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ISBN : 2812603496
Éditeur : Editions du Rouergue (2012)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 421 notes)
Résumé :
"Depuis que je suis là, le monde entier me souhaite bon rétablissement, par téléphone, mail, courrier, personnes interposées. Par pigeons voyageurs, ça ne saurait tarder. Bon rétablissement. Quelle formule à la con!" "Veuf, sans enfants ni chien", Jean-Pierre est un vieil ours bourru et solitaire, à la retraite depuis sept ans. Suite à un accident bien étrange, le voilà immobilisé pendant des semaines à l'hôpital. Il ne pouvait pas imaginer pire. Et pourtant, depuis... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (139) Voir plus Ajouter une critique
Lolokili
27 février 2013
  • 5/ 5
C’est pas son dernier mot, à Jean-Pierre – soixante-sept piges au compteur, miraculeusement réchappé d’une mort certaine par noyade intempestive et, de par le fait, coincé à l’hosto sous contrat à durée indéterminée – car ce grincheux désabusé va se récapituler (sic), comprenez écrire ses mémoires, histoire de s’occuper le neurone en milieu hospitalier.
Jean-Pierre donc, sa vie, son œuvre, son quotidien. Les visites, forcément importunes, succèdent aux souvenirs. Le passé refait surface, le présent change la donne. L’atrabilaire à la gouaille tontonflingueuse peu à peu se laisse aller à la nostalgie qui ramollit.
Là c’est moi qui raconte ma vie mais il se trouve que, par pur hasard, j’ai ouvert ce livre pendant un petit séjour à l’hosto. Coïncidence de contexte ou effets secondaires de la morphine en phase de dissipation, va savoir, toujours est-il qu’au risque de me voir transférée d’urgence au rayon psychiatrie gériatrique, j’ai gloussé sans retenue à la lecture de ce bouquin sans prétention, enlevé, tendre et bougrement drôle. Aucun risque d’ennui généralisé : salé, sucré, pimenté, ce Gavalda façon Audiard (si si, c’est compatible) est un bonbon au poivre et c’est une plume féminine qui nous l’a concocté (Marie-Sabine Roger, vous avez ma plus vive et envieuse admiration).
Il n’y a pas que Jean-Claude Dusse qui philosophe en Hexagonie, il faudra maintenant compter avec Jean-Pierre, et c’est bien aussi.
Bon rétablissement Jean-Pierre !


Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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marina53
28 août 2013
  • 5/ 5
Jean-Pierre Favre, retraité, la soixante bien tassée, se retrouve à l'hôpital, sans aucun souvenir de ce qui lui est arrivé. Selon le flic qui est venu le questionner, il serait tombé d'un pont et aurait manqué de peu de se noyer si une bonne âme charitable ne l'avait pas sauvé des eaux de la Seine à cinq heures du matin. Avec quelques fractures et un traumatisme crânien, le voilà cloué au lit pendant plusieurs semaines. Et, on ne peut pas dire que cela réjouisse ce veuf acariâtre, bourru, sans état d'âme et qui ne demande qu'une chose: qu'on lui foute la paix et qu'on ferme la porte une fois que l'on quitte sa chambre! Mais, cela est certainement plus facile à dire qu'à faire. Entre son sauveur Camille, étudiant taciturne faisant le tapin pour pouvoir payer ses études, la boulotte Maëva qui vient squatter son ordi pour aller sur Facebook, la gentille infirmière Myriam, le flic sentimental en mal de père, son ami en cure de kouign-amann en Bretagne qui l'appelle pour prendre de ses nouvelles, un kiné optimiste ou encore un chirurgien aussi aimable qu'une porte de prison... Bref, tout ce petit monde va tourner autour de Jean-Pierre, peu enclin à autant de va et vient et qui va en profiter pour faire un petit bilan de sa vie, même s'il est certain de tenir au moins jusqu'à cent ans!
Ce petit roman est un condensé de la vie, tout simplement. A la fois drôle, attendrissant, émouvant, profondément humain, chaleureux, singulier, caustique, cynique, désolant ou bien encore surprenant, ce roman se lit avec un tel plaisir que l'on regrette de quitter Jean-Pierre et sa fausse rudesse, ses réflexions tantôt drôles tantôt maladroites. D'une écriture légère, aérienne, lucide sur la vieillesse, moderne et mordante, Marie-Sabine Roger nous offre une bien jolie tranche de vie et aborde intelligemment les multiples facettes de l'homme. C'est à la fois pétillant, frais et doux...
Bon rétablissement... merci!
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milamirage
12 juillet 2012
  • 5/ 5
« Fracassé par hasard, immergé dans la Seine, sauvé par un tapin et des éboueurs… mon destin est un vrai bonheur ».
Jean-Pierre est veuf, sans enfant et à la retraite depuis sept ans. A la suite d'un accident dont il ne se souvient pas, il se retrouve immobilisé sur un lit d'hôpital avec de multiples fractures et doit y passer plusieurs semaines. C'est l'occasion pour lui de revenir sur son passé, de rédiger ses mémoires, en quelque sorte. Il fait aussi des rencontres : il reçoit la visite d'un jeune policier cherchant les causes de son accident mais qui s'est pris d'amitié pour ce vieux bougon ; celle d'une jeune fille obèse et sans-gêne qui lui fera la surprise de lui présenter son enfant nouveau-né ; et celle du jeune étudiant qui l'a sauvé de la noyade : homosexuel, rejeté par ses parents, il se prostitue pour financer ses études. A leur contact et à celui des infirmières, ce vieil homme bourru va finalement s'humaniser.
Mon avis : Je me souviens... il y a un peu plus d'un an, ma première chronique sur Babelio... j'avais choisi un livre qui reste aujourd'hui encore un excellent moment de lecture, un vrai trésor que je garde en moi, plein de fraîcheur et d'humanité, qui joue de façon humoristique avec les mots : " La tête en friche " de Marie -Sabine Roger. Depuis, je suis avec beaucoup d'intérêt les ouvrages de cette auteure, aussi bien dans le secteur jeunesse que dans le secteur adulte. Aucune déception avec " Bon rétablissement "... le même coup de coeur pour l'écriture de l'auteure, cet humour truculent malgré un regard acéré sur notre civilisation ; toujours la fraîcheur et la tendresse, un vrai bonheur de lecture. Peut-être aussi parce que j'adore les vieux bougons plein de mauvaise foi et que je suis tombée sous le charme de celui-là ; sa façon de maugréer porte à sourire même si sa vision de la vie fait parfois un peu grincer des dents. Vous l'aurez compris, j'attribue cinq étoiles parce qu'on ne peut en donner plus... pour moi, comme " La tête en friche ", ce roman est un livre d'exception (parmi ceux que j'ai lu, bien évidemment, il y en a tant que je ne lirai jamais...).
Public : roman pour les adultes, accessible pour les juniors qui risquent cependant de ne pas en apprécier toute la saveur...
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Coriolis
06 décembre 2015
  • 4/ 5
Enfant, la vieillesse représente l’âge où tu n’es plus obligé d’aller à l’école et rien que pour ça, c’est génial…
Adulte, elle est synonyme de retraite, de « l’après » vie active ; c’est la période qui te fait regarder d’un œil envieux tes collègues qui n’ont plus que quelques années à tirer avant « d’y être ». Plus tard, cela devient l’âge qui te cause des soucis en voyant tes parents rattrapés par le temps ; ce redoutable sicaire te filant rides et cheveux blancs.
Jean-Pierre Fabre, lui, ne regarde plus avec défiance le temps faire son œuvre. La vieillesse : il est en plein dedans ! Rescapé d’un grave accident dont il n’a plus aucuns souvenirs, il a été repêché dans la Seine tel Boudu sauvé des eaux. Polytraumatisé, le bassin en miettes, ce veuf de soixante-sept ans se retrouve sur un lit d’hôpital tel un Meccano géant vis et plaques en sus. Râleur invétéré, solitaire par dépit, sa défunte femme et lui n’ayant pu avoir d’enfant, Jean-Pierre a conservé ses facultés intellectuelles et sa bougonnerie légendaire…Et pendant qu’on le panse, il pense le bougre ! Remarquez, la momie plâtrée qu’il est devenu n’a pas le loisir de s’adonner à d’autres activités. Entre les visites de médecins trop professionnels pour être humains, les aides-soignantes pas toujours soignantes et les infirmières s’adressant à lui à la troisième personne pour savoir si « il » a bien dormi, Jean-Pierre refait le parcours de sa vie. Instants heureux et épreuves de la vie se chevauchent dans les méandres de sa mémoire tandis que des réflexions douces-amères font leur chemin. Ce voyage vers le passé est parfois interrompu par de rares visites, celle d’un frère auquel il n’a rien à dire, de Camille son jeune sauveur, de l’Inspecteur chargé de faire la lumière sur son accident et surtout de la « chieuse », gamine de quatorze ans, ronde comme un ballon, ruminant du chewing-gum à longueur de journée. Une harpie aussi gonflante que gonflée pénétrant effrontément dans sa chambre pour lui emprunter son ordi. Le temps de sa convalescence, Jean-Pierre verra cette nouvelle sphère de personnes prendre place dans son quotidien. Un espace comblé par obligation, par promiscuité et indirectement par envie… Car il y a peut-être chez Jean-Pierre un peu plus à réparer que son corps. Reste à savoir si le vieux bougon rafistolé baissera la garde pour laisser parler son cœur…
Marie-Sabine Roger signe un roman apaisant ne lésinant ni sur l’humour ni sur la finesse. Bon Rétablissement !, est le portrait réaliste du milieu hospitalier brossé par le patient mais c’est surtout une œuvre vous collant le sourire dès les premières pages. Impossible de résister à ce personnage bourru à la réplique cinglante et à l’humour corrosif. L’écriture alerte et délicate de Marie-Sabine Roger sublime cet archétype du vieux bourlingueur solitaire pour le métamorphoser en sexagénaire cabossé et attendrissant. Bon rétablissement ! c’est aussi une galerie de personnages pittoresques, des liens familiaux qui se confondent sur l’écheveau des souvenirs et de nouvelles attaches, venues réparer les anciennes ; des fils perpétuellement tendus prêts à se mêler à d’autres. Des nœuds pour rester debout et faire face au temps.
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Eve-Yeshe
06 septembre 2016
  • 4/ 5
J'aime bien les romans de Marie-Sabine Roger en général car l'écriture est légère et assez drôle, donc après « trente-six chandelles » et « la tête en friche », pourquoi ne pas essayer « bon rétablissement »?
Ce héros, bourru, bougonnant sans cesse, abrupt dans ses propos, est assez sympathique, donc on suit son parcours avec plaisir car il a eu la même vie que nous tous, les mêmes désirs, les mêmes souffrances, les mêmes désillusions. Il est revenu de tout, comme on peut l'être à son âge, quand on est veuf, sans enfant, retraité.
Et bien-sûr, son accident va le faire réfléchir. Il découvre l'univers hospitalier (qui n'est l'est pas tellement, « hospitalier ») avec le grand patron, fier de son travail de « réparateur de fractures » qui fait sa visite et parade devant ses étudiants, (cela me rappelle tellement de souvenirs…) pour lequel le patient est réduit à un diagnostic, il n'est plus un homme souffrant d'un polytraumatisme, il est « le polytraumatisme », tellement réduit à l'état de meuble qu'on oublie toujours de fermer la porte…
Mine de rien, toujours par l'humour, Marie-Sabine Roger décrit très bien cette absence d'empathie devant le patient souffrant.
J'ai bien aimé les chapitres dans lesquels Jean-Pierre raconte la stérilité et le parcours difficile, les traitements, tous les charlatans qu'on peut être tenté de consulter : « Elle (Annie) a consulté des voyantes, des gourous, des magnétiseurs ; elle s'est fait poser des pierres de couleurs sur le ventre ; on lui a ouvert les chakras et planté des aiguilles le long des méridiens… elle a gobé des cachets, des gélules, des promesses, qui, comme chacun le saint, n'engagent que ceux qui y croient. »
Ce livre est drôle, tout est tourné en dérision, le personnage est souvent « lourdingue », « Je n'y peux rien, j'ai un tempérament de cheval de labour, j'ai besoin de tirer mon soc et de peiner un peu pour savoir que j'existe. Il me faut de l'air, de l'espace. de l'occupation », et à la fois touchant car on le voit évoluer, perdre certains a priori sur la société actuelle vue de son « grand âge » : immobilisé on a le temps de réfléchir et de s'ouvrir aux autres, découvrir la dureté du monde actuel, la précarité, les dérives de la religion, les réseaux sociaux…
Un bon moment de lecture, facile car les phrases sont courtes, le rythme enlevé, les bons mots et l'autodérision bien maniés, avec justesse et sans caricature. Ce roman va rester dans ma tête car les problèmes soulevés me touchent au propre et au figuré (et touche chacun d'entre nous), il est parfois jouissif et je le relirai sûrement ; ce n'est pas une bluette qu'on oublie aussitôt la dernière page tournée. le roman est bien moins caricatural que le film!!!
Même si elle n'est pas Balzac, Maupassant ou Tolstoï (pardon à ceux que je ne cite pas) Marie-Sabine Roger me plaît assez, elle joue quand même dans une autre catégorie de Gilles Legardinier que j'ai égratigné au passage, il y a quelque temps.
Note : 7,3/10
Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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Citations & extraits (242) Voir plus Ajouter une citation
rabannerabanne01 décembre 2016
Pas un jour sans qu'on me demande - avec un intérêt qui ne semble pas feint - si j'ai fait mes gaz ce matin. Pour autant, j'ai l'intuition qu'il serait indécent de ma part de répondre :
- Oui, merci bien, et vous ?
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rabannerabanne30 novembre 2016
Mais à l'entendre parler de ses années d'enfance, je sentais bien que certaines tranquillités foutent une vie en l'air plus sûrement que pas mal de contraintes.
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rabannerabanne30 novembre 2016
Pour faire chanter les gens, il faut une partition.
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DidiliDidili20 novembre 2016
"Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait " Sinistre connerie ! ...
La santé on y pense quand on ne l'a jamais eue, ou quand elle s'effiloche.
La vie on s'y accroche lorsqu'on est en danger.
La jeunesse on en parle toujours au passé.
"Si jeunesse savait" , il n'y aurait ni actes gratuites ni tireurs de plan fou sur comète lointaine. Tout serait prévu, planifié, encadré. On ne prendrait que les paris joués d'avance. Du coup, on aurait plus le plaisir de gagner. On se ferait chier, et c'est tout. Autant ne rien savoir, sinon la perspectives des échecs à venir nous décourageraient. Et connaître ses bonheurs avant, ce serait comme ouvrir ses cadeaux de Noël en novembre. On aurait le cadeau quand même et pourtant ça n'aurait pas du tout la même valeur.
Si vieillesse pouvait" elle continuerait sur la même lancée, sans recul, sans sagesse. Toujours creuser le même sillon, s'embourber dans la même ornière. Sans jamais dételer, bien cramponné aux rênes. Ne jamais rien lâcher, comme une vieux dictateur.
C'est parce qu'on ne peut plus faire certaines choses qu'on passe à autre chose. Bien obligé. La vie nous pousse droit devant, pas d'aire de repos, ni de rond-point pour faire demi-tour.
En avant le compte à rebours.
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DidiliDidili20 novembre 2016
Il m'arrive parfois de verser ma larmette.
C'est de l'incontinence de mémoire, de l'énurésie de sentiments.
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Marie-Sabine Roger, Dans les prairies étoilées (Le Rouergue)
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