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ISBN : 203034835X
Éditeur : Larousse (1991)


Note moyenne : 3.83/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Conçus par Jules Romains comme la synthèse ambitieuse et multiforme de vingt-cinq années de vie française entre 1908 et 1933, Les Hommes de bonne volonté constituent l'un des ensembles romanesques majeurs de notre temps. De très ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (1)

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 09 mars 2012

    Nastasia-B
    Mon commentaire concerne simplement pour le moment les quatre premiers livres contenus dans ce recueil, à savoir LE 6 OCTOBRE, CRIME DE QUINETTE, LES AMOURS ENFANTINES et ÉROS DE Paris. Ces 4 premiers tomes sont une sorte de longue introduction à l'ensemble de l'œuvre, ayant pour but de nous présenter les personnages (nombreux vous l'imaginez) et le "jus" dans lequel ils baignent au débuts des événements qui vont être contés.
    Le 6 octobre est le point d'ancrage de la fresque. A ce titre, il n'est probablement pas le meilleur car l'auteur est obligé de passer un certain temps à poser le décor, vu l'ampleur de la tache qu'il s'est proposé (nous raconter une tranche de trente ans de l'humanité de laquelle il a été témoin). le 6 octobre est en fait ce jour de 1908 où la Bulgarie a déclaré son indépendance. L'auteur nous fait sentir du doigt Tous les enjeux politiques sous-jacents et les forces en présence qui finiront par s'opposer lors de la première guerre mondiale. Il nous dépeint aussi le mode de vie Parisien de l'époque. Il s'agit d'une fiction mais traitée avec autant de sérieux (voire plus) qu'un documentaire journalistique. L'auteur a probablement désiré faire un témoignage sur son temps, dans la lignée des grands cycles littéraires comme La comédie humaine de Balzac et Les rougon-macquart de Zola, mais en prenant le parti dès le début de faire un roman total et non des épisodes comme peuvent être considérés chacun des opus De Balzac et Zola. Il est donc vain d'essayer de lire l'un des livres de l'ensemble seul et sorti de sa trame.
    Le second tome des "Hommes de bonne volonté" est dominé par l'affaire surgie dès le premier tome et impliquant le relieur Quinette et l'imprimeur Leheudry. Ce dernier, meurtrier crapuleux d'une vieille dame, c'était présenté dans la boutique de Quinette, les mains en sang et avait demandé à se les laver. Quinette fasciné par cet imprévu dans sa vie sans relief va s'impliquer corps et âme dans cette histoire jusqu'à y tenir un rôle de tout premier plan. Mi-fabulateur, mi-réaliste, celui-ci va tour à tour monter des scenarii incroyables auprès de différentes personnes, tant pour éviter à Leheudry de se faire pincer que pour devenir incontournable dans Tous les menus actes ayant trait à l'histoire. Se laissant porter par son élan, et sa mitomanie, Quinette va escalader les échelons de la folie jusqu'à sombrer lui aussi dans le crime.
    Ce second opus est également dominé par le député Gureau, un des rares députés intègres, qui est tombé sur un dossier explosif pouvant mouiller considérablement un grand groupe pétrolier. On assiste donc à différentes tentatives d'intimidation ou de corruption pour tenter d'acheter le silence de Gureau.
    Le troisième ouvrage débute sur un thème qui m'a un peu moins intéressé que le reste, à savoir les conversations de deux normaliens, Jerphanion, jeune auvergnat fraîchement débarqué à Paris et Jallez, lui de pur jus Parisien. Leurs préoccupations de jeunes adultes étudiants intellos, un peu coincés, et leurs évocations de l'Amour avec un grand A, n'est pas spécialement captivante à mon goût. Par contre, vers le milieu du roman, la description des familles aristocratiques sur le déclin (de Saint-Papoul) ou richissime (de Champcenais) m'a paru beaucoup plus savoureuse. Jules Romains y dépeint une vieille famille aristocratique qui peine à maintenir son rang, faute de rentrées d'argent suffisantes (Le revenu des terres agricoles n'étant plus un gage de fortune au début du XXè siècle) et qui donc tâche à de brefs instants d'éblouir son cercle d'amis par de brillantes réceptions. de l'autre côté, une famille effectivement riche que son cercle envie et qu'on n'hésite pas à qualifier de pingre, en regard des millions supposés glisser entre leurs doigts, tels l'eau d'une fontaine jamais tarie. La fortune des de Champcenais issue du pétrole est menacée par le rapport du député de gauche Gureau, lequel est contacté par un proche de de Champcenais, Sammécaud, probablement, le personnage le plus ambigu et attachant jusqu'à ce point. Les rapports entre Gureau et Sammécaud, étonnamment pacifiques et complices rendent ce passage délicieux. Romains dessine bien toute l'ambiguïté qu'il peut y avoir chez un député qui rencontre un gros capitaliste, mais aussi, ce qui est moins évident, tout ce que peut avoir de compromettant pour le capitaliste cette relation. Lequel Sammécaud cultive une certaine duplicité dans Tous les domaines en essayant de nouer une liaison avec la femme de son collaborateur, de Champcenais. de son côté, Quinette, semble se fourrer de plus en plus dans un guêpier...
    Le quatrième volume, Éros de Paris, est celui qui m'a le moins intéressé. Un peu comme sont jumeau "Les amours enfantines" il est beaucoup centré sur les deux étudiants Jerphanion et Jallez, dont les préoccupations et les états d'âmes ne m'avaient déjà pas vraiment captivé dans les volumes précédents. Ici, on suit les pérégrinations des deux jeunes hommes, l'un, Jallez en proie à la méditation sur son passé et sa rupture d'avec Juliette, l'autre, Jerphanion, fraîchement débarqué de son Auvergne natale, submergé par l'attrait sexuelle qu'exerce sur lui ces milliers de femmes de la capitale. Parallèlement, ce volume dévoile les dessous du syndicalisme et de ses réunions plus ou moins secrètes en vue de faire la révolution communiste. le personnage d'Haverkamp, entrepreneur en transactions immobilières, employeur du jeune Wazemmes, prend corps. A la fin de ce volume, Jules Romains explique qu'il a conscience que ces volumes ne sont pas les meilleurs mais qu'ils sont essentiels comme trame de fond au restant de l'œuvre.
    J'étofferai au fur et à mesure ce commentaire avec les autres volumes.
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Citations et extraits

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  • Par Nastasia-B, le 14 juillet 2012

    Dès qu'il en arrivait au sentiment, il se trouvait si gauche, qu'il en arrivait à découvrir la timidité. La matière à traiter lui semblait d'une simplicité décourageante. "Je t'aime" ou "Tu me plais". Il n'apercevait rien là qu'on pût développer ; il était incapable d'imaginer des variations. C'est le cas de beaucoup. Mais la plupart des femmes sont peu difficiles. On les satisfait très bien avec des phrases ramassées n'importe où, ressassées mille fois. Elles y goûtent même une sécurité. Elles reconnaissent que ce qu'on leur débite a cours en pareille circonstance, est de bon ton ; prouve l'éducation de qui le prononce, et la qualité de qui se l'entend dire. Comme les formules de fin de lettre sont bien reçues, non en dépit mais en faveur de ce qu'elles ont de conventionnel. Une terminaison insolite n'est à risquer qu'entre gens d'esprit qui se connaissent bien.
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  • Par Nastasia-B, le 27 juillet 2012

    C'était la première fois aussi qu'il avait à la voir descendre d'un train, s'avancer vers lui parmi d'autres voyageurs, dans le décor d'un gare. On a dans la tête l'image générale de cette situation : un être cher descend du train, vous cherche des yeux, a soudain une lumière du visage, et se dirige vers vous. Mais il est profondément émouvant de voir comment un être particulier, une certaine femme avec sa silhouette, son balancement, ses yeux, et non une autre, va se superposer soudain à l'image générale.
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  • Par Nastasia-B, le 18 juillet 2012

    Ici, ce qu'il respire, ce n'est pas tant la richesse que l'enrichissement. Il ouvre les narines. Son cœur répond. Tout se passe comme s'il y avait, sur chacune des façades qu'il longe, bien en vue au premier étage, une plaque de marbre, fixée par quatre clous à tête de bronze. L'inscription varierait à peine : "Soyez riches d'abord ; le reste viendra par surcroît".

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  • Par Nastasia-B, le 10 juillet 2012

    Bien des femmes sont belles, d'une beauté que fouette et meurtrit un peu la lumière.

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  • Par sweetie, le 06 mars 2014

    À moins de se jeter aveuglément dans l'aventure, l'indépendance de l'esprit passe par la sécurité matérielle.

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