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Philippe Mikriammos (Traducteur)
ISBN : 2351785045
Éditeur : Gallmeister (2010)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 97 notes)
Résumé :
Sissy Hankshaw a été dotée à sa naissance des deux plus longs pouces du monde : elle deviendra donc la plus grande auto-stoppeuse des États-Unis. Conduite par ses pouces, Sissy fait des rencontres étonnantes qui transforment sa vie, la Comtesse, magnat des déodorants intimes; Julian Gitche, l'Indien, qui sera un temps son mari, le docteur Robbins, psychiatre farfelu. Et surtout, les cow-girls, qui revendiquent l'égalité avec les hommes sous la conduite de la belle B... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
colimasson
colimasson26 mars 2013
  • Livres 4.00/5
Une seule lecture n'est pas suffisante pour cerner ce livre de Tom Robbins. Sur plusieurs centaines de pages, l'ouvrage cumule les aventures, les réflexions, les personnages et les lieux les plus insolites qui puissent naître d'imagination d'écrivain. Tout cet humour, toute cette ironie, toute cette érudition déployées par Tom Robbins ne s'encaissent pas tranquillement en une lecture distraite. le résultat est excitant, mais aussi déstabilisant.

Contre-coup de cette richesse : le risque de nausée. Les tournures métaphoriques, parfois inutilement alambiquées, alourdissent un texte déjà dense qui ne cesse de nous trimbaler d'une péripétie à une autre, en passant par une anecdote politique, scientifique ou philosophique. Pas moyen d'avoir la paix ! Mais n'est-ce pas justement ce qui nous plaît ? Tom Robbins semble vouloir nous happer dans son histoire, sans aucune considération pour notre disponibilité : qu'on le veuille ou non, on sera dévoré par les aventures de ses cow-girls joyeusement cafardeuses !
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gilles3822
gilles382201 juin 2010
  • Livres 5.00/5
Ou l'on replonge avec délectation dans une période où tout semblait permis et l'avenir ouvert à tous les possibles. Ecrit au cours de la décennie 70, ce roman se place dans le courant de la contre culture américaine.
Dennis Hopper vient de mourir, s'il a lu ce livre, il a du jubiler de voir une héroïne appliquer à la lettre le titre de son film culte, Easy Rider. Elle voyage Sissy, elle fait du stop, c'est sa religion, c'est tout ce qu'elle sait faire, et elle fait son chemin dans les grands espaces. Elle a les appendices qu'il faut : Deux pouces à la taille extravagante, au pouvoir magnétique qui attire tout objet roulant pourvu d'un siège qui emportera sa propriétaire là où elle doit se rendre.
Les multiples rencontres occasionnées par ce pouvoir l'emporteront hors des sentiers battus (si je puis dire!). Tout ce joli monde repeint l'univers à sa façon, sans contraintes esthétiques ou morales. C'est l'époque où le libre arbitre vous permet toutes les fantaisies, les digressions métaphysiques, les expériences socio-hallucinées bien loin de nos pérégrinations frileuses et coincées, caractéristiques de la logorrhée actuelle.
Tous les personnages semblent hors champ, hors du champ social et n'existent que par la caricature qu'il dresse de la société d'où ils sortent. Ils forcent le trait avec talent et l'on se dit que décidément, ils ont foutrement raison, raison de tourner en dérision ce monde là.
C'est un livre sain, à recommander à tous les pisse-froid, les donneurs de leçons, les tristes sires qui hantent les multiples tuyaux de communications d'aujourd'hui, des plateaux de télévision aux forums sur Internet en passant par les séminaires d'entreprise.
Ici, les gens sont de vrais personnes, bien vivantes, décidées à en découdre.
A lire d'urgence.
Je n'ai pas vu le film mais ce n'est pas grave, j'ai mes images et c'est bon.
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le-mange-livres
le-mange-livres31 mars 2015
  • Livres 3.00/5
Après avoir dévoré littéralement un autre titre de Robbins, Comme la grenouille sur un nénuphar (voir mon billet enthousiaste ici), je me suis jetée, frissonnante de plaisir anticipé, sur ce roman au titre on ne peut plus évocateur : Même les cow-girls ont du vague à l'âme.

Une trame bien difficile à raconter (ou plutôt pas de trame du tout), des personnages plus farfelus les uns que les autres : Sissy qui est une fille superbe malgré (à cause ?) de ses pouces démesurés ; son mentor la Comtesse, vieille tante maniaque ; les amazones sauvages du ranch de Bonanza Jellybean ; Julian, l'amoureux de transi de Sissy qui renie ses racines indiennes, sans oublier bien sûr le Chinetoque, ses deux horloges et ses oiseaux ... le tout mis dans un shaker avec New-York, le grand Ouest, des milliers de kilomètres d'auto-stop, agité par le Dr Robbins, psychiatre manifestement fou et curieux double de l'auteur, avec un évident plaisir de conter ("Ou bien est-ce que l'auteur n'est pas en train de vous amener quelque part ici, en train d'essayer de vous manipuler un brin, alors qu'il devrait se contenter de vous raconter son histoire, comme doit faire un bon auteur ? C'est peut-être le cas. Mais n'y pensons plus.")
En ai-je trop attendu ? Je suis en tout cas un peu déçue. Pas des abîmes de déception, non. Car il y a bien cette étincelle de folie furieuse, ces délires incontrôlables de Robbins (mais veut-il seulement les contrôler), cette étrangeté toujours, vaguement "murakamesque", et puis que diable, on est chez Gallmeister, et chez Gallmeister, on a confiance, surtout face à un roman comme celui-ci, élevé au rang de monument-culte de la contre-culture américaine. Alors oui, elle est bien attachante cette Sissy, oui, il est complètement barré ce Robbins, et il parvient à être drôle et grave à la fois. Et pourtant, j'ai un peu souffert du manque de cohérence du roman, et finalement de son caractère échevelé et sans doute un peu trop baba-cool et new age pour moi. Mais attention, hein, ça reste bien quand même ! (en me relisant, je me trouve trop sévère : il FAUT lire ce livre)
"Avant toute chose, si vous avez le moindre soupçon de jugeote, vous devez savoir maintenant que nous payons nos triomphes aussi cher que nos défaites. Alors, allez-y, ratez ! Mais ratez avec esprit, ratez avec grâce, ratez avec style. Un échec médiocre est aussi insupportable qu'un succès médiocre. Adoptez l'échec. Débusquez-le. C'est peut-être la seule manière dont certains d'entre nous seront jamais libres."
Lien : http://le-mange-livres.blogspot.fr/2015/03/meme-..
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MumuJohnson
MumuJohnson09 juillet 2012
  • Livres 3.00/5
Difficile pour moi de parler de ce roman tant j'ai été partagé.
Il y a eu des passages très longs, ennuyeux, des paragraphes que j'ai sauté car je n'y trouvais aucun intérêt. Puis j'en ai découverts des merveilleux. Celui qui me restera à l'esprit concerne les échanges de Sissy et de son psy. C'est criant de vérité et d'intelligence. Je pense que beaucoup d'entre nous peuvent se retrouver dans certains mots, certains passages, certaines situations. Je crèverais d'envie de rencontrer un psy identique pour prendre plaisir à consulter toutes les semaines !
Il a fallut tout de même attendre jusque là pour connaitre la personnalité de Sissy car je ne savais pas vraiment si elle était réfléchie, si elle analysait les choses, les situations ou si elle vivait dans l'instinct. Je trouve que son personnage est resté flou, "superficiel" longtemps et je ne suis pas parvenue à m'attacher.
Je m'attendais également à voyager davantage à travers les états-unis, à rencontrer plus de personnages. Je m'attendais peut-être à trop par rapport à ce que j'avais lu à droite et à gauche.
Dans tous les cas, la liberté que l'auteur a dans sa plume m'a fait plaisir ; elle apporte de la légèreté, de la fraicheur , des sourires, un humour parfois irrésistible et des métaphores qui me resteront en mémoire. Ce livre m'a marqué à défaut de me séduire totalement et c'est sans doute le plus important.
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kathel
kathel09 juin 2010
  • Livres 1.00/5
Attirée par la quatrième de couverture alléchante, par l'attrait de la nouvelle collection de poche de chez Gallmeister et par mon goût pour la littérature américaine, je me suis laissé aller à demander ce livre lors de la dernière session de Masse Critique. Euh, comment dire après ce préambule, eh bien, je dois reconnaître que je me suis carrément plantée et que ce livre n'est pas du tout pour moi… le verdict est tombé à la page 66, mais je le sentais depuis le début et quelques incursions dans les chapitres suivants ne m'ont pas fait changer d'avis.
C'est original, certes, et l'écriture, pleine de métaphores toutes plus surprenantes les unes que les autres, fait sourire, mais je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages, ni à l'histoire, je n'ai d'ailleurs pas eu vraiment l'impression qu'il y en avait une. Mais cela n'est que mon avis, et je pense que d'autres pourraient aimer...
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Citations & extraits (57) Voir plus Ajouter une citation
gilles3822gilles382201 juin 2010
Vous avez entendu parler des gens qui appellent leur lieu de travail pour dire qu'ils sont malades. Il se peut que vous-même, vous l'ayez fait quelquefois. Mais avez-vous jamais pensé à appeler votre travail pour dire que vous étiez en pleine forme ?
Ca se passerait comme ça: vous auriez votre patron au bout de la ligne et vous lui diriez: " Ecoutez , je suis malade depuis que je travaille chez vous mais aujourd'hui, je vais bien, alors je ne viendrai plus." Se faire porter bien portant.
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MumuJohnsonMumuJohnson25 juin 2012
En temps de colique économique, les ventes de tabac augmentent alors même que les ventes des autres produits s’effondrent. C'est peut-être l'incertitude financière qui rend les gens nerveux, et cette nervosité les fait fumer davantage. Il se peut qu'une cigarette donne au chômeur de quoi s'occuper les mains, qu'une pipe dans la bouche aide un homme à oublier qu'il n'a pas mâché de steak récemment.
En temps de dépression, les assurés semblent se débrouiller pour continuer à verser leur prime d'assurance-vie. L'assurance-vie est peut-être le seul investissement qu'ils peuvent se permettre de faire. Peut-être veulent-ils à tout prix une certaine dignité dans la mort puisqu'ils n'ont jamais pu l'avoir dans la vie. Ou alors est-ce que le décès d'un des membres assurés est la seule chance qu'ait une famille de s'en mettre plein les poches ?
Chaque automne depuis de nombreuses années, Richmond célèbre son économie-à-l'abri-des-dépressions. Cette célébration s'appelle la Fête du Tabac. (On avait propos : "Fête de l'Assurance-vie" mais ça ne fit pas un tabac.)
Page 58
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tulisquoitulisquoi01 juillet 2010
Mais dans l’ensemble, Sissy avait rejoint les rangs des Malheureux Qui Attendent et des Tueurs de Temps. Mon Dieu, il y en a tellement dans notre pays ! Etudiants qui ne sont pas heureux tant qu’ils n’ont pas eu leur diplôme ; soldats qui ne sont pas heureux tant qu’ils n’ont pas fini leur service ; célibataires qui ne sont pas heureux tant qu’ils ne sont pas mariés ; travailleurs qui ne sont pas heureux tant qu’ils ne sont pas à la retraite ; adolescents qui ne sont pas heureux tant qu’ils ne sont pas grands ; malade qui ne sont pas heureux tant qu’ils ne sont pas guéris ; ratés qui ne sont pas heureux tant qu’ils ne réussissent pas ; agités qui ne sont pas heureux tant qu’ils n’ont pas quitté la ville ; et, dans le plus grand nombre de cas, vice versa, individus qui attendent, attendent que le monde commence.
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MumuJohnsonMumuJohnson25 juin 2012
Lorsque Sissy lut l'affiche annonçant BAL DES BONNES ŒUVRES, elle commença à penser qu'elles n'auraient sans doute pas dû arriver du tout. Une fois entrée, elle n'en douta plus. Le parquet de danse luisait de bave tandis qu'y boitaient, chancelaient, glissaient et ballottaient les orteils de crabe et les talons de poulet de plus d'une vingtaine d'organismes désaxés, déglingués et bancals, et que dans le rougeoiement des lanternes chinoises faites à la main, palais fendus, becs-de-lièvres, mâchoires décrochées, tics, convulsions, bouches écumantes, yeux égarés, narines dégoulinantes et crânes pointus se trémoussaient sur divers tempos, inspirés par un disque de Guy Lombardo et les modèles cinétiques de ceux qui étaient sur la piste.
Lorsque Sissy se figea d'étonnement, Miss Leonard la sermonna :
- Écoute, poussin, je sais bien comment c'est pour les gens comme vous. [...] Les polios ne peuvent pas sentir les paralytiques, les paralytiques snobent les tarés de naissance et les trois réunis détestent les attardés mentaux. Je le sais bien, mais vous devez passer par-dessus ça ; les handicapés doivent faire bloc.
[...] la jeune fille, pour la première fois de sa vie, entendit sa propre voix. Sissy hurlait.
- JE NE SUIS PAS HANDICAPÉE, NOM DE DIEU !
[..]
Ils la fixèrent du regard. Quelques ricanements et gloussements se firent entendre. Et puis, l'un après l'autre, ils se mirent à l'applaudir (certains n'applaudissant que d'une main, illustrant de manière spasmodique et involontaire le plus célèbre proverbe du bouddhisme zen).
Pages 60/61
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colimassoncolimasson21 mars 2011
L’ennemi est la tyrannie de la bêtise. Il y a des Noirs qui font autorité et qui sont bêtes, et c’est l’ennemi. Les dirigeants du capitalisme et les dirigeants du communisme sont les mêmes gens, et ce sont l’ennemi. Il y a des femmes bêtes qui essaient de réprimer l’esprit humain, et elles sont l’ennemi au même titre que les hommes bêtes. L’ennemi est chaque expert qui pratique la manipulation technocratique, l’ennemi est tout individu qui prend fait et cause pour la normalisation et l’ennemi est toute victime assez stupide et paresseuse et faible pour permettre qu’on la manipule et qu’on la normalise.
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Videos de Tom Robbins (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Tom Robbins
Avec Joss, libraire à Vannes (56), découvrez désormais une semaine sur deux un nouvel ouvrage. Romans, polars, beaux livres, littérature jeunesse : tout y passera !
Cette semaine, on parle du génial Tom Robbins et de son rocambolesque roman "Jambes fluettes, etc." paru aux éditions Gallmeister.
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