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> Philippe Mikriammos (Traducteur)

ISBN : 2351785045
Éditeur : Gallmeister (2010)


Note moyenne : 3.55/5 (sur 67 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Sissy Hankshaw a été dotée à sa naissance des deux plus longs pouces du monde : elle deviendra donc la plus grande auto-stoppeuse des États-Unis. Conduite par ses pouces, Sissy fait des rencontres étonnantes qui transforment sa vie, la Comtesse, magnat des déodorants in... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par gilles3822, le 01 juin 2010

    gilles3822
    Ou l'on replonge avec délectation dans une période où tout semblait permis et l'avenir ouvert à tous les possibles. Ecrit au cours de la décennie 70, ce roman se place dans le courant de la contre culture américaine.
    Dennis Hopper vient de mourir, s'il a lu ce livre, il a du jubiler de voir une héroïne appliquer à la lettre le titre de son film culte, Easy Rider. Elle voyage Sissy, elle fait du stop, c'est sa religion, c'est tout ce qu'elle sait faire, et elle fait son chemin dans les grands espaces. Elle a les appendices qu'il faut : Deux pouces à la taille extravagante, au pouvoir magnétique qui attire tout objet roulant pourvu d'un siège qui emportera sa propriétaire là où elle doit se rendre.
    Les multiples rencontres occasionnées par ce pouvoir l'emporteront hors des sentiers battus (si je puis dire!). Tout ce joli monde repeint l'univers à sa façon, sans contraintes esthétiques ou morales. C'est l'époque où le libre arbitre vous permet toutes les fantaisies, les digressions métaphysiques, les expériences socio-hallucinées bien loin de nos pérégrinations frileuses et coincées, caractéristiques de la logorrhée actuelle.
    Tous les personnages semblent hors champ, hors du champ social et n'existent que par la caricature qu'il dresse de la société d'où ils sortent. Ils forcent le trait avec talent et l'on se dit que décidément, ils ont foutrement raison, raison de tourner en dérision ce monde là.
    C'est un livre sain, à recommander à tous les pisse-froid, les donneurs de leçons, les tristes sires qui hantent les multiples tuyaux de communications d'aujourd'hui, des plateaux de télévision aux forums sur Internet en passant par les séminaires d'entreprise.
    Ici, les gens sont de vrais personnes, bien vivantes, décidées à en découdre.
    A lire d'urgence.
    Je n'ai pas vu le film mais ce n'est pas grave, j'ai mes images et c'est bon.
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    • Livres 4.00/5
    Par colimasson, le 26 mars 2013

    colimasson
    Une seule lecture n'est pas suffisante pour cerner ce livre de Tom Robbins. Sur plusieurs centaines de pages, l'ouvrage cumule les aventures, les réflexions, les personnages et les lieux les plus insolites qui puissent naître d'imagination d'écrivain. Tout cet humour, toute cette ironie, toute cette érudition déployées par Tom Robbins ne s'encaissent pas tranquillement en une lecture distraite. le résultat est excitant, mais aussi déstabilisant.

    Contre-coup de cette richesse : le risque de nausée. Les tournures métaphoriques, parfois inutilement alambiquées, alourdissent un texte déjà dense qui ne cesse de nous trimbaler d'une péripétie à une autre, en passant par une anecdote politique, scientifique ou philosophique. Pas moyen d'avoir la paix ! Mais n'est-ce pas justement ce qui nous plaît ? Tom Robbins semble vouloir nous happer dans son histoire, sans aucune considération pour notre disponibilité : qu'on le veuille ou non, on sera dévoré par les aventures de ses cow-girls joyeusement cafardeuses !
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    • Livres 3.00/5
    Par MumuJohnson, le 09 juillet 2012

    MumuJohnson
    Difficile pour moi de parler de ce roman tant j'ai été partagé.
    Il y a eu des passages très longs, ennuyeux, des paragraphes que j'ai sauté car je n'y trouvais aucun intérêt. Puis j'en ai découverts des merveilleux. Celui qui me restera à l'esprit concerne les échanges de Sissy et de son psy. C'est criant de vérité et d'intelligence. Je pense que beaucoup d'entre nous peuvent se retrouver dans certains mots, certains passages, certaines situations. Je crèverais d'envie de rencontrer un psy identique pour prendre plaisir à consulter toutes les semaines !
    Il a fallut tout de même attendre jusque là pour connaitre la personnalité de Sissy car je ne savais pas vraiment si elle était réfléchie, si elle analysait les choses, les situations ou si elle vivait dans l'instinct. Je trouve que son personnage est resté flou, "superficiel" longtemps et je ne suis pas parvenue à m'attacher.
    Je m'attendais également à voyager davantage à travers les états-unis, à rencontrer plus de personnages. Je m'attendais peut-être à trop par rapport à ce que j'avais lu à droite et à gauche.
    Dans tous les cas, la liberté que l'auteur a dans sa plume m'a fait plaisir ; elle apporte de la légèreté, de la fraicheur , des sourires, un humour parfois irrésistible et des métaphores qui me resteront en mémoire. Ce livre m'a marqué à défaut de me séduire totalement et c'est sans doute le plus important.
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    • Livres 1.00/5
    Par kathel, le 09 juin 2010

    kathel
    Attirée par la quatrième de couverture alléchante, par l'attrait de la nouvelle collection de poche de chez Gallmeister et par mon goût pour la littérature américaine, je me suis laissé aller à demander ce livre lors de la dernière session de Masse Critique. Euh, comment dire après ce préambule, eh bien, je dois reconnaître que je me suis carrément plantée et que ce livre n'est pas du tout pour moi… le verdict est tombé à la page 66, mais je le sentais depuis le début et quelques incursions dans les chapitres suivants ne m'ont pas fait changer d'avis.
    C'est original, certes, et l'écriture, pleine de métaphores toutes plus surprenantes les unes que les autres, fait sourire, mais je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages, ni à l'histoire, je n'ai d'ailleurs pas eu vraiment l'impression qu'il y en avait une. Mais cela n'est que mon avis, et je pense que d'autres pourraient aimer...
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    • Livres 5.00/5
    Par Chartreuse, le 30 avril 2011

    Chartreuse
    Tom Robbins n'est pas un écrivain qui bourre ses romans de références à la littérature mais plutôt de outes sortes d'anecdotes scientifiques, ce qui n'est pas pour me déplaire. Il prend d'ailleurs souvent la parole pour émettre des commentaires sur ce qu'il vient d'écrire, toujours avec humour et auto-dérision.
    Pour ne rien gâcher, Sissy est l'héroïne la plus inspirante des romans que j'ai lus dernièrement. Elle érige la liberté au rang de règles de vie, plus importante même que la poursuite du bonheur. Les autres personnages qui gravitent autour d'elle sont tout aussi entiers et engagés dans leur propre conception de la vie et la poursuite de leur rêve.
    Même si la fin est décevante, je vous recommande vivement la lecture de cet objet inhabituel qui remettra peut être en question quelques une de vos idées jusque là fermement établies.
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Citations et extraits

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  • Par Tagrawla, le 08 juillet 2014

    Il n'y a pas de mal à ce que la nature soit bête et affreuse car simultanément - et paradoxalement - elle est brillante et superbe. Mais adorer le naturel à l'exclusion du non-naturel est pratiquer le fascisme organique et c'est ce que pratiquent mon nombre de mes pèlerins. Et dans la meilleure tradition du fascisme, ils sont totalement intolérants à l'égard de ceux qui ne partagent pas leurs convictions ; ils engendrent ainsi les types mêmes d'antagonismes et de tensions qu'en tant que pacifistes à tous crins, ils prétendent abhorrer. Affirmer qu'une femme qui se barbouille du jus de baie sur les lèvres est en quelque sorte supérieure à la femme qui se met du rouge à lèvres est un sophisme ; c'est de la merde de putois pleine de sophistique suffisante. Le rouge à lèvres est une composition chimique et le jus de baie également. Si le rouge à lèvres présente des avantages par rapport au jus de baie, louons alors cette partie de la technique qui a produit le rouge à lèvres. Le monde organique est merveilleux, mais l'inorganique n'est pas mauvais non plus. (...) Une chose est bonne parce qu'elle est bonne, pas parce qu'elle est naturelle. Une chose est mauvaise parce qu'elle est mauvaise, pas parce qu'elle est artificielle. Ça ne vaut pas mieux d'un foutu iota d'être mordu par un serpent à sonnettes que d'être touché par une balle de revolver.
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  • Par Tagrawla, le 08 juillet 2014

    La simplicité est pour les nigauds. (...) La vie n'est pas simple ; elle est extraordinairement complexe. L'amour de la simplicité est une drogue d'évasion comme l'alcool. C'est une attitude anti-vie. Ces gens "simples" qui restent assis avec des vêtements ternes dans de tristes chambres à siroter du thé à la menthe à la lumière de bougies vivent une parodie de vie. Ils sont sans le vouloir du côté de la mort. La mort est simple mais la vie est riche. J'accepte de tout cœur cette richesse ; plus c'est compliqué, mieux c'est.
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  • Par gilles3822, le 01 juin 2010

    Vous avez entendu parler des gens qui appellent leur lieu de travail pour dire qu'ils sont malades. Il se peut que vous-même, vous l'ayez fait quelquefois. Mais avez-vous jamais pensé à appeler votre travail pour dire que vous étiez en pleine forme ?
    Ca se passerait comme ça: vous auriez votre patron au bout de la ligne et vous lui diriez: " Ecoutez , je suis malade depuis que je travaille chez vous mais aujourd'hui, je vais bien, alors je ne viendrai plus." Se faire porter bien portant.
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  • Par MumuJohnson, le 25 juin 2012

    En temps de colique économique, les ventes de tabac augmentent alors même que les ventes des autres produits s’effondrent. C'est peut-être l'incertitude financière qui rend les gens nerveux, et cette nervosité les fait fumer davantage. Il se peut qu'une cigarette donne au chômeur de quoi s'occuper les mains, qu'une pipe dans la bouche aide un homme à oublier qu'il n'a pas mâché de steak récemment.
    En temps de dépression, les assurés semblent se débrouiller pour continuer à verser leur prime d'assurance-vie. L'assurance-vie est peut-être le seul investissement qu'ils peuvent se permettre de faire. Peut-être veulent-ils à tout prix une certaine dignité dans la mort puisqu'ils n'ont jamais pu l'avoir dans la vie. Ou alors est-ce que le décès d'un des membres assurés est la seule chance qu'ait une famille de s'en mettre plein les poches ?
    Chaque automne depuis de nombreuses années, Richmond célèbre son économie-à-l'abri-des-dépressions. Cette célébration s'appelle la Fête du Tabac. (On avait propos : "Fête de l'Assurance-vie" mais ça ne fit pas un tabac.)
    Page 58
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  • Par tulisquoi, le 01 juillet 2010

    Mais dans l’ensemble, Sissy avait rejoint les rangs des Malheureux Qui Attendent et des Tueurs de Temps. Mon Dieu, il y en a tellement dans notre pays ! Etudiants qui ne sont pas heureux tant qu’ils n’ont pas eu leur diplôme ; soldats qui ne sont pas heureux tant qu’ils n’ont pas fini leur service ; célibataires qui ne sont pas heureux tant qu’ils ne sont pas mariés ; travailleurs qui ne sont pas heureux tant qu’ils ne sont pas à la retraite ; adolescents qui ne sont pas heureux tant qu’ils ne sont pas grands ; malade qui ne sont pas heureux tant qu’ils ne sont pas guéris ; ratés qui ne sont pas heureux tant qu’ils ne réussissent pas ; agités qui ne sont pas heureux tant qu’ils n’ont pas quitté la ville ; et, dans le plus grand nombre de cas, vice versa, individus qui attendent, attendent que le monde commence.
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