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ISBN : 2812601442
Éditeur : Editions du Rouergue (2010)


Note moyenne : 3.97/5 (sur 134 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"Dans les maternités, d'après moi, il n'y a que des princesses et des princes charmants, dans les petits berceaux en plastique. Pas un seul nouveau-né qui soit découragé, déçu, triste ou blasé. Pas un seul qui arrive en se disant: Plus tard, je bosserai en usine pour un... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 13 décembre 2013

    Malaura
    Depuis « Attention fragile », « Les encombrants », ou « La tête en friche », adaptée au cinéma par Jean Becker, on ne compte plus les critiques élogieuses qui fleurissent sur les sites littéraires autour des œuvres de Marie-Sabine Roger.
    Il est vrai que les livres de cette ancienne institutrice ont le pouvoir de nous mettre du baume au cœur, on en sort ragaillardi et le sourire aux lèvres, rassasié de bons sentiments, les sens assouvis d'humeur allègre, la poitrine gonflée d'optimisme comme si on avait pris une large bouffée d'air frais.
    Le genre de lecture antimorosité, qui fait du bien comme un bon grog avalé par temps froid.
    Ses histoires sont pourtant loin d'être douceâtres ou sirupeuses, les résumer exclusivement aux bons sentiments qu'ils inspirent serait incorrect.
    Bien campées dans le réel, elles traitent des problèmes courants de notre société dont elles pointent les failles, les fractures et les maux. Histoires d'aujourd'hui, prenant pour cadre des environnements industriels, dans la proximité des grandes villes, dans des bleds perclus d'ennui où le plus souvent c'est le gris qui domine.
    Les mots simples de Marie-Sabine Roger racontent la vie des plus modestes, des gagne-peu, des êtres en marge ; toute cette tranche de la population qui a de plus en plus de mal à joindre les deux bouts, à trouver un emploi stable, à croire encore en ses rêves quand l'horizon se borne à un poulailler industriel, un canal vaseux ou des pylônes sur une nationale.
    Ouvriers, chômeurs, paumés, handicapés, tous ces gens ordinaires noyés dans la masse de la banalité, la romancière les met en scène avec la gouaille d'un parler populaire, avec la verve de la France d'en bas, avec une volubilité et un entrain qui sont un régal d'humour tendre, d'ironie fine et d'observation lucide et aiguisée.
    Avec « Vivement l’avenir » l'auteur nous donne sa vision du nord de la France, lieu de déperdition, de grisaille et de pluie, ensemencé d'usines, de pavillons sans âme et de terrains-vagues.
    Vision bien sombre au demeurant, mais l'auteur ne s'en laisse pas conter et, par cet art du portrait et des dialogues dont elle a le secret, transforme ces climats sombres en ambiances lumineuses, crée de la chaleur en milieu austère et génère de l'espoir là où bourdons et cafards se partageaient la place.
    C'est ainsi qu'au fond de « ce trou du cul du monde avec vue sur la zone », l'on suit l'échappée belle d'une bande de trentenaires au grand cœur qui nous offrent, le temps d'une balade en side-car, une jolie définition des mots amitié et solidarité, entre Alex, la bourlingueuse androgyne ; Cédric, qui attend depuis 28 ans que la vie lui fasse un signe ; Olivier, « maître ès arts » de canettes de bière érigées en barrage ; sans oublier le couple de « bof » pur jus que représentent Marlène et Bertrand - sans qui « Vivement l’avenir » ne serait pas aussi loufoque - et l'inénarrable Roswell/Gérard, l'attardé mental qui va générer autour de lui un formidable élan de sympathie et de fraternité.
    Marie-Sabine Roger aime ses personnages. Ils sont vrais, ils sont justes, ils sont authentiques, dans leurs qualités tout autant que dans leurs défauts, et c'est la grande force de ses romans. Cette tendresse qu'elle exprime pour eux, cette vie qui les anime comme s'ils sortaient tout droit de l'immeuble d'en face, nous les rend infiniment proches et criants de vérité, si bien que même les plus antipathiques finissent par nous devenir attachants.
    On a tous connu une Marlène, plus bête que méchante, cachant sous le fard et les cheveux peroxydés une âme de midinette.
    On a tous croisé un Roswell, un handicapé au « sourire de monstre » dont la bienveillance du regard illumine l'apparence de gnome et embellit du même coup une journée qui s'annonce morose.
    On a tous rencontré des paumés à la dérive, trainant leur mal-être avec un brin d'indolence et beaucoup d'autodérision, en attendant que la vie démarre enfin.
    L'écriture très actuelle et expressive de la romancière, sa plume argotique et populaire, donnent l'impression que ce qu'on lit se passe en bas de chez soi, nous faisant spectateurs de scènes pittoresques et témoins de réparties jubilatoires.
    Tous ces petits ridicules que l'acuité de l'auteur souligne en piquants traits d'esprit, cette misère sociale qu'elle aborde sans apitoiement, c'est un peu de la vie de tous les jours, de celle que nous menons parfois en rechignant et qui, par la grâce d'un roman humain et drôle, nous devient soudain plus légère.
    Et parce que la solidarité, l'amitié et l'amour peuvent changer la donne et apporter un peu de couleur dans un univers gris et uniforme; et parce que malgré tout l'espoir pointe au bout du chemin, alors on dit : oui…« Vivement l’avenir »…
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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 09 septembre 2013

    marina53
    Alex, tout juste la trentaine, s'est installée pour quelques mois, le temps de son CDD, dans un poulailler industriel, chez Marlène et son mari Bertrand qui proposaient une chambre à louer peu chère. Mais, voilà, Marlène n'est pas vraiment du goût d'Alex. Forte tête et grande gueule, elle n'arrête pas de la ramener et aime plus que tout emmerder son mari et son beau-frère handicapé physique et mental, Gérard, surnommé Roswell. A croire que ce dernier lui pourrit la vie puisqu'elle doit s'en occuper tout le temps et ne semble pas avoir de patience. Alex s'est donc prise d'affection pour ce jeune homme qui clame des poèmes à tout bout de champ et adore faire cramer le pop-corn. Elle va jusqu'à lui fabriquer une sorte de chariot pour pouvoir l'emmener près du canal.
    Le Mérou et Cédric sont deux amis d'enfance. La trentaine tous les deux, ils passent leur temps le long du canal à pêcher et surtout boire de la bière. Il faut dire que le Mérou a le projet extraordinaire de faire un barrage avec ses canettes qu'il jette dans le canal! Sans boulot, Cédric fait le désespoir de ses parents, quant au Mérou, il en a plus qu'assez de devoir aider son père à la quincaillerie. Ils rêvent d'espace et de liberté...
    C'est le long de ce canal que ces quatre jeunes trentenaires vont se rencontrer, se lier d'amitié et vivre tout simplement...
    Une ville au nord de la France sous la grisaille, un trentenaire androgyne, un au chômage et un peu paumé, un autre porté sur la bière et obèse, un handicapé répétant des sschhuper! à qui veut l'entendre et qui se bave dessus, une femme sans ambition et sans avenir et un homme qui semble regarder les autres vivre... Pas bien gai tout ça! Et pourtant, Marie-Sabine Roger a su tirer parti de chacun d'entre eux pour finalement nous livrer un roman tout en douceur, poésie, finesse et plénitude. Elle déroule une galerie de personnages tous attachants et terriblement humains, qui se dévoilent au fil des pages, nous les rendant encore plus généreux et attendrissants, surtout Roswell.
    Alternant la narration, ce roman maintient un certain rythme et une intrigue encore plus émouvante. Les mots sont joliment perçus, les sentiments sont des plus honnêtes, l'amitié en ressort grandie. Marie-Sabine Roger a le ton juste et poétique, pose les mots juste là où il faut et sait nous attendrir ou nous faire sourire là où on ne s'y attend pas.
    Vivement l’avenir... 'erschi! ch'était sschhuper!
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    • Livres 4.00/5
    Par zabeth55, le 13 mars 2013

    zabeth55
    C’est l’histoire de jeunes adultes un peu paumés dans une société sans espoir.
    Alex, androgyne, indépendante
    Olivier, qui n’en à rien à cirer
    Cédric, fragile, qui se remet mal du départ de Lola
    Gérard, handicapé mental, optimiste et rieur
    Marlène est ses formules approximatives
    Bertrand, qui a capitulé devant Marlène
    Le décor n’a rien d’exaltant : une banlieue triste, une usine à poules, un canal triste dans une région sans avenir..
    Mais quelle fraîcheur de style pour décrire cette désespérance.
    C’est triste et drôle à la froid. C’est chaleureux.
    Les personnages sont tous attachants, même Marlène
    C’est très vivant et très visuel. Il pourrait en être fait une très belle adaptation cinématographique.
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    • Livres 5.00/5
    Par pyrouette, le 05 août 2013

    pyrouette
    Quand trois paumés se rencontrent dans une ville triste à faire peur, que se racontent-ils ?
    Alex cumule les boulots précaires et change d'endroit à la fin des contrats. Cédric et Olivier copains d'enfance, sans boulot, vivent chez les parents et passent les journées au bord du canal. Ils tuent le temps. Alex a loué une chambre chez un couple. Elle fait connaissance avec Bernard, handicapé, que le couple laisse végéter. L'ambiance est glauque, triste, déprimante. Je ne sais pas comment elle fait, mais elle le fait, Marie-Sabine Roger a réussi à mettre de l'humour et de la poésie dans cette histoire qui, pourtant, commençait bien mal. Je me suis même demandé au bout de quelques pages si je devais demander du xanax à mon médecin pour finir le livre, c'est dire ! L'envolée se fait plus tard, quand mes trois paumés apprennent à se connaitre et à connaitre Bernard. C'est quand on est différent et à la marge de la société qu'on peut faire preuve d'autant de tolérance et de trouver des idées géniales permettant de sortir la tête de l'eau, de vivre ces petits moments de bonheur dans une situation désespérée et sans avenir. Encore une belle leçon de vie à prescrire et à consommer sans modération.

    Lien : http://pyrouette.canalblog.com/archives/2013/08/05/27786590.html#com..
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    • Livres 5.00/5
    Par oops, le 23 octobre 2010

    oops
    En province, Alex, Cédric et Olivier dit le Mérou sont 3 écorchés de la vie, des trentenaires un peu paumés. La vie les fait se rencontrer autour de Gérard dit Roswell, un jeune handicapé qu'ils vont prendre en charge. Tous sont particulièrement humains, sensibles. Ils se révèlent au fil des pages, lucides, leurs têtes remplies de rêves. le talent de l'auteur c'est qu'elle met dans les petits riens de la vie, un optimisme hors du commun, grâce à un humour toujours sous-jacent, les situations déprimantes deviennent facétieuses...c'est ainsi qu'on réalise que la vie vaut vraiment le coup d'être vécue !
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Citations et extraits

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  • Par la_chevre_grise, le 02 octobre 2010

    Putain, les dents de lait ! Rien que d'y repenser j'en ai eu des frissons !
    Chez moi, quand j'étais petit, on nous les arrachait à la ficelle. S'il y a un truc de taré, c'est celui-là, je vous jure ! Ma mère accrochait la dent qui branlait à un fil, le fil à la poignée d'une porte. Une saloperie de fil chinois, celui qui résiste tellement bien aux tractions que tu peux toujours essayer de le casser entre tes mains : t'as beau forcer comme un âne, tu t'entailles la peu des doigts jusqu'à la pulpe et puis c'est tout.
    Le future édenté se mettait d'un côté du battant, tout tremblant, et mon père de l'autre.
    Après, il y avait un rituel à la con. Il fallait toquer à la porte.
    Le bourreau répondait :
    - Qui est là ?
    Comme s'il ne le savait pas, l'enfoiré !
    Et l'agneau du méchoui - mon frère, ma sœur ou moi, selon - répondait d'une voix constipée :
    - C'est moi !
    - À qui voulez-vous parler ?
    On voulait plus parler à personne, on voulait seulement enlever la ficelle, se barrer en courant, et garder cette putain de dent de lait pour toujours dans sa bouche, tant pis si elle battait de l'aile.
    Mais le bourreau insistait :
    - À qui voulez-vous parlez ? avec une sale voix sirupeuse.
    Alors, tout en faisant la goutte dans le slip, tellement on crevait de trouille, on bêlait :
    - Je voudrais parler à la petite souris...
    (Enfin, ça donnait plutôt "ze vou'rais 'arler à la 'etite chouris" à cause de la ficelle qui tenait notre dent au collet, plus serrée qu'une main d'étrangleur sur le cou frêle de sa victime.)
    Et là, vlan !Mon père tirait la porte à lui d'un coup sec, en gueulant :
    - Elle est iciii !
    (...)
    La souris n'avait plus qu'à passer.
    La nuit suivante, on l'attendait, à trois, bien décidés à lui faire sa fête.
    Mon frère foutait une tapette à l'entrée de la chambre, ma sœur faisait le guet sur le lit du dessus, un gros bouquin bien lourd à portée de main, moi je mettais du râpé dans une boîte d'allumettes toute badigeonnée de colle en dedans, que je laissais grande ouverte, à côté de la dent placée sous l'oreiller. Comme ça, quand elle viendrait, cette salope de souris, si elle ne se faisait pas niquer par le piège ou écraser comme une merde sous le bouquin lâché par ma sœur, alléchée comme le renard, elle s'y collerait les pattes, et je la ferais prisonnière, le temps d'aller la jeter au canal.
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  • Par coca, le 13 juin 2013

    Putain les dents de lait ! Rien que d'y repenser j'en ai eu des frissons !
    Chez moi, quand j'était petit, on nous les arrachait à la ficelle. S'il y a un truc de taré, c'est celui-là, je vous jure ! Ma mère accrochait la dent qui branlait à un fil, le fil à la poignée d'une porte. Une saloperie de fil chinois, celui qui résiste tellement bien aux tractions que tu peux toujours essayer de le casser entre tes mains.
    Le futur édenté se mettait d'un côté du battant, tout tremblant, et mon père de l'autre.
    la dent partait d'un coup, brutalement arrachée par l'ouverture de la porte.
    Alors ?! disait mon père. Tu vois bien que ça fait pas mal !
    On secouait la tête avec un beau sourire de héros en train de calancher sur le champ de bataille.
    La souris n'avait plus qu'à passer.
    La nuit suivante, on l'attendait, à trois, bien décidés à lui faire sa fête.
    Mon frère foutait une tapette à l'entrée de la chambre, ma soeur faisait le guet sur le lit du dessus, un gros bouquin bien lourd à portée de la main, moi je mettais du râpé dans une boîte d'allumettes toute badigeonnée de colle en dedans, que je laissais grande ouverte, à côté de la dent placée sous l'oreiller.
    Comme ça, quand elle viendrait, cette salope de souris, si elle ne se faisait pas niquer par le piège ou écraser comme une merde sous le bouquin lâché par ma soeur, elle entrerait dans la boîte d'allumettes, alléchée comme le renard, elle s'y collerait les pattes, et je la ferais prisonnière, le temps d'aller la jeter au canal.
    Ce serait bien fait pour sa gueule.
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  • Par calamitysab, le 24 septembre 2010

    Faites pas chier avec la bière! c'est que de l'orge et du houblon, ça fait pas de mal, les céréales! La vie est courte?!(...) Quand ele finira on nous mettra où ça? Hein? En bière justement! Ben moi au moins je m'accoutume!

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  • Par luocine, le 17 octobre 2010

    Marlène, elle a le vin récapitulatif.

    Au bout d’un moment, sous la couche de fond de teint et les mèches blond platine aux racines châtain foncé, je ne vois plus qu’une vieille ado qui arrive un peu trop tard sur le quai de la gare, quand le train est parti. Elle est déjà rancie comme un vieux bout de lard. Elle a la quarantaine salement amochée. Elle est triste.

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  • Par Marsup, le 12 septembre 2010

    C'est un peu ça que je ne veux pas faire : ranger mes rêves au fond d'un tiroir-caisse, et rendre la monnaie sur tous mes faux espoirs.

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