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ISBN : 2330018673
Éditeur : Actes Sud (2016)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 192 notes)
Résumé :
"Dans les maternités, d'après moi, il n'y a que des princesses et des princes charmants, dans les petits berceaux en plastique. Pas un seul nouveau-né qui soit découragé, déçu, triste ou blasé. Pas un seul qui arrive en se disant: Plus tard, je bosserai en usine pour un salaire de misère. J'aurai une vie de chiotte et ce sera super.
Tra-la-lère."

Après le succès de "La tête en friche", adapté au cinéma par Jean Becker, Marie-Sabine Roger nous ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (57) Voir plus Ajouter une critique
Malaura
Malaura13 décembre 2013
  • Livres 3.00/5
Depuis « Attention fragile », « Les encombrants », ou « La tête en friche », adaptée au cinéma par Jean Becker, on ne compte plus les critiques élogieuses qui fleurissent sur les sites littéraires autour des oeuvres de Marie-Sabine Roger.
Il est vrai que les livres de cette ancienne institutrice ont le pouvoir de nous mettre du baume au coeur, on en sort ragaillardi et le sourire aux lèvres, rassasié de bons sentiments, les sens assouvis d'humeur allègre, la poitrine gonflée d'optimisme comme si on avait pris une large bouffée d'air frais.
Le genre de lecture antimorosité, qui fait du bien comme un bon grog avalé par temps froid.
Ses histoires sont pourtant loin d'être douceâtres ou sirupeuses, les résumer exclusivement aux bons sentiments qu'ils inspirent serait incorrect.
Bien campées dans le réel, elles traitent des problèmes courants de notre société dont elles pointent les failles, les fractures et les maux. Histoires d'aujourd'hui, prenant pour cadre des environnements industriels, dans la proximité des grandes villes, dans des bleds perclus d'ennui où le plus souvent c'est le gris qui domine.
Les mots simples de Marie-Sabine Roger racontent la vie des plus modestes, des gagne-peu, des êtres en marge ; toute cette tranche de la population qui a de plus en plus de mal à joindre les deux bouts, à trouver un emploi stable, à croire encore en ses rêves quand l'horizon se borne à un poulailler industriel, un canal vaseux ou des pylônes sur une nationale.
Ouvriers, chômeurs, paumés, handicapés, tous ces gens ordinaires noyés dans la masse de la banalité, la romancière les met en scène avec la gouaille d'un parler populaire, avec la verve de la France d'en bas, avec une volubilité et un entrain qui sont un régal d'humour tendre, d'ironie fine et d'observation lucide et aiguisée.
Avec « Vivement l'avenir » l'auteur nous donne sa vision du nord de la France, lieu de déperdition, de grisaille et de pluie, ensemencé d'usines, de pavillons sans âme et de terrains-vagues.
Vision bien sombre au demeurant, mais l'auteur ne s'en laisse pas conter et, par cet art du portrait et des dialogues dont elle a le secret, transforme ces climats sombres en ambiances lumineuses, crée de la chaleur en milieu austère et génère de l'espoir là où bourdons et cafards se partageaient la place.
C'est ainsi qu'au fond de « ce trou du cul du monde avec vue sur la zone », l'on suit l'échappée belle d'une bande de trentenaires au grand coeur qui nous offrent, le temps d'une balade en side-car, une jolie définition des mots amitié et solidarité, entre Alex, la bourlingueuse androgyne ; Cédric, qui attend depuis 28 ans que la vie lui fasse un signe ; Olivier, « maître ès arts » de canettes de bière érigées en barrage ; sans oublier le couple de « bof » pur jus que représentent Marlène et Bertrand - sans qui « Vivement l'avenir » ne serait pas aussi loufoque - et l'inénarrable Roswell/Gérard, l'attardé mental qui va générer autour de lui un formidable élan de sympathie et de fraternité.
Marie-Sabine Roger aime ses personnages. Ils sont vrais, ils sont justes, ils sont authentiques, dans leurs qualités tout autant que dans leurs défauts, et c'est la grande force de ses romans. Cette tendresse qu'elle exprime pour eux, cette vie qui les anime comme s'ils sortaient tout droit de l'immeuble d'en face, nous les rend infiniment proches et criants de vérité, si bien que même les plus antipathiques finissent par nous devenir attachants.
On a tous connu une Marlène, plus bête que méchante, cachant sous le fard et les cheveux peroxydés une âme de midinette.
On a tous croisé un Roswell, un handicapé au « sourire de monstre » dont la bienveillance du regard illumine l'apparence de gnome et embellit du même coup une journée qui s'annonce morose.
On a tous rencontré des paumés à la dérive, trainant leur mal-être avec un brin d'indolence et beaucoup d'autodérision, en attendant que la vie démarre enfin.
L'écriture très actuelle et expressive de la romancière, sa plume argotique et populaire, donnent l'impression que ce qu'on lit se passe en bas de chez soi, nous faisant spectateurs de scènes pittoresques et témoins de réparties jubilatoires.
Tous ces petits ridicules que l'acuité de l'auteur souligne en piquants traits d'esprit, cette misère sociale qu'elle aborde sans apitoiement, c'est un peu de la vie de tous les jours, de celle que nous menons parfois en rechignant et qui, par la grâce d'un roman humain et drôle, nous devient soudain plus légère.
Et parce que la solidarité, l'amitié et l'amour peuvent changer la donne et apporter un peu de couleur dans un univers gris et uniforme; et parce que malgré tout l'espoir pointe au bout du chemin, alors on dit : oui…« Vivement l'avenir »…
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marina53
marina5309 septembre 2013
  • Livres 4.00/5
Alex, tout juste la trentaine, s'est installée pour quelques mois, le temps de son CDD, dans un poulailler industriel, chez Marlène et son mari Bertrand qui proposaient une chambre à louer peu chère. Mais, voilà, Marlène n'est pas vraiment du goût d'Alex. Forte tête et grande gueule, elle n'arrête pas de la ramener et aime plus que tout emmerder son mari et son beau-frère handicapé physique et mental, Gérard, surnommé Roswell. A croire que ce dernier lui pourrit la vie puisqu'elle doit s'en occuper tout le temps et ne semble pas avoir de patience. Alex s'est donc prise d'affection pour ce jeune homme qui clame des poèmes à tout bout de champ et adore faire cramer le pop-corn. Elle va jusqu'à lui fabriquer une sorte de chariot pour pouvoir l'emmener près du canal.
Le Mérou et Cédric sont deux amis d'enfance. La trentaine tous les deux, ils passent leur temps le long du canal à pêcher et surtout boire de la bière. Il faut dire que le Mérou a le projet extraordinaire de faire un barrage avec ses canettes qu'il jette dans le canal! Sans boulot, Cédric fait le désespoir de ses parents, quant au Mérou, il en a plus qu'assez de devoir aider son père à la quincaillerie. Ils rêvent d'espace et de liberté...
C'est le long de ce canal que ces quatre jeunes trentenaires vont se rencontrer, se lier d'amitié et vivre tout simplement...
Une ville au nord de la France sous la grisaille, un trentenaire androgyne, un au chômage et un peu paumé, un autre porté sur la bière et obèse, un handicapé répétant des sschhuper! à qui veut l'entendre et qui se bave dessus, une femme sans ambition et sans avenir et un homme qui semble regarder les autres vivre... Pas bien gai tout ça! Et pourtant, Marie-Sabine Roger a su tirer parti de chacun d'entre eux pour finalement nous livrer un roman tout en douceur, poésie, finesse et plénitude. Elle déroule une galerie de personnages tous attachants et terriblement humains, qui se dévoilent au fil des pages, nous les rendant encore plus généreux et attendrissants, surtout Roswell.
Alternant la narration, ce roman maintient un certain rythme et une intrigue encore plus émouvante. Les mots sont joliment perçus, les sentiments sont des plus honnêtes, l'amitié en ressort grandie. Marie-Sabine Roger a le ton juste et poétique, pose les mots juste là où il faut et sait nous attendrir ou nous faire sourire là où on ne s'y attend pas.
Vivement l'avenir... 'erschi! ch'était sschhuper!
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Lorraine47
Lorraine4701 décembre 2014
  • Livres 4.00/5
J'étais partie en quête de "Trente-six chandelles" qui m'avait fait de l'oeil après la lecture de quelques alléchantes critiques de mes confrères et consoeurs de Babelio. C'est un autre titre de Marie-Sabine Roger qui m'est tombé entre les mains dans ma petite bibliothèque de quartier:"Vivement l'avenir", tout un programme!
J'avais besoin d'une histoire qui parle à mon coeur, avec des personnages attachants:je ne suis pas déçue!
J'ai tout d'abord beaucoup apprécié la construction narrative, une histoire à deux voix où tour à tour deux personnages se relaient pour nous embarquer dans leur quotidien. Une vie pas toute rose pour certains: dur dur d'aborder la trentaine en sachant seulement ce qu'on ne veut pas: faire comme papa maman par exemple ou se jeter sur le premier boulot venu juste pour faire plaisir aux auteurs de nos jours.
Le Mérou, grand échalas obèse a deux passe-temps dans la vie: jeter des canettes dans le canal après les avoir vidées dans sa margoulette et discuter avec son pote Cédric, complètement déprimé depuis qu'il s'est fait plaquer par sa petite amie et qui se la joue "Tanguy" chez ses parents.
Ces deux gars, gentils mais paumés croisent la route d'Alex, petit bout de femme de passage dans leur ville et qui vit de CDD en CDD sans se poser plus de question, elle roule sa bosse et voit du pays.
Alex est une belle personne, belle de l'intérieur: sa relation avec Roswell, le beau frère de sa logeuse en est la plus belle illustration.
Roswel ou plutôt Gérard est la pépite de cette histoire. Pour ceux qui ont lu le superbe roman pour enfant intitulé "Le Jobard" ou pourrait le mettre dans cette même catégorie: du marginal attachant. Mais Roswell a vraiment un petit quelque chose qui le rend unique: il faut juste savoir gratter la surface et regarder sa superbe.
C'est une belle rencontre entre quatre originaux un peu marginaux sur les bords et qui nous donnent une sacrée leçon d'humanisme et de fraternité!
Vivement le prochain roman de Marie-Sabine Roger, j'ai encore plein de lumières et des bisous coeurs dans les yeux alors j'vous dis pas si j'ouvre trente-six chandelles!
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zabeth55
zabeth5513 mars 2013
  • Livres 4.00/5
C'est l'histoire de jeunes adultes un peu paumés dans une société sans espoir.
Alex, androgyne, indépendante
Olivier, qui n'en à rien à cirer
Cédric, fragile, qui se remet mal du départ de Lola
Gérard, handicapé mental, optimiste et rieur
Marlène est ses formules approximatives
Bertrand, qui a capitulé devant Marlène
Le décor n'a rien d'exaltant : une banlieue triste, une usine à poules, un canal triste dans une région sans avenir..
Mais quelle fraîcheur de style pour décrire cette désespérance.
C'est triste et drôle à la froid. C'est chaleureux.
Les personnages sont tous attachants, même Marlène
C'est très vivant et très visuel. Il pourrait en être fait une très belle adaptation cinématographique.
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Fleitour
Fleitour14 juin 2016
  • Livres 4.00/5
Marie-Sabine Roger a le chic pour faire éclater un rire, éclairer un lieu de sa dérision nous faire aimer ses paysages, son canal, ses lubies au point de nous enchaîner à ses textes, une sorcière bien aimée.
« Qu'est ce qui fait que certains dorment dans des sacs à dos et changent chaque soir d'étoiles au-dessus d'eux, et que d'autres grandissent, vivent leur vie et meurent à cent mètres de l'hôpital où leur mère les a pondus? J'aimerais comprendre.
Ça fait vingt-huit ans que je rêve jour après jour de me tirer d'ici, mais c'est comme pour la cigarette : c'est toujours demain que j'arrête, c'est toujours demain que je pars.
C'est toujours demain que je vis. ».
C'est juste la réalité quotidienne qui s'invite comme la vie au jour le jour de Roswell, avec son petit handicap et ses mots a lui,
« - Cool ! a dit Olivier.
Cédric a applaudi.
Roswell nous a chanté son air de la victoire.
Et ça,
c'est une chose qu'il faut avoir entendue au moins une fois dans sa vie. »
Il n'y a pas de grandes déclarations les idées viennent se glissent sans en avoir l'air, on parle chômage, amitiés, violence, échecs avec la même désinvolture, il ne faudrait pas se prendre au sérieux, « Faites avec la bière! C'est que de l'orge et du houblon, ça fait pas mal les céréales ».
Ces mots, cette énergie, cette exubérance font un bien fou, 
« C'est OK ?
Ohé-sschef !
Alors c'est bon, on peut y aller ! A dit Olivier.
Il a baissé sa visière, et il a mis les gaz.
Ssschuper ! A dit Roswell. »
à lire et faire lire à tous sans modération !  
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Citations & extraits (122) Voir plus Ajouter une citation
rasibusrasibus21 juin 2016
Qu'est-ce qui fait que certains dorment dans des sacs à dos (sic) et changent chaque soir d'étoiles au-dessus d'eux, et que d'autres grandissent, vivent leur vie et meurent à cent mètres de l'hôpital où leur mère les a pondus ? J'aimerais comprendre.
Ca fait 28 ans que je rêve jour après jour de me tirer d'ici, mais c'est comme pour la cigarette : c'est toujours demain que j'arrête, c'est toujours demain que je pars.
C'est toujours demain que je vis.
+ Lire la suite
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rasibusrasibus17 juin 2016
Des hommes et des femmes, à trois mètres de nous, qui parlent avec des mots que personne ne dit. Des mots rares ou anciens, qui riment souvent entre eux mais qui parfois ne riment à rien.
Et qui font malgré tout venir les larmes aux yeux.
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rasibusrasibus17 juin 2016
Combien de gens s'abonnent au malheur,tout seuls, comme des grands, et ne résilient plus jamais l'abonnement ?
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rasibusrasibus17 juin 2016
Combien de gens s'abonnent au malheur,tout seuls, comme des grands, et ne résilient plus jamais l'abonnement ?
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FleitourFleitour14 juin 2016
Je me suis engueulé avec mon père, qu'a plus qu'une envie : me voir voler de mes propres ailes
dans un autre couloir aérien que le sien,
P 171
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