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Critiques sur Jeanne (7)


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    • Livres 3.00/5
    Par Lolokili le 16/04/2012


    Tout comme « Rien ne s’oppose à la nuit », « Jeanne » trace le portrait d'une mère à travers les yeux de sa fille. le rapprochement s'arrête là. Jacqueline de Romilly était d'une autre génération que Delphine de Vigan, son écriture délicieusement surannée en atteste. Sa pudeur également, puisqu'elle a souhaité que ce témoignage, rédigé en 1977, ne soit publié qu'après sa propre mort.

    D'expériences personnelles en événements historiques, du début du XXème siècle à la fin des années 70, Jeanne se dessine comme un personnage de roman. A la fois tendre et passionnée, fragile et déterminée, fine, intuitive, cette femme attachante et d'une grande élégance aura axé la majeure partie de son existence autour de sa fille unique avec laquelle elle entretiendra toujours une complicité d'exception. Jacqueline de Romilly rend ainsi à Jeanne cet hommage émouvant et nostalgique et nous offre, au passage, un bien doux moment de lecture.

    critique de qualité ? (13 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Cath36 le 11/11/2011


    Beau portrait de femme que celui de Jeanne Malvoisin, mère de notre grande humaniste et femme de lettres Jacqueline de Romilly.
    Femme libre, femme entière, femme intelligente et généreuse, femme passionnée, de toutes ses qualités c'est son courage que je retiendrai le plus : le courage d'une jeune veuve qui se débrouille pour élever sa fille tout en essayant de vivre de ses dons pour l'écriture, et le courage d'une femme qui ne s'occupe que très peu du regard des autres tout en se consacrant entièrement à sa fille.
    Ce livre, écrit avec la rigueur de pensée et de style habituelle à Jacqueline de Romilly, m'a parfois quelque peu agacé par sa critique de la jeunesse actuelle, en opposition au paradis perdu de la sienne. Chaque époque a ses défauts et ses qualités et il n'y a jamais eu d'âge d'or. Pas même chez les grecs ou chez les romains.
    Cela dit, Jeanne fut une féministe avant l'heure, par nécessité, mais sans les excès du féminisme : elle sut rester humaine et libre, dans la joie et dans la gaieté, en dépit de circonstances pas toujours faciles.
    Ce livre est un bel hommage à sa modernité avant l'heure.

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Marple le 22/05/2012


    Je pense qu'on ressent et qu'on apprécie différemment ce livre en fonction de la relation qu'on a avec sa mère... Je vis avec la mienne une relation belle et forte, faite de complicité, de confiance et de tendresse, ainsi que de pas mal de disputes et parfois de sensations d'étouffement ! Pas étonnant dans ce contexte que cette histoire d'amour entre Jacqueline de Romilly, brillante femme de lettres, et sa non moins brillante maman Jeanne me parle si fort et me touche autant.

    Intelligentes, pudiques et indéfectiblement soudées, elles cheminent côte à côte et s'aiment profondément, passionnément et sans condition. Leur amour mutuel semble être la clé de voûte de leur vie à toutes deux, et une richesse incomparable. le tragique de la situation, toutefois, c'est que cette relation exclusive leur ferme les portes d'autres amours et de plein de possibles : Jeanne renonce à sa vie propre pour suivre sa fille qui se marie et ne parviendra jamais par la suite à reconstruire cet édifice d'amitiés, de travail littéraire et de vie sociale. de même, le divorce de Jacqueline de Romilly et son retour à une vie de vieille fille avec sa maman semble inéluctable...

    Dans ces histoires d'amour maman-enfant (ici ou encore dans La promesse de l'aube), je suis toujours partagée. D'un côté, c'est une chance immense de partir dans la vie gonflé de cet amour inconditionnel (et je parle d'expérience). de l'autre, ça reste quand même un fil à la patte, on ne peut pas être complètement libre de ses choix quand une maman nous aime comme ça...

    En tout cas, vous l'aurez compris, je me reconnais beaucoup dans cette histoire,, y compris dans les qualités de Jeanne comparées à celles de ma mère, et j'ai donc beaucoup apprécié cette lecture ! Pour celles et ceux qui ont une relation plus simple et équilibrée avec leur mère, je pense qu'ils verront avant tout dans le livre une belle et puissante histoire d'amour maternel, et peut-être le rappel des choix difficiles et générateurs de culpabilité que la vie nous impose parfois. de quoi vibrer et réfléchir pour tout le monde, en fait !

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe le 07/06/2011


    Jeanne, femme d'exception et de bonheur que les deuils successifs de sa mère, son frêre et son mari ne sont pas arrivés à aigrir.
    Mère aimante et fusionnelle, elle a formé un véritable couple avec sa fille unique Jacqueline de Romilly dont elle n'a pour ainsi dire jamais été séparée.
    Romancière, elle a passé le relai à la plus brillante des deux qui deviendra l'académicienne que l'on sait.
    "Jeanne", un récit autobiographique et une histoire d'amour pudique qui interroge mais jamais ne choque.

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe le 07/06/2011


    Récemment, Christine Orban, Sophie Fontanel et bien d'autres nous parlaient de leur mère, parfois absente ou étouffante, Jacqueline de Romilly, dans ce roman autobiographique délibérément paru (par pudeur) postmortem ( l'auteur venant de décéder à l'âge de 97 ans) campe, elle, un portrait élogieux de "Jeanne" , sa mère adorée, celle qui a aimé sa fille unique d'un amour inconditionnel.
    Pour décrire "Jeanne au bracelet", surnom donné par ce bracelet d'argent arboré sur une photo par celle qui, d'origine modeste, aimait se déguiser, les adjectifs ne manquent pas:rieuse,enjouée,honnête,droite,dévouée,exigeante,sentimentale,travailleuse,talentueuse,élégante,à la mode,aimante, mais aussi parfois solitaire, mélancolique, vulnérable comme effrayée par le bonheur.
    Jacqueline de Romilly, nous livre ici ses souvenirs d'enfance(parfois embellis mais toujours fidèles) mais aussi sa vie et celle de sa mère, une vie longtemps commune, fusionnelle après la mort de son père au front de la guerre de 14,une vie voulue par l'une et concédée par l'autre qui sera toujours "ma petite fille". Une complicité de chaque instant , comme lorsqu'elles regardent de leur fenêtre l'unique acacia ployer sous les fleurs,se métamorphoser au fil des saisons avec son ciel, son ciel et son soleil, un soleil où elles pénètrent ensemble.
    Après avoir connu des succés littéraires (publications chez Grasset),Jeanne Malvoisin, qui dans sa jeunesse ouvrait des yeux ravis sur les promesses du monde,vivra dans l'ombre de sa fille, brillante hélléniste qui deviendra l'académicienne connue et reconnue, poussée au maximum de ses possibilités(ne lui a t elle pas offert les 7 volumes en grec-latin de Thucydide pour réviser son grec durant les vacances) et l'accompagnera dans ses multiples déplacements ou conférence après la séparation d'avec son époux. On lui connait une seule liaison en 1930 avec un musicien charmant surnommé "le brigand" que la guerre interrompra.
    Une fille qui a poussé l'identification jusqu'à épouser un juif comme son père ( aimé par Jeanne catholique d'un amour passionné et choisi par provocation) ce qui lui vaudra durant l'occupation d'être interdite d'enseigner le grec.
    Donc un excellent livre, un regard tendre,un hommage pudique empreint toutefois de culpabilité (qu'il est donc dur d'être tout pour un être cher, c'est parfois quelque peu étouffant et passible d'ingratitude) et tout un pan d'histoire puisqu'il s'étend sur le siècle entier.
    Un livre à rapprocher de celui d'Albert Cohen (Le Livre de ma mère) où la mère n'a vécu que pour son fils et où le fils pleure sa mère disparue tout en se reprochant son ingratitude.

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par mimipinson le 18/08/2011


    Jeanne, sa mère ; Jeanne son amie ; Jeanne, sa vie, Jeanne, l'amour de sa vie. C'est cette proximité avec sa mère qui avant tout surprend : il n'y a pas de maman, ou ma mère….. « Je suis sa fille-la fille de Jeanne au bracelet d'argent, ou plutôt celle qui avait été Jeanne au bracelet d'argent. » Cela surprend, mais il y a un tel respect à nommer sa mère ainsi, Elle l'érige à un rang supérieur.
    Jacqueline de Romilly aura attendu sa propre mort pour offrir au public cette déclaration d'amour à sa mère que son éditeur conservait précieusement depuis 34 ans.
    Si c'est bien de Jeanne Malvoisin dont il est question, Jacqueline de Romilly est omniprésente par le "Je" employé. Elle prend de fait position dans le couple fusionnel mère fille-fille. L'une ne va pas sans l'autre, elles ne font qu'un. Au travers de sa mère, c'est également elle que Jacqueline de Romilly raconte
    C'est la grande guerre qui va sceller cet amour. Jeanne se retrouve veuve très vite avec une petite à élever. Jeanne a quelques talents pour écrire. Il faudra se serrer les coudes, travailler, vivre, ou plutôt survivre.
    L'histoire d'une femme, l'histoire des femmes durant les guerres. Qu'il est difficile d'être seule, d'être veuve et mère, d'être une femme respectable et respectée durant cette époque.
    Jeanne, c'est la bonté même, le sacrifice même. Elle vit pour et au travers de son enfant.
    Jacqueline de Romilly dresse un vibrant hommage à cette femme de lettres, intelligente, et qui n'a vécu que pour sa fille.
    « Je sais aussi que tout ce qui a jamais tenté Jeanne, dans la, a été refusé par elle à cause de moi. »
    « Telle était, pour Jeanne, la joie de la richesse : pouvoir me donner tout ce dont j'avais un instant envie. »
    C'est à la fois tendre, doux, émouvant, très instructif sur l'entre –deux guerre.
    Je regrette cependant que ce livre soit écrit dans une langue trop belle pour ce genre littéraire. le livre en aurait été plus sensible, plus proche. Peut-être que l'auteur aurait gagné à fendre davantage l'armure, même si je reconnais aisément, qu'à l'époque où ce livre a été écrit, et juste après le décès ce Jeanne, l'exercice pouvait être plus délicat.


    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.com/2011/08/jeanne.html

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par lnbsi le 15/01/2012


    Jacqueline de Romilly nous raconte l'histoire de sa mère, Jeanne. Jeanne est une femme extraordinaire qui sera tour à tour secrétaire, écrivain, auteur de textes pour la radio et surtout une mère exemplaire pour sa fille.
    (Cliquez sur le lien pour lire la suite)


    Lien : http://aufildeslivres.over-blog.com/article-jeanne-97140372.html

    critique de qualité ? (0 votes positifs)






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