> Philippe Mikriammos (Traducteur)

ISBN : 2351785045
Éditeur : Editions Gallmeister (2010)


Note moyenne : 3.35/5 (sur 23 notes) Ajouter à mes livres
Sissy Hankshaw a été dotée à sa naissance des deux plus longs pouces du monde : elle deviendra donc la plus grande auto-stoppeuse des États-Unis. Conduite par ses pouces, Sissy fait des rencontres étonnantes qui transforment sa vie, la Comtesse, magnat des déodorants in... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par gilles3822, le 01 juin 2010

    gilles3822
    Ou l'on replonge avec délectation dans une période où tout semblait permis et l'avenir ouvert à tous les possibles. Ecrit au cours de la décennie 70, ce roman se place dans le courant de la contre culture américaine.
    Dennis Hopper vient de mourir, s'il a lu ce livre, il a du jubiler de voir une héroïne appliquer à la lettre le titre de son film culte, Easy Rider. Elle voyage Sissy, elle fait du stop, c'est sa religion, c'est tout ce qu'elle sait faire, et elle fait son chemin dans les grands espaces. Elle a les appendices qu'il faut : Deux pouces à la taille extravagante, au pouvoir magnétique qui attire tout objet roulant pourvu d'un siège qui emportera sa propriétaire là où elle doit se rendre.
    Les multiples rencontres occasionnées par ce pouvoir l'emporteront hors des sentiers battus (si je puis dire!). Tout ce joli monde repeint l'univers à sa façon, sans contraintes esthétiques ou morales. C'est l'époque où le libre arbitre vous permet toutes les fantaisies, les digressions métaphysiques, les expériences socio-hallucinées bien loin de nos pérégrinations frileuses et coincées, caractéristiques de la logorrhée actuelle.
    Tous les personnages semblent hors champ, hors du champ social et n'existent que par la caricature qu'il dresse de la société d'où ils sortent. Ils forcent le trait avec talent et l'on se dit que décidément, ils ont foutrement raison, raison de tourner en dérision ce monde là.
    C'est un livre sain, à recommander à tous les pisse-froid, les donneurs de leçons, les tristes sires qui hantent les multiples tuyaux de communications d'aujourd'hui, des plateaux de télévision aux forums sur Internet en passant par les séminaires d'entreprise.
    Ici, les gens sont de vrais personnes, bien vivantes, décidées à en découdre.
    A lire d'urgence.
    Je n'ai pas vu le film mais ce n'est pas grave, j'ai mes images et c'est bon.
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    • Livres 1.00/5
    Par kathel, le 09 juin 2010

    kathel
    Attirée par la quatrième de couverture alléchante, par l'attrait de la nouvelle collection de poche de chez Gallmeister et par mon goût pour la littérature américaine, je me suis laissé aller à demander ce livre lors de la dernière session de Masse Critique. Euh, comment dire après ce préambule, eh bien, je dois reconnaître que je me suis carrément plantée et que ce livre n'est pas du tout pour moi… le verdict est tombé à la page 66, mais je le sentais depuis le début et quelques incursions dans les chapitres suivants ne m'ont pas fait changer d'avis.
    C'est original, certes, et l'écriture, pleine de métaphores toutes plus surprenantes les unes que les autres, fait sourire, mais je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages, ni à l'histoire, je n'ai d'ailleurs pas eu vraiment l'impression qu'il y en avait une. Mais cela n'est que mon avis, et je pense que d'autres pourraient aimer...
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    • Livres 5.00/5
    Par Chartreuse, le 30 avril 2011

    Chartreuse
    Tom Robbins n'est pas un écrivain qui bourre ses romans de références à la littérature mais plutôt de outes sortes d'anecdotes scientifiques, ce qui n'est pas pour me déplaire. Il prend d'ailleurs souvent la parole pour émettre des commentaires sur ce qu'il vient d'écrire, toujours avec humour et auto-dérision.
    Pour ne rien gâcher, Sissy est l'héroïne la plus inspirante des romans que j'ai lus dernièrement. Elle érige la liberté au rang de règles de vie, plus importante même que la poursuite du bonheur. Les autres personnages qui gravitent autour d'elle sont tout aussi entiers et engagés dans leur propre conception de la vie et la poursuite de leur rêve.
    Même si la fin est décevante, je vous recommande vivement la lecture de cet objet inhabituel qui remettra peut être en question quelques une de vos idées jusque là fermement établies.
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    • Livres 3.00/5
    Par tulisquoi, le 01 juillet 2010

    tulisquoi
    Que dire de ce roman ? Déjanté, excentrique et drôle ? Oui tout à fait ! On part avec Sissy à la découverte de l'Amérique pour y rencontrer une Comtesse qui n'aime pas trop les odeurs corporelles féminines, des grues qui ne migrent plus, un Chinetoque pas tout à fait Chinois, un peuple de l'horloge avec des règles bizarres, des cow-girls sans vaches et pas mal d'autres personnages haut en couleurs ! Et ça tire à boulets rouges dans toutes les directions ! Car l'auteur, loin de faire parler uniquement ses personnages, s'invite régulièrement dans l'histoire pour dénoncer en vrac les critiques littéraires, le mariage, l'industrialisation, la société de consommation et j'en passe.
    On se régale avec un humour décalé, des métaphores hautes en couleurs, des descriptions minutieuses, une histoire et un style parfaitement maîtrisés. Les personnages sont extraordinaires et attachants et j'aime quand l'auteur m'interpelle au milieu du récit, comme si on était au café du coin, et qu'il interrompait l'histoire deux secondes parce qu'il vient de se rappeler un détail important !
    Par contre, on a tendance parfois à faire de très longs détours. Et on a l'impression de se retrouver bien loin du point de départ, sans vraiment savoir ce qu'on fait là et pourquoi on nous y a emmené. Alors on décroche un peu de temps en temps. Mais Tom Robbins arrive finalement toujours à nous rattraper au vol et à nous ramener dans le droit de chemin. Celui de Sissy et de son incroyable voyage.

    Lien : http://www.tulisquoi.net/meme-les-cow-girls-ont-du-vague-a-lame-tom-..
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    • Livres 5.00/5
    Par EFar, le 22 juillet 2011

    EFar
    Ca m'a fait du bien de plonger comme ça, d'un coup, dans ce déluge de délires 70s où tout est exubérant, tout semble déborder. J'ai d'autant plus aimé cette immersion que le narrateur et ses considérations scientifico-humoristiques m'ont beaucoup amusés. J'avais aimé le film - sans le trouver impérissable -, je trouve le bouquin plus marquant, et il m'a fait bien rire. Un rayon d'arc-en-ciel en toc.
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Citations et extraits

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  • Par kathel, le 09 juin 2010

    Il en est pour prétendre que l’excès de soleil ramollit le cerveau (déjà odieusement mou), et c’est peut-être ce qui allait pousser Sissy à cet acte incongru. Fut-ce les gants jaunes d’hydrogène qui lui boxaient les oreilles ? Ou bien les radiations solaires lancèrent-elles ses atomes das un tourbillon un rien louftingue ? D’un autre côté, son comportement ne donnait peut-être qu’une vague idée de l’ampleur de son ambition et, quoique remarquable, ne pouvait guère passer pour plus étrange que l’impulsion du petit Mozart de neuf ans à composer une symphonie.

    De toute façon, et quoi qu’il en soit, par un après-midi suant mais sans autre particularité des premiers jours d’août 1960, un après-midi extorqué au museau de Mickey la souris, un après-midi taillé dans la purée de pommes de terre et la lessive de potasse, un après-midi attaché à la pâtée de chien des météorologistes, un après-midi qui aurait endormi un monstre, un après-midi qui normalement n’aurait produit rien de plus significatif qu’une inflammation de la peau sous les couches humides, Sissy Hankshaw descendit d’une bordure de trottoir en forme de mâchoire défoncée dans Hull Street, et tenta de se faire prendre en stop par une ambulance. En fait, elle balança son pouce par deux fois - à l’aller et au retour.
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  • Par gilles3822, le 01 juin 2010

    Vous avez entendu parler des gens qui appellent leur lieu de travail pour dire qu'ils sont malades. Il se peut que vous-même, vous l'ayez fait quelquefois. Mais avez-vous jamais pensé à appeler votre travail pour dire que vous étiez en pleine forme ?
    Ca se passerait comme ça: vous auriez votre patron au bout de la ligne et vous lui diriez: " Ecoutez , je suis malade depuis que je travaille chez vous mais aujourd'hui, je vais bien, alors je ne viendrai plus." Se faire porter bien portant.
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  • Par tulisquoi, le 01 juillet 2010

    Mais dans l’ensemble, Sissy avait rejoint les rangs des Malheureux Qui Attendent et des Tueurs de Temps. Mon Dieu, il y en a tellement dans notre pays ! Etudiants qui ne sont pas heureux tant qu’ils n’ont pas eu leur diplôme ; soldats qui ne sont pas heureux tant qu’ils n’ont pas fini leur service ; célibataires qui ne sont pas heureux tant qu’ils ne sont pas mariés ; travailleurs qui ne sont pas heureux tant qu’ils ne sont pas à la retraite ; adolescents qui ne sont pas heureux tant qu’ils ne sont pas grands ; malade qui ne sont pas heureux tant qu’ils ne sont pas guéris ; ratés qui ne sont pas heureux tant qu’ils ne réussissent pas ; agités qui ne sont pas heureux tant qu’ils n’ont pas quitté la ville ; et, dans le plus grand nombre de cas, vice versa, individus qui attendent, attendent que le monde commence.
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  • Par PerdreUnePlume, le 04 juin 2010

    [...]Ils grandissaient pendant qu'elle étudiait l'histoire (" et plus les colons poussaient vers l'ouest, plus ils étaient constamment sous la menace de hordes de sauvages Indiens") ; ils grandissaient tandis qu'elle étudiait l'arithmétique ("si une poule et demie pond un oeuf et demi en un jour et demi, combien de temps faudra-t-il à un singe ayant une jambe de bois pour retirer tous les pépins d'un fenouil conservé dans le vinaigre ?").[...]
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  • Par colimasson, le 21 mars 2011

    Vous êtes zoologiste ; vous devriez savoir qu’il n’y a pas de carrés dans la Nature, ni dans le macrocosme ni dans le microcosme. La Nature crée en cercles et bouge en cercles. Tout est circulaire, de l’atome aux galaxies, et la plupart des choses organiques entre les deux. La Terre est ronde. Le vent tournoie. La matrice n’est pas une boîte à chaussures. Où sont les coins de l’œuf et du ciel ? Regardez les nids que ces grues ont faits, là-bas. Parfaitement ronds. Le carré est le produit de la conscience masculine. Tribus primitives et cultures matriarcales ont toujours rendu hommage à ce qui est rond. Regardez votre ventre, professeur, là, sous votre gaine. Regardez vos seins. La femme est un animal rond. L’homme, dans sa révolte contre ce qui est naturel et féminin dans l’univers, a utilisé la logique comme arme et comme bouclier. Tout l’objet de la logique est de trouver la quadrature du cercle. La civilisation est un cercle équarri.
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