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ISBN : 9782021040463
Éditeur : Editions du Seuil (2011)


Note moyenne : 5/5 (sur 2 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un jeune homme entre dans le monde du travail. Il est envoyé en mission par un cabinet d’urbanistes architectes dans une cité de la banlieue parisienne pour une enquête de terrain. Ce travail le replonge dans les lieux de son enfance dont il s’était arraché. Collégien, ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (2)

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    • Livres 5.00/5
    Par Charybde2, le 23 janvier 2014

    Charybde2
    Magnifique, poétique, drôle et tragique odyssée d'une immersion ethnologique en banlieue.
    Publié en 2011 chez Fiction & Cie au Seuil, le deuxième roman de Charles Robinson nous offre, en 520 pages denses, hautes en couleur, en poésie et en surprises, une véritable odyssée d'une « cité » de grande banlieue parisienne.
    Mandaté par un cabinet d'architecture, à la fois posément cynique et gentiment post-moderne, le narrateur, jeune ethnologue à peine sorti des études, entreprend une enquête aussi approfondie que possible, à la rencontre méthodique des habitants des Pigeonniers, ex-cité urbanistiquement radieuse dont il est lui-même originaire – mais qu'il a quittée il y a fort longtemps -, alors qu'elle est secrètement promise à une destruction prochaine avant d'être rebâtie « à neuf ».
    Le regard ethnologique, magnifique position narrative, permet de rencontrer un maximum d'acteurs locaux – conformément au cahier des charges de l'étude – et de retranscrire leurs perceptions dans leur propre langage, rodomontades et provocations comme passions et désirs, bâtissant une ample fresque sous nos yeux de lecteur de moins en moins incrédule : GTA le « fixer », 666 ou No Life les bio-goths, M l'entreprenant entrepreneur des vices tous azimuts, Jizz et Craps les musclées petites mains des micro-empires en gestation, Goune la joueuse de poker en ligne, Booz et Mooz les obèses intellectuels autodidactes et prophétiques, Gerberine le passe-muraille qui sait tout des secrets de la cité, la Grenouille infatigable responsable locale de Pôle Emploi, Mister Gaulois le concierge jadis vilipendé reconverti en garde-champêtre informel et néanmoins reconnu, et tant d'autres mutants plus ou moins prononcés produits par les lieux… jusqu'à l'Opossum, la propre sœur enseignante du narrateur.
    Tandis que remontent à la surface, conscience et mémoire du narrateur, les souvenirs d'enfance et d'adolescence, des amours de l'époque avec la surdouée Bach Mai et de la complicité contrariée avec le « meilleur ami », l'enquête verra surgir le sans doute inévitable : la violence sourde, nourrie de légendes urbaines et de rêves impossibles à maîtriser, qui peut jaillir sans prévenir, geyser de préjugés et de fatalité.
    Un grand livre, qui mérite d'être mis en résonance avec le très beau et si surprenant « Clan Boboto » du « griot junior » Joss Doszen.
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    • Livres 5.00/5
    Par Racines, le 25 mai 2013

    Racines
    (...)

    Mais c'est surtout le travail sur la langue qui est absolument sidérant. Qu'il retranscrive le parler des cités, qu'il analyse son fonctionnement ou qu'il nous raconte juste une histoire d'amour, Charles Robinson touche juste à chaque fois. C'est virtuose. Dans les Cités est donc un roman assez génial, malgré ses quelques longueurs, aussi fascinant, complexe et vertigineux qu'ambigu. Une grosse claque.


    Lien : http://racines.canalblog.com/archives/2013/05/21/27151383.html
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Citations et extraits

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  • Par Charybde2, le 23 janvier 2014

    En fait, cette imbécillité qu'on nomme l'adolescence, il ne faut pas la juger à ces pousses désordonnées et répétitives, mais à la profondeur des racines qu'elle fore.
    Ne vous fiez pas aux feuilles jobardes, ses fruits sont sous la terre. L'adolescence, c'est des patates.

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  • Par Charybde2, le 23 janvier 2014

    - Dans un village, des tas d'occasions existent pour tisser des liens, les gens ne font pas que se gêner mutuellement. C'est un peu baguette & tradition, bien sûr. Mais ça marche, ça fermente. Là, l'incubateur était tellement stérile que seules des formes mutantes ont pu survivre. À la marge. Des bricolages existentiels.

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  • Par Charybde2, le 23 janvier 2014

    Elle repart vers l'entrée du magasin, franchit cet étrange corridor qui sert en général à préparer l'assassinat des vachettes, et qui sert ici à désigner à la ville et au monde les salopards SORTIS SANS ACHAT, elle passe entre les portiques qui ne se donnent même pas la peine de l'électrocuter.

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