ISBN : 2707302562
Éditeur : Editions de Minuit (1953)


Note moyenne : 3.36/5 (sur 25 notes) Ajouter à mes livres
Le détective Wallas est dépêché sur les lieux d'un meutre. Mais la victime est-elle vraiment morte ? L'enquête a-t-elle un sens sans cadavre ?... Pastiche de polar, cet ouvrage s'évertue à dénoncer l'illusion réaliste, en manipulant les éléments narratifs. Autre particu... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 3.00/5
    Par vincentf, le 24 juin 2010

    vincentf
    Dénarratologisons le propos. Mon mémoire est terminé. Je relis, sur la chaise longue, Les gommes, pour la défense, vendredi prochain. C'est quoi, finalement, Les gommes ? Un roman policier ? L'un des meilleurs. Bien plus que ça ? Certes. Une journée effacée, la négation du temps ? Bien trouvé, Alain. Un théâtre de points de vue où le narrateur cache au coeur des pensées des personnages la solution de l'énigme ? C'est ce que j'ai voulu montrer dans mon mémoire. La relecture (ouf) me donne, je crois, raison. Il n'empêche que Les gommes, ça reste un roman policier, presque un polar, un Agata Christie, plein d'indices partout que personne ne voit sauf le relecteur (qui se dit : "mais c'est bien sûr"). Rajoutons-y, pour le plaisir culturel, mille allusion à Oedipe-Roi, et voilà. J'écris des platitude parce que ce roman, il me sort par les oreilles, je l'ai trituré en long, en large et en travers et je reconnais qu'il est bien foutu, mais il a perdu la fraîcheur de la surprise. Alain Robbe-Grillet révolutionne le roman, c'est entendu, mais pas encore dans Les gommes (c'est peut-être pour ça que j'ai envie d'écrire que c'est son meilleur roman, ou son plus mauvais, ça dépend de l'humeur). Bon, je n'écrirai rien de mieux. Allons voir si relire Le voyeur m'inspire plus. En fait, le problème est le suivant : le nouveau roman, ça meurt dès que ça devient familier, dès que l'on y entre sans vertige.
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    • Livres 4.00/5
    Par Soundandfury, le 05 juillet 2011

    Soundandfury
    Avis chrono'
    Agréable surprise avec ce roman déroutant mais qui se laisse tout de même comprendre. Un bijou d'allusions dissimulées et de jeux d'énigmes! Un polar qui aurait presque une intrigue avec un crime qui n'en finit pas de finir et des quasi-personnages.
    ___________________________
    Une relecture! Oui, vous ne rêvez pas! C'est déjà un exploit en soi et quand vous saurez que ce même roman, lu en 2006 avait reçu de moi dans mon petit classeur jaune ce commentaire définitif "L'auteur a écrit avec les orteils" il était très improbable que j'y remette jamais les pieds et pourtant...
    Quelle promotion! Cette fois, j'ai aimé. Beaucoup... Voilà qui va faire plaisir à certaines d'entre vous, grandes relectrices!
    Vous allez voir comme je vais bien vous vendre ce vieux Nouveau Roman des années cinquante...
    Résumé:
    19h30, le tueur tire sur la victime. La balle va prendre quelques détours (elle va mettre 24h à finir le boulot), durant lesquels nous allons suivre Wallas, chargé de cette délicate enquête... Toute une journée à errer dans une ville labyrinthique, à échaffauder des hypothèses autour d'un crime dont le lecteur connait dès le départ tous les détails: identité du tueur et des commanditaires, déroulement minutieux du crime...

    Mon avis rien qu'à moi que j'ai pas copié chez les autres:
    Et pourtant... C'est un grand tour de force de bâtir une intrigue policière sur l'impression qu'il n'y a plus rien à découvrir! Quand presque chaque page est un indice...
    La fin vous surprendra tout de même, s'il vous vient l'envie de vous lancer dans ce roman. Comme une nouvelle, ça ne prend toute son ampleur qu'à la seconde lecture. Avec un peu d'expérience aussi. (Whouah.. j'ai vieilli, alors...? Zut)
    Attention, le style est spécial. Il ne faut pas être trop attaché à ces choses futiles que sont une chronologie, une attribution nette des paroles à un locuteur identifiable ou une envie de bien comprendre ce qui arrive. Quelques scènes "fausses" se glissent de ci, de là et on tourne en rond comme dans un aquarium. Un aquarium rond. Parce qu'il y en a aussi des rectangulaires. Pensez au marque-page pour éviter l'impression de relire un passage qui ressemble à douze autres.
    Pour les amateurs, il y a encore beaucoup à dire dans ce roman... Par exemple, sur le tarot marseillais (là, je cède la parole à mon charmant collègue E. ) et à l'histoire d'Oedipe qu'il vaut mieux connaître un peu pour admirer le travail hallucinant de Robbe-Grillet.
    Hé! Et pourquoi Les gommes, au fait? Pendant tout le roman, Wallas cherche une gomme précise, LA gomme idéale. le Graal de la papeterie! Pendant que l'assassin lui passe sous le nez...
    Ce pauvre garçon n'est jamais où il faudrait... Il cherche aussi un docteur pendant une bonne centaine de pages et quand il le trouve... L'entevue nous est résumée en trois lignes et ne sert à rien... Un livre agaçant... Comme j'aime ça!
    Conclusion:
    Est ce que j'ai pas été gentille avec ce livre que je détestais? Y'a que les imbéciles qui changent pas d'avis!
    C'était tellement bien que je me suis lancée dans La jalousie, du même auteur... Aïe aïe aïe...

    Lien : http://talememore.hautetfort.com/archive/2011/03/31/fournitures-scol..
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    • Livres 3.00/5
    Par jcamille, le 26 août 2008

    jcamille
    Intéressant à lire... en fait une curiosité pour voir ce qu'il y avait derrière cette étiquette "nouveau roman" et derrière cet écrivain contemporain qui vient de mourir et qui a débuté sa carrière en tant que scientifique.
    La particularité de ce roman est la manière de raconter l'histoire en mettant les objets au même niveau que les personnages. En décrivant les scènes plusieurs fois mais par différents narrateurs avec leurs points de vue.
    Enfin tout cela donne une lecture un peu étrange qui aurait mérité une seconde relecture car j'avoue ne pas avoir trop compris la fin ;)
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Citations et extraits

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  • Par Nico_Bally, le 29 mars 2012

    Dans la pénombre de la salle de café le patron dispose les tables et les chaises, les cendriers, les siphons d’eau gazeuse ; il est six heures du matin.
    Il n’a pas besoin de voir clair, il ne sait même pas ce qu’il fait. Il dort encore. De très anciennes lois règlent le détail de ses gestes, sauvés pour une fois du flottement des intentions humaines ; chaque seconde marque un pur mouvement : un pas de côté, la chaise à trente centimètres, trois coups de torchon, demi-tour à droite, deux pas en avant, chaque seconde marque, parfaite, égale, sans bavure. Trente et un. Trente-deux. Trente-trois. Trente-quatre. Trente-cinq. Trente-six. Trente-sept. Chaque seconde a sa place exacte.
    Bientôt malheureusement le temps ne sera plus le maître. Enveloppés de leur cerne d’erreur et de doute, les événements de cette journée, si minimes qu’ils puissent être, vont dans quelques instants commencer leur besogne, entamer progressivement l’ordonnance idéale, introduire ça et là, sournoisement, une inversion, un décalage, une confusion, une courbure, pour accomplir peu à peu leur oeuvre : un jour, au début de l’hiver, sans plan, sans direction, incompréhensible et monstrueux.
    Mais il est encore trop tôt, la porte de la rue vient à peine d’être déverrouillée, l’unique personnage présent en scène n’a pas encore recouvré son existence propre. Il est l’heure où les douze chaises descendent doucement des tables de faux marbres où elles viennent de passer la nuit. Rien de plus. Un bras machinal remet en place le décor.
    Quand tout est prêt, la lumière s’allume…
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