ISBN : 2844205410
Éditeur : Thierry Magnier (2007)


Note moyenne : 4.06/5 (sur 32 notes) Ajouter à mes livres
Le mois dernier, on a fêté
les cent ans de Mme Vivieux.
C'est bien d'avoir un centenaire,
pour une maison de retraite.
Le centenaire, ça donne toujours un petit coup de pouce à la liste d'attente.
À peine on a fini de souffler les boug... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Seraphita, le 06 septembre 2011

    Seraphita
    « Les encombrants » regroupe 7 nouvelles écrites par Marie-Sabine Roger autour du thème de la vieillesse.
    « Eliette et Léonard » : Eliette est une mamy comblée : ses petits enfants se sont annoncés pour une visite. Elle s'anime, s'active, met les petits plats dans les grands sous l'œil attentif et désabusé de Léonard.
    « Une garde de nuit » : Monique Lemasson a 58 ans, deux chiens adorés « Youpi » et « Bamboula » et une peur panique du grand âge. Elle est garde de nuit dans une maison de retraite et maltraite sans scrupule les pensionnaires qu'elle hait viscéralement.
    « Son père » : Voici l'histoire d'un homme âgé de 89 ans, en maison de retraite, qui n'a plus toute sa tête. Sa fille lui rend visite et souffre de ne plus reconnaître son père : il lui est soudainement devenu étranger, ainsi qu'il est étranger à lui-même.
    « On n'a pas tous les jours cent ans » : Mme Vivieux a cent ans. La maison de retraite où elle est pensionnaire lui organise une belle fête. Pour l'occasion, M. le député s'est déplacé, assez pressé cependant, puisqu'une heure plus tard, il doit assister à un enterrement. Les médias sont également de la partie, entre deux reportages. Entre discours orienté et caméra manipulatrice, comment Mme Vivieux va-t-elle vivre l'événement ?
    « Rose thé » : Une femme un peu sauvage dans sa maison d'enfance. Elle traduit avec peine un roman russe. Un homme âgé fait irruption dans son domaine. Il s'est égaré, il est confus. Il s'extasie devant les roses du jardin.
    « Vic » : Georges et Vic. Un homme âgé et son chien. Aujourd'hui, Georges fulmine : son maudit bâtard s'est fait la belle. Il jubile déjà intérieurement de la belle correction qu'il lui donnera à son retour. Vic, de son côté, un mâle fringuant, gambade, flairant les fragrances excitantes des femelles en rut…
    « Comment fait-elle ? » : Une femme retraitée dans un café attend impatiemment une autre dame âgée. Après une longue attente, la voici enfin, porteuse d'une nouvelle pour le moins surprenante…
    « Les encombrants » : n'est-ce pas ainsi que l'on désigne les déchets imposants que l'on doit, de ce fait, porter en déchetterie ? C'est sous ce signe que Marie-Sabine Roger (l'auteure également de « La tête en friche ») place ce recueil de nouvelles consacré aux personnes âgées. Comment les perçoit-on aujourd'hui ? Telle pourrait être la question que pose l'auteure ici.
    Comment les perçoivent les petits-enfants ? de manière opportuniste et intéressée, ainsi que semble le penser le mystérieux Léonard dans la première nouvelle ? Cette dernière m'a semblé particulièrement cruelle et j'ai vraiment souffert pour la pauvre mamy, si pleine d'espoir et d'illusion face à ses petits-enfants. J'ai apprécié, par contre, l'originalité du point de vue narratif.
    Comment les perçoivent les soignants ? « Une garde de nuit » est particulièrement éloquent à ce sujet. L'auteure conte la maltraitance de cette soignante en donnant quelques clés compréhensives. Mais le ton m'a semblé très violent et dur. L'auteure sait bien dire au final combien les personnes âgées nous renvoient le masque insupportable de notre limite ultime : la mort.
    Comment les enfants appréhendent-ils la vieillesse de leurs parents, notamment quand le voile de la confusion leur ôte toute clarté d'esprit ? « Son père » explore cette question avec pudeur et sensibilité.
    Comment les maisons de retraite perçoivent-elles l'extrême vieillesse ? « On n'a pas tous les jours cent ans » est à mes yeux la meilleure nouvelle du recueil : l'humour y est particulièrement noir, ourlé de cynisme. Elle vient pointer l'absurdité de ce type de célébration. le sens qui y est donné par chacun des protagonistes diffère, mais peut trouver un point d'unification autour de la récupération et de l'intérêt personnel mesquin : le directeur de la maison de retraite, M. le député, en pleine période électorale, la journaliste et ses caméras qui ne peuvent filmer que le correct, le vernis des situations. Aussi, quand survient l'accident mictionnel de Mme Vivieux (qui fête donc ses cent ans), c'est la brèche du réel qui fait retour.
    Avec « Vic », c'est le chien, fidèle compagnon du vieillard, qui apparaît. Une nouvelle cruelle, dont je devinais l'issue, mais qui explore bien les liens maître âgé – chien, qui peuvent révéler à un spectateur extérieur bien des surprises.
    « Comment fait-elle ? » clôt le recueil sur une note de surprise, avec un dévoilement d'identité inattendu.
    Un excellent recueil de nouvelles qui explore la vieillesse, la mort et la peur de la mort. Les premières me sont apparu extrêmement dérangeantes, les suivantes plus tendres et un peu plus nuancées, avec un coup de cœur pour « On n'a pas tous les jours cent ans », cynique à souhait et teintée d'humour noir.
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  • Par charlottelit, le 02 décembre 2011

    charlottelit
    style excellent, vivant, réaliste ; certaines nouvelles (celle des personnes âgées maltraitées par la garde malades) sont insoutenables ; la tendresse est bien présente dans d'autres ; positif malgré le sujet scabreux : fin de vie, dans quelles conditions, rejetés ou acceptés et par qui ?
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    • Livres 4.00/5
    Par bibliophage, le 10 octobre 2010

    bibliophage
    Le ton de la plupart des nouvelles est donné dès le titre, pas franchement positif... Je dirais que la moitié des nouvelles sont tristes, ne donne pas envie de vieillir (la solitude, la vie en maison de retraite, la dépendance aux autres...). L'autre moitié est un regard plus optimiste, plus joyeux, plus tendre. A la fin de la lecture, j'ai eu envie d'aller voir mes grand-parents, de les chouchouter un peu ! ;-) En tout cas, chaque nouvelle provoque une réflexion, ce qui rend ce recueil très intéressant à lire !
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    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Saffie, le 04 septembre 2011

    Saffie
    Recueil de sept nouvelles présentant "Les encombrants", ces personnes du 3e ou 4e âge. Monologues intérieurs de l'infirmière de la maison de retraite, ou du compagnon de la grand-mère préparant activement la venue de ses petits-enfants, anniversaire de la centenaire instrumentalisée par le député, concurrence entre les femmes de deux générations... Une écriture subtile, qui dit la violence des situations, sans compassion larmoyante, souvent avec recul, humour, et dérision. Des nouvelles courtes, ciselées, avec des chutes surprenantes, souvent ironiques.
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    • Livres 4.00/5
    Par meyeleb, le 06 novembre 2011

    meyeleb
    J'ai beaucoup aimé ce recueil de nouvelles de Marie-Sabine Roger. Sept histoires bien brossées, parfois incisives (je pense à « Une garde de nuit » en particulier). Dans chacune, un vieux, une vieille, tels qu'on en connaît tous. On les imagine aisément dans ces situations de solitude, d'infantilisation, d'humiliation parfois (la dernière nouvelle réserve toutefois une surprise...). On pense à ce que c'est qu'être âgé. On pense au regard qu'on porte sur les vieux dans nos sociétés : des encombrants! le titre résume parfaitement le ton de ce recueil.
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Citations et extraits

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  • Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 25 mai 2012

    Aujourd'hui, elle n'est plus là. Quatre ans déjà. Je l'admets n'importe où au monde. Pas ici. Je ne peux pas m'y résigner. Certains jours, la maison sans son pas qui résonne, c'est une trahison. Les lieux devraient mourir eux aussi. Disparaître. Ne pas offrir leur théâtre désert au jeu truqué des souvenirs.
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  • Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 25 mai 2012

    La porte se referme : Eliette disparaît. Elle s'éloigne sur le gravier. Et plus rien. Quand Eliette s'en va, la maison sonne creux. Je déteste quand elle me quitte.
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  • Par bibliophage, le 10 octobre 2010

    Son père est en maison de retraite. Il va fêter ses quatre-vingt-neuf ans.
    Elle craint de le revoir. Elle le retrouve un peu plus faible, à chaque fois. Il diminue, il se dissout, par degrés infimes, subtils. Il jaunit, il se parchemine. Les voici presque aux derniers jours. Le temps pour s'aimer se fait court.
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  • Par Seraphita, le 06 septembre 2011

    On voit bien des petites jeunes qui viennent pour faire leurs stages. Seulement il y a ce qu’on vous apprend dans les livres, et le reste. Dans les livres, il n’y a pas d’odeurs. Pas de cris, de coups de sonnette. De soupe répandue, de caprices du soir. Dans leurs bouquins de cours, c’est toujours propre et net. Enfin, elle le suppose, rien qu’à voir leur figure, aux petites jeunettes, aux premières diarrhées, aux premiers désespoirs.
    Elle, elle s’en fout, voyez ? Elle est blindée. Blindée comme une porte.
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  • Par cc, le 14 avril 2011

    - Tu es content, Léonard ? Tu te rends compte, hein : qui c'est qui va venir nous voir ?

    Des cons.

    Un bande de cons égoïstes, bruyants, qui vont s'asseoir sur ton fauteuil, lécher le fond des plats et tant pis pour les restes. Tout recenser, de leur regard crochu.
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Videos de Marie-Sabine Roger

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Vidéo de Marie-Sabine Roger

Des petites animations réalisées avec les personnages et l'univers de la série d'albums pour enfants "Clapinette et Fourtou". Textes de Marie-Sabine Roger. Dessins de Sylvie Albert. Montage sur la bande son "Le Commerçant Des Rues", un titre de Chanson Plus Bifluorée.








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