
On ne saura pas si ce sont ses études de journalisme qui ont conduit Riwoal à Sainte-Anne, en tout cas, il y est. En compagnie de Loup-Garou, dont il partage la chambre, et puis d'autres avec qui il erre aussi bien dans les couloirs de l'institution que dans l'ensemble de ses propositions, vendues à la seule aune de la thérapie et donc aussi contestables que ridicules. « Vous allez voir, ici c'est pas comme ailleurs », lui avait-on dit. Ce n'est pas ce qu'on retiendra de ce roman. Car Riwoal est un vrai fou, au sens d'un Yves Prigent, c'est-à-dire quelqu'un qui prend le réel en pleine poire, noir et sans filtre. Quant à son égérie, qui s'inquiète quotidiennement de son état, qu'elle ne lise surtout pas ces lignes : « De temps à autre je recevais des coups de fil de Natacha, elle m'appelait pour me poser ses questions à la con, tous les soirs. Par exemple, elle voulait savoir si malgré tout l'air de rien, je l'aimais. » On ne le saura pas, parce que Riwoal, même remis en circulation, n'en finit pas de se poser des questions trop justes.