ISBN : 2351780477
Éditeur : Gallmeister (2011)


Note moyenne : 2.83/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres
Une serveuse de tacos qui joue les apprenties chimistes à Seattle, une parfumeuse déchue de la Nouvelle-Orléans qui prépare son come-back, et un excentrique « nez » des hautes sphères de l’industrie parisienne s’interrogent : qui donc leur envoie ces mystérieuses better... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 5.00/5
    Par chocobogirl, le 28 novembre 2011

    chocobogirl
    Tom Robbins qui m'avait régalé avec son roman Une bien étrange attraction est à nouveau mis à l'honneur chez Gallmeister.
    Cette fois-ci, le lecteur va plonger dans les délices du parfum et d'un élixir de jouvence qui traversera plusieurs siècles.
    Priscilla, serveuse à Seattle, consacre ses nuits à faire des expériences chimiques pour trouver la recette du Taco parfait.
    A la Nouvelle-Orléans, Mme Devalier et son assistante V'lu travaille dans leur petite parfumerie en perte de vitesse pour confectionner le parfum ultime qui leur fera remonter la pente.
    Enfin, à Paris, l'excentrique Marcel Fever, nez de la société du même nom qu'il dirige avec son cousin Claude peaufine le futur best-seller de la maison.
    Rien ne les relie excepté le fait que, tous les jours, une betterave leur est livré mystérieusement.
    L'origine de ces betteraves est à chercher dans l'autre histoire que Robbins nous sert en parallèle : Alobar, roi de Bohème du 8ème siècle refuse de se soumettre à la tradition qui commande de tuer leur dirigeant aux premiers signes de vieillissement (impuissance, cheveu gris). Ce dernier s'échappe grâce à un subterfuge et prend la route à travers l'Europe et le monde mais aussi à travers les siècles. C'est que notre homme vivra 900 ans et que sa quête éperdue d'immortalité se réalisera à force de conviction et de rencontres. Les moines Bandaloop l'initieront à leurs secrets et la belle indienne Kudra le régénérera à force d'amour et de sensualité. le dieu Pan sera aussi de la partie et son fumet de bouc, un ingrédient fort peu goutu de cette aventure au goût de betterave. Il faut dire aussi qu'avec tout ce christianisme tapageur, notre dieu-bouc n'est plus honoré et perd peu à peu de son pouvoir.
    Parfum, betterave, dieu, immortalité, religion : voilà un cocktail improbable que Tom Robbins réussit avec brio à entrelacer ! Ne cherchez pas ici un récit réaliste, l'auteur part comme à son habitude dans des élucubrations loufoques qui cachent malgré tout une intense réflexion.
    Le roman se construit autour de chapitres alternés qui nous conduisent soit auprès d'Alobar, soit auprès de nos 3 parfumeurs. le lien n'est évidemment absolument pas évident et ne se fera jour qu'au terme d'une lente narration qui balade son lecteur sur les traces du roi immortel. On le suit et on découvre à travers ses yeux de néophyte différentes civilisations, différentes conditions auquel notre homme s'adapte toujours sans soucis.
    Toujours obligé de fuir pour différentes raisons ou circonstances, dont le fait que son visage ne vieillit pas, il croise sur sa route différentes religions : les hindouistes qui exigent d'une veuve qu'elle s'immole par le feu sur le cadavre de son mari, les moines bandaloop (bouddhistes ?) qui voit le secret de la longévité dans la méditation et l'ascèse, les païens qui honorent le roi de la galette pour mieux en lui offrant tout ce qu'il souhaite pour mieux le tuer 7 jours plus tard et les chrétiens enfin qui crient à la magie noire et aux sorcières dès que quelque chose leur échappe et qui tuent le dieu Pan à petit feu par leur rigorisme et leur individualisme.
    Il sera donc question ici de vie, de mort, d'amour et de plaisir de vivre. Alobar, lui, a fait clairement le choix de la vie, s'épanchant régulièrement dans des activités à haute teneur sexuelle, un bel hommage au lubrique Pan dont il essaye de sauvegarder l'image et la force (l'odeur de bouc en rut, elle, est toujours là !).
    On retrouve la prose mystique de notre auteur qui s'amuse de ses personnages et leur met dans la bouche bon nombre de théories plus ou moins fumeuses sur l'immortalité mais qu'importe le flacon pourvu qu'on est l'ivresse ! Mais le flacon est ici de qualité. L'écriture est toujours aussi pleine d'absurdités et l'auteur sait parler avec beaucoup de sérieux de choses totalement décalées.
    Le roi de la métaphore impossible (le "Houdini de la métaphore" tout de même !) est toujours en forme et, même si je regrette que ma lecture ait été un poil moins jouissive que son roman précédemment édité, je ne me lasse pas de l'humour et de l'inventivité dont il fait preuve.
    Un parfum de Jitterbug est donc là encore un roman jubilatoire qui ne lassera pas de surprendre son lecteur qui cherchera toujours le rapport entre parfum et Jitterbug !
    Que les amateurs de betterave se rallient !

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-un-parfum-de-jitterbug..
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Critiques presse (1)


  • Lexpress , le 14 octobre 2011
    Un roman drôle et profond, rythmé comme un jitterbug, cette danse jazz saccadée, dont il n'est d'ailleurs quasiment pas question dans ces 456 pages (parfaitement traduites, soit dit en passant).
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par chocobogirl, le 28 novembre 2011

    La betterave est le plus profond de tous les légumes. Le radis, convenons-en, est plus fiévreux, mais le feu du radis est un feu froid, ce n'est pas le feu de la passion, c'est celui du mécontentement. Les tomates ne manquent pas de vigueur ; toutefois, il court en elles une veine de frivolité. Les betteraves, elles, sont terriblement sérieuses.
    Les peuples slaves doivent leurs caractéristiques physiques aux pommes de terre, leur inquiétude sourde aux radis, et leur sérieux aux betteraves.
    La betterave, légume mélancolique par excellence, est le plus disposé à souffrir. Essayez donc de faire couler du sang en pressant un navet...
    La betterave, c'est l'assassin qui retourne sur les lieux de son crime. La betterave, c'est ce qui arrive lorsque la cerise finit avec la carotte. La betterave, c'est l'ancienne ancêtre de la lune d'automne, barbue, enterrée, presque fossilisée, les voiles vert foncé du bateau lunaire échoué, cousues de veines où coule un plasma primitif ; la ficelle du cerf-volant qui reliait autrefois la Lune à la Terre ; barbe boueuse, désormais, forant désespérément le sol à la recherche de rubis.
    La betterave était le légume préféré de Raspoutine. Ça se voyait dans ses yeux.
    En Europe, on cultive beaucoup une grosse betterave appelée betterave fourragère. Peut-être que c'est cette betterave fourragère que l'on voit chez Raspoutine. A n'en pas douter, il y a de la betterave fourragère dans la musique de Wagner, même si c'est le nom d'un autre compositeur qui commence par B-e-t-, pardon, B-e-e-t...
    Bien sûr, il y a des betteraves blanches, desquelles suinte du jus sucré et non du sang, mais celle qui nous intéresse, c'est la betterave rouge ; la variété qui s'empourpre et enfle comme une hémorroïde, une hémorroïde contre laquelle il n'existe aucun remède.
    (En fait, il y a bien un remède : demandez à un potier de vous faire un anus en céramique - et quand vous ne serez pas assis dessus, vous pourrez toujours l'utiliser comme bol pour déguster votre bortsch.)
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  • Par papillote88, le 05 février 2012

    Lorsque nous acceptons des petites merveilles, nous nous rendons aptes à imaginer de grandes merveilles. Ainsi, si nous admettons qu’une huître – radieuse, molle, succulente et sereine – peut sortir d’une coquille, nous sommes prêts à imaginer Aphrodite émergeant d’une adresse identique. Qui plus est, nous pourrions imaginer, si toutefois nous avions cette tournure d’esprit, Aphrodite exsudant sa coquille, construisant son studio, ses valves, ses charnières et ses spires, avec ses propres sécrétions, comme le fait une huître, mais il faut reconnaître qu’une imagination moyenne n’irait probablement pas aussi loin.(…)
    -Ah non, M’dame Lily, je ‘efuse de mettr’ une huît’ toute c’ue dans ma bouche ! (…) je ‘efuse de manger de la bave visqueuse. (…).

    (…) Elle but une gorgée. Elle examina le cercle de coquillages, chaque masse informe et raffinée luisant sur le plancher (ou le plafond) irisé de sa propre architecture intime, géométrie solidifiée de son propre désir. L’huître était une créature digne de La Nouvelle-Orléans, dont les maisons étaient de la même façon et tout aussi résolument fermées à un monde extérieur dont on ne pouvait attendre qu’il fasse preuve de la sensibilité requise à l’égard des délicatesses secrétées à l’intérieur.
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  • Par chocobogirl, le 28 novembre 2011

    La réalité est une notion subjective, et cette culture se caractérise par une tendance stupide à considérer que quelque chose est important seulement si c'est sérieux et sévère.(...) Quand on est malheureux, on en vient à s' préoccuper énormément de soi-même. Et on en vient à s'prendre tellement au sérieux ! Les gens véritablement heureux, c'est-à-dire les gens qui s'aiment véritablement, eux n'pensent pas beaucoup à eux-mêmes. Vous prenez une personne malheureuse, elle ne supporte pas que vous essayiez d'lui remonter le moral, parce que ça veut dire qu'elle doit arrêter de s'appesantir sur elle-même et reporter l'attention sur l'univers. Se sentir malheureux, c'est la forme ultime de l'autocomplaisance.
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  • Par papillote88, le 05 février 2012

    Alobar sortit et alla marcher dans la nuit himalayenne – l’obscurité en haut de l’escalier. L’air vif et limpide qui portait les psalmodies des lamas vibrait comme une ruche. Les étoiles blanches brillaient et faisaient penser à une éruption de boutons sur l’atmosphère. Il était facile d’imaginer que ces étoiles étaient des abeilles, qu’elles étaient la source du bourdonnement omniprésent des lamas. Il était facile d’imaginer que le pâle croissant de lune était la spatule de l’apiculteur, qui plongeait dans le ronronnement et le miel.
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  • Par papillote88, le 05 février 2012

    Quand Lily Devalier colla le sous-marin de poche qui lui servait de nez le long du quai de la couche de concentration, oh !, une chaleur nocturne lui enveloppa le cerveau, l’inondant d’étoiles, de sperme de chérubins translucide, et de ces sirops bleus de minuit que sucent les papillons nocturnes sur les tropiques. Elle fut emportée par la dévorante délicatesse de ce jasmin, mais pas au point de ne pas détecter une légère sensation de surchauffe, ainsi qu’une faible trace de solvant.
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