> Elena Balzamo (Traducteur)

ISBN : 2922868621
Éditeur : Les Allusifs (2007)


Note moyenne : 3.45/5 (sur 20 notes) Ajouter à mes livres
Que signifie être allemande dans une petite ville danoise, quelques années après la fin de la Seconde Guerre mondiale ? Que ressent-on quand on se fait traiter de "cochon d'Allemand" à chaque récréation ? Quand on est témoin de l'ostracisme permanent à l'égard de sa mèr... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par InColdBlog, le 08 septembre 2010

    InColdBlog
    Au Danemark, dans les années 1960, la seconde guerre mondiale n'est toujours pas terminée. le ressentiment envers les Allemands, tous les Allemands sans distinction, qu'ils aient été résistants ou partisans du nazisme, est encore virulent.
    Le petit Knud va en faire la triste expérience, devenant la bête noire favorite de ses camarades de classe, mais aussi des habitants de son petit village. "«Nykøbing Falster est une ville si petite qu'elle se termine avant même d'avoir commencé. Quand on est dedans, on ne peut pas en sortir, et quand on est dehors, on ne peut pas y entrer. Dans les deux cas, on se retrouve du mauvais côté, et la seule preuve de son existence est l'odeur qui imprègne les vêtements : en été ça sent les engrais, en hiver la betterave à sucre. C'est à cet endroit que je naquis en 1960, et c'était la façon le plus sûre de ne pas exister du tout.»"
    Pendant des années, il va être ce "Cochon d'Allemand", injure inscrite dans sa chair comme une marque au fer rouge, rebattue jusqu'à la nausée et subir les humiliations des autres gamins de son âge "«Le seul cadeau que je souhaitais pour mon anniversaire, c'était ne pas avoir d'anniversaire. Pendant la nuit de la veille, je m'imaginais que ce jour serait escamoté, oublié par tout le monde, mais cela n'arrivait jamais (…). Il y avait tout ce que mes parents étaient en état de m'offrir : un vélo, un optimiste, un vélomoteur pour mes quinze ans – et tout cela j'allais en être dépossédé au cours d'une seule journée ; tout allait être crevé, coulé, démoli. En soufflant les bougies et en ouvrant le dernier paquet, j'espérais y trouver une bombe qui ferait sauter la planète entière.»"
    Knud bénéficie de ce "traitement de faveur" tout simplement parce que sa mère est Allemande. Qu'elle ait été décorée pour sa résistance active au nazisme n'y change rien aux yeux des habitants de Nykøbing. Ainsi, "«La Seconde Guerre mondiale ne prit jamais fin pour ce qui concernait mes parents et notre famille, Nykøbing demeurait une ville occupée.» «Le seul sentiment que m'inspirait Nykøbing était la peur ; je n'osais pas sortir dans la rue, faisais de longs détours quand je devais me rendre quelque part, et par conséquent, arrivais toujours en retard.»" L'enfance de Knud s'écoulera dans la douleur.
    Mon pays, ma douleur. Une maison d'édition que je ne connais pas, une rencontre avec l'auteur à laquelle je n'ai pu assister, des commentaires élogieux tant dans la presse que dans les blogs, une couverture au graphisme original, voilà autant de raisons qui m'ont donné envie d'en savoir plus sur Cochon d'Allemand. J'ai entrepris la lecture de ce livre avec l'idée qu'il s'agissait de souvenirs d'enfance d'un petit garçon devenu le souffre douleur préféré des autres enfants du village, une guerre des boutons version danoise en somme.
    En fait, il s'agit de bien plus que cela : si c'est bien Knudchen, le petit Knud, le narrateur, il n'est pas le personnage principal du roman. Il est celui qui fait la liaison entre les différents membres de la famille. Par une succession d'anecdotes, Knud Romer va remonter l'arbre généalogique familial, de la branche danoise paternelle à la branche allemande maternelle, et camper avec humour une galerie de portraits hauts en couleurs : le grand-père paternel, entrepreneur éternellement mal inspiré, le grand-père maternel, Papa Schneider, dont la forte personnalité écrase son entourage et dont tout le monde, sauf sa femme, ignore le prénom, la grand-mère maternelle défigurée par une explosion. Il y a aussi l'oncle Helmut, qui offre à Knud des éclats de la grenade qui l'a blessé pendant la guerre ; un autre oncle, Heinrich, tyrannisé par sa femme, la démoniaque tante Ilse…
    Mais de tous ces personnages, un se détache tout particulièrement : celui d'Hildegarde, la mère de Knud. C'est elle, le personnage principal de Cochon d'Allemand, sa présence tourmentée illumine chacune des pages du roman. Hilde est une très belle femme, une fière prussienne farouchement indépendante, que la vie n'a pas épargnée : une enfance difficile avec un beau-père sévère, un fiancé arrêté et exécuté sommairement par les nazis, une belle-famille qui refuse d'assister à son mariage sous prétexte qu'elle est Allemande, des villageois qui l'insultent et des commerçants qui lui vendent des produits périmés et avariés… Et elle qui fait front, toujours, orgueilleuse et volontaire, un verre de vodka à la main et le cigarillo aux lèvres, souvent. "«Elle ne tenait que par sa seule volonté, alors elle se refermait sur elle-même et serrait les poings. Ils ressemblaient à des grenades, les nœuds luisaient, blancs. J'aurais donné ma vie pour la rendre heureuse, je prenais sa main et la caressais, je lui racontais ma journée. Nous avions joué au football, j'avais été appelé au tableau, Susanne avait eu un appareil dentaire, les jumeaux m'avaient invité à leur anniversaire… Tout cela était faux. Pendant toute la journée, j'avais été le Cochon d'Allemand, obligé de me cacher pendant la récréation, car tout – mon casse-croûte, mon vélo, ma tenue – servait de prétexte pour rire (…) Jamais je n'eus le cœur de le lui dire, je l'entretenais de mon mieux ; elle me regardait, sa main se desserrait lentement – et j'y déposais tout ce que j'avais en ma possession, dans l'espoir que ce serait suffisant.»"
    Hilde est un personnage magnifique, lumineux, même si elle reste à jamais traumatisée par la guerre et ses horreurs "«Ils furent pendus comme des cochons dans un battoir, disait mère ; la bouteille de vodka vidée, elle touchait le fond, ses pensées allait vers Horstchen, "das Urteil ist vollstreckt". La douleur rendait sa voix aiguë et coupante, s'incrustait dans la peu de son visage et me transperçait le cœur ; ses yeux me fixaient, me rendant fou de terreur : cette étrangère, je ne la connaissais pas»". Je n'ai pu m'empêcher de penser que Romy Schneider aurait été parfaite pour incarner Hilde au cinéma.
    J'aurais tellement aimé que le roman se concentre totalement sur Hilde qu'il m'est arrivé d'être agacé par l'irruption soudaine dans le récit d'autres membres de la famille. D'ailleurs, il est parfois difficile de s'y retrouver dans le foisonnement des personnages, d'autant plus que le récit ne respecte pas la chronologie des événements. A travers ces anecdotes familiales, on suit également la chronique de l'histoire de l'Allemagne et du Danemark, des années folles aux années 1970, quand Knud découvre la magie de Radio Luxembourg.
    Par son recul et son ton humoristique, Knud Romer évite à son roman de sombrer dans le drame lugubre. Il réussit à traiter de thèmes lourds et graves avec une légèreté qui fait tout le charme de ce roman. le récit continue à faire son chemin après sa lecture, car il est tentant de transposer à notre époque l'ostracisme dont sont victimes Knud et sa mère.
    Longtemps publicitaire de renom au Danemark, acteur de théâtre et de cinéma (notamment pour Lars von Trier), puis aujourd'hui écrivain reconnu, Knud Romer a réussi à s'échapper de son village natal. "«D'aussi loin que je m'en souvienne, j'étais toujours à la recherche d'un moyen de quitter Nykøbing et la maison dans laquelle j'avais grandi. Je ne pouvais pas me déplacer librement et me tenais constamment sur le qui-vive, limitant mes allées et venues à une surface minimale ; c'était comme marcher sur une corde raide : la rue avait la largeur de mes propres pas, mes déplacements se bornaient aux allers-retours entre notre garage et l'école."»

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/Cochon%20d%27Allemand
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  • Par sylvie, le 11 avril 2008

    sylvie
    C'est en choisissant un style tragi-comique, que Knud Romer nous parle de son enfance danoise.
    Ce récit autobiographique est plein d'une souffrance qui semble ne jamais pouvoir prendre fin : celle d'un enfant pris dans les délires de l'histoire et subissant la hargne et la haine vengeresse d'une population villageoise danoise qui ne peut pas accepter de côtoyer décemment une allemande, forcément Nazie, ni son fils, par ricochet imbécile.
    L'enfant a peur, constamment, car il est maltraité et humilié où qu'il aille : dans la rue, à l'école, même chez lui, quand des voisins sont invités à son anniversaire. Il a honte aussi, et en veut à ses parents de continuer à faire comme si de rien n' était, le laissant seul à son désarroi.
    L'auteur nous invite à un travail de reconstitution de puzzle, en nous donnant par bribes, des éléments de son histoire familiale. Il nous raconte comment ses deux parents ont fini par atterrir dans ce bout du monde de village infâme, petit à petit et avec grande minutie. Il organise des va et viens incessants entre les époques et les branches des différentes familles. Les années, les lieux et les personnages se succèdent sans tenir compte de la chronologie. Des personnages hauts en couleur, parfois frisant le burlesque, nous sont dépeints dans une multitude de petits tableaux et de courtes scènes saisissants et pittoresques. A la fin il nous semble que nous avons réussi à reconstituer un arbre généalogique original, où la violence de la seconde guerre mondiale a laissé des traces indélébiles.
    Ce que je retiens de cette lecture, c'est la complexité de la relation de l'enfant avec sa mère. Elle est ce qu'il aime le plus au monde et en même temps semble être l'unique cause de sa douleur. L'enfant a également conscience de l'immense solitude et de la détresse de sa mère qui tente de la contenir , mais qui sombre parfois dans des crises de colère et de haine qui la lui rendent étrangère et qui l'effraient.
    Le petit Knud voudrait rendre sa mère heureuse, il essaie de ne pas ajouter de poids à son malheur avec ses peines à lui, et ainsi, nous voyons s'écrire fatalement l'histoire de deux solitudes blessées qui s'aiment et qui se taisent, enfermées dans un monde de bêtise qui semble ne pas pouvoir changer ou évoluer.
    Il y a des passages poignants dans ce texte, et en nous racontant brillamment l'histoire tragique de sa famille, Knud Romer écrit un roman historique qui donne une image de la réalité de la vie en Europe du nord, du début des années 1920 aux années 1970.
    http://sylvie-lectures.blogspot.com/2008/04/cochon-dallemand-knud-romer.html
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    • Livres 3.00/5
    Par Bunee, le 30 mai 2008

    Bunee
    Knud, petit garçon, est né en 1960 époque au final peu éloignée, de mère allemande déracinée ayant fui après la guerre et de père danois.
    Malgré ses efforts désespérés pour se fondre parmi les autres, il restera toujours ce Cochon d'Allemand, mis au ban, fatalement seul. La solitude est une composante majeure de l'ouvrage.
    La mère de Knud, Hildegard, est également très seule. Allemande, assimilée à la va vite par les autochtones comme une nazie, elle passera toute son existence à lutter dans cette petite ville danoise, s'obstinant à l'indifférence vis à vis de l'hostilité omniprésente de la population. Tachant de noyer ses douloureux souvenirs dans la Vodka et par le mépris.
    Le père suit un peu le même sort, un personnage aussi fluet qu'il est de grande taille, isolé par le reste de la famille qui ne tardera pas à "couper leur branche"...
    http://lelabo.blogspot.com/2008/03/knud-romer-cochon-dallemand.html
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  • Par systool, le 27 août 2010

    systool
    Quand j'étais petit, je pensais que tout le monde était gentil. Ensuite, j'ai constaté que cela n'était pas le cas et bien vite, on a essayé de me faire croire qu'il y avait même des différences selon le pays d'où l'on venait. Les Danois, au même titre que les Australiens ou encore les Canadiens, entraient dans cette grande et vague catégorie des personnes sympathiques. En grandissant, on comprend qu'il est toujours plus facile d'être quelqu'un de tolérant ou d'ouvert lorsqu'on ne doit pas se couper en quatre pour gagner sa croute. Knud Romer, avec son Cochon d'Allemand, balance quelques tatanes dans les dents à ces préjugés caricaturaux. Cela n'est à vrai dire probablement pas son but principal, même si le gaillard est diplômé en théorie de la fiction et en histoire des mentalités (ça existe, hein). Ce récit largement autobiographique relate les années d'enfance du petit Knud à Nykobing, bled paumé du Danemark où personne ne souhaiterait mettre les pieds... -la suite sur le blog

    Lien : http://www.gueusif.com/article-32316720.html
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    • Livres 2.00/5
    Par liliba, le 11 septembre 2009

    liliba
    J'ai été très déçue par ce roman, que j'ai trouvé un peu ennuyeux et un peu pontifiant. Je n'ai pas du tout ressenti d'émotion au cours de ma lecture et surtout, j'ai eu un mal fou à me faire au style de l'auteur. J'ai trouvé que tout était un peu en fouillis et j'aurais peut-être plus apprécié si chaque personnage (pourtant aux caractères fort intéressants) avait eu un ou plusieurs chapitres pour lui tout seul, plutôt que de passer de l'un à l'autre et de me sentir un peu perdue... Idem pour la chronologie, j'étais désemparée dans ma lecture par les aller-retours entre les dates, les périodes, les lieux...
    Suite sur Les lectures de Lili

    Lien : http://liliba.canalblog.com
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Citations et extraits

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  • Par sentinelle, le 29 novembre 2008

    L’île de Falster était située si haut dans le nord qu’il n’y avait jamais de vrai été, et si bas dans le sud qu’il n’y avait jamais de vrai hiver. Pas de neige, pas de soleil non plus, rien que pluie, grisaille, froid et brouillard. C’était désespérant, et quand venait le mois de décembre, le sapin de Noël en haut de la cheminée de la sucrerie de Nykobing avait l’air de vouloir se suicider en se précipitant vers le bas.
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  • Par sentinelle, le 27 novembre 2008

    J’ai toujours eu peur de mon grand-père. Pour moi, il était « Papa Schneider ». J’ignorais aussi bien son vrai nom que son prénom, ce qui, du reste, n’avait aucune importance, car il ne me serait jamais venu à l’esprit de l’appeler par son prénom. Il n’était pas du genre à encourager la familiarité.

    Papa Schneider avait un visage balafré : des kilomètres de cicatrices, uniquement sur la joue gauche. Des souvenirs du siècle passé, il faisait alors partie de quelque Schlägerverein, cercle de bagarreurs. Ces gens-là mettaient leur point d’honneur à se taillader mutuellement la face d’un sabre – debout, sans sourciller, le bras gauche replié derrière le dos.
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  • Par sentinelle, le 27 novembre 2008

    L’île de Falster était située, en fait, au-dessous du niveau de mer ; elle n’existait donc que dans l’imagination des gens qui s’obstinaient à y croire. Et quand ces gens-là ne pouvaient plus se tenir debout et se couchaient pour dormir, l’eau montait tout doucement, passait par-dessus les digues et inondait les champs, les bois et les villages, qui redevenaient une partie de la Baltique. Eveillé, posté près de la fenêtre, je la voyais venir : le jardin se remplissait d’eau, des poissons nageaient entre les maisons et les arbres ; la ville de Nykobing traversait la nuit, tel un paquebot de croisière
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  • Par liliba, le 11 septembre 2009

    «Nykobing Falster est une ville si petite qu'elle se termine avant même d'avoir commencé. Quand on est dedans, on ne peut pas en sortir, et quand on est dehors, on ne peut pas y entrer. Dans les deux cas, on se retrouve du mauvais côté, et la seule preuve de son existence est l'odeur qui imprègne les vêtements : en été ça sent les engrais, en hiver la betterave à sucre. C'est à cet endroit que je naquis en 1960, et c'était la façon la plus sûre de ne pas exister du tout.»


    «Nous vivions dans la solitude, séparés du monde entier, mes parents n'avaient pas d'amis, pas de connaissances, ne fréquentaient personne. [...] les autres avaient coupé la branche que nous constituions. Aussitôt je me les imaginai en train de manier la hache, je vis le sol jonché de nos corps démembrés - une cruauté qui me semblait incompréhensible. »

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  • Par smad, le 25 septembre 2007

    Papa Schneider était l'homme le plus redoutable que j'eusse connu ; tout ce qui était dur, sévère et qui faisait mal, c'était lui. Il était le dernier bouton de chemise. Il était les dents du peigne lorsqu'on était peignés à l'eau. Il était les égratignures et la peur d'arriver en retard. Non je ne le désignais jamais par son prénom ; d'ailleurs personne ne le faisait. A mon avis, nul ne savait comment il se prénommait ni ne cherchait à le savoir. Ma grand-mère était la seule à posséder cette connaissance, tel un terrible secret et un pari insensé, car si un jour il s'entendait appeler par son prénom, il voudrait assurément savoir par qui. Or le seul qui fut au courant, hormis lui-même, c'était Dieu. (p.10)
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Knud Romer : Cochon d'Allemand
Dans un salon de la Cité internationale universitaire de Paris dans le 14ème arrondissement, Olivier BARROT présente le livre de Knud ROMER "Cochon d'Allemand" dont il lit un extrait. Dans ce récit autobiographique à l'humour grinçant, l'auteur raconte son enfance douloureuse au Danemark. Programme illustré par des images de Knud Romer filmé.








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