« L'étude de la section de la seine du SNI durant cette période de près d'un quart de siècle pose diverses questions qui commandent le plan de cet ouvrage. Première interrogation : comment se reconstruit la section de la Seine du SNI après le conflit mondial, quelles conséquences la scission syndicale et le choix de l'autonomie enseignante en 1947-1948 produisent-elles sur le SNI de la région parisienne ? Il convient ensuite d'étudier le poids de l'organisation syndicale, sa structuration, ses débats, les rapports entre le SNI départemental et le milieu. Ensuite nous nous intéresserons au corpus revendicatif de la section de la Seine et aux actions qu'elle mène pour tenter d'exprimer les préoccupations d'un groupe social qu'elle syndique largement. »
Comme le souligne Robert Hirsch, la grande majorité du personnel concerné se regroupe, dans les années d'après guerre, au sein du Syndicat national des instituteurs et institutrices (SNI) « Il s'agit d'un exemple d'organisation de masse rare à ce niveau dans le paysage syndical français »
La première partie de l'ouvrage « Reconstruction et restructuration (1944-1948) » est subdivisée en trois chapitres « Reconstruire le syndicat », « La grève de 1947 » et « le choix de l'autonomie ».
Je souligne l'intérêt du chapitre sur la grève de 1947 « … les deux tiers au moins de personnel restent en grève pendant deux semaines. Cette durée, jamais encore enregistrée dans l'histoire des conflits sociaux de l'Éducation nationale, révèle un fort mécontentement. Cette longue période d'arrêt de travail et d'activités militantes intenses marque nombre d'instituteurs et d'institutrices, au premier chef, les militants, dont beaucoup, notamment dans les écoles normales, font là leurs premières armes. Ce conflit de l'automne 1947 constitue un événement fondateur pour la génération des syndicaliste enseignants de la Seine d'après 1945. »
Dans la seconde partie « L'organisation syndicale », l'auteur détaillera successivement « Un syndicat hégémonique dans son milieu », « Les militants », « le fonctionnement de la section de la Seine » et « Les tendances ».
Peu d'études sur le mouvement syndicale offrent des analyses aussi détaillées, ne cachant ni les contradictions du milieu, ni les oppositions politiques/partisanes.
Je regrette cependant que les phénomènes d'institutionnalisation et de bureaucratie n'aient pas été plus questionnés.
La dernière partie « L'action syndicale » permet à Robert Hirsch de détailler « Les revendications du SNI » dont la question des salaires et des effectifs par classe, « Les formes de l'action syndicale », « Syndicalisme et politique » dont les rapports à la guerre d'Algérie, à la gauche et à de Gaulle et enfin « La défense de l'école laïque ».
Sur ce dernier point, comme sur les questions de pédagogie, il manque un ouvrage actualisant les débats et permettant aux citoyen-ne-s, dont les enseignant-e-s de se ressaisir de ces questions.
Ces analyses dépassent, de fait, celle d'une partie du mouvement syndical. Elles nous rappellent, entre autres, le poids du mouvement communiste, assumant sur une longue période de son histoire, ses caractéristiques staliniennes, les faibles interrogations sur la division sexuée du travail et les illusions de la méritocratie de l'école républicaine réellement existante.
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