 09 janvier 2013

    Je suis prisonnière de ce pays qui n'est pas le mien, de cette ville sans âme, de cette guerre sans nom, où les employés des postes ont des manières de policiers, où on ne sait pas si on couchera dans son lit le soir ni, à supposer que l'on y couche, si l'on n'y sera pas égorgé par un émissaire dont personne ne saura jamais quelle cause il a prétendu servir en vous assassinant.

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  • Par Missbouquin, le 07 novembre 2012

    « Je comprends que je ne suis pas au Quartier Latin [...] mais dans une petite ville de province où les mœurs sont encore celles du XIXe siècle, je comprends aussi que s’y ajoute cette ségrégation des communautés que prétendent nier ou combattre des slogans officiels bien tardifs et de toute façon émis à une distance sidérale de la réalité ».

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  • Par joedi, le 09 février 2012

    ... lors de la toute première minute de ma toute première heure de cours, les gamines se trouvant debout, chacune devant sa table, dans l'attente manifeste d'une initiative de ma part, j'avais dit : asseyez-vous ... et j'avais eu la surprise de les voir s'asseoir. Cette expérience concrète d'une efficacité du verbe dont je n'avais eu jusqu'alors aucun témoignage personnel m'avait conquise.

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  • Par joedi, le 09 février 2012

    La guerre. Bien sûr que leurs événements, c'était la guerre. Je la reconnaissais au rythme qu'elle donne à la vie, à sa disparate, ses à-coups, sa façon de s'évanouir comme si elle n'avait jamais existé et de réapparaître comme si elle était notre état naturel. Nous ne l'avions pas laissée derrière nous, elle était là. Elle était la même que toujours et ses protagonistes aussi étaient les mêmes. Rien n'avait changé, ni la lâcheté, ni le courage, ni la délirante violence des hommes.
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  • Par yv1, le 01 février 2012

    Nous avions vu les logements réservés aux ouvriers ; des barbelés les entouraient et j'avais trouvé étrange qu'on mette derrière des barbelés des hommes supposés libres ; réflexion que j'eus la sottise de formuler tout haut et qui m'attira cette réplique de Saragossa : "ils sont tout à fait libres, libres de retourner dans leurs mechtas pour y crever de faim si ça leur plaît. Les barbelés, c'est pas pour les empêcher de partir, c'est pour la protection des bâtiments. (p.61)
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